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Documents sur Blâmont (54) et le Blâmontois

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Journal - La Presse du jour

 

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Presse - L'Espérance, courrier de Nancy - 1867
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26 février 1867
Une épidémie de rougeole sévit en ce moment sur la population d'Amenoncourt ; elle est vivement combattue par M. Mayeur, médecin cantonal à Blâmont. Plus de quarante jeunes filles ou enfants sont atteints ; sept malades seulement ont succombé.


13 avril 1867
On nous écrit de Blâmont que la Société Sainte-Cécile, organisée en cette ville depuis trois mois, va déjà donner son premier concert le lundi de Pâques. Quelques artistes étrangers viennent prêter leur concours à la jeune Société, et pour donner plus d'attrait à cette petite fête, les amateurs du théâtre se disposent à jouer un des meilleurs vaudevilles de M. de Saint-Remy.


21 mai 1867
On nous écrit de Blâmont :
« Monsieur le Rédacteur,
» Non loin de la station du chemin de fer d'Avricourt, sur un plateau dominant les environs, s'élève le village d'Igney, avec son église à flèche élancée, petit monument moderne, qui se recommande extérieurement à l'attention publique par d'assez belles proportions. Notre curiosité en traversant cette commune a été attirée par le désir de voir deux des quatre fenêtres du choeur de cette église transformées tout récemment, nous avait-on dit, en deux verrières de bon goût.
» L'artiste, M. Leclerc, jeune Nancéien plein de talent et d'avenir, a choisi deux sujets parfaitement appropriés à leur destination : la fenêtre de gauche, celle du côté de l'Evangile, représente la Sainte Famille ; et, au-dessus, on aperçoit le Sauveur du monde sortant d'un nuage : ce dessin paraît bien exécuté, les nuances et les draperies sont agencées avec goût, l'expression des figures est bonne ; seulement, l'Enfant Jésus, qui se trouve entre saint Joseph et la sainte Vierge, parait beaucoup trop grand; les proportions laissent peut-être, sous ce rapport, à désirer. La fenêtre de droite, celle du côté de l‘Epitre, représente saint Martin à cheval, coupant son manteau pour le partager avec le pauvre dont parle l'histoire. Le vieillard qui se présente à saint Martin est bien placé ; seulement l'exécution de la figure n'est pas irréprochable. Dans le fond du tableau, l'artiste a représenté l'hiver, et son effet de neige parait bien réussi.
» Somme toute, il y a du goût dans ces deux compositions, il y a de la vie et de la vérité ; les nuances sont bien disposées et les personnages bien posés! Honneur à un jeune artiste, chrétien avant tout, et dont les débuts dans la peinture sur verre sont des-plus heureux ! Honneur aux habitants d'Igney, dont les généreuses inspirations sont couronnées de succès ! Honneur enfin au digne et dévoué prêtre, M. l'abbé Harrouard,curé desservant de Repaix et d'Igney, qui a su si habilement tirer parti des dons pieux de ses ouailles ! Courage ! il y a encore à faire, on ne voudra pas- s'arrêter en si beau chemin ; les autres fenêtres sont encore à exécuter.
» Un préjugé a régné longtemps dans les esprits, et il n'est pas encore aujourd'hui complètement déraciné ; on a regardé la peinture sur verre comme le produit de procédés occultes, perdus actuellement. Il n'en est rien : les procédés de la peinture vitrifiée n'ont jamais été secrets ni perdus. Ce préjugé a pris naissance probablement dans l'abandon déplorable où on laissa cette partie importante de l'art pendant plus d'un siècle. L'Allemagne, plus fidèle que la France aux vieilles traditions artistiques du moyen-âge, n'a jamais cessé de fabriquer des vitraux de couleur. Depuis quelques années cependant, l'essor chez nous est donné, et l'on en revient à cette partie de l'art jusqu'alors tombée en désuétude, et qui ajoute pourtant beaucoup aux magnifiques monuments élevés par la foi chrétienne.
» Avant de sortir du choeur de l'église d'Igney, nous avons encore regardé avec respect la couronne en bois doré qui surmonte le maitre-autel ; cette couronne destinée à orner autrefois, dit-on, la chambre à coucher du bon roi Stanislas, a été enlevée, avant la Révolution, du château d'Igney où le bienfaisant monarque avait une habitation qui servait de rendez-vous de chasse. Cette habitation, on se le rappelle, a été la proie des flammes à la fin de l'été 1865. Elle renfermait autrefois une pièce entièrement revêtue de panneaux de faïence fabriqués à Lunéville; ces matériaux ont été vendus et enlevés sans respect pour le culte des souvenirs ?
» Agréez, etc. » STANISLAS THOMAS.


23 mai 1867
Le sieur Joseph Masson, âgé de 55 ans, marchand de poissons à Blâmont, s'est tué d'un coup de pistolet, dont il avait placé le canon dans son oreille droite.


8 juin 1867
Le jeune Perrin, d'Autrepierre, revenant lundi avec sa voiture du marché de Badonviller, perdit, entre Barbas et Blâmont, un porte-monnaie tout neuf renfermant, en diverses pièces d'or et d'argent, la somme de 348 fr. Cette bourse fut ramassée et remise à la mère du jeune homme par M. Nicolas Harchair, honnête et laborieux cultivateur de Barbas, lequel ne voulut accepter aucune espèce de récompense. C'est là un trait qui mérite d'être publié.


20 juillet 1867
Le sieur Joseph-Nicolas Lhôte, âgé de 52 ans, cultivateur à Nonhigny, a été écrasé sous les roues de sa voiture, par suite de l'imprudence d'un autre conducteur de véhicule, qui l'a renversé en voulant le dépasser, sur la roule impériale, près de Marainviller. Procès-verbal à été dressé par la gendarmerie contre l'auteur de cet accident, qui, après avoir vainement essayé d'en prévenir les suites, avait pris la fuite en menaçant de frapper de son fouet le fils de la victime.


25 novembre 1867
Le dimanche 17 novembre c'était fête à Xousse. A l'issue des vêpres, en présence d'un grand concours de fidèles, M. Marcel, curé du lieu, assisté de plusieurs ecclésiastiques, a béni solennellement le chemin de croix donné par M. Claude (Auguste), rentier à Lunéville. Déjà l'église de Xousse possède une superbe statue de Vierge immaculée, offerte par Mme Claude à la congrégation, des demoiselles.
Ajoutons que le grand oncle de ces généreux donateurs, M. Maximilien Thouvenin, a fondé un Bureau de bienfaisance dans la même localité.


7 décembre 1867
La crainte d'une correction paternelle vient de déterminer au suicide un enfant de 13 ans, Victor Goujet, fils d'un manoeuvre de Domjevin. On a retiré son cadavre de la Vezouze.


15 décembre 1867
On nous transmet quelques détails bien touchants sur la translation du corps de M. l'abbé Kientzi à Frémonville, où il a été inhumé dans un
caveau de famille. Ils sont trop édifiants et ils honorent trop les habitants de Barbonville et de Frémonville pour les passer sous silence.
Après le service célébré à Barbonville où était mort M. Kientzi, la paroisse toute entière fit cortège à son cher pasteur qui la quittait pour toujours. Dix-neuf voitures, dont plusieurs à quatre chevaux, suivirent le corbillard improvisé. Sans craindre ni le froid ni la neige, les paroissiens, partie en voiture, partie à pied, les bannières déployées, accompagnèrent le bien-aimé défunt jusqu'à la gare de Blainville. Plusieurs femmes de Damelevières, village voisin de la gare, se tenaient à genoux dans la neige en voyant passer le funèbre cortège. Une partie des hommes voulurent poursuivre leur voyage jusqu'à Frémonville, malgré une distance de plus de 10 lieues ; les autres attendirent
pendant une heure l'arrivée du train. Lorsqu'on fut obligé de se séparer, ce fut une explosion de cris déchirants, de sanglots de tout un peuple. Les étrangers, témoins d'un pareil spectacle, ne pouvaient retenir leurs larmes.
Le corps fut reçu par la paroisse de Frémonville, venue en procession à sa rencontre ; il fut ensuite déposé dans la Chapelle pour y passer la nuit. Par raison de prudence on voulait en fermer les portes. Mais les hommes de Barbonville s'y opposèrent en disant : Nous l'avons gardé jusqu'à présent, nous le garderons jusqu'au bout.
On s'était demandé comment on ferait pour loger les cinquante-trois personnes de la suite du corps. Mais les habitants de Frémonville se les
partagèrent spontanément ; même on n'en eut pas assez pour contenter tout le monde ; le soir, plusieurs vinrent se plaindre chez M. le curé de n'avoir personne à loger. On fut obligé pour les satisfaire de reprendre à ceux qui en avaient le plus pour donner à ceux qui en manquaient.
C'était vraiment l'hospitalité du temps patriarchal.
Le lendemain, avant de descendre le corps dans le caveau, les hommes de Barbonville se rangèrent en demi-cercle amour des deux prêtres qui faisaient partie du cortège. La paroisse entière de Frémonville les entourait en demi-cercle plus étendu. Alors ces paroles furent prononcées :
« Messieurs, nous sommes venus, à la tête de cette nombreuse députation de Barbonville, rendre les derniers devoirs à notre bien-aimé pasteur. Toute la paroisse aurait voulu nous suivre ; ceux qui sont restés sont en pleurs aussi bien que nous. Nous sommes venus vous raconter le bien considérable qu'il a opéré au milieu de nous en si peu de temps. Nous attestons qu'il était un prêtre selon le coeur de Dieu. Voici cinq jours que nous gardons son corps. Il nous appartenait, il ne devait point nous quitter, mais en vous l'amenant nous avons obéi à ses dernières volontés, et nous avons voulu consoler une mère désolée d'avoir perdu un fils aussi excellent. Nous vous remercions des honneurs que vous avez rendus à notre bien-aimé pasteur, et de la cordiale hospitalité avec laquelle vous nous avez accueillis. Désormais Frémonville et Barbonville seront unis dans le souvenir de notre bon curé. Maintenant, ô pasteur tant regretté, obtenez-nous de Jésus-Christ un successeur qui vous ressemble et qui continue vos oeuvres. Adieu jusqu'à l'Eternité. »
Quand ces hommes de Barbonville jetaient de l'eau bénite sur le caveau renfermant le corps de leur curé, on les entendait murmurer ces mots si simples et si touchants : Adieu, M.le curé.
C'est un triomphe pour la religion, c'est une consolation pour les prêtres, c'est une édification pour les peuples.


27 décembre 1867
Dimanche dernier un nouvel incendie a détruit deux maisons à Herbéviller.


29 décembre 1867
Nous avons annoncé qu'un incendie venait de détruire, à Herbéviller, deux maisons, ainsi que le mobilier qu'elle contenaient. Les propriétaires
étaient, le sieur. Ferry et la veuve Prégaldin. Les pompiers de la commune, aidés par ceux de Saint-Martin, de Domjevin, de Fréménil et d'Ogéviller, ont dû travailler pendant quatre heures, pour étouffer les flammes. La perte est évaluée à 5,550 fr., dont 2,500 fr. au compte.de l'assurance.

 

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