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Notes sur « l'Hôpital de Domjevin »
 

Voir aussi : 

L'hôpital militaire de Domjevin a-t-il été utilisé ?
  1916 - Hôpital militaire de Domjevin - Début et fin


Creusé dans le flanc de la cote 291, « l'Hôpital de Domjevin » est une ambulance chirurgicale souterraine imposante, planifiée en 1916, construite à compter du 1er juillet 1916 et durant toute l'année 1917, pour une mise en service en janvier 1918.
Réalisé par le groupe de brancardiers de la 73ème division d'infanterie (dont le JMO, du 4 septembre 1916 au 6 janvier 1919, reste cependant muet sur ce point), ce complexe comprenait, selon les différents journaux de marches :
- une salle pour 50 blessés couchés,
- une salle pour 100 blessés assis,
- un abri pour officier blessé,
- une salle de pansements,
- une salle de stérilisation,
- une salle d'opération,
- une salle de radiographie,
- une salle de pharmacie (tisanerie),
- une chambre d'isolement,
- une chambre mortuaire,
- un dépôt d'armes,
- une salle de repos pour infirmiers,
- un magasin,
- une cuisine,
- une chambre pour les chirurgiens,

- un puits,
- un système de chauffage à eau basse pression,
- des radiateurs électriques,
- des circuits de ventilation et un éclairage,
- le tout alimenté par un groupe électrogène,
- des canalisations vers une fosse septique isolée.

Dès fin 1916, l'hôpital est desservi par une branche de la voie ferrée (largeur 0,60 m type Decauville) de la forêt de Mondon (25 km, de Ménil-Flin à Reillon) surnommée « le petit tacot ».

La partie toujours visible est constituée de trois galeries perpendiculaires, en béton, couvertes de tôles ondulées et protégées par un talus de terre. Cette ambulance militaire de Domjevin,  aujourd'hui abandonnée et trop souvent dénommée "poste de secours de Manonviller" *, a été classée monument historique par arrêté du 10 février 1922, comme vestige de la grande-guerre (voir l'article du journal Ouest-Eclair du 13 février 1922 reproduit ci-dessous.)
Emile Badel écrit d'ailleurs dans L'Immeuble et la construction dans l'Est (7 novembre 1926) : « L'année 1922 a vu classer un Observatoire de guerre à Hablainville, un poste de secours de Domjevin », ce que confirme une circulaire préfectorale du 28 mars 1925, relative aux monuments classés : « Enfin les vestiges de guerre suivants: la croix des Carmes et le quart en Réserve au Bois-le-Prêtre; l'abri de la Chapelotte, l'observatoire de Hablainville et le poste de secours de Domjevin. On ne peut afficher ni apposer des pancartes-réclame à moins de 500 mètres de ces curieux et si émouvants souvenirs de la Grande Guerre en nos régions lorraines ».

Les structures de l'hôpital était sans doute intactes à la date du classement, et libres d'accès, puisqu'on lit dans le guide Conty Est-Vosges: de Paris aux Vosges et au Rhin ; Champagne, Vosges, Lorraine, Alsace, champs de bataille, stations thermales et climatiques (Ed. Paul Mellottée, Paris) de 1923 :
« Dépassant Réclonville, puis Ogéviller, on atteint Domjevin où se trouve établi, au flanc d'un coteau, dans des sapes très profondément creusées dans le roc, un important poste de secours, véritable modèle d'organisation chirurgicale militaire. »
(on notera cependant que ce descriptif est similaire à celui que publiait déjà en 1920 le même éditeur dans son Guide officiel de la zone des armées)

* : on trouve déjà cette fausse appellation dès 1922, le Figaro du 4 août 1922 évoquant le classement de
« en Meurthe-et-Moselle, l'observatoire d'Hablainville, la ferme de Léomont, le poste de secours de Manonviller ».


Journaux des marches et opérations, classés par ordre chronologique

5 octobre 1916. Visite du poste chirurgical de Domjevin dont les travaux sont repris.
[73e division d'infanterie - Génie - 3 août 1914-11 décembre 1916]

23 octobre 1916.
Visite des travaux de l'hôpital chirurgical de Domjevin bétonné (travaux poursuivis par le Capne Lotz Cdant le Cie spéciale du 41 Tal) sous la direction du Cant du Génie de la Divion.
[73e division d'infanterie - Génie - 3 août 1914-11 décembre 1916]

24 novembre 1916.
Poste chirurgical de Domjevin. Ce poste qui sera à l'épreuve des gros projectiles se composera de 2 galeries parallèles réunies sur leur face postérieure par une galerie perpendiculaire. Le tout creusé dans le flanc d'une colline, l'armature se composera de tôles cintrées ondulées recouvertes d'un mètre de béton, sur lequel seront disposés successivement une forte couche de pierres, mélangées d'éléments à ciment armé pour faire plan d'éclatement et enfin une épaisse couche de terre végétale ; les travaux sont réalisés par les brancardiers de la 73ème D.I. dirigés par 1 officier de Territoriale, entrepreneur de profession.
[VIIIe armée 2e formation - Direction du service de santé - 1er mai 1917 - 26 janvier 1918]


25 janvier 1917. Poste de Domjevin. Sur les pentes sud-ouest de la cote 291 et destiné en cas de bombardement intensif ne permettant pas les évacuations, d'abriter et de traiter les grands [blessés ?] avec toutes la sécurité désirable. Tout le gros oeuvre est terminé, il ne reste plus que les locaux accessoires à terminer ; il comprend pour la partie bétonnée : 1 salle de pansement, 1 salle d'opérations, 1 chambre pour les chirurgiens, 1 abri pour officier blessé et 1 abri pour 50 blessés couchés ; il y aura en plus une salle de stérilisation, un magasin, etc...

[VIIIe armée 2e formation - Direction du service de santé - 1er mai 1917 - 26 janvier 1918]


6 février 1917. Un peloton monte à Domjevin pour continuer la construction du poste chirurgical.
[73e division d'infanterie - Groupe de brancardiers-4 septembre 1916-6 janvier 1919]

7, 8 février 1917. Les travaux de l'ambulance chirurgicale de Domjevin subissent un temps d'arrêt pas suite du manque de matériaux devant être fournis par le Génie et par suite également du petit nombre de travailleurs. La plupart des Brancardiers envoyés comme travailleurs de la R.P.S. par ... de Min Inspecteur sont relevés : il en reste 7. Aussi M. le Min. Divisionnaire demande-t-il à ce dernier des hommes de renfort de façon à avoir 30 travailleurs. Il est vrai que 23 GB29/73 ont été fournis, mais provisoirement : en cas d'alerte ils devront assurer le service régulier. De son côté M. le Min Inspr tient à ce que ce poste soit promptement terminé. Cette demande est d'autant mieux fondée que les travaux à exécuter sont importants. Le Min Divre l'a déjà fait savoir à M. le Min Inspr dans sa lettre n° 10957 du 19 janvier (dont copie ...).
J'ai l'honneur de vous adresser sous ce pli un plan détaillé de l'organisation complémentaire qui resterait à effectuer au poste chirurgical de Domjevin. Vu son importance et la valeur des services que ce poste est appelé à rendre, j'ai cru de mon devoir d'examiner attentivement toutes les faces du problème à résoudre dans tous ses détails, et de vous soumettre les déductions de mes observations. Ainsi, après avoir suivi régulièrement la construction de la partie centrale et principale, j'ai étudié sur le terrain même avec soin et à plusieurs reprises, la disposition de ce qui semble nécessaire pour obtenir là un poste chirurgical parfaitement outillé. Vous pouvez voir sur le plan que j'ai demandé à M. le Capne Lotz de me tracer, d'après les idées et surtout les croquis que je lui ai confiés, qu'ainsi comprise cette formation disposera d'accès larges et multiples pour parer à tout imprévu, d'une galerie pare-éclats d'une grande utilité, d'une salle de stérilisation et d'ébullition importante et de servitudes indispensables (puits, groupe électrogène, cuisine, incinérateur, W.C., chambre d'isolement, dépôt d'armes, dépôt mortuaire, point de repos des infirmiers, enfin d'une longue galerie pour blessés assis, qui permettra de garder ces blessés si le bombardement des routes retarde l'évacuation. L'aération des locaux serait activée par ses ventilateurs électriques. L'éclairage serait fourni par le groupe électrogène. Le chauffage serait à eau chaude et à basse pression, avec radiateurs, ; mais deux radiateurs électriques seraient installés en supplément dans la salle d'opération et dans la salle de préparation. Les eaux usées seraient canalisées vers la vallée proche dans une fosse septique isolée. Telles sont dans leur ensemble les propositions que j'ai l'honneur de vous soumettre en ce qui concerne l'agencement des locaux et dépendances. Le plan indiquera mieux encore que ma description rapide l'utilisation des organes projetés. Si ces données reçoivent votre approbation, je vous ferai parvenir prochainement la liste de ce qui sera nécessaire pour l'organisation intérieure et le fonctionnement chirurgical de ce Poste important.
Le Général Cdt l'armée approuve ces dispositions et presse également l'achèvement des travaux et décide « qu'en raison des besoins des troupes du front en matériaux de tout genre, ceux qui sont nécessaires pour les travaux de l'ambulance en question, seront fournis par le 19 S.S. dans un délai de 8 semaines à raison de 1/8 par semaine (note 505/m)
[73e division d'infanterie - Service de santé-1er janvier-1er novembre 1917]

12 février 1917. Par lettre (N° 664) aux médecins divisionnaires des 4
ème et 73ème D.I., le Directeur invite ces chefs à prendre, de concert, les mesures permettant d'employer avec le maximum de rendement, le plus grand nombre possible de brancardiers disponibles du G.B.D. 4, aux travaux d'aménagement du « Poste chirurgical avancé de Domjevin ».
[40e corps d'armée - Direction du service de santé - 28 décembre 1916-30 décembre 1917]

13 février 1917. M. le Capitaine Lotz ne recevant pas de matériaux pour la construction du Poste chirurgical de Domjevin, n'a pas l'emploi des Brancardiers du G.B.D/4 mis à sa disposition.
[73e division d'infanterie - Service de santé-1er janvier-1er novembre 1917]

15 février 1917. Le G.B.D. 4 met à la disp. du 40e C.A. une équipe de 50 brancardiers pour l'aménagement du poste chirurgical de Domjevin.
[4e division d'infanterie - Service de santé - 1er janvier 1917-31 décembre 1918]

16 février 1917. Le peloton monté le 6 février à Domjevin pour continuer la construction du poste chirurgical redescend à Croismare ; il est remplacé par des travailleurs de la 4e D.I.
[73e division d'infanterie - Groupe de brancardiers-4 septembre 1916-6 janvier 1919]

23 février 1917. Le poste chirurgical de Domjevin avance lentement faute de matériaux qui n'ont pas encore été livrés.
[73e division d'infanterie - Service de santé-1er janvier-1er novembre 1917]

27 février 1917. Le M.M de 1e cl. Delage de l'a. 6/2 détaché au poste chirurgical de Domjevin rejoint l'a. 6/2
[4e division d'infanterie - Service de santé - 1er janvier 1917-31 décembre 1918]

7 mars 1917. Les matériaux nécessaires à la construction de l'ambulance chirurgicale de Domjevin devaient être fournies par la 19 S.S. à raison de 1/8e par semaine. A la date de ce jour, 4/8e devraient être fournis. Dans la tournée d'inspection de ce jour, le Min Divisionnaire a constaté qu'une partie seulement du 2/8e a été fournie ce matin même : d'où un regrettable ralentissement des travaux dont le Min Divisionnaire a rendu compte au Dr du Service de Santé.
[73e division d'infanterie - Service de santé-1er janvier-1er novembre 1917]

11 mars 1917. A la suite du départ de la 4ème D.I. les travailleurs du G.B.D/4 employé à la construction de l'ambulance chirurgicale de Domjevin cessent le travail.
[73e division d'infanterie - Service de santé-1er janvier-1er novembre 1917]

13 mars 1917. Le Directeur du Service de Santé du 40 C.A. fait savoir que le G.B.D/5 qui succède au G.B.D/4 fournira un détachement de 30 à 50 travailleurs pour les travaux du poste chirurgical de Domjevin. Ils pourraient commencer le travail le 18.
[73e division d'infanterie - Service de santé-1er janvier-1er novembre 1917]

17 mars 1917
Un détachement de 50brancardiers encadrés du G.B.D/5 est dirigé le 17 mars sur Domjevin pour la construction d'un poste de secours. Ils sont pris en subsistance par le 41e R.I.T.
[5e division d'infanterie - Service de santé - 1er janvier-25 avril 1917]

26 mars 1917. Sous le N° 1544, le directeur adresse au Général cdt le 40ème C.A., une étude concernant l'amélioration des formations sanitaires au village de Domjevin. Ce cantonnement est occupé d'une manière permanente par une garnison de 2000 hommes, composée d'éléments divers appartenant à de nombreux corps de troupes. Chacun d'eux est tenu à avoir à sa disposition une infirmerie et un poste de secours avec abri de bombardement. Il en résulte que de nombreuses habitations, avec abri souterrain, se trouvent consacrées au Service de Santé, au détriment des ressources disponibles pour le cantonnement des troupes. Le Directeur propose la création d'une infirmerie de cantonnement, réunissant, en un seul point, les divers services sanitaires de Domjevin. Pour cette installation, il serait nécessaire de disposer d'une grande baraque Adrian, comportant salle d'attente, salle de visite, salle de malade. A proximité, l'organisation de trois caves permettrait d'installer un vaste poste de secours commun, fortement protégé et susceptible en cas de bombardement 1° d'abriter les malades et blessés 2° d'abriter le personnel 3° de constituer un Poste de pansements, un poste de triage et un relais de brancardiers. Le travail serait exécuté par les groupes de brancardiers. Au rapport, sont joints les plans de l'installation projetée.
[40e corps d'armée - Direction du service de santé - 28 décembre 1916-30 décembre 1917]

29 mars 1917. Le 19e du S.S. du 40e C.A. envoient 40 brancardiers de Corps pour être employés aux travaux des P.S.. Ils sont répartis de la manière suivante : 20 au 346e R.I., 10 au 356e R.I., 10 à Domjevin pour le poste chirurgical souterrain.
De dernier chiffre de 10 porte à 50 le nombre de travailleurs à Domjevin.
[73e division d'infanterie - Service de santé-1er janvier-1er novembre 1917]

23 avril 1917. Le Méd.-Chef du GBC/40 met à la disposition du Min Divre, 1 sergent, 3 caporaux, et 35 brancardiers pour compléter l'effectif des hommes travaillant à l'ambulance chirurgicale de Domjevin.
[73e division d'infanterie - Service de santé-1er janvier-1er novembre 1917]

26 avril 1917. Les propositions faites au Général, le 26 mars 1917, sous le n° 1544, au sujet de l'organisation d'une infirmerie de cantonnement à Domjevin étant revenues approuvées, le Directeur les notifie, sous le n° 2144, au Médecin divisionnaire de la 73è D.I. qui est prié de prélever sur le détachement des brancardiers de corps actuellement employé aux travaux du Poste chirurgical de Domjevin, 12 hommes nécessaires à l'exécution des aménagements prévus par la note n° 1544.
[40e corps d'armée - Direction du service de santé - 28 décembre 1916-30 décembre 1917]

30 avril 1917. Sous le n° 2219, le Directeur, après une inspection des travaux de construction et d'aménagement du Poste chirurgical souterrain de Domjevin, rend compte au Chef supérieur, de l'état d'avancement des travaux. 60 brancardiers du GBC sont employés au poste de Domjevin. L'ouvrage central est terminé, la salle de stérilisation et le tisanerie sont achevés. la superstructure a reçu la couverture protectrice prévue. Les travaux annexes (galerie de pourtour - sapes d'entrée et de sortie - puits central - chambre de dépôt de matériel - chambre d'isolement - morgue) sont en voie d'achèvement (le Poste chirurgical souterrain de Domjevin est un organe d'armée, dont la construction a été décidée par M. le Médecin inspecteur de la VIIIème armée. - Les plans ont été établis par le Chef supérieur).
(JMO 40e corps d'armée - Direction du service de santé - 28 décembre 1916-30 décembre 1917)

3 mai 1917. Domjevin. L'ambulance chirurgicale souterraine s'avance rapidement, toute la partie destinée aux salles d'opérations et à abriter les blessés couchés est terminée ; on a boisé le creusement des galeries réservées aux blessés assis. Cette formation creusée dans le flanc de la cote 291 et qui sera à l'épreuve des plus gros projectiles contiendra 50 blessés couchés et 100 assis.
Quant au village de Domjevin, on aménage toutes les caves en vue d'y créer un point de rassemblement des blessés des secteurs Vého-Reillon et Blémerey.

[VIIIe armée 2e formation - Direction du service de santé - 1er mai 1917 - 26 janvier 1918]

5 mai 1917. Le Médin Divisionnaire soumet au Capitaine Lotz un projet d'aménagement de Poste ch. de Domjevin. Le mode de couchage ordinaire ne saurait convenir à de grands blessés. Un modèle spécial s'impose. Il consisterait en lits superposés de 0,65 m de large, 1 m 80 à 1 m 90 de haut qui seraient placés dans des casiers de 0 m 75 x 1 m 90 à 2 m. Une rangée contre chaque paroi laisse pour la circulation un espace de 1m 10. Le lit en forme de casier rectangulaire et mobile (à tiroir) est supporté dans un cadre formant casier. Il peut se tirer au moyen de manettes à charnières ce qui permet le transport à la salle d'opération, ou de préparation avec le blessé. Pour éviter qu'il ne tombe dans ce mouvement de retrait, une latte longitudinale placée à la face inférieure vient buter contre la bordure du cadre.
[73e division d'infanterie - Service de santé-1er janvier-1er novembre 1917]

6 mai 1917. Le Médecin Divisre transmet à M. le Min Insp. une maquette du Poste de Domjevin. C'est une réduction au 1/10 de la coupe transversale d'une galerie souterraine comprenant les lits disposés dans les casiers.
[73e division d'infanterie - Service de santé-1er janvier-1er novembre 1917]

9 mai 1917. M. le Directeur signale aux Médecins-divisionnaires de le 7ème D.I. (lettre n° 2355) et de la 73ème D.I. (lettre n° 2356) l'existence à Toul d'une grande quantité de poutrelles en béton armé. Ce matériel pourrait être utilisé dans la construction de postes de secours, et particulièrement dans l'aménagement des galeries souterraines destinées à relier les caves de l'ambulance de triage de Domjevin. La camionnette-auto de la section sanitaire pourrait être utilisée pour le transport de ces poutrelles.
[JMO 40e corps d'armée - Direction du service de santé - 28 décembre 1916-30 décembre 1917]

27 juillet 1917. Domjevin, où les travaux de l'ambulance souterraine font de grands progrès. On pourrait à présent utiliser une partie des locaux bétonnés pour faire fonctionner une antenne chirurgicale. La grande galerie réservée aux blessés assis sera bientôt terminée. On y a commencé l'installation des lits et le peinturage des parois. L'abri souterrain du groupe électrogène est terminé, il ne reste plus qu'à poser la canalisation électrique.

[VIIIe armée 2e formation - Direction du service de santé - 1er mai 1917 - 26 janvier 1918]


10 août 1917. Amb. souterraine de Domjevin. La grande galerie des blessés assis se poursuit très activement. La partie chirurgicale proprement dite (salle de préparation, d'opération, de radiographie) peut être considérée comme terminée ; il ne reste que la cuisine à terminer et le puits intérieur à forer

[VIIIe armée 2e formation - Direction du service de santé - 1er mai 1917 - 26 janvier 1918]


21 septembre 1917. Village de Domjevin. Les caves de la partie nord du village réservées au service de santé ont été consolidées et communiquent entre elles par des passages souterrains et peuvent constituer un abri sûr est un poste de triage pour les blessés venant de Vého et Reillon. Il sera nécessaire d'aménager de la même manière les caves de la sortie sud du village pour recevoir les blessés venant de Blémerey.
Ambulance souterraine de Domjevin. Par suite de l'enlèvement du coffrage destiné à faire le mur en béton qui soutient les terres à l'entrée l'ouvrage apparait de très loin et peut être facilement repéré par des avions : des instructions sont données pour qu'un camouflage soit effectué immédiatement. D'ici la fin du mois, les galeries seront percées totalement et on pourra s'occuper de l'installation électrique et des aménagements intérieurs.

[VIIIe armée 2e formation - Direction du service de santé - 1er mai 1917 - 26 janvier 1918]


1er octobre 1917. A Domjevin on poursuit l'aménagement et la protection des caves destinées à servir d'abris et de places de pansement. Elles ont du reste été utilisées l'avant veille pendant un très violent bombardement du village pendant la nuit par obus ordinaires et obus à gaz. Il n'y a pas eu de victimes.
L'ambulance souterraine dont les travaux avancent rapidement, a également servi d'abri pendant le dernier bombardement du village.

[VIIIe armée 2e formation - Direction du service de santé - 1er mai 1917 - 26 janvier 1918]


3 janvier 1918. Ambulance souterraine de Domjevin. Les travaux sont complètement terminés et le jeudi 10 janvier, une formation sanitaire pourra prendre possession des locaux. Il ne reste qu'à établir des bancs dans la grande galerie pour les blessés assis.

[VIIIe armée 2e formation - Direction du service de santé - 1er mai 1917 - 26 janvier 1918]


Ouest-Eclair du 13 février 1922
(voir aussi pour un article quasi similaire Le Rappel du 12 février 1922)

Le Gaulois - 12 février 1922

Les vestiges de guerre classés

Les vestiges et souvenirs de guerre seront classées. Tel est, on le sait, le désir de la Chambre.
Mais la liste des vestiges à classer n'est pas encore arrêtée. La Liberté a regardé « le tableau que le rapport de M. André Fribourg soumet à l'approbation de l'Assemblée » ; des notes prises par notre confrère extrayons quelques passages. Sont proposés pour le classement
Dans l'Aisne, les villages de Berry-au-Bac et de Coucy-le-Château, l'emplacement de la « Bertha » près de Crépy-en-Laonnais, l'observatoire du général Mangin dans la forêt de Villers-Cotterets.
Dans la Marne, la chapelle décorée par des soldats, au cimetière de Mourmelon ; l'église de Saint-Hilaire-le-Grand, le P.C. de Gouraud, près de Minaucourt ; le calvaire du 170e, près de Somme-Py.
En Meurthe-et-Moselle, les retranchements de la cote 372, l'ambulance souterraine de Domjevin, la ferme de Léomont, diverses positions françaises du Bois-le-Prêtre.
Dans la Meuse, les souterrains du bois d'Ailly, le château et le pylône d'Hattonchâtel, les tranchées des Parodies, les côtes de l'Oie et du Mort-Homme; la crête des Eparges, le village de Fleury, l'ouvrage de Thiaumont, les carrières d'Haudromont, les entonnoirs deVauquois, le quartier de Verdun compris entre la rue Mazel et la place Madeleine ; les forts du Rozellier, de Moulainville, de Souville, de Tavannes, de Douaumont, de Vaux, la tranchée des Baïonnettes.
Dans le Nord, les souterrains de Carnières, le kiosque du roi de Bavière, à Douai ; les fortins allemands de La Bassée.
Dans l'Oise, les fermes de Puisieux et Quennevières, le château de Plessier-de-Roye, le cimetière de Tracy-le-Val.
Dans le, Pas-de-Calais, l'église de Carency, les organisations de Givenchy, le blockhaus et la tour de Monchy-aux-Bois, la chapelle de Lorette, le Labyrinthe, le cimetière de Souchez.
Dans la Somme, les châteaux de Grivesnes et de Tilioloy, la Maisonnette, les châteaux de Deniécourt et de Goyencourt.
Peut-on sans émotion lire tous ces noms dont les syllabes raniment soudain dans l'ombre de notre mémoire tant de grands et tragiques souvenirs
R. L.

Le Figaro - 4 août 1922

Vestiges classés

Devançant le voté du projet soumis au Parlement que nous signalions hier, la commission des monuments historiques a déjà classé un certain nombre de souvenirs et de vestiges de la guerre.
La liste en est longue, mais nous citerons notamment dans la Marne, les abris de Verzy, l'observatoire du mont Sinaï, la chapelle et le blockhaus du cimetière de Vïlledomange, le fort de la Pompelle ; en Meurthe-et-Moselle l'observatoire d'Hablainville, la ferme de Léomont, le poste de secours de Manonviller ; dans la Meuse, les abris de Varennes-en-Argonne, le plateau Sainte-Anne et, naturellement, la tranchée des baïonnettes dans le Nord et la Somme, les observatoires de Felinghien et du  château de Chaulnes : dans l'Aisne, le
château de Nesles-la-Montagne, le monument, des Ecossais élevé au lieudit
« Le Briquet... » et plusieurs églises en ruines...
Là ne s'arrêtera pas le classement que commande la piété envers nos morts
aussi bien que le souvenir de la gloire des armées alliées..

 
 
Centre de secours Centre de secours



Photo décembre 1916 - Entrée de l'hôpital souterrain (Réf. SPA BO 98)


Le capitaine Eugène-Emile Lotz :

A la mobilisation, il est Lieutenant adjoint au chef de corps du 41ème régiment d'infanterie territoriale, et commande la Section hors rangs active composée de 60 hommes.
Le 20 janvier 1916, la 2de cie spéciale cantonne à Domjevin, et le Lieutenant Lotz en prend le commandement le 5 février 1916. Le 26 avril 1916, il est nommé « capitaine à titre temporaire maintenu à la 2e cie speciale (Décision du Gal en chef 17 avril 1916) ord. du Rég. 215 »
« 5 janvier 1916. La compagnie est avisée par le Commandant du génie qu'elle sera incessamment chargée de continuer la confection du chemin de fer Decauville allant de Blemerey à Veho ainsi que la piste du chemin de fer travail actuellement exécuté par le 87e territorial qui sera chargé d'autres travaux.»
[JMO du 41e régiment d'infanterie territoriale - 2e compagnie spéciale-1er août 1914-29 juillet 1916]

Le 41ème RIT est dissous le 5 mars 1918. La 2ème compagnie spéciale avait été dissoute le 20 août 1917 (ordre du Général commandant en chef n° 6718 du 6 août 1917) et ses 70 hommes versés au 87ème RIT 6e Bataillon de travailleurs, passé au 5ème bataillon du 52ème RIT le 20 septembre 1917.

On trouve au journal officiel les deux indications suivantes :
- JO du 15 novembre 1918 : Par décision présidentielle du 7 novembre 1918, les officiers de l'armée territoriale ci-dessous désignés, sont passés avec leur grade dans l'arme du génie, à savoir : M. Lotz (Eugène-Emile), capitaine territorial à titre définitif au 41e rég. territorial d'infanterie. - Affecté au 10e rég. du génie.
- JO du 22 février 1921 : Officier de la légion d'honneur - Génie - LOTZ Eugène-Emile, capitaine (territorial) au 10ème rég. : 27 ans de services, 4 campagne, 1 citation.
La revue du Génie militaire de janvier 1921 indique la radiation du capitaine Lotz.

Qui est Eugène Lotz ?

Les journaux de marches l'indiquent entrepreneur de profession. Par ailleurs, le 1er août 1914, le 41ème RIT est mobilisé sur Toul (pour les contingents de Nancy, Lunéville, Raon l'Etape et Rambervillers) afin de former le régiment (le 3ème bataillon cependant à déjà été mobilisé le 31 juillet 1914 à la caserne Thiry de Nancy).
On peut donc aisément supposer que Eugène Lotz est un entrepreneur de la région nancéienne.

Dans divers journaux, on retrouve les traces suivantes :
- Septembre 1908 - Lotz, Architecte hygiéniste, à Landres.
- Mai 1911 - Compagnie Française d'Assèchement rationnel et d'Assainissement (Système Knapen), rue de la Bienfaisance, 54, à Paris. (E. Lotz, Architecte, Concessionnaire), à Landres (Meurthe-et-Moselle)
- Juin 1911 - E. LOTZ, Architecte Hygiéniste, 33 rue Félix Faure à Nancy
- Puis de nombreuses publicités en 1911 et 1912 dans L'Immeuble et la construction dans l'Est (voir ci-contre)
- Novembre 1912 - E. LOTZ - Architecte Hygiéniste, 3 et 4 rue Félix Faure à Nancy
- Aout 1921 - Eugène Lotz, 12, rue Kléber, à Nancy
- Avril 1922 - « M. Lotz (Eugène-Emile), entrepreneur de travaux publics, à Nancy, 12, rue Kléber, et M. Rossignol (Louis), entrepreneur de travaux publics, à Caylus. (Tarn-et-Garonne), ont formé entre eux une Société en nom collectif pour la continuation de l'entreprise de travaux publics, exploitée déjà à Nancy, par le premier. La raison sociale est : E.Lotz et Rossignol. Le siège de la Société est fixé à Nancy 12, rue Kléber. »
- Avril 1923 - « L'entreprise de travaux publics Lotz et Rossignol, en raison de l'extension considérable de cette affaire, se transporte de la rue Kléber au n" 50 de la rue des Quatre-Eglises, à Nancy. »
- Juillet 1924 - Association Amicale des Elèves et Anciens Elèves de l'Ecole spéciale des Travaux Publics (Groupe de l'Est) (M. Lotz, Président du Comité Régional, 12, rue Kléber, à Nancy).
 
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Mais Eugène-Emile Lotz n'est pas lorrain : il est né à Belfort (90) le 2 juillet 1872. Il est le fils de François Charles Lotz, receveur des douanes (et Thérèse Ribstein, sans profession). Il commence lui même une carrière de douanier, puisque son acte de mariage à Champagney (70) le 4 août 1890 avec Marie Lucie Humbert (fille de Charles Joseph Humbert, capitaine des douanes en retraite), porte comme profession « Sous brigadier des douanes ». De même, l'acte de naissance de sa fille Marie-Thérèse le 10 juin 1903 l'indique sous-brigadier des douanes, domicilié à Plancher les Mines (70).
Sa soeur ainée, Florine Françoise (née en 1866), avait elle même épousé le brigadier des douanes François Jules Péroz : leur fils, Paul Henri Péroz, se voit après son certificat d'études, proposer en 1912 par son oncle Eugène-Emile une carrière dans les travaux publics, et après l'école professionnelle, il devient effectivement dessinateur chez son oncle jusqu'en 1914 (puis architecte après guerre).

On peut déduire de ces différents éléments qu'Eugène-Emile Lotz a très vite abandonné la carrière des douanes après la naissance de sa fille, et a entamé des études d'architecte à Belfort (ses publicités le précisant lauréat du "concours d'épuration" de Belfort), avant de s'installer à Landres en 1908, puis Nancy en 1911.
Il interrompt son entreprise dès la mobilisation, et ce n'est qu'après sa radiation du génie (fin 1920 ou janvier 1921), qu'il reprend ses activités d'architecte : « Lotz, Nancy » est ainsi cité dans L'Immeuble et la construction dans l'Est du 16 août 1921, dans la « Liste des entrepreneurs de la région officiellement agréés par la préfecture de Meurthe-et-Moselle pour les travaux de reconstruction dans nos régions dévastées ».


 

Rédaction : Thierry Meurant

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