BLAMONT.INFO

Documents sur Blâmont (54) et le Blâmontois

 Présentation

 Documents

 Recherche

 Contact

 
 Plan du site
 Historique du site
 
Texte précédent (dans l'ordre de mise en ligne)

Retour à la liste des textes

Texte suivant (dans l'ordre de mise en ligne)

 

La compagnie du lévrier blanc au duché de Bar

Complément à
Thiébault II de Blâmont et l'ordre de chevalerie de la fidélité


Bulletin mensuel de la Société d'archéologie lorraine et du Musée historique lorrain
1903

La « compagnie » du lévrier blanc au duché de Bar (31 mai 1416-23 avril 1422)
P. Boyé

I

Quand Robert de Bar avait destiné, tout jeune encore, l'avant-dernier de ses fils, Louis, à l'état ecclésiastique, le prince eût-il pu penser que cet enfant porterait un jour sa couronne ? De son mariage avec Marie de France le duc, en effet, avait cinq autres descendants mâles. Cinq filles, aussi, lui étaient nées, qui eussent suffi à assurer la transmission du pouvoir à sa race, puisque le Barrois, de même que la Lorraine, ignorait la loi salique. Mais ce sang eut un glorieux et triste destin. L'un des six frères, Charles, meurt vers 1392. Des deux aînés, Philippe succombe, en 1396, dans la terrible lutte contre Bajazet; Henri, quelques mois plus tard, au retour de captivité. Après Nikopoli, Azincourt. Le 25 octobre 1415, Édouard III, successeur de Robert depuis 1411, et Jean, sire de la Puisaye, qui ne laissent pas d'enfant légitime, tombent aux côtés de leur neveu Robert d'Oisy, comte de Marle, le fils de Henri, sur ce champ de bataille qu'on a pu, à juste titre, nommer le tombeau de cette héroïque maison.
Louis de Bar, élevé en 1397 à la pourpre cardinalice et alors évêque de Châlons (1), avait, de même que ses soeurs, renoncé à tout droit direct sur le Duché. L'héritage ouvert, il n'en prétendit pas moins le recueillir à l'exclusion des trois princesses survivantes Yolande l'Ainée, reine douairière d'Aragon (2), Bonne de Bar, veuve de Valéran III de Luxembourg, et Yolande la Jeune, épouse d'Adolphe IX, duc de Berg. Le prélat se met en possession des domaines vacants; il s'empare de la capitale; et, en dépit des vives protestations des intéressées, continue de se refuser au partage (3). Le cardinal croyait-il ne pas rompre ainsi avec la légalité ? D'aucuns ont prononcé le mot d'usurpation, et ils ne semblent pas s'être montrés trop sévères.
Quoi qu'il en soit de la conduite du nouveau duc, sa situation se présentait des plus critiques. La reine d'Aragon, née avant tous les autres enfants de Robert, ne dissimulait pas son projet de disputer âprement à Louis un pouvoir dont son caractère sacerdotal l'eût d'ailleurs exclu, disait-elle. Si les réclamations de Bonne demeuraient toutes théoriques, Adolphe IX se montrait disposé à soutenir avec énergie, et fût-ce par les armes, les revendications de sa femme. Le Barrois était épuisé. Il restait en grande partie ruiné par les guerres que ses maitres s'étaient plu à soutenir contre les ducs de Lorraine. A la faveur des hostilités, les plus regrettables désordres avaient pris naissance. En incessante rivalité, les seigneurs songeaient moins au bien de leur petite patrie qu'à la poursuite de querelles intestines.
Le cardinal ne pouvait méconnaître combien, en la circonstance, lui seraient cependant utiles, indispensables même, pour la défense de ses prétentions, la tranquillité sur ses frontières et l'harmonie à l'intérieur de ses États. Vers cette double réalisation tendent aussitôt ses intelligents efforts. Un traité, signé le 4 décembre 1415 avec le duc Charles II, assure au prince-évêque l'amitié de son voisin de l'Est. Le 31 mai suivant, l'élite de la noblesse barroise renonce solennellement à ses dissensions et aux fâcheuses pratiques qui les attisaient.
Afin d'arrêter ce pacte mémorable, vingt chevaliers et vingt-sept écuyers s'étaient rendus à Bar. Ils sont là, groupés autour du cardinal Thiébaut de Blâmont, les Beaufremont, les du Châtelet, les d'Apremont, les des Armoises, les Sampigny jusqu'au belliqueux François de Sorbey jusqu'à Robert de Sarrebruck, le trop fameux damoiseau de Commercy. Tous prennent le prélat à témoin de leur franche réconciliation dans le passé, de leur intime union pour l'avenir. Ils font une « alliance », constituent une « compagnie dont les membres promettent de s'aimer et de s'entr'aider, et à la tête de laquelle sera placé un « roi », annuellement élu. Que l'un d'eux soit en péril, dans les huit jours qui suivront la convocation lancée par le « roi », dûment averti, le banneret devra marcher au secours du plaignant avec trois hommes d'armes, le simple chevalier avec deux, l'écuyer avec un. En cas de danger particulièrement pressant, un contingent plus considérable pourra, de l'avis du « roi » et de six des associés, être exigible. Si quelque différend survient entre les contractants, ils se garderont de le trancher d'autre manière que d'après les règles du droit. Toujours, en dernier ressort, ils s'en remettront à la sentence arbitrale du duc.
Ce renoncement aux voies de fait, cette étroite solidarité étaient déjà un résultat remarquable si l'on songe à l'heure troublée où ils s'affirmèrent. Mais Louis de Bar n'eût obtenu là qu'une demi-satisfaction. Afin qu'elle lui fût vraiment profitable, l'institution devait avoir un côté plus pratique, moins chevaleresque, que sa diplomatie fut assez avisée pour ne pas mettre trop crûment en lumière. Il n'est guère admissible que cette entente opportune ait été uniquement le fruit d'un généreux et unanime élan, ou qu'elle se soit formée à la seule instigation des plus puissants d'entre les gentilshommes qu'elle allait rapprocher. De ce que le nom de Thiébaut de Blâmont figure en tète de l'acte, ainsi que le commandait, au reste, une illustre parenté (4), on a souvent aussi attribué à ce comte l'honneur de l'initiative (5). Rien n'est moins prouvé. Il parait qu'avant de conclure, les avantages réciproques furent, au contraire, soigneusement débattus et des promesses exigées. Le 31 mai, à la dernière minute, ne voyons-nous pas Louis de Bar contraint de garantir à Renaud du Châtelet une ancienne créance de neuf cents écus (6). A lire les lettres d'établissement de la Compagnie, le prince daigne avant tout encourager la bonne volonté de ses vassaux. Mais cette bienveillance prétend être payée de retour: Rejetées à la fin du contrat, deux clauses, accessoires d'apparence, en résument l'idée première, en demeurent la raison d'être. A celui dont le règne s'annonce précaire, chevaliers et écuyers vont « garder son bien, état, honneur et profit de toute leur puissance ». La moindre défection serait forfaiture, car « ne pourra aucun de cette Compagnie prendre ni accepter aucune autre compagnie ou alliance au préjudice de cette dite Compagnie, icelle durant, sinon par la volonté et consentement » du maître.
En plus de ces deux devoirs primordiaux de fraternité et de fidélité qui leur incombaient, les membres de la Compagnie étaient soumis à des obligations de discipline intérieure. Ils devaient tenir deux journées par an l'une à la Saint-Georges, la seconde à la Saint-Martin d'hiver, afin de vérifier la stricte observance des statuts, ou pour l'examen de ce qu'à l'expérience ceux-ci auraient révélé de défectueux. En cas d'amendement jugé nécessaire, cette révision serait confiée au « roi », assisté de six alliés. Toute absence non justifiée à l'une de ces assemblées, dont la première dut, d'après l'acte de constitution, se tenir à Saint-Mihiel, le 11 novembre 1416, attirait au défaillant une amende d'un marc d'argent. Fût-elle valable, l'excuse n'exemptait pas de la quote-part des frais. Le nombre des adhérents n'était pas limité aux quarante-sept fondateurs. Nul gentilhomme, toutefois, ne pourrait venir augmenter ou compléter ce cadre sans l'ordonnance expresse du duc, et sans que le « roi » et « huit ou dix des plus grands » de la Compagnie se fussent déclarés sûrs garants du candidat.
L'insigne des affiliés consistait en un « lévrier blanc » ayant « en son col un collier » où l'on lisait ces mots : TOUT UNG. Symbole et devise se trouvaient être d'un choix judicieux. Jusque dans leur disposition respective, ils rappelaient l'étendue des engagements pris par ceux qui les arboraient: une indissoluble union en vue d'un plus parfait attachement (7). Ce blanc lévrier colleté était-il aussi bouclé ; l'avait-on représenté passant, courant ou rampant, bordé, lampassé et allumé ? Nous ne savons. A vrai dire, ces menus détails héraldiques importent assez peu. Aucun exemplaire de cette figuration ne nous est parvenu aucun dessin ne nous en a été conservé. Nous ignorerions même de quelle façon les plus nobles vassaux de Louis de Bar se paraient de leur marque distinctive, si la teneur des lettres qui, précisément, le remplacèrent par un autre attribut, ne nous donnait à entendre que cet emblème se suspendait à un collier et peut-être se brodait simultanément sur le costume (8).
Le pacte de 1416 ne valait que pour une période assez courte cinq années. Quand expira ce délai, des négociations de la plus haute portée avaient été menées à bien, et les destinées politiques du Barrois définitivement orientées.
Devant l'attitude résolue de son frère, Yolande de Bar ne s'était pas résignée. A tous elle avait dénoncé la spoliation dont elle se jugeait victime. La cause avait été soumise au Parlement de Paris. Cependant, la veuve du roi d'Aragon avait une fille, nommée comme elle Yolande, femme de Louis II d'Anjou, comte de Provence, roi de Sicile Aux deux époux un second fils était né, au château d'Angers, le 16 janvier 1409, dont l'apanage se réduisait au petit comté de Guise. C'est dans les mains de cet enfant que la reine de Sicile, laissant à sa mère les soucis de la procédure, eut l'idée de placer la clef du litige. Si favorable que pût être pour lui la solution du conflit, Louis de Bar devrait songer, tôt ou tard, à régler sa propre succession. Or, différentes fois ce prince avait rencontré à la cour de Charles VI l'aimable René d'Anjou. Il avait été frappé de ses qualités naissantes il s'était pris à l'aimer. Quel meilleur gage trouver d'une réconciliation ? Que le grand-oncle adoptât ce petit-neveu, et Yolande d'Aragon se flattait d'arracher à Yolande de Bar un désistement. Quand ces propositions lui furent faites, le cardinal-duc avait tout lieu de craindre une issue fâcheuse au long débat juridique entamé. Par un arrêt du 30 septembre 1418, sa soeur venait d'obtenir une provision de mille livres de rente. D'autre part, son beau-frère, le duc de Berg, parlait de s'avancer, à la tête de ses troupes, sur le Barrois, pour terminer le différend par des arguments plus rudes. Louis de Bar était bien de ces prélats, il en fit preuve en une autre occurrence, qui savaient au besoin déposer la mitre pour le bassinet, et la crosse d'or pour la hache d'armes. Mais, au fond et plus encore par tempérament qu'en raison de l'onction sacerdotale, il inclinait à la paix. A une combinaison où le sentiment allait de pair avec ses intérêts, peu à peu il se laissa gagner. Toujours à l'instigation de sa nièce, il avait demandé et obtenu pour René la main d'Isabelle, fille et héritière de Charles II de Lorraine. Puis, le 13 août 1419, le cardinal avait passé donation en forme du duché de Bar et du marquisat du Pont au jeune fiancé et, le 14 octobre 1420, avait été béni un mariage qui, consommant la réunion de deux États trop longtemps rivaux, détournait le duc de Lorraine du parti anglo-bourguignon où le retenaient d'anciennes amitiés. Ainsi était brisée cette chaine continue d'ennemis qui eût pu se tendre le long du royaume de France, le jour où les Duchés se fussent ligués contre lui (9).
Certes, à cette conclusion les chevaliers du Lévrier blanc n'avaient pas participé d'une façon directe. Ils n'eurent aucun rôle actif à jouer dans ces graves affaires. Il ne nous reste même d'autre trace de leur groupement que les lettres de création de la Compagnie. L'association, du reste, ne s'était pas maintenue sans tiraillements. On ne brûle pas en un jour ce que longtemps on adora. De vieux ferments devaient travailler ces seigneurs inquiets, toujours par monts et par vaux, braves mais ombrageux, faciles au défi, non moins prompts à la riposte. De sérieuses infractions avaient été à déplorer. Est-ce impunément qu'un Robert de Sarrebruck, par exemple, était entré dans la pacifique alliance L'événement eût été prodigieux que le damoiseau se fût du coup assagi. Dès Pâques 1417, le turbulent guerrier avait renouvelé ses exploits passés.
Rencontrant près de Toul un des plus nobles coassociés, Érard du Châtelet, il s'était emparé du chevalier et de son escorte, tandis que les gens du duc de Bar, surgissant d'aventure, assaillaient à leur tour l'agresseur et l'emmenaient prisonnier à Foug. Mais, signe non équivoque de tendances plus douces, effet du serment échangé et trop imprudemment violé, cette provocation n'avait pas eu de suite. Le regret du coupable et le pardon de l'offensé avaient cimenté la réconciliation (10). De tels incidents, naguère multipliés, étaient, somme toute, devenus d'exception. Le progrès était réel et il est hors de doute que, du seul fait de s'abstenir, les quarante-sept puissants vassaux avaient rendu la sécurité et le repos au pays, fourni à leur prince l'appui moral qui lui permit d'affronter la crise avec plus de confiance et d'en mûrir à loisir l'heureux dénoûment.

II

Par une sorte de reconduction tacite, l'association n'avait pas été dissoute après le 31 mai 1421. Au cours de la treizième assemblée trimestrielle qui réunit à Bar, le jeudi 23 avril treize des fondateurs (11), c'est « à tousjours mais » que l'on décida de « l'entretenir ». Comme pour celle du printemps de 1416, Louis de Bar tint à présider cette journée. Autant par gratitude pour les services rendus que pour s'assurer la continuation d'avantages certains, le cardinal-duc y approuva la pérennité souhaitée et fit sur-le-champ apposer son sceau aux nouvelles lettres qui la consacrèrent.
Il n'était en rien touché à l'esprit et au but de la compagnie. Mais ses adhérents se plaçaient sous l'invocation de l'apôtre des Ardennes. Les alliés du Lévrier blanc devenaient les alliés de « Monsieur saint Hubert ». Leur insigne changeait. A l'emblème profane de la Fidélité était substituée « une image d'or » du saint, suspendue à un collier. Pareille représentation serait brodée sur leurs vêtements. Afin qu'elle coïncidât avec la fête du patron, on avançait de quelques jours l'assemblée d'hiver (12).
Ces légères modifications peuvent paraitre toutes de forme. Elles eurent leur portée. L'introduction de l'élément religieux permettait et prépara une évolution dont, malheureusement, la pénurie complète de documents, pour plus d'un siècle et demi, nous empêche de fixer les premiers stades, Cette large lacune franchie, nous retrouvons, en 1597, notre institution toujours en vigueur. Elle est régie par un règlement révisé cette même année: Mais la transformation est sensible. On n'est plus en présence d'une ligue pour le maintien de la paix intérieure, la répression des voies de fait, le service du souverain. La chevaleresque association a insensiblement fait place à un ordre noble, auquel les plus hauts du pays demandent un titre honorifique, mais dont le prince ne saurait beaucoup attendre. Parmi ceux qui le composent, combien seraient désormais en état de remplir les conditions exigées par les articles primitifs ! La principale préoccupation des modernes chevaliers, dans les rangs desquels ne se rencontre d'ailleurs aucun des représentants des maisons qui avaient pris part à la création de 1416, et dont le « roi », devenu grand veneur, sera bientôt le grand maitre, est de se livrer en commun, lors de certaines fêtes, à de pieux exercices, suivis du plaisir de la chasse.
Il n'est pas dans notre plan de refaire ici, à la suite de plusieurs, Servais particulièrement, l'histoire de l'Ordre de Saint-Hubert de Barrois, qui s'étendit à la Lorraine et subsista dans les deux Duchés après leur annexion au Royaume. Disons seulement que les privilèges en furent confirmés par Charles Ill, Charles IV, Léopold, Stanislas, Louis XV et les statuts successivement remaniés en 1714, 1715 et 1783. A cette date, les dévots et zélés chasseurs de la fin du XVIe siècle formaient eux-mêmes une minorité négligeable. L'Ordre avait pris un caractère philanthropique. On y rêvait d'oeuvres charitables, et, en 1785, les capitaux disponibles furent employés à la fondation d'un lit dans l'hôpital de Bar-le-Duc, au profit d'un vieillard pauvre. A la Révolution, l'Ordre est aboli. Mais, quelque quinze ans plus tard, il revit à Francfort, où Charles de Dalberg l'adopte et en accepte la maitrise. En 1815, autre perturbation. Le grand-duché de Francfort disparait. Un Ordre chapitral de Saint-Hubert de Lorraine et Barrois se réorganise en France, pour comprendre à ce moment un grand maitre, six grands croix, trente commandeurs et un nombre indéterminé de chevaliers. A leur réception, ces membres payaient un droit assez considérable. Ils juraient de vivre dans le sein de l'Église catholique et prêtaient, en outre, le serment suranné de marcher en armes, sous le commandement du grand maitre, quand le roi en donnerait le signal. Dès 1816, Louis XVIII avait accordé sa protection à cet ordre. Sous le nom d'Ordre de Saint-Hubert des Ardennes, de Lorraine et du Barrois, il le supprima le 16 avril 1824, ainsi que ceux de Saint-Georges de Franche-Comté, du Saint-Sépulcre de Jérusalem et tous autres prétendus tels se qualifiant de français (13). Peu après, cependant, et avec une persévérance digne d'un plus grave objet, un conseil chapitral se reconstituait, transférait son siège en Belgique, au célèbre sanctuaire de la forêt d'Ardenne, et y présidait aux destinées de l'Ordre restauré dit: de Saint-Hubert de Lorraine (14). Les derniers vestiges pouvaient naguère encore s'en reconnaître dans une vague confrérie de gentilshommes chasseurs. Mais le lien était factice. Sur la liste des nouveaux titulaires on cherche en vain le nom du chevalier de Marne, en la personne de qui s'éteignit à Bar-le-Duc, le 19 novembre 1853, le dernier successeur authentique des alliés du Lévrier blanc (15).

III

Longtemps les chevaliers de Saint-Hubert avaient tenu à perpétuer le souvenir de leur origine. Le lévrier ne brillait plus sur leur poitrine ; il vivait à leur foyer. D'après les règlements de 1597, les membres de l'Ordre devaient nourrir au moins un de ces animaux. La veille et le jour de la fête du protecteur, ils étaient aussi appelés à prendre part à une grande chasse au lévrier, dans les bois des environs de Bar. Une amende d'un écu sanctionnait le manquement à l'une ou à l'autre de ces obligations, dont la seconde constituait l'exercice forcé d'un privilège envié. Mais, au cours des guerres du XVIIe siècle, le chartier de l'Ordre fut bouleversé et la plupart de ses titres égarés. Pour rentrer en leur possession, on usa de divers moyens, du monitoire notamment. On ne put qu'en recouvrer un très petit nombre. Dans le désarroi général, la mémoire s'effaça des circonstances d'un établissement que, seule, une incertaine tradition fit remonter « au temps des comtes de Bar », c'est-à-dire à la première moitié tout au moins du XIVe siècle. A l'approche de la Révolution, les chevaliers de Saint-Hubert en étaient toujours réduits à pareille ignorance. Leur délibération du 2 novembre 1783 en contient l'aveu.
Ce n'est pas qu'il ne fut resté aucun indice des lettres de 1416. L'original en subsistait, avant 1740, au Trésor des Chartes de Lorraine, dont il partagea les vicissitudes. Dufourny fait figurer ce document sur l'inventaire qu'il dresse à Metz, en 1697-1698, des archives ducales, transportées depuis 1670 dans cette ville par ordre de Louis XIV, et qui furent enfin ramenées à Nancy l'année suivante (16). Dom Calmet a utilisé la mention de Dufourny (17). Guidé par ce répertoire, il a pu également recourir à la pièce elle-même (18), en vue d'un résumé moins sommaire. Le bénédictin voit dans l'association des gentilshommes barrois, tantôt « une manière de confrérie (19) », tantôt « une espèce d'ordre de chevalerie que, le premier, il s'avise de désigner sous le nom d'Ordre de la Fidélité (20). Henriquez l'imitera (21), et le nom fera fortune Toutefois, pour rattacher cette institution à celle placée sous le patronage de saint Hubert, il eût fallu avoir connaissance des changements décidés en 1422. Or les lettres du 23 avril, dont le parchemin est d'ailleurs encore ignoré, échappèrent aux chercheurs du XVIIIe siècle. Dom Calmet affirme que cet Ordre de la Fidélité « n'eut point de suite » (22). Le texte en déficit ne fut que très tardivement retrouvé, et une copie put enfin en être réintégrée dans les archives de l'Ordre (23). Mieux instruits du passé, les chevaliers de Saint-Hubert s'empressèrent alors de revendiquer une filiation qu'ils ne soupçonnaient pas, et, peu avant de disparaître, à la légende: ORDO NOBILlS SANCTI HUBERTI BARRENSIS, qui, au revers de leur décoration, entourait en lettres d'or, sur un médaillon d'azur, les armes du duché de Bar, ils ajouteront INSTITUTUS ANNO 1416 (24).
Trompés par ce millésime, quelques historiens contemporains nous montrent tel ou tel des vassaux de Louis de Bar déjà « membre de l'Ordre de Saint-Hubert avant la cession du Duché à René d'Anjou (25). Presque tous les autres conservent à l'association primitive la désignation d'Ordre de la Fidélité qu'avaient assurément suggérée à Dom Calmet le symbole du lévrier et la devise TOUT UNG.
Ils le font d'autant plus volontiers que ce titre n'est pas unique en son genre dans la nomenclature des ordres de chevalerie (26). Mais à ces ordres est-il possible d'assimiler notre Compagnie du Lévrier blanc ? Ce groupement se présente avant tout comme le résultat d'une alliance. On est en face d'une ligue, d'une trêve nous allions dire d'une landfried. C'est un pacte, un contrat. Rien du caractère honorifique qu'on lui prête. Rien du caractère religieux, surtout, dont étaient si profondément empreints les ordres militaires du moyen âge. De là l'importance, signalée plus haut, du remaniement de 1422, Toute la transformation était en germe dans cette retouche. Et encore, combien la différence est-elle frappante entre les brefs statuts auxquels on s'arrêtait alors, et la prolixité de ceux des véritables ordres équestres, de cet Ordre du Croissant, par exemple, que vingt-six ans plus tard le petit-neveu du cardinal-duc se plaisait à régler avec une si scrupuleuse minutie (27). A l'ordre imaginaire de la Fidélité, du Lévrier (28) ou du Lévrier blanc, il fallait un fondateur: ce fut le sire de Blâmont (29). Un protecteur Louis de Bar s'imposait. Villeneuve-Bargemont prétend même que, pour lui donner plus d'éclat et de durée, ce prince s'en serait déclaré chef suprême. Il fait assister René d'Anjou à la journée du 31 mai 1416. Ainsi s'expliquerait le penchant du bon souverain « à s'occuper de tout ce qui concernait les ordres de chevalerie, puisqu'il fut témoin de la création d'une de ces institutions et admis sans doute, malgré sa jeunesse, à en faire partie (30) ». Voici enfin qu'avec Jeantin, qui a sous les yeux des pièces probantes mais qu'entraine une imagination ardente sinon maladive, l'Ordre de la Fidélité, qu'il appelle aussi Ordre des Chasseurs de la Fidélité ou des Grands Chasseurs nobles, prend naissance « à l'ombre des autels de l'abbaye de Saint-Hubert », et que René tient à honneur d'en être proclamé « roi (31) » !

IV

L'acte du 31 mai 1416 n'est pas absolument inédit. Dom Calmet en avait donné une analyse détaillée, mais assez défectueuse pour justifier les reproches que l'on adresse, de nos jours, à ce moine consciencieux mal servi par des collaborateurs négligents (32). Le président Jeantin, en 1867, inséra ce texte, ainsi que celui des lettres de 1422, dans ses Chroniques de Saint-Hubert, où d'ailleurs l'un et l'autre sont rejetés en note (33). Ici encore la justification est loin d'être satisfaisante. On sait qu'après le Troisième traité de Vienne qui incorporait la Lorraine au Royaume, l'académicien Antoine Lancelot fut envoyé à Nancy pour classer les archives ducales, négligées depuis leur restitution à Léopold. De mai 1737 au milieu de l'été de 1740, l'érudit s'y employa avec un zèle infatigable. Cette oeuvre n'aboutit pas seulement à la mise en ordre du Trésor des Chartes elle fut l'occasion d'un dernier démembrement de ces richesses. Quantité de pièces furent expédiées à Paris, où elles formèrent la précieuse Collection de Lorraine de la Bibliothèque nationale (34). Le document qui nous occupe fut compris dans ce prélèvement (35). Toutefois, l'archiviste royal tint à en laisser sur place une copie, qu'il traça entièrement de sa main (36). Mais, pour être collationnée, la transcription de Lancelot n'est pas irréprochable. Quand on la compare à l'original, on y relève plusieurs inadvertances, excusables chez celui que pressait une tâche écrasante. Lancelot a omis, notamment, le nom d'un des écuyers Arnoul de Sampigny. Et comme toutes les copies jusqu'ici consultées, la copie des archives de l'Ordre de Saint. Hubert elle-même, dérivent de celle là, on s'expliquera pourquoi le nombre des gentilshommes assemblés à Bar, autour du cardinal-duc, a été réduit à quarante six (37), quand certains ne l'abaissent pas à quarante-cinq (38), voire à quarante (39). Or Jeantin, quoiqu'il donne à entendre (40), n'a reproduit que le texte de Lancelot, et non sans l'altérer à son tour par des fautes de lecture. La publication des lettres originales n'est donc pas superflue.
Ce document consiste en un parchemin de 490 mm de long sur 235 mm de haut. Il est en bon état de conservation, bien que l'encre ait pâli et que les caractères soient devenus presque illisibles vers le centre. La partie sigillaire a moins résisté. Il y a plus d'un siècle et demi, Lancelot signalait la disparition du sceau de Louis de Bar (41) et la détérioration de plusieurs. L'état de choses n'a pu qu'empirer depuis le transfert de celle pièce dans la capitale. Des quarante-huit sceaux pendants sur double queue qui formaient primitivement, tout le long du repli, comme une frange épaisse et ininterrompue, il ne reste guère que des débris. Sauf la queue qui soutenait le sceau ducal, toutes les autres sont en place. Mais trente-deux sont veuves de toute trace de cire, ou n'en supportent plus que de menues parcelles. Des fragments plus considérables sont informes. Sans leurs numéros d'ordre, ou le rappel des noms (42), ces frustes empreintes seraient insuffisantes pour l'identification de leurs propriétaires. Les sceaux de Jean et de Geoffroy d'Ornes, d'Henri d'Épinal ou de Franque de Housse, pourraient à la rigueur être reconstitués. On aperçoit les trois fleurs de lys de Renaud du Châtelet et l'écu vairé de Philibert de Beaufremont.
Moins endommagés sont les sceaux de Jean de Laire, de Geoffroy d'Apremont, ou d'Arnoul de Sampigny. Mais seul celui de Philibert de Doncourt (43) reste intact (44).
Le simple aspect de cette charte mériterait déjà qu'on l'examinât. La liste qu'elle nous fournit des plus fidèles vassaux du cardinal Louis, lui donne un nouvel intérêt. Cet intérêt grandit quand on sait que c'est là le pacte qui interrompit, s'il n'y put mettre fin, le régime de discorde et d'abominations dont souffrait le Barrois au début du XVe siècle que les quarante-sept contractants entourèrent le dernier duc de Bar de leur dévoûment et facilitèrent, dans le sens de la cause française, la réunion de ses États à la Lorraine. Cette pièce, aussi, est l'origine réelle, sinon immédiate, d'un ordre de chevalerie qui, sans avoir été, comme l'a écrit Digot, avec une exagération évidente, « l'un des plus anciens de la chrétienté (45) », occupa un rang honorable parmi la multitude d'autres ordres créés à diverses époques. L'Ordre de Saint-Hubert de Barrois subit, il est vrai, bien des interruptions. Il ne se soutint pas moins plusieurs siècles, alors que tant d'institutions analogues, et plus illustres, ne survécurent pas à leur fondateur. L'Ordre du Croissant exista à peine trente-trois ans. Enfin, le Barrois et la Lorraine n'en connurent pas d'autre qui leur fût spécial (46). La confrérie des chevaliers aux Blanches Manches que Jean 1er aurait organisée, vers 1380, n'eut, en tout cas, qu'une durée éphémère (47). Les chevaliers de la Mère de Dieu, ou de Saint-Nicolas, imaginés plus tard par Henri II, ne furent jamais désignés (48). Autant de raisons, croyons-nous, d'étudier dans son intégrité l'acte du 31 mai 1416 et de consacrer quelques pages à cette vieille « Compaignie » du Lévrier blanc, la première association qui en soit sortie.

APPENDICE
(31 Mai 1416)

Lettres d'institution de la Compagnie
A tous ceulx qui ces présentes lettres verront, Nous (49) Thiebaut de Blanmont (-1-), Phelibert seigneur de Beffroimont (-2-), Eustace de Conflans (-3-), Richart des Hermoises (-4-). Pierre de Beffroimont sire de Ruppes (-5-), Regnault du Chastelet (-6-), Erart du Chastelet son filz (-7-), Mansart Desne (-8-), Jehan seigneur d'Orne (-9-), Gobert d'Aspremont (-10-), Joffroy d'Orne (-11-), Jaque d'Orne (-12-), Philippe de Nouveroy (-13-), Oulry de Lendres (-14-), Jehan de Laire (-15-), Jehan de Seroncourt (-16-), Colart Doutanges (-17-),Jehan de Beffroimont seigneur de Fontois (-18-), Jehan de Maulbeth (-19-) et Joffroy de Bassompierre (-20-), chevaliers Jehan seigneur de Rodemach (-21-), Robert de Sarrebruche seigneur de Commercey (-22-), Edouart de Grantprey (-23-), Henry de Breul (-24-), Wary de la Vaulx (-25-), Jonroy d'Aspremont (-26-), Jehan des Hermoises (-27-), Robert des Hermoises (-28-), Symon des Hermoises (-29-), Franque de House (-30-), Oulry de Boulinges (-31-), Henry Despinaulz (-32-), François de Xorbey (-33-), Jehan de Saint-Lou (-34-), Hugues de Mandres (-35-), Huart de Mandres (-36-), Phelibert de Doncourt (-37-), Jehan de Sampigny (-38-), Colin de Sampigny (-39-), Arnoul de Sampigny (-40-), Alardin de Mousay (-41-), Hanse de Nivelein (-42-), le grant Richart d'Aspremont (-43-), Thierry Dauteilz (-44-), Thomas Doutanges (-45-), Jacquemin de Niscey (-46-) et Jacquemin de Villers (-47-), escuiers, salut. Savoir faisons que nous, regardens et désirans vivre en honneur et en paix, avons advisé que nous ferons ensemble une Compagnie durant l'espace de cinq ans entiers commeçant à la date de ces présentes.
C'est assavoir que nous tous dessus nommez avons juré aux Sainctes Ewangiles de Dieu et sur nos honneurs que nous nous amerons et porterons foy et loyalté les uns envers les autres et se nous savons le mal ou dommage de l'ung à l'autre que nous le destourberons à noz povoirs et le ferons savoir lez ungs auz autres, ledit temps durant. Et cesteditte alliance et Compaignie avons jurée envers tous et contre tous, exceptez noz seigneurs naturelz et noz amis charnelz. Et durera cinq ans entiers comme dit est. Et se nul nous veult aucune chose demander ou requérir, nous en venrons à jour ou à droit par devant Très Révérend Père en Dieu Nostre très redouté Seigneur Monseigneur le Cardinal Duc de Bar, Marquis du Pont, Seigneur de Cassel lequel Nostredit Seigneur nous a promis loyalement en parole de principie de nous aidier et conforter de toute sa puissance et de son pais, et de tenir lez choses dessusdictes envers tous et contre tous ceulx qui à jour et à droit ne voulroient venir là où il appartient par raison. Et ferons ung Roy de ceste Compaignie qui durera ung an entier. Et nous tous qui serons de cette Compaignie porterons ung levrier blanc qui aura en son col ung coler ouquel sera escript TOUT UNG. Et tous les ans tenrons deux journées, la première à la Sanct Martin d'iver et l'autre à la Sainct George en avril, pour savoir s'il y auroit aucune faulte en ladicte Compaignie ; et s'aucune faulte avoit, elle seroit amendée par le Roy et par six dez aliez. Et convenra que chacun soit ausdictes journées sur peine de paier ung marc d'argent ; ausquelles journées on deveroit envoier se on avoit excusation pour soy excuser et paier sa part des despens. Et se tenra la première journée à Sainct- Mihiel. Et ne puet-on mettre aucun en cestedicte Compaignie que ce ne soit par l'ordonnance de Nostredit Seigneur et par le Roy d'icelle, ensemble huit ou dix des plus grans d'icelle, lesquelz seront nommez ez lettres de celuyqui y sera receus pour savoir ceulx qui l'auroient esleu. Et se aucun faisoit tort ou dommage à l'ung de cestedicte Compaignie, il deveroit requérir Nostredit Seigneur qu'il l'eust à jour et à droit, s'il'estoit son subget et s'il n'estoit son subget, ycelluy Seigneur deveroit requérir le seigneur de qui il seroit subget qu'il l'eust à jour et à droit, devant ce que on feist oeuvre de fait. Et en cas de refus, Nostredit Seigneur deveroit aidier la Compaignie jusques à droit. Et nous tous serons tenus de servir à noz despens celuy à qui on feroit dommage qui ainssi auroit requis, tant que le pais du. Duchié de Bar et Marquisie du Pont durent et pour le temps advenir, car ce paravant la date de ces présentes ou paravant ce que aucun fust mis de ceste Compaignie aucune guerre estoit commencié, nous ne serons point tenus d'en aidier l'un l'autre. Et servirons l'un l'autre comme dit est et par la manière qui s'ensuit. C'est assavoir ung bannerot à trois hommes d'armes, ung simple chevalier à deux et ung escuier à ung, huict jours après ce que celuy à qui on feroit domage l'auroit fait savoir au Roy de ceste Compaignie et que ledit Roy nous en auroit requis. Et se plus grant force y convenoit, on se deveroit renforcier au regard du Roy et de six de ladicte Compaignie.
Et toutes cesdictes aliances nous tous avons faitez et passées par le consentement de Nostredit Seigneur et en sa présence. Et ycelluy Nostredit Seigneur nous a promis que se nous aviens debat lez ungs auz autres, nous oir et garder le droit de chascune partie sanz long procès et comme bon seigneur doit faire à ses bons subgez. Et nous luy devons garder son bien, estat, honneur et proffit de toutes noz puissances, comme bons vassaulz doient faire à leur bon seigneur, sanz faintise ne entrepors aucuns. Et rie pourra aucun de ceste Compaignie prenre ne accepter aucune autre compaignie ou aliances ou préjudice de ceste- dicte Compaignie ycelle durant, si non par la volenté et consentement de Nostredit Seigneur.
En tesmoing de ce nous tous avons mis noz scelz à ces présentes, et avons supplié et requis à Nostredit Seigneur que pour plus grant approbation de cestes, luy plaise mettre son scel à ces présentes. Et Nous Loys par la grace de Dieu Cardinal Duc de Bar, Marquis du l'ont, Seigneur de Cassel, à la supplication et requeste dez dessus nommez, avons fait mettre nostre scel à ces présentes. Données à Bar le derrain jour de may, l'an mil quatre cens et seze.

[Bibliothèque nationale, Collection de Lorraine, vol. n° 247, pièce 13.]

(-1-) Thiébaut Il, sire de Blâmont (ch. l. de c., Meurthe-et-Moselle, a, Lunéville), né vers 1371, mort en 1431. Voir sur lui Ed. de Martimprey, Les sires et comtes de Blâmont, dans les Mémoires de la Société d'archéologie lorraine, t. XLI, année 1891; pp. 45-60. Pour son sceau: Ibid., p. 143 B. 576, n° 33, pièce 1, sceau 1; n° 6, s. 1.

(-2-) Philibert II, baron de Beaufremont (Vosges, a. et c. Neufchâteau). Marié vers 1375 à Agnès de Jonvelle, veuve de Guillaume de Vergy, puis à Catherine de Ludres. Mort en 1417. Voir sur lui Chapelller, Essai historique sur Beaufremont, son. château et ses barons, dans les Annales de la Société d'émulation dit département des Vosges, t. IX, 3e cahier, année 1857; pp. 178-188. Pour son sceau B. 614 n° 38, s. 2; B. 671, n° 21.

(-3-) Eustache de Conflans (Conflans-en-Jarnisy, ch.-I. de c., Meurthe-et- Moaelle, a. Briey ou plutôt Conflans-en-Bassigny, aujourd'hui Conllans- sur-Lanterne, Haute-Saône, a. Lure, c. Saint-Loup) figura à la bataille de Bulgnéville, d'où il se serait enfui, dès le commencement de l'action, avec Robert de Sarrebruck (-22-) et plusieurs autres seigneurs. On voit que c'est à tort que Clesse (Histoire de l'ancienne châtellenie et prévôté dé Conflans-en-Jarnisy. Verdun, 1872, in-8°; pp. XII et 93) en fait un gentilhomme champenois.

(-4-) Richard II des Armoises (Ardennes, a. Vouziers, c. Le Chesne), seigneur de Tichémont (com. de Giraumont, Meurthe-et-Moselle, a. Briey, c. Conflans), chevalier en 1391, maréchal de Barrois en 1397, châtelain de Conflans-en.Jarnisy en 1407. Voir sur lui Dom Calmet, Histoire de Lorraine, V, col. clxiij-clxiv (Généalogie de la maison des Armoises). Pour son sceau B. 590, n° 30, s. 2 - CI. 27, 28 et 29.

(-5-) Pierre de Beaufremont, dit l'Aîné, seigneur de Ruppes (Vosges, a. Neufchâteau, c. Coussey), petit-cousin de Philibert II (2). Marié à Béatrix, fille de Renaud du Châtelet qui suit : puis à Catherine de Saint-Loup. Mort fort âgé en 1468, après une vie orageuse. Voir sur lui Chapellier, loc. cit., pp. 190-230.

(-6-) Renaud du Châtelet (com. de BarviIle, Vosges, a. et c. Neufchâteau) est, ce même jour 31 mai 1416, qualifié, dans un autre acte, de conseiller du cardinal-duc et de bailli de Bassigny. Déjà majeur en 1372, il épousa Jeanne de Chauffour. Mort le 22 mars 1429. Voir sur lui Dom Calmet, Histoire généalogique de la maison du Châtelet, j. cil., pp. 36-40 et p. XXX des Preuves. Sa pierre tombale avec effigie: Ibid., p. 39. Pour son sceau B. 613, n° 29.

(-7-) Érard III du Châtelet, dit le Grand ; plus tard maréchal et régent de Lorraine. Marié à Alix de Saint-Eulien puis, en 1440, à Marguerite de Grancey. Mort le 18 août 1459. Voir sur lui Dom Calmet, op.cit., pp. 40-52. Sa pierre tombale avec effigie Ibid., p. 48. Pour son sceau Ibid., p. 43; B. 613, n° 28, s. 1.

(-8-) Mansart d'Esnes (Meuse, a. Verdun, c. Varennes-en-Argonne). Voir Siméon Luce, Jeanne d'Arc à Domremy, Paris, 1898, in-8° pp. 320-321. Pour son sceau B. 537, n° 102..

(-9-) Jean d'Ornes (Meuse, a. Verdun, c. Charny), cité en 1388, année où il est fait prisonnier dans une course sur les terres d'Amé de Sarrebruck. La maison d'Ornes était une des plus illustres du de Bar et la première des quatre pairies de l'évêché de Verdun. Voir sur elle : H. Lefebvre, Le marquisat de Noviant-Aux-Prés, et ses origines, dans les Mémoires de la Société d'archéologie lorraine, t. XLIV, année 1894; pp- 446 et sq.

(-10-) Gobert VII, ou, selon quelques auteurs, Gobert X d'.4premmxt (Meuse, a- Commercy, c. Saint-Mihiel), surnommé le Deshérité, seigneur de Buzancy (ch..l. de c., Ardennes, a. Vouziers), chef de la branche dite de Nanteuil. Né vers 1388. Marié à Jacqueline de Coucy, puis à Marie de la Baume. Mort en 1450. Voir sur lui : Dom Calmet, Histoire de Lorraine, III, col. xxxvi et lxvij [Généalogie de la maison d'Apremont]. Clesse, Histoire de l'ancienne châtellenie et prévôté de Conflans-en-Jarnisy, j. cit., p. 85.

(-11-) Geoffroy d'Ornes, petit-cousin de Jean (-9-), était seigneur de Noviant-aux-Prés (Meurthe-et-Moselle, a. Toul, c. Domévre-en-Haye) et de Rembercourt (ibid., c. Thiaucourt). Figure au nombre des gentilshommes qui servirent de caution au roi René pour sa rançon. Ne vivait plus à la fin de 1439. Laissa pour héritière Marguerite de Lavaulx, sa parente, femme d'Arnoul de Sampigny (-40-). Voir sur lui Siméon Luce, op. cil., pp. 129-130.

(-12-) Peut-être le frère du précédent. Avait des biens à Sampigny (Meuse, a. Commercy, c. Pierrefitte) et à Rampont (Meuse, a. Verdun, c. Souilly). Cité en 1393 comme conseiller du duc de Bar. Vivait encore en 1425.

(-13-) Philippe de Nouroy ou Norroy (Norroy-le-Sec, Meurthe-et- Moselle, a. Briey, c. Confians), de la maison de Chérisey-Norroy, surnommé le Mal-Loyal, vivait en 1380. Fut fait gouverneur de Bassigny par René d'Anjou en octobre 1424. Épousa successivement Catherine de Ludres, seconde femme et veuve de Philibert de Beaufremont (-2-), et Yolande d'Autel. Mort vers 1450 ou 1452. Voir sur lui Léon Germain, Les pierres tombales de Port-sur-Seille, dans les Mémoires de la Société d'archéologie lorraine, t. XLVI, année 1896, pp. 238 et sq. Pour son sceau B. 590, n° 86 B. 621, n° 32.

(-14-) Olry de Landres (Meurthe et-Moselle, a. Briey, c. Audun-le-Roman) cité en 1385 maître de l'hôtel du duc en 1415. Voir sur lui Lainé, Généalogie de la maison de Briey en Lorraine et en Belgique. Paris, 1845, In-8° pp. 71-72 ce travail contient aussi, en appendice (pp. 132-134), une analyse, d'après Dufourny, des lettres du 31 mai 1416, et une liste, très défectueuse, des associés qui y apposèrent leurs sceaux.

(-15-) Jean de Laire (?) est dit, en 1410, seigneur de Lorvilliers. Il était mort en 1427.

(-16-) Serocourt (Vosges, a. Neufchâteau, c. Lamarche).

(-17-) Ottange (Lorraine avant 1871 ; Moselle, a. Thionville, c. Cattenom).

(-18-) Second fils de Henri de Beaufremont, baron de Scey-sur-Saône (ch.-L de c., Haute-Saône, a. Vesoul), et frère de Pierre l'Ainé (-5-).
Marié à Cunégonde d'Autel. Voir Chartes de la famille de Reinach déposées aux Archives de Luxembourg, n° 1148; dans les Publications de l'Institut grand-ducal de Luxembourg, années 1877 et 1879).

(-19-) Probablement Jean de Malberg (Prusse rhénane, Trèves. Fief du village de Morlaincourt, a. Commercy, c. Void). Voir sur lui Chartes de la famille de Reinach déposées aux Archives de Luxembourg, j. cit., n° 1155.

(-20-) Geoffroy Ier, sire de Bassompierre (com. de Boulange, Lorraine avant 1871 Moselle, a. Briey, c. Audun-le-Roman) et de Longchamp (Meuse, a. Commercy, c. Pierrefitte), était fils de Simon II. Marié à Jeanne Rinexette, dont il eut Jean de Bassompierre. Pour son sceau B. 657, n° 50.

(-21-) Jean de Rodemack (Lorraine avant 1871: Moselle, a. Thionville, c. Cattenom), seigneur de Cronenberg et de Neuerburg, cité en 1382 et 1437, épousa Mathilde de Grancey. Il était neveu de Gilles de Rodemack, lieutenant du Luxembourg, et appartenait à cette puissante et remuante maison qui fut dépouillée de ses domaines, en 1492, pour avoir servi la France. Pour son sceau B. 584, nos 84 et 85 ; B. 603, n° 184, s. 2.

(-22-) C'est le trop célèbre Robert Ier de Sarrebruck, dit le damoiseau de Commercy. Épousa Jeanne de Roucy, et mourut en 1464 ou 1465. Voir sur lui Dumont, Histoire de la ville et des seigneurs de Commercy. Bar-le-Duc, 1843, 3 vol. in-8° l, 209-271. Pour son sceau Ibid., I, 209 B. 629, n° 125, s. 2.

(-23-) Édouard de Grandpré (ch.-L de c., Ardennes, a. Vouziers), seigneur de Grandchamp (ibid., a. Rethel, c. Novion-Porcien), épousa en 1417 Mahaut de Rubempré. Fait prisonnier de guerre par Robert de Sarrebruck, il est racheté en 1448. Pour son sceau B. 542, n° 61.

(-24-) Henri III de Breux (Meuse, a. et c. Commercy), fils d'Alix d'Etalle. Épousa Jeanne de Soleuvre. Mort en 1420 et inhumé dans l'église d'Avioth. Cf. F. Houzelle, Breux, son histoire et sa seigneurie, dans les Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc, 3e série, t. VII, année 1898 pp. 205-206.

(-25-) Wary Ier de Laval ou Lavaulx (Lavaux, Belgique, pr. de Namur), époux de Marie de Vienne, d'après Moréri, Grand dictionnaire historique, édit. de 1759, X, Additions et corrections, p. 21. Ne serait-ce pas plutôt Wary II, marié à Jeanne, soeur de François de Sorbey (-33-) et femme, en autres noces, de Philippe des Armoises, père de Jean (-27-) ? Pour le sceau, voir Léon Germain, Les armoiries de la maison de La Vaulx, dans le Bulletin de la Société philomatique vosgienne, t. XX, année 1894-1895 pp. 5 et sq.

(-26-) Geoffroy d'Apremont, seigneur de Hamm, marié à Barbe de Milburg. Encore cité en 1445.

(-27-) Il existait à cette époque plusieurs Jean, Robert et Simon des Armoises. La diversité des branches de cette maison rend l'identification difficile. Jean nous parait être le Jean des Armoises l'Ainé de Dom Calmet, qui en fait à tort un fils de Richard 1er. Seigneur de Delus et frère de Richard Il (-4-), Il était né du mariage de Philippe des Armoises et de Jeanne de Sorbey. C'était, par conséquent, le beau-fils de Wary II de Lavaulx (-25-) et le neveu de François de Sorbey (-33-). Voir Charles de la famille de Reinach déposées aux Archives de Luxembourg, j. cit., nos 1419 et 1493.

(-28-) Fils de Richard II (-4-) et neveu de Jean (-27-) marié à Alix de Ménonvllle. Voir Ibid., n° 1276. - Serait-ce lui qui, malheureux héros d'un singulière aventure, aurait épousé, en secondes noces, en 1436, la fausse Jeanne d'Arc ?

(-29-) Sans doute le deuxième fils de Robert Ier. Ce serait alors un cousin du précédent. - Voir Dom Calmet, Histoire de Lorraine, V, col. clvij-cc. Le Mercier de Morière, Recherches sur la famille des Armoises et en particulier sur la branche de Neuville, dans les Mémoires de la Société d'archéologie lorraine, t. XXXI, année 1881 p. 312. Clesse, Le canton de Conflans, ses villages et ses anciens seigneurs, j. cit., l, 187-188.

(-30-) Franque III de Housse (Belgique, pr. de Liège), seigneur d'Anderny (Meurthe-et-Moselle, a. Briey, c. Audun-ie-Roman) et de Mouaville (ibid., c. Conflans), fils d'Isabelle de Boulange et marié, des 1391, à Jeanne de Lagrange ; fut prévôt de Briey.

(-31-) Olry de Boulange (loc. j. cit.) décéda sans héritier en 1439. Pour son sceau B. 590, n° 30, s. 1.

(-32-) Épinal. Cf. B. 671, n° 24.

(-33-) En 1412 François de Sorbey (Meuse, a. Montmédy, c. Spincourt) saccage, en compagnie de plusieurs autres vassaux du duc de Bar, Sivry-Ia-Perche, non loin de Verdun. Cité en 1424. Voir Bonnabelle, Notes sur Sorbey, dans les Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc, 3e série, t. IV, année 1895 p. 52. - Cf. 25.

(-34-) Jean de Saint-Loup (Saint-Loup-sur-Semouse ch.-I. de c. Haute-Saône, a. Lure), marié à Bonne, Elle naturelle d'Edouard III de Bar, devint conseiller de René d'Anjou et bailli de Bassigny. Vivait encore en 1446. Pour son sceau B. 614, n° 46, s. 2.

(-35-) et (-36-) Quatre familles du pays ont pris, de localités différentes, ce nom de Mandres. Le sceau de Huart nous indique qu'il s'agit de la maison de Mandres dite du Bassigny, portant D'or à la face d'azur, et qui tire probablement sa désignation de Mandres-sur-Vair (Vosges, a. Neufchâteau, c. Bulgnévilie). Voir sur elle R. de Mandre, Les familles de Mandres originaires de Lorraine, dans le Journal de la Société d'archéologie lorraine, t. XLVIII, année 1889 : pp. 206-208: étude où il est renvoyé à de précédents travaux de H. Lefebvre. - Huart de Mandres était bailli de Bassigny en 1424.

(-37-) Il y eut plusieurs familles du nom de Doncourt. Par suite de l'analogie des armoiries de Philibert avec celles d'une famille de Doncourt-lès-Confians (Meurthe-et-Moselle, a, Briey, c. Cootlans), anoblie en 1545, il semble qu'il s'agisse plutôt ici de cette localité que de Doncourt-aux-Templiers (Meuse, a. Verdun, c. Fresnes-en.Woêvre). Cf. Clesse, Le canton de Conflans, ses villages et ses anciens seigneurs, j. cit-, l, 168-169, Philibert de Doncourt, marié à Guillemette, dame de Ruppes en partie, devint bailli de Bar. Il était mort en 1451.

(-38-) Jean 1er de Sampigny (loc. j. cit), fils de Geoffroy et d'Helwyde de Malatour. Ne pas le confondre avec Jean II, fils d'Arnoul (-40-), dont on fait d'ordinaire Jean 1er. Un des principaux confidents d'Édouard de Bar dans le complot contre Metz, il y fut fait prisonnier. Le cardinal-duc lui accorda une pension en 1418 et le nomma son conseiller en 1420. Il avait épousé Marguerite de Savigny. Pour son sceau B. 583, n° 95. Sur les Sampigny, voir Dumont, Les ruines de la Meuse. Nancy- Paris, s. d., 6 vol. ln-8° V, et notamment pp. 61-62. - Bonnabelle, Notice sur Sampigny, dans les Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc, 2e série, II, 1883 p. 554.

(-39-) Frère du précédent. Fut au nombre de ceux que le prince envoya à Metz pour la délivrance de Jean.

(-40-) Frère des deux précédents. Conseiller de Louis de Bar. Marié à Marguerite de Lavaulx, fille de Wary Il (-25-) et héritière de Geoffroy d'Ornes (-11-), qui épousa en secondes noces Thierry de LenoncourL Cité en 1437; ne vivait plus en 1452. Voir sur lui Dumont, loc, cit. - Bonnabelle, loc. cit. H. Lefebvre, Le marquisat de Noviant-aux-Prés et ses origines, loc. cit. pp. 447-451. Pour son sceau B. 581, n° 27, s. 1.

(-41-) Mouzay (Meuse, a. Montmédy, c. Stenay).

(-42-) ?

(-43-) De la maison dite d'Apremont-aux-Merlettes. Cité en 1391. Cf. B. 524, n° 161.

(-44-) Thierry d'Autel (Autel-Bas, en allemand Elter, Belgique, pr. de Luxembourg), de la branche de Lahr père de Jean, seigneur de Bertrange, et de Jeanne, mariée à Frédéric-Tristan de Trèves.

(-45-) Ottange. Cf. 17.

(-46-) Jacquemin de Nicey (Meuse, a. Commercy, c. Pierrefitte) épousa Catherine de Stainville, remariée à Aubert, seigneur d'Ourches. Mort avant 1442, ne laissant qu'une fille, Marguerite, femme de Jean de Nettancourl.

(-47-) Ce nom de Villers est commun à plusieurs localités lorraines et à diverses familles bien distinctes. En l'absence du sceau, nous laissons aux généalogistes le soin de l'identification.


(1) Né après 1377, et probablement vers 1380, Louis de Bar avait été, dès 1391, nommé administrateur perpétuel de l'Église de Poitiers. Élu en 1395 évêque de Langres, il avait abandonné ce siège, en 1413, pour celui de Châlons-sur-Marne, qu'il devait échanger, enfin, en 1419, contre celui de Verdun, plus à portée de ses États. Il fut aussi évêque de Porto, et mourut à Varennes, le 23 juin 1430.
(2) Née en 1365, elle avait épousé, en 1384, Juan, infant d'Aragon, qui succéda à son père don Pèdre IV, en 1387, sous le nom de Juan 1er, et mourut en 1395.
(3) André Du Chesne, Histoire généalogique de la maison de Bar-le-Duc. Paris, 1631, in-fol., pp. 58-59. Victor Servais, Fragment des annales historiques du Barrois, années 1414 et 1415, dans les Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc, 1re série, t. l, année 1871, pp. 43-73; II, année 1872, pp. 130-160. E. de Smyttère, Les ducs de Bar ou seigneurs et dames de Cassel de la maison ducale de Bar, ibid., 2e série, t. III, année 1884, pp. 15l-475 ou tirage à part, Bar-le-Duc, 1884, in-8°, passim.
(4) Il avait épousé Marguerite de Lorraine, fille de Ferri 1er de Vaudémont.
(5) Voir notamment: E. de Martimprey, Les sires et comtes de Blâmont, dans les Mémoires de la Société d'archéologie lorraine, t XLI, année 1891, pp. 50-51. La supposition faite par le même auteur (p. 51, n. 1), que Thiébaut de Blâmont fut le premier « roi » de la Compagnie, est par contre très admissible.
(6) Cf. Dom Calmet, Histoire généalogique de la maison du Châtelet. Nancy, 1741, in-fol. p. XXX des Preuves.
(7) Est-il besoin de rappeler ici que le lévrier fut le symbole de la fidélité ? On sait combien cet animal était en honneur au moyen âge. Les seigneurs se livraient avec passion à la chasse au lévrier. Ils entretenaient dans leurs appartements des levrettes qu'ils ornaient de riches colliers. C'est par le lévrier que le chien, cher à l'art héraldique, est le plus souvent représenté dans les armoiries.
Quant à la devise : Tout ung, l'âme de l'emblème, elle n'était pas inédite. Nous la trouvons adoptée par les différentes branches de la maison de Rieux, en Bretagne et en Normandie ; elle était alors, notamment, celle de Jean de Rieux (1342-1417), le célèbre maréchal de France. Mais le sens de celle-ci est quelque peu différent de la devise barroise c'est celui sans doute que précise la devise, plus explicite, des Barrington en Angleterre : Tout ung durant ma vie. Cf. A. Chassant et H. Tausin, Dictionnaire des devises historiques et héraldiques, I, 338; II, 698. H. Tausin, Supplément au dictionnaire des devises historiques et héraldiques, Il, 251.
(8) « Et en lieu du lepvrier nous porterons au bas du collier ung imaige d'or dudict sainct [Hubert] pendant sur la poitrine, et ung pareil imaige brodez sur nos habillemens. » (Lettres du 23 avril 1422, citées et analysées plus loin.)
C'est gratuitement que Dom Calmet (Histoire généalogique de la maison du Châtelet, j. cit., p. 38) et F.-L. de Villeneuve-Bargemont (Histoire de René d'Anjou, roi de Naples, duc de Lorraine et comte de Provence, Paris, 1825, 3 vol. In.8+; l, 19) se contentent d'écrire que le lévrier des associés de 1416 se portait en broderie; ou Chapellier (Essai historique sur Beaufremont, son château et ses barons, dans les Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, t. IX, 3e cahier, année 1857, p. 186), qu'il était « de métal blanc ». Est-ce une faute typographique qui fait de plus dire à Villeneuve-Bargemont (loc. cit.) que le lévrier en question était bleu ? Pour V. Servais (Notice historique sur l'Ordre de Saint-Hubert du duché de Bar, citée plus bas; p. 10) le collier du lévrier était d'or. Afin d'éviter la superposition des métaux, cet animal était, au contraire, le plus souvent accolé de gueules. Ainsi les Nicolay portaient: D'azur au lévrier d'argent courant, ou les Néri: De sable au lévrier rampant d'argent, tous deux accolés de gueules et bouclés d'or.
(9) André Du Chesne, Histoire généalogique de la maison de Bar-le-Duc, j cit., pp. 58-59, et Preuves, pp. 62-64. - Digot, Histoire de Lorraine, 2e édit Il, pp. 329 et sq. - V. Servais, Annales historiques du Barrois règne du cardinal-duc de Bar, année 1420, dans les Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc 1re série, t. III, année 1873 pp. 105-120- A. Lecoy de la Marche, Le roi René, sa vie, son administration, ses travaux artistiques et littéraires. Paris, 1875, 2 vol. in-8° ; l, pp. 53 et sq. E. de Smyttère, loc. cit.
(10) Cf. Dom Calmet, Histoire généalogique de la maison du Chatelet, j. cit, p. xxxj des Preuves.
(11) C'était Eustache de Conflans, Pierre de Beaufremont, Renaud du Châtelet, Érard dit Châtelet, Jean d'Ornes, Philippe de Norroy, Jean de Rodemack, Robert de Sarrebruck, Jean des Armoises, Simon des Armoises, François de Sorbey, Jean de Saint-Loup et Arnoul de Sampigny.
(12) Voir le texte de ces lettres du 23 avril 1422 dans Jeantin, Les chroniques de Saint-Hubert. Nancy, 1867, in-8° ; pp. 19-21.
(13) Outre différents dictionnaires et histoires des ordres de chevalerie, tels ceux de Gourdon de Genoullhac ou de F.-F. Steenackers, on peut consulter, sur l'Ordre de Saint-Hubert de Barrois, les travaux suivants, énumérés dans leur rang chronologique
A.-M, Perrot, Collection historique des ordres de chevalerie civils et militaires existant chez les différents peuples du monde. Paris, 1820, ln-4°, p. 12. Nous mentionnons par exception ce répertoire parce que l'autour dit y analyser succinctement une « Histoire de l'Ordre » Imprimée en 1816, brochure introuvable que nous avons inutilement cherchée à la Bibliothèque nationale.
Notice historique sur l'Ordre de Saint-Hubert de Lorraine et du Barrois. Extraite des titres originaux conservés dans les archives de l'Ordre. Paris, Lacour [1752], 4 p. In-4°.
Ad. Lang, Notice sur les ordres de chevalerie des États de Lorraine et de Bar, dans les Mémoires de la Société d'archéologie et d'histoire de la Moselle, année 1862, pp. 71-74. - Cf. Journal de la Société d'archéologie lorraine, t. XII, année 1863, p. 103.
Jeantin, Les chroniques de Saint-Hubert, j. cit. passim, et plus spécialement pp. 13 et sq. ; 22 et sq, ; 577 et sq. ; 601 et sq. ; 718 et sq. ; 759-767 [liste de chevaliers de Saint-Hubert, avec la date de leur installation, à partir de la réorganisation de 1597 jusqu'à la Révolution]. Un simple coup d'oeil jeté sur cet ouvrage suffira à mettre en garde contre les assertions et les rapprochements aussi inattendus que fantaisistes de l'auteur.
Aug. Digot, Mémoire sur les décorations des chapitres de Lorraine, dans les Mémoires de la Société d'archéologie lorraine, t. XIV, année 1864; pp. 38-40.
Victor Servais, Notice historique sur l'Ordre de Saint-Hubert du duché de Bar. Paris, 1868, ln-8° de 12 pp. - Extrait de la Revue nobiliaire de 1868 et développement d'une première étude parue dans l'Écho de l'Est, journal de la Meuse, n° du 30 Janvier 1858. Cf. le ms. n° 26 de la Bibliothèque de Bar-le-Duc « Notices historiques sur l'Ordre de Saint- Hubert du duché de Bar, tirées des archives de cette compagnie par M. l'abbé de Marne, de Bar-le-Duc 1857 », pièces augmentées de notes de V. Servais et du manuscrit de la Notice historique précitée.
Léon Germain, Sceau du cardinal de Bar, au Journal de la Société d'archéologie lorraine, t. XXXII, année 1883 pp. 78-79.
(14) Cet Ordre comprit un grand maître, dix grands-croix, vingt commandeurs, vingt officiers et cinquante chevaliers. Notice historique sur l'ordre de Saint-Hubert de Lorraine et du Barrois, j. cit. - Ordre noble de Saint-Hubert de Lorraine. Extrait des statuts. Paris, Lacour [1850], 4 p. in-4°. - Liste des membres de l'Ordre de Saint- Hubert de Lorraine. Paris, Lacour [1850], 4 p. in-4°.
(15) V. Servals, op. cit., pp. 9-10. Se garder de confondre l'Ordre de Saint-Hubert qui vient de nous occuper et que nous avons vu prospérer en Allemagne de 1806 à 1815, avec deux ordres germaniques du même nom : 1° l'Ordre de Saint-Hubert de Bavière, appelé aussi Ordre du Cor, fondé en 1444 par Gérard V, duc de Juliers, réorganisé en 1800 par l'électeur Maximilien-Joseph, et resté, après 1806, un des ordres du royaume de Bavière; 2° l'Ordre de Saint-Hubert de Wurtemberg, créé en 1702, parle duc Eberhard-Louis, sous le nom d'Ordre de la Grande-Chasse, renouvelé en 1806 par le roi Frédéric Ier en tant qu'Ordre de l'Aigle d'or, et aboli en 1818 par Guillaume 1er qui lui substitua l'Ordre de la Couronne.
(16) Voir le tome XI de l'exemplaire de la Bibliothèque nationale (Ms. français, n° 4885), p. 10,788. En marge : « Confédération entre plusieurs seigneurs lorrains en manière de chevalerie. »
(17) Histoire généalogique de la maison du Chatelet, j. cit., p. 38. - Histoire de Lorraine, 2° édit., III, col. 598-599.
(18) Alors classée sous le n° 32 de la layette Traitez 1.
(19) Clesse (Le canton de Conflans, ses villages et ses anciens seigneurs. Nancy, 1891, 2 vol. in-8°; l, 187) l'appelle « la confrérie du Tout Ung »
(20) « Etablissement de l'Ordre de la Fidélité. Association faite entre Thiebault de Blanmont de quarante chevaliers lorrains (sic), du nombre desquels sont Regnault du Chastellet et Errard son fils, et establirent l'Ordre de la Fidélité, et portèrent un lévrier blanc avec un collier sur lequel estoit escrit TOUT UNQ, Et Monseigneur le cardinal duc de Bar leur promit sa protection et de terminer les différends qu'ils auroient entre eux. Fait à Bar le dernier jour de may 1416. » Cf. Histoire généalogique de la maison du Châtelet, j. cit., p. XXX des Preuves.
(21) Abrégé chronologique de l'histoire de Lorraine. Paris, 1775, 2 vol. in-8°, l, 179.
(22) Histoire de Lorraine, V, col. clxij-clxilj. - Cf. A. Benoit, Enseignes et insignes, médailles et décorations se rattachant à. la Lorraine, dans les Mémoires de la Société d'archéologie lorraine, t. XXII, année 1872, pp. 293-294. Cet auteur nous montre l'Ordre de la Fidélité tombant rapidement dans l'oubli. Quant à celui de Saint-Hubert de Barrois, il le rapproche, comme l'avait déjà fait H. Lepage (Sur un ancien pouillé du diocèse de Toul, ibid., t. XIII, année 1863, p. 429, n. 1), d'une confrérie religieuse de Saint-Hubert existant à Toul.
(23) Ces archives, déjà si Incomplètes, furent à nouveau dispersées pendant la Révolution. M. Daniel de Marne, archiviste de l'Ordre, dut, à la demande du District, livrer plusieurs pièces importantes, qui semblent irrémédiablement perdues. Le peu qui put être conservé, et qu'utilisa Servais pour sa Notice historique, a été remis naguère à la ville de Bar-le-Duc par M. Henri de Marne, fils du dernier chevalier de Saint-Hubert, à l'obligeance de qui nous devons ces renseignements Cf. Ms. n° 26, j. cit., de la Bibliothèque publique de Bar-le-Duc.
(24) Pour la description des différents insignes de l'Ordre de Saint- Hubert (sceaux et timbre, décorations et rubans), voir tout particulièrement Perrot, op. cit., p. 12 et pl. IV, fig. 1,2 et 3. - Servais, Notice historique sur l'Ordre de Saint-Hubert du duché de Bar, j. cit., pp. 10-12. - Digot, Mémoire sur les décorations des chapitres de Lorraine, loc. cit., et pl. IV, n° 4 et 5.
(25) Cf. Bonnabelle, Notice sur Sampigny, dans les Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc, 21 série, t. II, année 1883 p. 155.
(26) En 1715 le margrave Charles-Guillaume de Bade-Dourlach créa l'Ordre, encore existant, de la Fidélité. L'électeur Charles-Frédéric le confirma en 1803 Un autre Ordre de ce nom, appelé parfois Ordre de l'Union parfaite, fut institué en Danemark, en 1732, par le roi Christian VI, en souvenir de son mariage avec Sophie-Madeleine. Mais il disparut à la mort de cette princesse.
(27) Voir Lecoy de la Marche, Le roi René, j. cil., l, pp. 530-536.
(28) Dans le Dictionnaire de la langue française de Littré, on lit, au mot Lévrier « 4° Ordre du Lévrier, ancien ordre militaire du duché de Bar, en Lorraine, Institué en 1416, par plusieurs seigneurs, et dont la marque était la figure d'un lévrier, avec un collier au cou, sur lequel étaient ces deux mots Tous (sic) un. »
(29) Dont Villeneuve-Bargemont (Histoire de René d'Anjou, j. cit., l, 19) fait un Thiébaut V, au lieu de Thiébaut II.
(30) Ibid. I. 19-20 - Lecoy de la Marche (op. cit., I, 58) a péremptoirement prouvé qu'à cette époque René n'avait pas quitté l'Anjou et que ce ne fut que le 23 juin 1419 qu'il se sépara de sa mère, à Mehun-sur-Yèvre, pour s'acheminer vers le duché de Bar.
(31) Chroniques de Saint-Hubert, j. cit., pp. vi, 19 et 577.
(32) A l'en croire. il s'agit de « gentilshommes lorraine ». Les noms sont, de plus, étrangement altérés. C'est ainsi que Desne a été lu : Lus ; Lendres: Ludres ; Maulbeth Manwets ; Xorbey Forbay ; Doncourt : Boncourt ; etc. Cf. Histoire de Lorraine, III, col. 598-599. C'est assurément cette très fautive analyse de Dom Calmet qui porta le comte de Ludres à augmenter la généalogie de sa maison d'un membre imaginaire, Olry de Ludres (Olry de Landres), fils de Jean 1er et père de Ferri Ill. L'auteur de l'Histoire d'une famille de la Chevalerie Lorraine (Paris, 1893, 2 vol. in-8°; l, 80) écrit, en effet, sans d'ailleurs fournir aucune référence « .Aussi, las de voir leurs terres continuellement dévastées, une soixantaine de seigneurs lorrains se résolurent-ils à constituer une ligue offensive et défensive. Dans cette ligue nous voyons figurer Olry de Ludres, fils de Jean, qui dut s'engager sans doute au nom de son père et de ses frères parmi les autres confédérés nous trouvons les noms de Philibert de Bauffremont, de Renaud du Châtelet, de Gobert d'Apremont, de Geoffroy de Bassompierre, etc. L'acte est de 1416, et, en effet, nous constatons, à partir de cette époque et pendant les années suivantes, une situation plus pacifique en Lorraine. »
(33) pp. 16-21.
(34) Voir sur ce point: Paul Marichal, Catalogue des manuscrits conservés à la bibliothèque nationale sous les n°s 1 à 725 de la Collection de Lorraine. Nancy, 1896, in-8° pp. VI-XLV (Introduction).
(35) Et classé alors, sous le n° 11, dans le portefeuille-layette 39. C'est aujourd'hui la pièce n° 13 du volume n° 247 de la Collection de Lorraine.
(36) Ce fut le n° 1 de la nouvelle layette Traités (aujourd'hui Archives de Meurthe-et-Moselle, B. 949). - Sur cette copie Lancelot a reproduit la cote du document primitif (Traitez l, n° 32) il en décrit aussi brièvement l'état « Scellé de 48 sceaux en cire vermeille dont le 1er (celuy du Cardinal Duc de Bar) est perdu, plusieurs autres sont en partie brisez, etc, LANCELOT. »
(37) Avec ce chiffre les 48 sceaux indiqués par Lancelot ne s'expliquent plus. Servais et Jeantin eussent pu d'eux-mêmes rectifier l'erreur, puisque, parmi les treize gentilshommes réunis pour la journée du 23 avril 1422 et qui tous, - les deux auteurs insistent sur ce point, - avaient déjà pris part à l'organisation de mai 1416, ils citent précisément Arnoul de Sampigny.
(38) Notice historique sur l'Ordre de Saint-Hubert de Lorraine et du Barrois, j. cit. Jeantin lui-même (op. cit. pp. 578-579), dont les contradictions sont successives.
(39) Histoire généalogique de la maison du Châtelet, j. cit. p. 38.
(40) Reproduisant les indications de Lancelot, il termine, en effet, sa propre transcription, faite, dit-il, au Trésor des Chartes de Lorraine sur le n° 32 de la layette Traités 1 ( !), par cette trompeuse mention : « Scellé de 48 sceaux dont le premier (celui du duc de Bar) est perdu; plusieurs autres sont en partie brisés. »
(41) Voir aux Archives de Meurthe-et-Moselle (B. 529, n° 123 bis, pièce 8, sceau 1) ce sceau de Louis de Bar, sur un document de 1417. En cire rouge et de forme circulaire. 36 mm de diamètre. Écu écartelé de Bar et de France ancienne. Au-dessus chapeau de cardinal. Légende + S. LVDOVICI CARDINALIS BARRENSIS.
(42) Ces sceaux ont naturellement été apposés, à la suite de celui de Louis de Bar, dans l'ordre d'énumération du texte. De plus, sur les queues avaient été inscrits, lors même de la rédaction de l'acte, et de haut en bas, les noms des associés, noms précédés du mot mess. (messire) pour les chevaliers.
(43) Pour l'écu : trois besants 2 et 1, lambel à trois pendants en chef. Cf. Archives de Meurthe-et-Moselle, B. 523, n° 317, sceau 2. Compléter ainsi Léon Germain, Armorial des écuyers du baillage de Saint-Mihiel. Nancy, 1899, in-8° ; p. 20, n° 140.
(44) C'est du moins ce que nous avons pu constater en novembre 1902. Le mode de reliure adopté pour les documents de la Collection de Lorraine et la compression constante à laquelle les sceaux demeurent par suite soumis, ne peuvent manquer de faire disparaitre, dans un avenir prochain, les derniers vestiges de ceux-ci.
(45) Mémoire sar les décorations des chapitres de Lorraine, loc. cit., p.38.
(46) L'Ordre du Croissant fut bien fondé par un duc de Lorraine, mais depuis la Provence et en l'honneur de saint Maurice, patron d'Angers où devaient avoir lieu les réunions.
(47) Cf. Dom Calmet, Histoire de Lorraine, III, col. 337-398.
(48) Digot, Histoire de lorraine, V, 51.
(49) Les noms de la plupart des personnages qui suivent reviennent souvent dans l'histoire des deux Duchés sous les règnes de Robert, d'Édouard IlI ou de Louis de Bar, de Charles II et de René d'Anjou. Nous ne pouvions songer à consacrer ici une notice spéciale, si courte fût-elle, chacun des compagnons du Lévrier blanc. Nous nous contenterons de les identifier aussi exactement que possible, du moins quand la chose nous sera permise. Pour les gentilshommes les plus connus, nous renvoyons aux publications qui fournissent sur eux des détails particuliers. Pour les autres, nous résumerons les renseignements recueillis au cours de recherches forcément limitées, mais qui ont cependant suffi à nous mettre en garde contre diverses erreurs de filiation, habituellement reproduites. Nous nous trouverons donc parfois en contradiction avec Dom Calmet, La Chesnaye-Desbois, Cayon et autres généalogistes. M. Edmond des Robert, qui a entrepris de dresser un Corpus des sceaux du Trésor des Chartes de Lorraine, a bien voulu nous communiquer différentes cotes, toutes relatives aux Archives de Meurthe-et-Moselle. En s'y reportant, on trouvera le sceau du seigneur susnommé, et l'on pourra ainsi compléter, pour son étude sphragistique, plusieurs des lacunes du document publié. Voir ces notes à la suite du texte.

 

Mentions légales

 blamont.info - Hébergement : Amen.fr

Partagez : Facebook Twitter Google+ LinkedIn tumblr Pinterest Email