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François-Balthazard LAFROGNE (1769-1845)
Voir aussi
Biographie historique et généalogique des hommes marquans de de l'ancienne province de Lorraine

Notaire de la prévoté de Harbouey, François-Balthazard Lafrogne transféra son étude en 1790 à Blâmont, dont il fut maire de de 1816 à 1826


Dictionnaire des Parlementaires français de 1789 à 1889
publié sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny
Éditeur : Bourloton (Paris) 1889-1891

LAFROGNE (FRANÇOlS-BALTHAZAR), député de 1816 à 1821, né à Harboué (Meurthe) le 11 mars 1769, mort à Blamont (Meurthe) le 23 août 1845, était notaire à Blamont et maire de cette ville, lorsqu'il fut élu, le 4 octobre 1816, député de la Meurthe, au collège de départent, par 115 voix. (181 votants, 271 inscrits). Il prit place centre gauche, vota le rejet du projet de loi sur les commissaires-priseurs, et demanda le renvoi au ministre de la Guerre de la pétition d'un sieur Demontrey, fournisseur des transports militaires de la place de Blamont, qui réclamait contre le non-paiement d'une fourniture. Là se borna son rôle parlementaire. La santé de M. Lafrogne étant devenue mauvaise, il sollicita et obtint un congé. Les journaux annoncèrent inexactement sa mort en juillet 1819, et cette erreur fut tellement accréditée qu'on la trouve reproduite dans le Guide électoral ou Biographie législative de tous les députés, par Brissot-Thivars (1819-20). En réalité, M. Lafrogne conserva son titre de député jusqu'au renouvellement de 1821, et ne mourut que le 23 août 1845, à Blamont.


Concernant l'erreur de date sur son décès, L'Ami de la Religion et du Roi, du 11 août 1819, écrit :
« Une lettre de Nancy dément la nouvelle de la mort de M. Lafrogne, député de la Meurthe, que nous avions annoncée dans un autre journal ».

L'Almanach Royal de 1821 le cite comme député, domicilié rue Fromenteau n° 14 à Paris.
Celui de 1843 indique, pour le département de la Meurthe, à la rubrique "Conseil Général du Département" : 

et le Journal des Débats Politiques et Littéraires le désigne en 1833 et 1837 comme Président du Conseil général de la Meurthe.

Le Dictionnaire des Parlementaires réduit donc grandement la biographie de F.-B. Lafrogne après 1821, mais aussi son activité parlementaire, dont on trouve diverses interventions relatées au Journal des Débats Politiques et Littéraires, comme par exemple :

13 mars 1818 (Séance du 12 mars)

Mais la Biographie pittoresque des députés: portraits, moeurs et costumes, publiée en 1820 ne l'épargne pas davantage :
« LAFROGNE.
Sans vouloir abuser des mots, ce député a véritablement la mine renfrognée : on le reconnaît à des sourçils longs et épais, à l'air important d'un notaire, à des cheveux irrités sur le toupet. Le reste de sa tête ressemble à la toison d'un mérinos ; et ce n'est point sans quelque raison que nous sommes frappés de cette similitude. M. Lafrogne s'est beaucoup occupé d'acclimater en France les moutons ; il en a pris quelques habitudes. Il sautait, par exemple, avec une docilité qui a été beaucoup trop longue, le fossé ministériel. Il s'arrête aujourd'hui : il a refusé de franchir la fatale loi des élections, et même, si l'on en croit une rumeur assez publique, il aurait conquis son collègue de la Meurthe, M. le général Bourcier, au parti honorable de l'opposition. »

Tout comme un second ouvrage en 1821 chez le même éditeur, La Chambre de 1820 ou la monarchie sauvée: galerie politique des 482 députés :
« LAFROGNE.
(Meurthe, Nancy.)
CÔTÉ DROIT.
Notaire royal, qui parle trop peu, mais qui a beaucoup de connaissances acquises en finances et en administration. »

La Biographie nouvelle des contemporains, par Antoine-Vincent Arnault, éditée en 1827, accumule les inexactitudes :
« LAFROGNE (N.), nommé à la chambre des députés, par le département de la Meurthe, en 1816. Pendant cette session, il vota le rejet du projet de loi sur les commissaires priseurs. M. Lafrogne, d'abord ministériel, cessa de l'être lors de la discussion sur la loi des élections, en se montrant l'un des défenseurs de la loi du 5 février. Il mourut au mois de juin 1819. Il exerçait a Nanci les fonctions de notaire royal. »

Il est cependant probable que cette animosité parisienne soit liée à son statut de notaire provincial, car le personnage est décrit localement de manière bien plus élogieuse  :
Etienne Grosse, dans le Dictionnaire Statistique du Département de la Meurthe (1836), écrit à la rubrique "Harboué" :
« Harboué a vu naître M. Lafrogne, ancien député, chevalier de la Légion d'Honneur, membre du conseil général de la Meurthe, et jouissant de la considération la plus justement méritée. Son fils, maire de Blâmont, est un des administrateurs les plus distingués du pays. »

De même, la Revue de l'Est de 1868  (article sur l'Histoire du 9ème bataillon des Gardes Nationaux d'élite du département de la Meurthe) évoque, concernant la fin des francs-tireurs en 1815 :
« [...] la conférence de Frémonville, qui mit fin aux corps-francs de la Meurthe (19 juillet) et dont l'issue honorable fut due au patriotisme de M. Lafrogne, maire de Blâmont, puis député. »

Et l'Eloge historique de J.B. Lahalle - 1844, ajoute pour cette même période :
« A l'époque où nos contrées étaient envahies par les armées étrangères, les partisans dépouillèrent un officier russe à une demi-lieue de Blâmont. Le général qui commandait la province, imposa la ville tout entière pour une somme assez considérable. Il était difficile de trouver cet argent dans une bourgade ruinée par les malheurs de la guerre. Alors, MM. Lafrogne père, Bathelot et Lahalle se rendirent à Nancy pour intercéder en faveur de leurs concitoyens. Mais ils furent détenus comme prisonniers, jusqu'à l'entier payement de l'amende qui avait été fixée, et ce fut en empruntant eux-mêmes cette somme, à leurs risques et périls, que ces trois hommes généreux sauvèrent la ville du pillage dont elle était menacée.  »

En juin 1842, François-Balthazard Lafrogne est en campagne électorale contre M. de l'Espée (neveu du Maréchal Ney, ex-préfet et député depuis 1839). Sur les 415 électeurs inscrits pour le collège de Lunéville, 256 voix se prononceront dès le premier tour en faveur de M. de l'Espée, battant ainsi F.-B. Lafrogne (138 voix).

Rédaction : Thierry Meurant

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