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1870 - Repli de l'armée française et passage à Blâmont le 9 août
 


Le très long extrait reproduit ci-dessous nous présente les évènements intervenus entre le 6 et le 9 août 1870. Il nous a paru présenter divers intérêts :

1) Ce texte relate des faits qui illustraient nos livres de classe.
La guerre avait été déclarée le 15 juillet 1870 : après un premier léger engagement le 2 août 1870 (« reconnaissance offensive » de Sarrebrück où l'armée française entre en Allemagne), survient la défaite de Wissembourg le 4 août, et le maréchal de Mac-Mahon décide de se replier sur les Vosges. Le 6 août cependant, il est contraint à la bataille à Froeschwiller : c'est pour dégager ses 45 000 soldats, encerclées par 90 000 soldats prussiens, qu'il ordonnera successivement deux charges de cavalerie restées célèbres sous le nom de « charge de Reichshoffen », où les cuirassiers français (qui avaient rejoint l'armée en passant à Blâmont le 2 août) subiront vainement de très lourdes pertes. Cette défaite contraint Mac-Mahon à abandonner l'Alsace et à se replier vers Lunéville. Les cuirassiers repasseront les premiers à Blâmont le 8 août.

2) Le témoin des faits, Gustave de Boissieu, n'a qu'une vision très partielle des évènements, mais constate la rapidité avec laquelle la défaite française s'est manifestée (la première charge de cavalerie ayant eu lieu vers 13 h30, la seconde à 15 h 30). Puis il nous décrit son long retour vers Lunéville avec son passage à Blâmont.

3) Il nous indique à Saverne la présence d'un sous-lieutenant de Martinprey (sans doute en réalité Martimprey), puis son accueil à Blâmont par « la mère d'un sous-lieutenant du bataillon, Mme de M..., dont le fils avait partagé avec moi l'hospitalité de Saverne » (l'auteur semble ne pas avoir souhaité désigner cette dame par son nom, oubliant sans doute qu'il l'avait cité plus haut dans le paragraphe sur Saverne).
Le nom de Martimprey est effectivement celui d'une famille de Blâmont, mais nous ne sommes pas parvenu à identifier ce sous-lieutenant : peut-être est-il de la famille de Edmond de Martimprey de Romécourt (1855-1889), auteur de plusieurs publications sur l'histoire de Blâmont (et dont la nécrologie est reproduite en bas de cette page).
Si l'un de nos lecteurs à quelques éclaircissements sur l'identité de ce sous-lieutenant de Martimprey en 1870, nous compléterons avec plaisir cet article.

4) Le 9 août 1870 marque le passage de l'armée, mais aussi de l'Etat-Major. on lit ainsi dans la déposition du Maréchal de Mac-Mahon (12 juin 1872) : « Jusqu'au 9 août 1870, j'ai été directement sous les ordres de l'empereur, avec lequel je correspondais le plus souvent par l'intermédiaire du major général.
Le 9 août, à Blamont, je reçus de ce dernier une dépêche m'informant que L'empereur, voulant mettre de. l'unité dans le commandement, avait décidé que le Maréchal Bazaine prendrait le commandement de tous les corps d'armée, et qu'à partir de ce jour, le commandement de chaque corps prendrait directement ses ordres. »

5) Ce passage de l'armée est semble-t-il le seul événement militaire qui concerne directement Blâmont. Dans un précédent article, Blâmont dans les romans, nous avons vu que le romancier anglais George Alfred Henty situe diverses actions de corps de francs-tireurs à Barbas et Blâmont : hormis le fait qu'il ne s'agit que d'un roman, nous n'avons trouvé aucune relation sur un combat de Blâmont, ni même sur la présence de francs-tireurs de Dijon dans notre région.

La charge de Reichshoffen
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Illustration scolaire - Histoire de France
 Cours élémentaire - 1969
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Toile de Aimé Morot (1850-1913) - 1887

Souvenirs de l'École Sainte-Geneviève :
notices sur les élèves tués à l'ennemi -
Tome 3
Chauveau, Émile (1827-1883)
Éditeur : J. Albanel (Paris) - 1872-1873

Gustave de Boissieu (1838-1870)
[...]
Le 6 août, au petit jour, on nous arrête à Reichshoffen, station qui précède Niederbronn. Nous descendons ; mais point d'ordre, pas un officier d'état-major pour nous indiquer notre destination, pas plus que d'intendants pour nous donner des vivres. On fait camper les compagnies au hasard autour de la gare, sur les emplacements laissés libres par les autres troupes accumulées en grand nombre dans tous les champs voisins. Je fais prendre du bois dans un tas qui se prouvait là, pour que nos hommes puissent se sécher et se réconforter à un feu de bivouac et préparer le café. Par bonheur la pluie a cessé. Pour moi je vais m'installer sur un monceau de moellons déposés contre un mur, et je dors là délicieusement pendant deux heures, ce que je n'avais pu faire sur les coussins, pourtant bien plus moelleux, de nos wagons. C'est qu'ici j'étais déchaussé, les pieds à l'air, et je ne ressentais plus ces douleurs qui m'avaient empêché de fermer l'oeil dans le train. Vers sept heures environ, notre cuisinier vient me réveiller et m'annonce qu'il s'est procuré du lait. Quelle aubaine ! j'avais une vieille tablette de chocolat dans mon sac; nous faisons mettre le tout dans un couvercle de marmite et je suis bientôt en possession d'une tasse de chocolat au lait. Vous jugez s'il était confectionné suivant les règles, et pourtant je n'en ai jamais mangé de meilleur. Ce régal et une petite goutte de kirsch par-dessus me font oublier les misères de ces vingt-quatre heures et, le soleil aidant, me rendent presque de la gaieté.
On nous apporte l'ordre de rejoindre vers Frooeschwiller notre pauvre division; que nous avions hâte de retrouver. Frooeschwiller est le quartier général ; s'il y a une bataille nous en serons, et, à ce moment, nous ne doutons pas du succès, car nous pensons être en force suffisante. Une heure après, contre-ordre : on nous envoie occuper Niederbronn, et nous voilà en route pour cette destination. Niederbronn, à deux kilomètres de Reichshoffen, est situé au fond d'une gorge profonde, à l'entrée du défilé et du col qui traverse les Vosges en cet endroit pour aboutir à Bitche. Le chemin de fer suit cette vallée très-abrupte, dont les crêtes sont couronnées de bois. Une armée à cheval sur ce point serait invincible, et si Mac-Mahon ne s'y est pas établi de prime abord, c'est qu'il ne croyait probablement pas avoir affaire à des forces aussi supérieures en nombre, qu'il ne s'attendait à la bataille que pour le lendemain, et qu'il voulait continuer à couvrir le chemin de fer d'Haguenau, par lequel devaient lui arriver sans doute, toute cette journée, de nombreux trains de matériel et de renforts. Quoi qu'il en soit, on nous avait placés à l'entrée de ce col. Nous occupions les crêtes; Niederbronn était à nos pieds au fond de la vallée. Nous avions pour mission de parer à un coup de main sur le village. Sa perte, qu'il fallait conjurer à tout prix, aurait eu pour résultat de nous couper la route de Bitche, par laquelle on attendait des troupes, peut-être le corps de Failly tout entier. Le maréchal avait demandé son concours; et l'inaction de ce corps dans cette journée si décisive est encore un problème pour moi et pour bien d'autres. Par rapport à notre armée, nous étions en arrière de sa gauche; Mac-Mahon avait sa droite vers Oberdorff, et son centre avec son quartier général à Frooeschviller.
Au moment où nous nous dirigions vers notre poste, la canonnade et la fusillade commençaient, et, à notre arrivée, neuf heures environ, elles étaient déjà dans toute leur force. Du point où nous étions, nous ne pouvions voir que le derrière du champ de bataille; en avant, sur notre droite, Reichshoffen, puis un terrain mamelonné se terminant par une crète toute garnie de bois, sauf sur un très-petit intervalle. Ce rideau nous cachait les troupes et le théâtre de la lutte. Nous en suivions seulement la direction générale par la fumée du canon, qui s'élevait en hautes colonnes droites qu'aucun vent n'emportait, et par les décharges de toute espèce, artillerie, mousqueterie, mitrailleuses, qu'on distinguait parfaitement. Nous ne savions rien du combat que ce que venaient nous raconter des individus postés sur les crêtes voisines. Tous disaient que l'affaire marchait bien. Cependant, dès dix heures et demie, nous voyions de longues files de blessés descendre en se traînant, ou portés sur les mulets et les voitures d'ambulance vers le village de Reichshoffen ; c'était un spectacle lamentable. Le bruit de cette lutte acharnée et si proche, dont nous n'apercevions que les victimes sans être mêlés à son entraînement, avait quelque chose de sinistre qui nous donnait la fièvre. Nous attendions avec frémissement l'ordre de marcher; nous le demandions tous, tant cette position était cruelle. J'avoue que j'ai rarement éprouvé une pareille émotion.
Vers midi et demi, le combat se ralentit tout à coup ; le canon s'éloigna et cessa presque complètement ; nous nous crûmes vainqueurs. Toutes les nouvelles confirmaient les succès de notre gauche. On disait que les Prussiens, rejetés dans les ravins de Woerth, allaient y être écrasés. Nous étions au comble de la joie; mais cet enthousiasme devait être de courte durée.
D'une heure et demie à deux heures, le canon et la fusillade reprennent subitement et plus près de nous, avec une inconcevable intensité. Bientôt, des bois qui précèdent Reichshoffen, nous voyons descendre de longues colonnes battant en retraite ; nous ne voulions pas y croire. Mais déjà un mouvement désordonné de voitures et de chevaux, au-dessous de nous dans la grande rue de Niederbronn, nous apprenait que la panique s'était mise dans les bagages qui commençaient à défiler au galop. Nous prenons des renseignements; il se confirme que c'est une simple panique. Nous sautons à nos armes et envoyons des patrouilles dans le village pour tâcher de l'arrêter. En même temps, le 19e bataillon de chasseurs, tête de colonne d'une brigade Failly, qui arrivait bien tardivement, se portait en avant; les régiments en retraite s'arrêtaient à l'abri des bois, et, un instant encore, nous pûmes croire que rien n'était perdu. On assurait que notre gauche était toujours victorieuse. En effet, de ce côté, point de fuyards. Mais le canon et la fusillade se rapprochaient; la retraite interrompue reprenait son cours, d'abord lent, puis de plus en plus précipité. La cavalerie en tête, toute débandée, courait à travers champs; les bagages, les caissons, emportés dans une course folle sur la route et s'engageant dans l'unique rue des deux villages, renversaient tout ce qui, sur leur passage, ne se rangeait pas assez vite. C'est affreux à voir et à entendre. Si, sur le front de la bataille, la retraite conserve encore un certain ordre, il n'en est pas de même sur les derrières, où tout devient débandade. Presque en même temps, les pièces prussiennes apparaissent sur la crête qui nous fait face, et. installées dans la solution des deux bois, elles mitraillent nos troupes, particulièrement une colonne de zouaves, qui fuit en répondant de son mieux. La lisière des bois se couvre d'uniformes noirs, et les obus pleuvent sur Reichshoffen. Dans la direction qu'ils viennent de quitter, s'élèvent d'épais nuages de fumée : c'est Frooeschwiller qui est en flammes. Ces gens-là sont impitoyables, ils préfèrent incendier un village plutôt qu'exposer cent hommes. Dès lors ce n'est plus une retraite, comme à Wissembourg, c'est une déroute. Pour opérer une bonne retraite, il faut la commencer plus tôt, avant que tout ne soit perdu : ce que nous ne faisons presque jamais. Heureusement les Prussiens ne savent pas ou ne veulent pas poursuivre, sans quoi nos pertes eussent été effroyables. Leurs canons seuls pourchassaient nos fuyards à distance.
Il était quatre heures environ, et de spectateurs nous allions enfin devenir acteurs, Mais, avant de vous raconter notre rôle, bien petit rôle en vérité, sinon au point de vue du résultat, du moins à celui des dangers courus, je veux essayer, d'après ce que j'ai vu, entendu et recueilli plus tard, de vous esquisser cette bataille, dont jusqu'ici vous n'avez eu que l'écho et ne connaissez que le triste dénoûment.
Vous savez la position de l'armée française. Les Prussiens, arrivés la veille par Soultz, ap puyaient leur droite vers Soultzbach et leur gauche à Woerth, en s'étendant derrière la Sauerbach. Leur point fort était évidemment sur la gauche, à Woerth, par où des renforts leur arrivaient sans cesse et qui devait leur fournir, le soir même, toute une armée. A huit heures et demie du lendemain, quand ils attaquèrent, ils comptaient au moins quatre-vingt mille hommes. Un détail en passant pour montrer comment ils entendent la guerre : la veille de la bataille, des officiers à cheval, accompagnés de quelques cavaliers, avaient été lever le plan de tout le terrain où ils savaient que l'affaire se passerait, et l'on m'a certifié avoir vu les distances de tir indiquées sur des arbres à la lisière de la forêt. Pour eux la guerre est, avant tout, une science positive dont ils ne négligent aucun détail, tandis que nous avons l'air d'en faire un jeu de hasard. Ils livrent une bataille comme on résout une équation, suivant point par point les règles données par les livres.
L'attaque des Prussiens était imprévue; cela rentre dans leur tactique habituelle; l'initiative qu'ils prennent aujourd'hui est un emprunt qu'ils nous ont fait. Nos soldats avaient la promesse d'une journée de repos, et beaucoup de détachements étaient à la distribution; mais, au premier signal, chacun a bien vite rejoint ses rangs. Comme je vous l'ai dit, nous avions peur d'être tournés et coupés du col de Bitche. C'est donc notre gauche, commandée par le général Ducrot, un de nos meilleurs divisionnaires, qu'on pousse d'abord en avant, et, comme de ce côté-là les Prussiens sont moins nombreux, tout marche bien. A la droite on a plus de mal, mais on se maintient. C'est la première phase de la bataille, et l'on prétend qu'à dix heures et demie le maréchal était plein d'espoir dans le succès. La droite prussienne cède toujours, soit que notre aile gauche la presse trop vigoureusement, soit qu'elle veuille l'engager davantage pour la couper ensuite quand elle tournera notre droite. Calculée ou non, il y a retraite évidente de ce côté-là, jusqu'à midi. A ce moment le combat se ralentit. Notre droite essaye, à son tour, de pousser en avant, sans y réussir.
Mais, vers une heure, le combat changeait de face; l'armée du prince royal (cinquante ou soixante mille hommes) arrivait par la droite et entrait en ligne. Ce ralentissement de la lutte et ce semblant de retraite n'étaient qu'une manoeuvre ; la réalité, c'est que l'ennemi faisait passer en seconde ligne les troupes engagées depuis le matin pour les remplacer par des troupes fraîches. Ah! si le corps de Failly, sur lequel on comptait, était venu rétablir l'équilibre ! Aussitôt ce mouvement accompli, une nouvelle bataille commence pour nous contre une seconde armée doublée des restes de la première. Le feu reprend partout avec une intensité effrayante. Notre gauche, moins vivement attaquée, recule pas à pas; notre droite et le centre sont écrasés par une artillerie toute fraîche, tandis que la nôtre va manquer de munitions. Frooeschwiller est criblé d'obus et incendié. La retraite sonne de partout, et, grâce aux bois qui couvrent le désordre, elle se fait sans de trop grandes pertes. L'infanterie prussienne, par bonheur, ne s'avance que très lentement; l'artillerie seule accompagne notre fuite de ses canons; mais elle est excellente et d'une justesse de tir remarquable. Des régiments de cuirassiers, qui se sont fait écraser dans une charge désespérée contre une masse d'infanterie en position, ajoutent encore à la confusion de la retraite et ne peuvent la protéger. A la gauche, le mouvement en arrière s'est opéré d'abord en bon ordre, sous la protection de nos pièces; mais ces pièces ont épuisé leurs munitions et se retirent au galop, laissant notre aile presque entourée par la droite de l'ennemi. C'est ainsi que le premier bataillon de chasseurs est revenu avec deux officiers seulement : l'adjudant-major et le capitane de tir. De tous les autres, pas de nouvelles, même encore aujourd'hui. Il y en a probablement un certain nombre blessés ou prisonniers.
Donc, à partir d'une heure et demie ou deux, retraite, puis déroute, surtout à la droite. On repasse les bois, on gagne Reichshoffen et de là Niederbronn. Deux seules lignes de retraite se présentent : celle du col de Bitche, en traversant les Vosges, défilé étroit et dangereux; ou la route qui, longeant les montagnes, passe par Oberbronn, Neuwiller, etc., et conduit à Saverne. C'est cette dernière qu'on indique à tous ceux qu'on a le temps de prévenir.
Au moment où la déroute était complètement dessinée et commençait à envahir Niederbronn, il se trouvait heureusement encore deux troupes intactes : une brigade de Failly, arrivée de Bitche à trois heures, en position derrière Niederbronn, et nous. Le général qui commandait la brigade la fait avancer à notre hauteur. Notre commandant s'empresse de se mettre sous ses ordres, et on songe enfin à nous employer. Nous poussons en avant, et nous allons couronner toutes les crêtes depuis Niederbronn jusque sur la route de Saverne. Ma compagnie se déploie en tirailleurs; une autre est placée en réserve par derrière et tout le reste du bataillon nous appuie. A notre gauche est la brigade du corps Failly, et plus loin, au-dessus de Niederbronn, le Ier zouaves, tiraillant et se battant encore avec un dévouement admirable pour protéger la retraite, après toute une journée de combat acharné. Ce mouvement eut, à l'instant même, un excellent effet. En débouchant sur les crêtes opposées, les Prussiens trouvent les nôtres garnies de troupes en bon ordre et s'arrêtent court. Nous eûmes la consolation de voir une énorme colonne de cavalerie, qui se préparait à tourner Oberbronn, rentrer sous bois, sans même nous obliger à tirer un coup de fusil.
Pendant ce temps, les fuyards se massaient en foule à l'entrée d'Oberbronn, qui en ordre, qui isolément, et l'on s'efforçait de débrouiller ce pêle-mêle pour en faire une colonne. On réunissait les débris de chaque corps, et, une fois formé, chacun de ces détachements devait s'acheminer à son tour et à la place qui lui était fixée. Mais le moyen d'avancer dans une rue unique, étroite et encombrée par les bagages, les voitures, les caissons d'artillerie, les pelotons ou plutôt les groupes de cavaliers cherchant à passer aux dépens les uns des autres, et compliquant ainsi les difficultés inextricables de notre seule voie de salut ? Heureusement la nuit approchait. Nous nous replions à notre tour, et nous allons prendre notre rang dans cet entassement de plusieurs milliers d'hommes, dont un grand nombre, pour échapper à la lenteur du convoi, se glissent, malgré la défense, à travers les chars, au milieu des chevaux ou le long des maisons, au risque d'être écrasés. Je n'ai jamais passé d'heure aussi longue et aussi critique qu'à l'entrée de ce village. Mon unique préoccupation était de me demander avec terreur ce qui arriverait si un peloton de cavaliers ennemis ou si un seul obus venait à tomber au milieu de cette foule atterrée. La déroute aurait été changée en un épouvantable désastre : voitures, chariots, caissons, chevaux se seraient précipités les uns sur les autres, broyant tout sur leur passage, les derniers rangs se seraient rués sur ceux qui les précédaient, et la moitié d'entre nous aurait péri, étouffée dans ce tourbillon ou mise en pièces par nos propres bagages. Cet affreux cauchemar ne me quittait pas; il me saisissait à la gorge et à la tête, à chaque temps d'arrêt, et ils étaient nombreux. Enfin la providence nous a épargné cette catastrophe. La nuit, qui tombait lors de notre entrée à Oberbronn, est devenu profonde; un ordre relatif s'établit peu à peu; on marche, on avance nous voilà sortis du village.

Ici commence une des nuits les plus douloureuses, au physique comme au moral, que j'aie passées dans ma vie.. Nous cheminions en longues files, la tête basse, livrés aux plus tristes réflexions; tantôt côtoyant les voitures, qui tenaient le milieu de la chaussée, et dont l'encombrement nous arrêtait à chaque pas; tantôt, quand le terrain le permettait, débordant à droite et à gauche, dans les champs, pour marcher plus à l'aise. Des blessés occupaient le centre de la colonne, les uns à pied, les autres en voitures ou huchés sur des caissons, suivant que leurs forces et leurs blessures le leur permettaient. Des hommes de tous les corps se trouvaient mêlés, la figure noire de poudre et de poussière, les vêtements en désordre : c'était hideux à voir. Dans notre pauvre division, deux fois si durement traitée, notre bataillon seul, ayant échappé à la démoralisation de la défaite, conservait assez d'ordre et de tenue. Au bout d'une heure et demie, une petite pause de dix minutes donnait juste le temps de se rejoindre et de se resserrer un peu; puis on repartait. Chaque village était marqué par un moment d'arrêt, que la difficulté de notre passage dans des rues étroites rendait inévitable. Là encore quelle désolation! La moitié des maisons hermétiquement fermées; une partie des habitants avait fui; l'autre se cachait, ne sachant si les Prussiens n'étaient pas sur nos talons. Quelques-uns cependant ouvraient leurs portes et distribuaient aux soldats de l'eau, du vin, un peu de pain. Ce secours était d'autant mieux reçu qu'un bon nombre d'hommes n'avaient rien mangé depuis vingt-quatre heures, la bataille ayant interrompu la distribution. Les femmes pleuraient et criaient. Ces scènes de désolation étaient lugubres, et le souvenir de cette nuit me fait l'effet du plus affreux rêve. Je n'ai eu ce soir-là qu'un seul éclair de joie, c'est en retrouvant, à l'entrée d'Oberbronn, notre excellent général de Montmary, qu'on avait dit blessé à Wissembourg et qui, Dieu merci, se portait à merveille. Je m'empressai d'aller lui serrer la main.
Le reste de la nuit fut semblable au début. Il fallait arriver à Saverne qui, par cette route, est certainement à 40 kilomètres au moins de notre point de départ. A deux heures du matin, le sommeil se joignant à la fatigue, on n'entendait plus un mot dans la colonne; nous marchions comme des automates. Le jour nous surprit ainsi, et le premier poteau qui se montra indiquait encore 15 ou 17 kilomètres. Nous étions à bout de forces. Je me rappellerai toujours, à la sortie de je ne sais plus quel village, une petite prairie où l'on nous fit faire une halte un peu plus longue que les autres; je tombai sur l'herbe humide, et je crois que ma tête n'avait pas encore touché terre, que je dormais d'un sommeil de plomb. Quoi de surprenant ? La veille nous avions fait à pied 35 kilomètres pour atteindre Haguenau; passé en chemin de fer une nuit interrompue par l'alerte que vous savez, nuit sans repos et en plein déluge. Toute la journée nous étions restés sur pied; les émotions par lesquelles nous avions passé équivalaient presque à la terrible lutte que nos camarades avaient soutenue, et il nous fallait encore marcher, sans même prévoir le terme de nos fatigues. Quand on me réveilla au bout de vingt minutes, j'aurais de grand coeur demandé à rester où nous étions. Il me semblait préférable d'attendre là les Prussiens et de se faire tuer sur place. Je croyais ne pouvoir plus avancer. J'aperçus, à quelques pas de moi, le maréchal qui causait avec notre commandant et des officiers d'état-major. Il était à pied, triste mais calme; racontant avec simplicité quelques-uns des incidents de la bataille. L'aspect de cette grande infortune, si courageusement et si noblement supportée, me rendit des forces; je me rapprochai du groupe; les circonstances autorisaient mon indiscrétion. Mais déjà l'ordre du départ était donné; nous étions suivis et ne devions nous arrêter qu'à Saverne. Je repris courage et repartis, en pensant à nos pauvres hommes, qui, le sac sur le dos, et deux fois plus chargés que moi, devaient souffrir bien davantage.

Enfin le 7 août, à huit heures et demie, après quinze heures de marche, car nous en avions mis deux pour rejoindre Oberbronn, nous arrivions à Saverne par une chaleur torride. On nous arrête dans une rue; les faisceaux sont, formés et les hommes se laissent tomber derrière. On parle de nous faire repartir immédiatement pour Phalsbourg. Cette fois, je proteste et je dis au commandant, ce qui était vrai, que jamais nous n'amènerions nos hommes jusque-là; les forces humaines ont des limites, et les nôtres y étaient arrivées. Je me traîne jusqu'à un hôtel pour tâcher d'attraper n'importe quoi : impossible de se procurer même une chaise; tout est encombré. Je me réfugie dans une brasserie : même insuccès. Enfin on me fait signe de monter à un premier étage. Nous étions deux infortunés en quête d'un gîte, le sous-lieutenant de Martinprey et moi ; nous montons et nous nous trouvons dans un appartement particulier. De prime abord on fait mine de ne pas trop se soucier de nous ; je déclare que je ne demande, pour mon argent, qu'une chaise, un peu de pain et de vin; le maître de céans, brave homme, se laisse attendrir et nous offre un lit, du bouillon, un morceau de boeuf, du pain et du vin blanc; c'a été pour moi un repas de Lucullus. Mais ce qui m'a charmé bien davantage, c'est une demi-heure de repos sur un lit. La marche du bataillon vient trop tôt m'arracher à ces délices. Nous allons prendre notre campement dans une prairie aux portes de la ville. Plus heureux que d'autres, nous n'avons pas perdu nos bagages et nous pouvons, grâce à nos réserves et au peu qu'on trouve en ville, faire une façon de dîner. Je me baigne les pieds dans la rivière, et quelques heures de répit me font oublier bien des misères. La ville est devenue un vrai champ de bataille; on se dispute les vivres qui y restent; les chariots de pain de l'administration sont assiégés ; on dévalise toutes les boutiques de comestibles; ceux qui ont de l'argent payent pour ceux qui n'en ont pas. Il faut vivre, et les pauvres hommes à qui on ne donne rien prennent où ils trouvent. D'ailleurs déroute est synonyme d'indiscipline : c'est un affligeant spectacle à ajouter aux autres. Des troupiers, mourant de faim, se sont dédommagés, sur le liquide, du pain qui leur manque et roulent ivres partout. C'est une affreuse chose qu'une armée dans cet état.
Nous pensions nous reposer cette nuit-là; les vivres commençant à arriver, vers le soir, on tâchait de remettre un peu d'ordre dans tout ce monde. Mais les Prussiens sont signalés : la marche sonne, il faut repartir. La panique s'en mêlant, les hommes ont bientôt rejoint leurs corps et nous reprenons notre collier. Nous gravissons la longue côte qui, de Saverne, traverse les Vosges par le col aboutissant à Phalsbourg. Nous voyons notre longue colonne serpenter à travers les lacets de la route. Les corps sont réunis à peu près ; ils auraient même un certain air; mais sur les flancs et à la queue, une file de traînards donne un triste aspect à notre marche. Comment en serait-il autrement ? Des compagnies, des bataillons, des régiments même ou plutôt des fractions de tout cela, privés de presque tous leurs officiers, sont conduits par des sergents, sans commandement et sans cadres. Le colonel du 78e est revenu seul avec son officier payeur, ralliant en route trois ou quatre cents hommes, débris de son malheureux régiment. Par bonheur tout ce qui manque n'est pas perdu. On en retrouvera bientôt sur toutes les routes, revenant de toutes les directions où les ont jetés les hasards de la fuite... Mon bataillon, à peu près seul, je dois le dire, présentait encore l'image d'une vraie troupe; il marchait en ordre, les rangs serrés et le sac au dos. C'était consolant; mais nous n'avions ni le droit ni l'envie de jeter la pierre aux autres.
A mesure que nous nous élevions sur la côte, nous ne pouvions nous empêcher de regretter ces belles positions qu'on livrait ainsi à l'ennemi sans coup férir. On en aurait défendu le passage, même un contre dix. Mais il était trop tard; nous n'avions plus de munitions, et puis, vainqueurs ici, nous aurions été tournés par le col de Bitche et les autres. Nous nous éloignons donc, avec un vrai désespoir, de ces sommets escarpés et couverts de bois, premier rempart de la France qu'une seule bataille nous a fait perdre... N'est-ce pas un songe? et serait-il possible que toute l'Alsace fût désormais à eux? Cette pensée nous serrait le coeur...
Nous arrivons au sommet de la côte par une nuit noire; on sommeillait en marchant, et, à chaque halte, tout le monde tombait, dormait cinq minutes, puis repartait. Nous traversons ainsi Phalsbourg, dont les abords fortifiés et les ponts-levis allongent démesurément notre colonne et nous obligent à des temps d'arrêt continuels. Cette nuit, non moins pénible que la précédente dont les fatigues n'étaient pas réparées, m'a laissé pourtant de moins tristes impressions. L'image de la défaite commençait à devenir moins vive; nous sentions renaître un peu d'ordre et de sécurité; un vague espoir de revanche sur un autre terrain nous soutenait, et, le moral aidant, le physique même semblait se remonter.

Entre six et sept heures du matin nous atteignons Sarrebourg, après treize ou quatorze heures de marche et trois nuits sans repos. Nous campons en avant de la ville, aux abords du chemin de fer qui marche encore ici. Nous regardons d'un oei d'envie ces wagons, qui devraient bien nous emporter en lieu de sûreté, où nous pourrions nous réorganiser; car, tels que nous sommes là, nous ne saurions rendre aucun service. Mais il paraît que le chemin de fer est menacé, et l'on n'ose faire partir qu'un train de malades. Dans cette journée du 8 nous sommes ralliés par de nombreux détachements de différents corps, égarés au moment, de la débâcle et qui nous arrivent de toutes les directions. Nous recevons, entre autres, une bande du 78e qui reporte ce régiment à dix officiers et cinq cents hommes. Le bonheur de retrouver des camarades, sur le sort desquels on n'était rien moins que rassuré, nous rend un peu de gaieté et de confiance. Mais une triste nouvelle vient troubler cette courte jouissance, c est l'échec de Frossard... On nous promet une nuit de repos; malheureusement on est forcé de nous en retrancher la moitié; je n'ai pas besoin de vous dire si je l'ai bien employée. A deux heures du matin, on réveille tout le monde, sans bruit, sans sonnerie, et nous décampons en silence comme des voleurs. Ce départ a quelque chose d'attristant : il sent trop la fuite.
Le 9, étape médiocre, rendue longue par l'obligation de marcher en corps d'armée. Nous sommes à Blamont vers trois heures. La population de cette jolie petite ville est, comme partout, dans la désolation et l'effroi. On sait que les Prussiens nous suivent de près Nous sommes reçus là par la mère d'un sous-lieutenant du bataillon, Mme de M..., dont le fils avait partagé avec moi l'hospitalité de Saverne. Non contente de nous traiter admirablement, elle bourre notre cantine de provisions et de bon vin. Ah ! qu'il fait bon de rencontrer une mère dans ces moments-là ! Toutes les nôtres l'auraient bénie.

Nous repartons dans la nuit pour Lunéville. Longue étape d'au moins 30 kilomètres. Vers le milieu de la route se trouve un brave village, dont je regrette d'avoir oublié le nom. On s'y arrête pour la grande halte, et les habitants envoient à nos hommes tout ce qu'ils peuvent : vin, lard, saucisses, mouton et pain. Le temps ne se montre pas aussi gracieux que la population, et arrose notre déjeuner d'une forte averse. Ce n'était rien auprès de celle que nous essuyons à la porte de Lunéville ; une vraie trombe, qui arrête la colonne de la tête à la queue, sans qu'il soit possible d'avancer. Enfin le nuage passe et nous entrons dans la ville, où tout le corps de Failly nous a précédés. Il campe en avant, et l'on nous envoie à 5 kilomètres en arrière. Moi je reste pour assurer les vivres du bataillon.
Rien de plus facile que de s'en procurer : l'administration s'empresse de nous livrer tout ce qu'elle a, le reste devant être la proie des Prussiens. Mais comment transporter tout cela au camp ? La mairie ne fournit plus de réquisitions. On me dit de prendre des voitures partout où j'en trouverai. Il n'était pas question d'en avoir de bonne volonté, les moindres véhicules ayant été déjà requis trois ou quatre fois depuis le matin. Me voilà parti avec quatre hommes, à l'aventure à travers les rues d'une ville que je ne connais pas, bien décidé à accaparer toutes les voitures vides que je rencontrerai ; un vrai métier de Mandrin. Heureusement c'était pour le bon motif. J'en aperçois une arrêtée devant un café. Je m'y installe. - Monsieur, vous allez me mener au camp, moi et mes vivres. - Monsieur, impossible; je suis obligé d'aller à tel endroit, du côté opposé. - Monsieur, ce détail m'est complètement indifférent ; il faut venir. J'ai l'ordre de prendre toutes les voitures dont j'aurai besoin, et j'ai besoin de la vôtre. - Inutile d'insister; je n'irai pas. - Alors j'irai tout seul et votre bête reviendra comme elle pourra : Hue !... (Le paysan se radoucissant :) - Mais, mon capitaine, songez donc qu'on m'attend. - Oui, ou non? Si oui, montez à côté de moi; si non, je pars tout seul. - Je disais cela moitié sérieusement, moitié riant; c'était une vraie scène. Le bonhomme cède enfin et ne demande plus que le temps de boire un coup, ce que je ne peux lui refuser. J'installe un de mes hommes en armes sur le siége, en lui donnant rendez-vous au magasin, et je poursuis ma chasse. Je trouve une seconde voiture qui ne fait pas de résistance. Mais la troisième ! Oh ! la troisième ! Les femmes s'en mêlent; je me mets tout de bon en colère; je fais scandale au milieu de la rue et suis forcé d'appeler quatre hommes. Me voilà en possession de mes transports, et je dois ajouter qu'une fois leur parti pris, mes voituriers étaient devenus les plus aimables du monde, le premier surtout, qui voulait absolument me mener coucher chez lui. J'avais bien quelque remords du singulier métier que je venais de faire, surtout vis-à-vis de Français, et de si braves gens; mais il l'avait fallu. Je ne pouvais pas emporter sur mes épaules, à 5 kilomètres, même aidé de mes hommes, 1,200 livres de pain, sans compter les autres provisions; et je pouvais encore moins laisser sans vivres de pauvres diables qui n'avaient touché qu'une demi-ration depuis quarante-huit heures. Cette chasse, jointe à la rude marche du matin, m'avait éreinté. Je n'arrivai au camp qu'à la nuit close; un dîner passable et surtout un petit verre de vin de Samos, reste des générosités de Mme de M..., me remirent complètement. »


Journal de la Société d'archéologie et du Comité du Musée lorrain - 1889
NÉCROLOGIE

M. LE COMTE EDMOND DE MARTIMPREY DE ROMÉCOURT.
C'est toujours avec une peine sincère que nous voyons la mort enlever l'un des membres de notre Société, mais nos regrets sont particulièrement vifs lorsqu'il s'agit d'un confrère dans la fleur de l'âge, également apprécié pour son zèle intelligent et son dévouement, et dont les premiers ouvrages déjà excellents en eux-mêmes, en promettaient pour l'avenir une série plus importante encore.

M. le comte Edmond de Martimprey de Romécourt, décédé le 8 septembre, était âgé de 33 ans. Bien qu'il ne fût pas doué d'un tempérament robuste, la maladie qui l'a emporté ne s'est déclarée que peu de mois avant d'aboutir à une issue fatale, surprenant et affligeant par sa rapidité tous ceux qui avaient pu apprécier les qualités du coeur et de l'esprit de notre confrère, la rare élévation de ses sentiments, et cet amour du vrai et du juste qui le distinguait à un si haut degré.
Dès son enfance, M. de Martimprey avait eu le goût des études historiques et archéologiques il ne s'y adonnait toutefois avec assiduité que depuis un petit nombre d'années, car il avait cru d'abord que sa santé lui commandait de prendre beaucoup de mouvement physique et de s'éloigner des occupations sédentaires. Dans la suite, obligé à plus de repos, il entre- prit ses beaux travaux sur les environs de Blâmont, sa résidence, et fit, dans nos Archives départementales, de longues recherches qui l'amenèrent à composer l'histoire de l'abbaye de Haute-Seille, publiée dans nos Mémoires de 1887, et celle, bien plus considérable, des sires et des comtes de Blâmont, dont nous avons récemment entendu la lecture et voté l'impression.
Notre confrère avait épousé l'une des filles de M. le baron de Landre et passait une partie de l'été dans son château de Ludres, où il est mort il laisse deux filles; la perte d'un fils, encore au berceau, fut pour lui la cause d'une peine profonde.

Voici la liste des publications de M. E. de Martirnprey
L'abbaye de Haute-Seille, dans les Mémoires de 1887, p. 86-136,3 pI.; aussi tiré à part.
Note sur la famille du Châtelet, dans le Journal de 1888, p. 65-67.
Régnier, duc de Massa, et sa famille, dans le même recueil, p 134-135.
Note sur le Perthux d'Estaye, dans le Journal de 1889, p. 24.
Les sépultures sous tumulus de la Naguée, dans les Mémoires de 1889; tiré à part.
Les sires et les comtes de Blâmont, à paraître dans les Mémoires de 1890.

Il convient d'ajouter que le Musée lorrain doit à l'initiative et à l'obligeante intervention de M. de Martimprey d'avoir pu acquérir, dans des conditions très avantageuses, divers objets intéressants, tels que la plaque de foyer aux armes d'H. de Béthune, évêque de Verdun. Notre regretté confrère a donné une autre remarquable plaque de foyer, du XVIe siècle, aux armes du Saint-Empire, avec l'écu de Salm, en guise de marque de fabrique (V. Journal, 1889, p. 120).

LÉON GERMAIN.

NDLR : La liste des publications est erronée : ce n'est pas en 1889 une note sur le Perthux d'Estaye, mais une  publication sur LE TOMBEAU D'HENRY Ier, SIRE DE BLAMONT, ET DE CUNÉGONDE DE LINANGE
 

Rédaction : Thierry Meurant

 

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