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Nicolas-Antoine Mathieu (1752-1821), curé cantonal
 


Si l'on connait le ministère à Blâmont de Nicolas François Pierre Saucerotte (1763-1834) à compter de 1806, il y a dans la table des Prêtres officiants à Blâmont, un absent d'importance, Nicolas-Antoine Mathieu.

Sur la date de sa nomination à Blâmont comme doyen cantonal, les sources diffèrent : ainsi, Alphonse Dedenon écrit dans Histoire du Blâmontois dans les temps modernes :
« C'est seulement en 1804 que fut nommé le premier doyen, en la personne de Mathieu, ex-curé de Chamagne, émigré et zélé missionnaire dans les Vosge »

Mais les textes ci-dessous évoquent 1803. Par ailleurs Alphonse Dedenon nous décrit une cérémonie en 1816 au retour des Bourbons :
« C'est avec une joie sincère qu'on vit, chez nous, Louis XVIII remonter sur le trône des Bourbons. [...] A l'anniversaire du 21 janvier, il y eut une émouvante cérémonie de réparation, que relate le registre des délibérations. Les dignitaires et la population y assistèrent sans exception. Le 25 février suivant, se présenta le sous-préfet pour apporter un drapeau à la Garde nationale. La fête fut grandiose. Après la revue du bataillon et la remise de son insigne, toute l'assistance se rendit à l'église. Le curé Mathieu expliqua longuement le sens de la bénédiction qu'il allait donner au drapeau blanc, et recommanda la fidélité à son égard ; la foule répondit à sa harangue, en chantant à pleine voix : Domine salvum fac regem. Toute la soirée se passa ensuite en festins, en danses et en multiples réjouissances »

On comprend mieux, à l'aide des textes ci-dessous, l'engouement de Nicolas-Antoine Mathieu pour le retour de la royauté, lui qui, curé insermenté de Chamagne, connut l'émigration et des activités clandestines dans les Vosges : les archives départementales des Vosges regroupent d'ailleurs pour les années 1794-1796 des actes de baptêmes et mariages célébrés clandestinement par Nicolas Antoine Mathieu, dans les paroisses d'Arches, Bellefontaine, Le Clerjus, Hadol, Plombières, Saint-Nabord et Remiremont ; Luxeuil et Magnoncourt, paroisse de Saint-Loup, Sainte-Marie en Chanois et Fougerolles (Hte-Saône), et Le Val-d'Ajol.

Quant au remerciement impérial qui lui est adressé pour avoir soigné les blessés de la grande armée (1806), il constituera, malgré l'intervention de l'évêque auprès de la chancellerie de la légion d'honneur, « les arrhes d'une récompense » qui ne viendra jamais.


Jean Louis Nicolas de Thumery, chanoine de la cathédrale et Provicaire du Diocèse de Saint-Dié
Ch. Chapelier
Ed. Epinal, 1920

Le coup d'Etat de fructidor jette, une deuxième fois Nicolas Antoine Mathieu (1) sur les routes de l'exil. Il gagne la région de Constance, peut-être même Straubingen (Bavière), où réside L. Didelot. Il peut alors se présenter à son évêque qui apprend à le connaître et l'apprécie. M. de Thumery, avant sa déportation presque subite, n'avait pu déléguer ses pouvoirs. Mais cette fois, N. A. Mathieu, agréé par Mgr de Chaumont, rentre clandestinement au pays natal avec son brevet de provicaire. Une lettre de M. de Thumery - 6 juillet 1799 - donne ces faits comme récents.

(1) Mathieu Nicolas Antoine, né à Remiremont, le 23 juillet 1752, de Jacques Colin Mathieu, régent d'école et d'Anne Agathe Rennepont, prêtre de 1776, vicarie d'abord au pays natal, puis devient curé de Chamagne, alors diocèse de Nancy. Insermenté et dépossédé de sa cure, il rentre à Remiremont et s'y dévoue à l'œuvre des missions. Aussi, dès le 16 mai 1791, Poullain-Grandprey, procureur général, le dénonce pour ministère dangereux, à Maudru, afin d'obtenir contre lui une suspense a divinis. L'évêque, cette fois, a la pudeur de ne pas répondre. Le 25 mars 1792, les municipaux remiremontais ordonnent une enquête contre Nic. Ant. Mathieu, qui s'éloigne forcément de la paroisse le 9 mai suivant. Il y rentre un peu plus tard, muni de pouvoirs pour les diocèses de Saint-Dié et de Besançon ; il signe des actes religieux au Val-d'Ajol de 1794 à 1797, et à Plombières, en 1794 et en 1796. La police connaît sa présence, puisque, le 16 prairial - 4 juin 1795 - le procureur général écrit au procureur syndic du district de Remiremont : « Il est pressant de faire arrêter, même par la garde nationale, N. Mathieu. » En juin 1801, N. Ant. Mathieu est à Remiremont où il institue L. Didelot administrateur de la paroisse ; mais il continue à se cacher. En attendant la loi d'amnistie, on l'envoie en surveillance à Bruyères, et déjà il dessert la cure cantonale de Blâmont, quand est signé, le 18 germinal XI - 8 avril 1803 - son certificat d'amnistie. Dans ce nouveau poste, il prodigue ses soins aux blessés de la grande Armée ; l'empereur le sait et le félicite par l'organe du ministre des cultes. Au décès de M. Perrin, curé de Mirecourt, M. Mathieu lui succède, le 14 juin 1816, et meurt en fonctions dans cette ville, le 3 avril 1821.


Vie épiscopale de Mgr Antoine-Eustache Osmond, évêque de Nancy
Par M. L'abbé Guillaume
Ed. Nancy 1862

[...] Pendant que l'Evêque de Nancy envoyait ces lettres au Ministre des Cultes, le Grand-Chancelier de la Légion-d'Honneur Lacépède lui demandait des renseignements sur M. Frimont, curé de Langatte, arrondissement de Sarrebourg, pour lequel on sollicitait l'admission dans la Légion-d'Honneur, comme récompense de son zèle à secourir de malheureux incendiés. On faisait valoir en outre, auprès du Grand-Chancelier, les témoignages de satisfaction donnés, par les autorités du département de la Meurthe, au même ecclésiastique, pour le dévouement dont il avait fait preuve envers les braves militaires revenus blessés de la Grande-Armée (1).
En répondant à M. Lacepède, Monseigneur Osmond n'oublia pas le grand-vicaire, pour lequel il sollicitait directement une distinction honorifique. Il songea, en même temps à d'autres ecclésiastiques qui s'étaient signalés par leur dévouement, en des circonstances exceptionnelles, et, dirigé par l'esprit de sagesse et de prudence qui le caractérisait, il fit part de ses appréciations personnelles au Grand-Chancelier, qui trouva sa lettre digne d'un Prélat qui honorait l'Eglise gallicane et qu'il comptait avec tant de satisfaction dans les rangs des décorés. Aussi ce haut dignitaire ajoutait-il, en remerciant Monseigneur de sa lettre confidentielle:
« Vous pouvez être sûr qu'à moins d'un ordre spécial de Sa Majesté Impériale et Royale, la première présentation ecclésiastique que j'aurai l'honneur de soumettre à S. M. comprendra M. Brion, votre respectable grand-vicaire. Il y a longtemps que le travail est prêt à cet égard (2). »
Voici la lettre dans laquelle Monseigneur de Nancy traite de M. l'abbé Frimont, elle est datée du 19 janvier 1807:
» Monseigneur, l'on n'a pas trompé Votre Excellence lorsqu'on lui a dit que M. Frimont, curé desservant la commune de Langatte, s'était conduit envers les braves militaires français revenant blessés de la Grande-Armée, de manière à mériter les suffrages des autorités constituées. J'ai uni ma voix à la leur pour le louer de son zèle et le remercier des soins qu'il avait donnés, à ses concitoyens, dans une circonstance aussi intéressante.
» En outre M. Frimont est homme d'esprit, ayant de la représentation, remplissant très-bien les devoirs de son état, contre lequel je n'ai rien à dire. Si V. Exe., dans cette occasion, croit devoir le présenter comme digne d'obtenir une marque signalée de faveur, les bienfaits de S. M. I. ne tomberont pas à faux.
« Je crois cependant devoir faire observer à V. Exe. que pour pareille conduite et à la même époque M. Mathieu (Nicolas-Antoine), curé cantonal de Blâmont, très-voisin de Langatte, reçut du Ministre des Cultes une lettre d'approbation écrite par ordre de l'Empereur et pour lui marquer la satisfaction de S. M. Par cette lettre presque royale, le modeste M. Mathieu s'était cru plus que récompensé des soins qu'il s'était donnés et qui font partie de notre ministère.
« Si Votre Excellence n'était pas instruite de cet incident, peut-être sera-t-elle bien aise que je lui en aie donné connaissance, afin de ne pas priver d'une distinction accordée au desservant le curé cantonal qui déjà a reçu, pour ainsi dire, les arrhes d'une récompense de ce genre, par une lettre aussi expressive. [...] »

(1) Lettre du Grand-Chancelier à Monseigneur Osmond, du 9 janvier 1807.
(2) Lettre du Grand-Chancelier à Monseigneur Osmond, du 26 janvier 1807.

 

Rédaction : Thierry Meurant

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