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Documents sur Blâmont (54) et le Blâmontois

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Presse - L'Espérance, courrier de Nancy - 1848
 
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13 janvier 1848
Un incendie considérable a éclaté le 25 décembre 1847 dans la commune d'Igney, arrondissement de Sarrebourg. Deux maisons appartenant l'une au sieur Jacquot, cultivateur, et l'autre à la dame Maire, veuve Mengin, ont été entièrement détruites, ainsi que tout le mobilier et les récoltes qu'elles renfermaient. La perte totale est évaluée à 22,710 fr.; mais les propriétés étaient assurées par l'Union et la Générale pour une somme à peu près équivalente.

24 août 1848
Blâmont, le 21 août.
M. le Rédacteur,
Les révolutions dans leur marche inexorable, versent souvent dans le sein des peuples, à côté d'immenses bienfaits, des calamités bien cruelles qui déconcertent les espérances de l'avenir.
La ville de Blâmont gémit, en ce moment, sous une expérience aussi douloureuse. Elle vient de perdre, vendredi dernier, son magistrat le plus éminent, l'homme auquel elle devait le plus.
Charles-Balthazard Lafrogne, ancien maire et ancien membre du conseil général de la Meurthe, est décédé à Nancy le 10 août, après avoir vainement lutté contre les progrès d'un mal incurable et contre les chagrins qui lui brisaient le coeur.
C'est à ces concitoyens qu'il appartient de nous dire tout ce qu il y a eu de dévouement, de lumières, de sagesse et d'énergie dans la carrière de cet habile administrateur. Il serait trop long d'énumérer ici les bienfaits d'une édilité qui a toujours exercé la plus heureuse influence dans la modeste cité que dirigeait M Lafrogne et dans les campagnes environnantes.
On lui doit plusieurs constructions d'une haute nécessité, des voies de communications réparées et embellies; une police fortement constituée, et plus que cela encore : des moyens d'instruction largement répandus, des écoles prospères, un collège admirablement pourvu et jouissant d'une confiance universelle; voilà quelques-uns des fruits d'une magistrature qui laissera des regrets impérissables.
D'autres mettront peut être des ombres dans ce tableau; on se plaindra des formes un peu acerbes de M. Lafrogne, de l'usage tant soit peu despotique qu'il faisait parfois de son autorité. Mais tous conviendront que l'excellence de son coeur était incomparable; que ses intentions se montraient toujours dirigées par la justice; qu'il aimait à prêter son appui à tous ceux qui en avaient besoin, et qu'enfin sur son lit de mort, il obtenait encore des grâces a des adversaires ou à des ennemis !
Bien connu par son dévouement au pouvoir monarchique, la révolution devait l'atteindre, elle fut cruelle pour lui. Dépouillé de l'écharpe municipale, exclu même du nouveau conseil, et frappé, chaque jour, de nouvelles marques d'ingratitude, il courut a Nancy, chercher un peu de calme et de repos. Il n'y trouva que les ennuis, les regrets du passé, les funèbres préoccupations de l'avenir, et enfin la mort ! Blâmont était son idole; il y avait concentré ses affections les plus chères : ne pouvant plus lui donner sa vie, il ne lui restait plus qu'à demander la paix du tombeau !
S'il y avait quelques pompes véritables dans les solennités qui entourent un cercueil, nous dirions que le convoi funèbre de M. Lafrogne a été un triomphe. A l'approche du char lugubre, qui le ramenait dans sa ville bien-aimée, on vit la population se précipiter en masse au-devant de lui, et l'accompagner des témoignages de son affliction : ceux mêmes qui lui avaient été hostiles formaient son cortège. Aujourd'hui, lundi, la ville entière et l'élite de nos campagnes ont voulu prendre part à ses funérailles. C'était une solennelle réparation du passé et une protestation éloquente en faveur d un magistrat dont l'existence fut si active et si utile. Le clergé du pays n'est pas resté en dehors de cet hommage universel ; quarante prêtres se trouvaient réunis autour de son cercueil.
Il a disparu au moment où l'appel de ses concitoyens venait de le replacer au sein du conseil municipal, et créé par les suffrages de la contrée, il devait, hier encore, rentrer dans le conseil général du département. L'élection de M. Lafrogne au conseil général, était certaine, en effet, à la nouvelle de sa mort, l'immense majorité des votants reportée sur un autre lui-même, sur M. Vautrin, ancien juge de paix de Blâmont.
Que cette mort si imprévue et si rapide ne demeure pas stérile dans ses enseignements ! Si des luttes orageuses ont pu tourmenter une ville autrefois paisible, et diviser malheureusement un peuple de frères, que tout se taise maintenant et se réconcilie devant la mort ! Le plus noble hommage qu'il soit possible de rendre à M. Lafrogne, c'est de continuer sa vie de dévouement et de multiplier, comme lui, les oeuvres utiles, les oeuvres qui peuvent contribuer au bonheur public. D'ailleurs, avec le dogme sublime de la fraternité, rien n'est beau, rien n'est divin comme l'oubli et le pardon réciproques, dans les liens d'une véritable union, qui sera, je l'espère, cimentée, pour toujours, sur le tombeau d un homme de bien ! Agréez, etc.
E.G.


17 septembre 1848
Le8 septembre, un incendie a éclaté a Blâmont, au domicile des frères Royer, et s'est communiqué aux habitations des sieurs Delorme et Gueury. Ces trois maisons, qui étaient occupées par les propriétaires et cinq locataires, ont été la proie des flammes, ainsi qu'une grande partie du mobilier. Deux maisons étaient assurées; la perte totale est évaluée à 12,150 fr. La femme de M. Louis Nicolas, locataire des frères de Royer, ayant été arrêtée comme soupçonnée d'être l'auteur de ce sinistre, s'est étranglée dans la prison de Lunéville.

21 septembre 1848
Le 8, un enfant de huit ans, nommé Christophe Mozimann demeurant chez sa mère à Repaix, s'est noyé dans un ruisseau où il était tombé accidentellement.

23 septembre 1848
Mardi dernier, un incendie considérable a jeté l'épouvante et la désolation dans la commune de Nonhigny. Vers onze heures du matin, le feu s'est déclaré avec une violence inouïe sur le grenier à fourrages d'un cultivateur; quelques instants après les deux maisons voisines étaient envahies par les flammes.
Aux premières lueurs du sinistre et à l'appel du tocsin, les populations de Harboué, de Barbas, de Montreux et d'Ancerviller sont accourues avec leurs pompes. Toutes ont rivalisé de zèle et d'activité, en sorte que vers deux heures on était complètement maître de l'incendie, et il n'y avait plus aucun danger à redouter.
Trois maisons ont été consumées et ne présentent plus que des ruines : deux autres habitations sont quelque peu endommagées ; mais on ne connaît pas encore toute la perte qui résulte de ce cruel événement. Nous regrettons vivement de ne pouvoir citer le nom d'un ouvrier intrépide, qui, nous écrit-on, s'est élancé, la hache à la main, sur l'un des toits embrasés, et là au milieu des flammes, exposé à tomber dans cette horrible fournaise, est parvenu à briser les poutres et les charpentes qui pouvaient alimenter l'incendie. Ce courage et ce sang-froid dans un pareil danger ont excité l'admiration générale, et nous espérons qu'une si belle conduite sera bientôt signalée à l'administration supérieure.
Quelques habitants de localités plus éloignées, de Petitmont, de Parux, de Frémonville et de Blâmont sont également venus prêter leur concours : ils ont droit aussi à la reconnaissance publique.
Il est consolant de penser que la malveillance ne doit pas être accusée de ce cruel malheur; tout nous démontre que cet événement désastreux est le résultat de circonstances imprévues et purement accidentelles.
M. le curé de Nonhigny s'est empressé de recueillir dans son presbytère une famille qui se trouve sans asile : cette conduite n'a pas besoin de nos éloges. (Journal de la Meurthe)

 

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