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18 janvier 1880
Le 12 janvier, dans la soirée un cultivateur de Nonhigny, M.
Boudot, revenait à son domicile. A quelque distance du
village,-son cheval s'emporta et la voiture fut renversée. Des
gendarmes témoins de l'accident, relevèrent M. Boudot qui était
grièvement blessé, et, aidés de plusieurs habitants, le
transportèrent à son domicile. Le docteur Mayeur appelé
aussitôt, déclara que la vie de M. Boudot n'était pas en danger,
malgré la gravité et le nombre de ses blessures.
3 février 1880
Le 29 janvier, à quatre heures du matin, un incendie s'est
déclaré à Blâmont dans une maison
située dans la Grande-Rue.
Cette maison a été brûlée, et les deux voisines légèrement
avariées. C'est grâce aux efforts des pompiers et de là
population que le sinistre a pu 'être circonscrit.
Les pompiers de Frémonville, Barbas, Gogney et Repaix sont
accourus, avec leurs pompes, malgré la rigueur de la saison et
il faut louer leur bonne, volonté.
Six familles se trouvent sans abri et dans la misère. Nous les
recommandons à la charité publique.
Le propriétaire et deux locataires seulement
étaient assurés aux Compagnies de l'Aigle, de la Générale et de
la Nationale. Les pertes sont évaluées à environ 17,000 francs,
dont 15,000 à la chargé desdites compagnies. La rumeur publique
prétend, ajoute le Progrès, que la malveillance ne serait pas
étrangère à ce fatal événement ; mais on ne peut rien dire de
positif à cet égard.
11 février 1880
Nous apprenons que M. E. Maire, de Blâmont, chef d'escadrons au
8e hussards, vient d'être appelé à l'état-major général du
ministre de la guerre.
On écrit de Verdenal, qu'un incendie dont la cause est restée
inconnu vient de détruire en partie la ferme de Grand-Seille,
exploitée par le
sieur, Sylvestre Barbier.
Les dégâts sont évalués à la somme de 7,300 fr. et seront
supportés par l'assurance.
15 février 1880
M. Delarue. (Jules), de Blâmont, capitaine au 3e régiment
d'infanterie de marine, vient d'être nommé chevalier de la
Légion-d'Honneur.
Cet officier compte dix-neuf ans de service et douze campagnes.
25 février 1880
Trois jeunes gens de Vého, les nommés Leclerc, Alain et
Lhuillier, ont eru faire une bonne farce en dérobant un chevreau
et des comestibles au préjudice dé divers habitants de la
commune. Le tribunal juge là plaisanterie mauvaise et en
condamne tes auteurs, le premier à 100 fr. et les autres à 50 fr.
d'amende.
1er avril 1880
Le 24, un incendie a endommagé quatre hectares de la forêt de
Leintrey. Les pertes sont estimées à 2,000 fr. On pense que
l'incendie est dû à un charbon qui serait tombé d'une locomotive
sur les herbes sèches.
15 avril 1880
M. Sturel, sous-chef de gare à Emberménil, remplace le sous-chef
de gare de Lunéville, M. Jamin.
M. Axair, employé principal à Lunéville, remplace le sous-chef
de gare d'Emberménil, M. Sturel.
M. Axair deviendra chef de station à Emberménil, lorsque la gare
d'Avricourt sera achevée et celle d'Emberménil supprimée.
A partir du 1er juillet, après l'achèvement de la gare d'Avricourt,
Emberménil deviendra simple station, alors M. Reinardtz, chef de
gare d'Emberménil, sera appelé à remplacer, à Lunéville, M.
Nicolas, qui demande sa retraite.
7 mai 1880
Par-arrêté de M. le préfet de Meurthe-et-Moselle, en date du 1er
avril, a-été nommée institutrice communale :
A Blâmont, Mlle Robert, institutrice à Lebeuville, en
remplacement de Mme Bastien, Soeur Eudoxie.
Enfin, un arrêté du 7 avril nomme directrice de salles d'asile :
A Blâmont, Mlle Noirel, directrice d'asile à Bayon;
Le 1er mai, la gendarmerie a dressé procès-verbal contre deux
habitants d'Amenoncourt, qui n'avaient pas voulu prêter leur
aide pour éteindre un incendie.
Le 1er mai, à Leintrey, le feu s'est déclaré dans une forêt
appartenant à M. Morlot, marchand de bois à Nancy, et y a causé
des dégâts pour une somme de 500 fr.
25 mai 1880
Le 20 mai, à Xousse, le nommé Veltin, âgé de 45 ans, coquetier,
est tombé accidentellement sous les roues de sa voiture, qui lui
ont passé sur le corps ; les blessures qu'il a reçues, quoique
sans gravité, l'obligent à un repos d'environ 3 semaines ou un
mois avant de pouvoir reprendre son travail.
10 juin 1880
Un incendie, dont la cause est restée inconnue, vient de
détruire une maison et le mobilier qu'elle contenait,
appartenant au sieur Antoine Louis, maçon à Montreux.
14 juin 1880
La foudre est tombée sur la gare de Deutsch-Avricourt et sur une
ferme aux environs de Gogney et a causé un commencement
d'incendie.
22 juin 1880
Un autre orage s'est abattu sur Emberménil, Leintrey, y noyant
les champs.
16 juillet 1880
On nous écrit de Blâmont, le. 14 juillet :
« Monsieur le Rédacteur,
» Notre petite ville de. Blâmont a eu dans la soirée du 14
juillet sa petite représentation radicale; la retraite aux
flambeaux, exécutée par le corps des pompiers de la ville, était
accompagnée de cris ressemblant à des hurlements accentués par
les : A bas les Jésuites ! qui se faisaient surtout entendre
en-face des maisons habitées par des personnes peu favorables
aux proscriptions actuelles; mais ce qui met le comble à
ces-scènes de désordres et leur donne une couleur sinistre,
c'est cette devise inscrite en lettres de feu sur la façade de
l'usine à gaz de la ville : « L'union fait la force. - Expulsion
des traîtres à la patrie. »
» Agréez, etc»
18 juillet 1880
« Monsieur le Rédacteur,
« La ville de Blâmont toute entière, sans exception de parti,
est encore sous le coup de l'émotion que lui a causée la
sinistre devise illuminée au-dessus de l'usine à gaz de la ville
pendant la soirée du 14.
» Malgré la réprobation universelle qu'elle a soulevée et une
protestation adressée à la mairie par M. Squivet, propriétaire,
M. le maire de Blâmont a déclaré qu'il n'y avait pas lieu de
donner suite à la requête qui lui était adressée et aujourd'hui
17, alors que toute apparence de fête a disparu de la ville, la
population du lieu et des environs peut encore lire
l'inscription incendiaire.
« La responsabilité de cet acte inqualifiable ne reposait
d'abord que sur un seul homme qui a pu se tromper sur la portée
de la pensée qu'il exprimait. Aujourd'hui elle reposé toute;
entière sur le maire de Blâmont, qui en répondra devant
l'opinion publique.
« Agréez, etc. »
16 septembre 1880
Le 14 septembre, à sept heures du matin, un jeune homme d'Emberménil
se disposait à couper un fût qui avait contenu du pétrole. Il
eut la malencontreuse idée d'approcher de la bonde un papier
enflammé. Une explosion se produisit. Des éclats de douves
furent projetés à plus de 50 mètres. Le jeune homme à été blessé
à la joue, mais peu grièvement.
26 septembre 1880
On nous écrit d'Ancerviller le 21 septembre :
« Un incident très-grave vient de se produire dans la paroisse.
Dimanche dernier, pendant les vêpres, un jeune libertin de 18
ans, d'une audace impudente et sans doute excité par les vapeurs
du yin, faisait retentir le saint lieu des clameurs les plus
horribles. Faisant semblant de s'unir au chant pieux des
fidèles, il le prolongeait indéfiniment, en sorte que ce n'était
plus qu'une affreuse confusion. Cet acte scandaleux a soulevé
une indignation générale parmi les assistants ; mais pas un, il
faut le dire à leur honte, n'a eu le courage de chasser du
temple le profanateur.
» Ni les avertissements, ni les regards ne paraissaient le
troubler ; il n'en devenait au contraire que plus hardi.
» Notre vénérable curé fut, obligé d'interrompre.
» Espérons que la justice saura arrêter le coupable et le punir.
»
Une chose nous étonne plus encore que l'audace de celui-ci :
c‘est la placidité des fidèles d'Ancerviiler. Quoi ! il ne s'est
pas trouvé dans la paroisse un poignet assez solide pour mettre
le drôle dehors par les, oreilles. Cette terreur générale des
assistants nous afflige. Si les braves gens étaient plus
décidés, les galopins seraient moins hardis.
Nous ne comprendrons jamais qu'un drôle de 18 ans ait le don
d'en imposer à une assemblée de chrétiens. La police de l'église
appartient au curé ; c'est aux fidèles de l'aider à la faire.
30 septembre 1880
Mardi, à 10 heures du matin, M. l'abbé Haudeville, membre du
Chapitre, a succombé à la maladie qui depuis un an inspirait à
ses amis de si vives inquiétudes.
Les obsèques du vénérable chanoine ont lieu aujourd'hui jeudi, à
9 heures, à la Cathédrale.
Après le Service son corps sera transféré à Salonnes, dans la
sépulture de sa famille.
M. l'abbé Haudeville sera regretté des nombreux amis qui l'ont
connu vicaire à Gondreville, directeur de l'Institut des Frères
établi à Nevers, principal du Collège de Blâmont, curé d'Amance,
aumônier de l'hospice Saint-Julien, aumônier de l'hôpital
militaire de Nancy et enfin chanoine titulaire de la Cathédrale.
16 octobre 1880
On écrit de Nonhigny, que le sieur Prosper Gondexon,
propriétaire audit lieu, en chargeant une pierre, a eu la jambe
droite fracturée.
M. le docteur de Mirebeck, qui lui a donné les premiers soins,
estime que cette fracture lui occasionnera une incapacité de
travail d'au moins trois mois.
18 octobre 1880
Les incendies continuent à sévir de plus belle. Pour la seule
journée du 11, on en signale quatre dans le département : [...]
A Herbéviller, M. Coster, marchand épicier, a vu sa maison en
partie détruite. Pertes, 16,000 fr. Il y a assurance.
11 novembre 1880
Avricourt. - On écrit à la Gazette de Lorraine, le 2 novembre :
« Ces jours derniers, des personnes mal intentionnées ont
pénétré dans la sacristie d'Avricourt, ont ouvert une armoire,
out pris le drap mortuaire et l'ont mouillé entièrement. Il a
fallu se servir d'un autre drap de circonstance pour le
catafalque, érigé aujourd'hui en l'honneur des trépassés. Les
auteurs de cette mauvaise action n'y voient peut-être qu'une
farce ; il n'est pas superflu de les avertir qu'ils ont encouru
jusqu'à 400 marcs d'amende et six mois de prison (Code pénal,
art. 262). »
17 novembre 1880
Samedi, on a apporté à la préfecture de Meurthe-et-Moselle, deux
loups tués quelques jours auparavant dans une battue organisée
par le lieutenant de louveterie, dans la forêt d'Herbéviller.
1er décembre 1880
Incendie dont la cause est resté inconnue, d'un moulin, du
mobilier; des récoltes et marchandises qu'il contenait,
appartenant, le bâtiment au sieur Lemoine, Albert, propriétaire
à Herbéviller, et les autres effets, au sieur Schertz, Joseph,
son locataire audit lieu. Pertes approximatives, 19,000 francs.
Pertes assurées, 23,500 fr.
3 décembre 1880
Mercredi dernier, dit le Courrier, la jeune Zélie Damas, âgée de
12 ans, demeurant chez ses parents à Leintrey, en mettant ses
pommes de terre dans une marmite suspendue à la crémaillère, a
dû s'approcher trop près du feu qui s'est communiqué à ses
vêtements. Son père, accouru à ses cris, et deux voisins sont
arrivés alors qu'elle était tout entourée de flammes ; ils ont
pu néanmoins éteindre le feu avec de l'eau et du fumier ; mais
la pauvre enfant a le corps, et surtout l'estomac et la gorge,
couvert de brûlures graves. Cependant on espère la sauver.
Le 25, vol à Leintrey, du contenu d'une ruche appartenant à M.
Fricot.
5 décembre 1880
Le nommé Jean-Baptiste Henriquel, âgé de 52 ans, cordonnier,
domicilié à Blâmont, vient d'être condamné par le tribunal de
Lunéville, pour chasse sans permis avec lacets, dans la forêt de
Domevre, à deux mois de prison, cent francs d‘amende et aux
frais liquidés à 22 fr. 54 c.
Mme Vouriot, de Gondrexon, a été grièvement brûlée par de
l'essence de pétrole, qu'elle voulait verser dans une lampe
allumée. - Quand donc remplira-t-on les lampes, de pétrole avant
de les allumer ?
9 décembre 1880
Tentative d'assassinat à Saint-Martin.
Le 4 décembre, une journalière de Croismare, nommée Marguerite
Beau, âgée de vingt et un ans, se rendit à Saint-Martin (canton
de Blâmont), où elle avait une tante, la veuve Voinot, brave
femme de soixante-douze ans, qui l'accueillit avec
bienveillance.
Il était trois heures de l'après-midi quand elle arriva. Elle
dit à sa tante qu'elle avait l'intention d'aller jusqu'à
Avricourt où se trouvait une de ses amies qu'elle désirait voir.
Mais comme il était déjà tard, elle lui demanda de passer la
nuit dans sa maison. La veuve Voinot qui était pauvre et mal
logée accueillit cependant la demande de sa nièce et lui offrit
l'hospitalité. Elle prépara à souper ; les deux parentes
causèrent de choses et d'autres et, le soir venu, elles allèrent
se coucher toutes les deux dans le même lit. Quelques heures
après, Marguerite Beau qui avait formé un projet sinistre se
leva sans bruit, chercha dans l'obscurité un fichu qu'elle avait
apporté avec elle et aussitôt qu'elle l'eut trouvé revint près
du lit où dormait sa vieille tante. Elle explora à tâtons le
chevet du lit, chercha la tête de la pauvre femme et essaya de
lui glisser autour du cou le fichu avec lequel elle voulait
l'étrangler.
La vieille femme, réveillée par ce mouvement, demanda à sa nièce
ce qu'elle avait. Celle-ci lui répondit avec un affreux cynisme
: « Je vais te mettre un médaillon au cou, » et, en même temps,
réunissant les deux extrémités du foulard, elle serra de toutes
ses forces pour étrangler la malheureuse. La vieille femme
poussa des gémissements et se débattit. Sa nièce, craignant que
le bruit ne fût entendu, tira sa victime avec violence, la jeta
hors du lit et la traîna par le cou, dans la chambre, en lui
frappant la tête sur le sol.
Elle l'emmena ainsi jusque dans la cuisine et là, voyant que la
malheureuse femme vivait encore et pensant qu'elle ne pourrait
l'étouffer assez vite au moyen du fichu, elle se mit à genoux
sur la poitrine de sa victime, et lui serra le cou avec ses
mains en disant : « Il faut que tu y passes et que je te tue
aujourd'hui. » La veuve Voinot, retrouvant des forces dans son
désespoir se débattit avec énergie contre son assassin et put se
dégager.
L'obscurité était profonde, c'est à cette circonstance qu'elle
dut de pouvoir se sauver. Pendant que Marguerite Beau, affolée
par le crime et perdue dans les ténèbres, cherchait à ressaisir
la victime qui venait de lui échapper, celle-ci eut assez de
sang-froid pour se glisser sans bruit vers une porte que sa
nièce ne connaissait pas ; elle l'ouvrit et traversant l'écurie,
elle alla appeler du secours chez les voisins. Pendant ce temps
la fille Beau avait trouvé une allumette, l'avait enflammée, et
à sa lumière s'était rendu compte de l'endroit par où sa tante
s'était enfuie.
Elle s'élança vers l'écurie, pensant pouvoir rejoindre sa
victime, mais celle-ci était en sûreté ; les voisins qu'elle
avait appelés s'apprêtaient à sortir de leurs maisons. En
entendant ces bruits, la fille Beau songea à se cacher ; elle
monta dans un grenier, se dissimula sous un tas de regain, mais
ses précautions furent inutiles : quelques minutes après, les
voisins la découvrirent dans sa cachette et l'arrêtèrent.
Interrogée, elle a fait des aveux complets et a déclaré que,
soupçonnant sa tante d'avoir de l'argent caché, elle avait
résolu son crime pour s'en emparer. Elle a été conduite à la
maison d'arrêt de Lunéville. Mme Voinot, dont l'état est
très-grave, porte autour du cou de nombreuses meurtrissures et
des traces bleuâtres, indices de la strangulation; elle a aussi
plusieurs contusions à la figure et sur le crâne. (Progrès.)
15 décembre 1880
Le 10 courant, vers une heure de l'après-midi, les nommés, Jules
Wittmaye et Frédéric Weidig, tous deux âgés, de 20 ans et
originaires de Francfort, soldat au 25e régiment d'infanterie
prussienne à Strasbourg, se sont présentés à la gendarmerie de
Blâmont, déclarant qu'ils avaient déserté le corps, le 8, à 3
heures et demie du matin. Ils ont été mis en état,
d'arrestation.
29 décembre 1880
Dimanche vers 8 heures 1/2 du soir, le feu éclatait à Verdenal
dans deux maisons différentes. L'une isolée, habitée par M.
Marchand, boulanger, et située à l'extrémité du village ;
l'autre habitée par son beau-père, entassée au milieu du village
et contiguë à l'église.
Fort heureusement l'on a pu très-vite éteindre ce dernier
incendie, la maison de M. Marchand a été complètement consumée,
le mobilier seul à pu être sauvé ; les pompiers de Blâmont, d'Autrepierre
et de Domévre accourus pour prêter secours ont été impuissants à
arrêter les progrès du feu. |