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Maurice Bracquemond, Emile Bigaré - 1914

 Nous avons déjà évoqué la tombe à Blâmont de du soldat Maurice Bracquemond (270), et le jeune Emile Bigarré (voir Journal des instituteurs - 1914 et Presse - Journal Le petit parisien - 1878-1931). Voici quelques informations complémentaires


:
La Grande guerre du XXe siècle
Avril 1915
Les morts glorieuses

Le soldat Maurice Bracquemond, du 17e chasseurs à pied
16 novembre 1914.
Le soldat Maurice Bracquemond, du 17e chasseurs à pied, a été tué à l'ennemi, le 8 août dernier. Voici la belle lettre que le lieutenant X. (aujourd'hui capitaine) a adressée à la mère de ce brave :
1er novembre 1914.
Maurice Bracquemond est le premier chasseur sous mes ordres qui ait été appelé par Dieu à donner sa vie pour la patrie, et les conditions dans lesquelles le sacrifice est survenu vous donnent le droit d'être fière entre toutes les mères en deuil.
Il était parti avec moi, deux jours avant la mobilisation de la couverture, quatre avant la mobilisation générale, six avant la déclaration de guerre. Appelé par la confiance de mon chef de bataillon à partir avec quelques braves, j'avais choisi Maurice en raison de sa résistance physique (il s'agissait de faire de longues courses en bicyclette), de son adresse au tir (on pouvait tomber à chaque pas dans une embuscade), de son grand calme (qui seul permet de sortir victorieux des sérieuses difficultés), et de sa résolution à faire tout son devoir.
Depuis plusieurs jours, nous manoeuvrions avec conviction, avec enthousiasme, avec foi, lorsqu'il réussit à faire prisonnier un uhlan, après avoir tué la monture de ce dernier. Il le ramenait, en compagnie du sergent, lorsque le sale Boche, indigne de la grandeur d'âme de votre fils qui lui avait conservé la vie, profitant d'une fusillade qui rendait pour mes deux camarades la situation difficile, s'empara de l'arme de l'un d'eux et assassina le plus proche, Maurice, le brave.
Le sergent le vengea immédiatement en abattant l'assassin, mais ne put malheureusement rien faire pour le sauver : Maurice avait été tué sur le coup. Il repose dans le cimetière de Blamont, dans la fosse commune réservée aux braves Français qui sont morts au champ d'honneur, à côté d'un pauvre brigadier de chasseurs à cheval, blessé et achevé par les Allemands, dans des conditions qui émouvraient la famille de ce dernier, à côté d'un pauvre dragon, à côté de nombreux camarades.
Il repose dans la paix du Seigneur, dans cette paix réservée à ceux qui ont vécu sans reproche. Il y reposera toujours, Madame, car vous le laisserez là avec ceux qui ont consommé le même sacrifice, avec ceux auxquels la ville de Blamont, reconnaissante, élèvera un monument digne de leur dévouement, de leur énergie à défendre les foyers, les femmes, les fils des Vosges, avec ceux qui seront l'objet, chaque année, de soins minutieux de la part de la grande famille française, représentée à Blamont par une population trop éprouvée au cours des siècles pour ne pas traiter les tombes, de militaires avec le plus profond respect, avec le plus beau recueillement.
Et, le laissant là, vous l'irez saluer sur la tombe militaire la plus proche de votre habitation, où reposera peut-être le fils d'une mère de Blamont, en tout cas le fils d'une femme française.
C'est le propre de la guerre de stimuler assez les énergies, d'élever le moral, de vivifier assez la foi pour permettre aux mères, aux veuves, aux orphelins, de ne pleurer que sur les sacrifices nationaux, et dans la mesure seulement où les événements l'exigent, pour éprouver la joie calme de la victoire finale.
Que cette énergie, ce moral, cette foi, Madame, constituent le baume de votre douleur, que je respecte et devant laquelle je m'incline.
[Eclair.]


La Grande guerre du XXe siècle
Octobre 1916
Les « gosses » héroïques

Emile Bigarré (15 ans 1/2).
Au cours du défilé des Sociétés de préparation militaire dans la cour de l'hôtel des Invalides, le général Galliéni remarqua un jeune homme, presque un enfant, qui portait avec crânerie l'uniforme des chasseurs à pied
- C'est un jeune héros, lui dit-on.
On l'amena au général, et, timidement, il conta son histoire:
Emile Bigarré a quinze ans et demi. Il est né à Blamont (Meurthe-et-Moselle) et a perdu ses parents, réfugiés il ne sait où.
Ce petit gars s'est battu comme un lionceau. Blessé à la jambe droite, au coude et à la main gauche, il refusait de quitter les soldats du 7e bataillon, qui l'avaient recueilli. Il fallut, à Rozières, où il reçut sa dernière blessure, qu'on lui donnât l'ordre formel de se retirer pour qu'il consentît à se laisser panser.
- Mon enfant, lui dit le général Galliéni, tu as porté avec honneur l'uniforme des chasseurs à pied. Tu as fait dignement figure dans leurs rangs. Donne-moi la main. Tu es un brave !
[Bulletin des Armées. 12-14 nov. 1914.]

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