2 juillet 1844
Monsieur le Rédacteur,
Veuillez me permettre de rectifier, dans votre excellent
journal, quelques détails incomplets qui ont été publiés sur un
incendie qui a récemment éclaté à Cirey. Le 14 juin, vers onze
heures du soir, le feu s'est déclaré, avec une violence inouïe
dans un bâtiment considérable, qui dépend de la manufacture de
glaces dont les produits magnifiques sont connus du monde
entier. Là se trouvaient réunis les ateliers des charpentiers,
des menuisiers et des charrons ; une immense quantité de bois de
construction était aussi empilée dans les magasins. Dès que la
plus faible étincelle vint tomber sur ces matières sèches et
incandescentes, il en jaillit un torrent de flammes et tout fut
dévoré avec une rapidité extraordinaire. Les efforts des
populations accourues à la première lueur du sinistre durent se
borner à préserver les maisons adjacentes des ravages de ce
terrible incendie. Il fut impossible de rien sauver, et le
bâtiment n'est plus aujourd'hui qu'une ruine.
Douze pompes fonctionnaient sur le théâtre de ce déplorable
événement: elles étaient servies avec un zèle admirable, par les
habitants de Cirey et des communes circonvoisines qui s'étaient
empressées d'accourir pour donner aux honorables directeurs de
la Verrerie, un témoignage de leur reconnaissance et de leur
dévouement. On sait que dans les malheureux accidents de même
nature, qui éclatent souvent aux pieds de nos montagnes, les
ouvriers, les pompes et tous les moyens de sauvetage qui
appartiennent à M. Chevandier, sont à la disposition des plus
pauvres villageois, et se présentent les premiers, pour les
secourir, sans calculer la distance, les difficultés des chemins
ou les périls de la nuit : il était donc juste aussi, de montrer
le même empressement et la même générosité dans cette pénible
circonstance.
Averti de ce désastre, M. Chevandier, pair de France, est arrivé
de Paris, et s'est empressé d'écrire aux maires des localités
voisines de Cirey, pour exprimer la vive gratitude qu'il a
éprouvée en recevant les marques de dévouement des habitants de
nos contrées.
La perte occasionnée par cet incendie est évaluée au moins à
50,000 fr. : rien n'était assuré.
Les populations de Cirey et de la banlieue ont rivalisé de
courage et d'ardeur généreuse : on a remarqué particulièrement
la force et le travail de la pompe de Frémonville, habilement
dirigée par son brave lieutenant M. Haton. On doit aussi rendre
hommage au zèle de MM. les curés de Cirey et de Tanconvilie. M.
le curé du Val-de-Bon-Moutier a déployé, dans cette occasion,
l'intrépidité et le dévouement infatigable dont il a donné des
preuves en d'autres rencontres.
Ce malheur est attribué à la construction vicieuse d'un four à
briques réfractaires, placé dans le voisinage du bâtiment
incendié.
Agréez, etc. E. G.
29 août 1844
On nous écrit de Blâmont : Mercredi dernier, 21 de ce mois, a eu
lieu avec la solennité accoutumée, dans la grande salle de
l'Hôtel-de-Ville de Blâmont la distribution des prix du collège
de cette ville. Parmi les jeunes lauréats, nous avons surtout
remarqué MM. Simon Nicolas, de Bertrambois, élève de troisième,
qui a obtenu onze nominations; Gérard Eugène, de Badonvillers,
élève de cinquième, qui en a obtenu dix ; Mayeur Stanislas, de
Niderhoff, élève de quatrième, appelé le même nombre de fois ;
Scheyder Georges, à Ergerheim (Bas-Rhin), nommé huit fois et
Rousselot Joseph, de Blâmont qui a remporté presque tous les
premiers prix de la classe de quatrième. Depuis quelques années,
le collège de Blâmont a grandi dans de remarquables proportions,
et son état prospère s'accroît encore de jour en jour. Cette
institution qui comptait à peine quelques pensionnaires, il y a
peu de temps, en renferme aujourd'hui plus de soixante-dix. Les
études y sont d'une force égale, à celle de nos meilleurs
établissements d'instruction. De si précieux résultats sont dûs
à la sage administration du principal, M. l'abbé Marsal que
secondent, avec une infatigable activité, d'habiles professeurs
parmi lesquels nous nous faisons un devoir et un plaisir de
nommer MM. les abbés Guyot et Gondrexon. |