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Documents sur Blâmont (54) et le Blâmontois

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Presse - L'Espérance, courrier de Nancy - 1881
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5 février 1881
On vient d'arrêter à Blâmont deux jeunes filles de la ville, qui, excitées, dit-on, par leurs familles se livraient à l'industrie du vol. On estime à 800 fr. les sommes qu'en trois fois et depuis trois semaines, elles auraient enlevées à M. Grandemange, épicier.


7 février 1881
L'habileté si connue du commissariat de police de la gare française d'Avricourt, s'est montrée, de nouveau vendredi soir par l'arrestation d'un jeune employé de banque de Carlsruhe qui fuyait sur Paris, emportant 12,000 marks, volés à ses patrons.


11 février 1881
M. l'abbé Nicolas-Claude Gascon, ancien curé de Verdenal et retiré du saint ministère depuis 1874, a rendu son âme à Dieu, le 27 janvier. Il venait d'avoir quatre-vingts ans.
Né à Domêvre-sur-Vezouze, le 17 janvier 1801, d'une famille honorable et chrétienne, séminariste fort édifiant et mortifié, M. l'abbé Gascon devint aussitôt après son ordination sacerdotale, en février 1825, administrateur de Flavigny; puis curé de Moriviller. Là il parvint, à forces d'épargnes et de pieuses industries, à ajouter la somme, énorme pour lui, de dix mille francs aux dix mille déjà offerts par la paroisse et à rebâtir l'église en ruines. Après 25 ans de ministère à Moriviller, l'autorité ecclésiastique le rapprochant de son village natal lui confia la paroisse importante de Frémonville le 25 avril 1850. En 1859 il la quitta, au milieu d'unanimes regrets, accédant aux désirs d'un ami, qui l'invitait à gérer l'économat du collège de Blâmont.
Des circonstances diverses le firent changer de poste. Le 22 février 1862, en même temps qu'il restait économe, il devint curé de Chazelles. Le 1er janvier 1863, il rentra tout à fait dans le ministère paroissial, niais ne fit guère que passer à Agincourt. De nouveau, dans la même année, le 16 août 1863, il reprenait ses fonctions au collège et aussi celles de curé de Verdenal.
Cependant l'âge avancé ne lui permettant plus de mener de front deux administrations, il opta pour le ministère, et voulut terminer sa vie ecclésiastique comme il l'avait commencée: Uniquement curé de Verdenal, le 1er octobre 1865, il entreprit et conduisit à bonne fin la reconstruction du presbytère. Après quoi, ressentant les fatigues de l'âge, il se retira à Domêvre-sur-Vezouze, le 1er octobre 1874, dans la maison paternelle pour se préparer à la mort, comme il disait.
« Ses funérailles ont été édifiantes : M. le curé-doyen de Blâmont a voulu venir rendre les derniers honneurs à ce bon prêtre et a ému toute l'assistance en parlant de cette piété et de cette dignité
dont les paroissiens de Domèvre étaient les témoins depuis plusieurs années. » *
M. Gascon était membre de l'Association des prières. (Extrait de la Semaine religieuse.}


19 février 1881
M. Lévy, âgé de 81 ans, demeurant à Blâmont, s'est tué en se jetant par la fenêtre de sa chambre : la mort a été instantanée. C'est sans doute dans un accès de fièvre, que M. Lévy, malade depuis longtemps, s'est donné la mort ; il avait profité de la très-courte absence d'un de ses voisins, venu chez lui sur sa prière, afin de le veiller. (Id.)


27 février 1881
On signale d'Herbéviller la mort de Mme Hachair, âgée de 85 ans, propriétaire en cette commune, tombée accidentellement dans la rivière la
Verdurette, sur le territoire d'Ogéviller : cette personne ne jouissait pas de la plénitude de ses facultés.


13 mars 1881
On écrit de Blâmont à la Meurthe :
« Mardi dernier, un incendie a éclaté à 9 heures du matin, au domicile de M. François Malo, vannier à Ogéviller. Le corps de logis où le feu a pris a été détruit. Grâce aux secours apportés par les pompiers et les habitants de la commune qui sont arrivés en toute hâte sur les lieux, on a pu garantir les engrangements et écuries dépendant de ladite maison. Les pertes seront couvertes en partie par la compagnie d'Assurances générales.
» Les pertes occasionnées aux objets mobiliers et marchandises du sieur Auguste Monzein, cordonnier, locataire, seront couvertes par la compagnie l'Union.
» La cause est attribuée à un vice de construction. »


6 avril 1881
On écrit de Blâmont :
«Le 2 courant, vers 3 heures 3/4 du soir, la grêle a tombé pendant environ dix minutes. Les grêlons étaient de la grosseur d'un oeuf de pigeon ; quelques vitres ont été brisées. »


12 avril 1881
On a volé chez la dame Helvig, journalière à Igney, un billet de banque de 1,000 fr. et une broche de toilette.
L'auteur de ce vol est activement recherché.


14 avril 1881
Un incendie accidentel s'est déclaré dans la maison de M. Maire, cordonnier à Halloville, détruisant une partie du mobilier et des récoltes qui
s'y trouvaient. Les voisins rapidement accourus purent, en peu de temps se rendre maîtres du feu. Les pertes s'élèvent à 7,900 fr. et sont couvertes par l'assurance.


28 avril 1881
Un autre commencement d'incendie a eu lieu chez M. Patout, tisserand à Domêvre, près Blâmont. Les pertes sont évaluées à 600 fr. environ.


8 mai 1881
Tous les journaux de Paris publient une dépêche de l'Agence Havas annonçant que « le principal du collège de Blâmont a pris la fuite en emportant la caisse de l'établissement. »
Nous lisons, d'autre part, dans le Journal de la Meurthe :
« Le Progrès qui consacrait ces jours derniers encore une grande colonne à des Congréganistes reconnus coupables par la justice, se donne bien garde de parler des mésaventures qui arrivent aux laïques.
» Nous nous étonnons, par exemple, que lui, si bien informé, ne souffle mot de M. Girardin, directeur du collège de Blâmont, qui s'est enfui, emportant la caisse de l'établissement.
» Ah! si c'était un malheureux Frère, il y a longtemps que le Progrès se serait empressé d'annoncer la bonne nouvelle. »


10 mai 1881
LA FIN D'UN COLLÈGE LAÏQUE.
On lit dans le Journal de Lunéville :
« Blâmont possédait un collège qui, pendant 30 ans, sous la direction du regretté M. l'abbé Marsal, remporta de nombreux et légitimes succès, et s'était acquis une réputation bien méritée.
» Après les évènements de 1870, cet établissement se trouvant libre, passa sous la direction d'un laïque,M. Gérardin, qui tenait une sorte d'école professionnelle en pays annexé. Nous ne croyons pas nous tromper en disant que tout marcha bien pendant les premiers temps, mais depuis quelques années, les choses changèrent d'aspect et, comme résultat, dans la nuit de jeudi de la semaine dernere, M. Gérardin prenait la fuite. Le samedi, M. Barthélemy, adjoint, recevait une lettre dont voici le résumé : « Je pars pour Paris avec 100 francs, j'ai lutté tant que j'ai pu, mais il m'est impossible de continuer. »
» On comprend l'émotion qui, à la suite de cette nouvelle se répandit dans la ville, d'autant plus que si l'on en croit le bruit qui court, M. Gérardin devrait plus de 12,000 fr. rien qu'à ses fournisseurs de Blâmont.
» Les frères et amis l'ont donc bien mal soutenu ?
» Ce qu'on trouve de singulier dans cette fuite, c'est que M. Gérardin ne l'ait pas effectuée pendant les vacances de Pâques, mais qu'il ait attendu la rentrée, moment auquel il est d'usage de payer d'avance un trimestre de la pension. S'il y a eu de l'argent touché, qu'est-il devenu ?
» Les élèves ont dû regagner leurs familles et se disperser dans d'autres établissements.
» On dit que M. Gérardin ne sera pas remplacé et que l'administration veut faire des démarches pour obtenir une petite garnison.
» L'Eclaireur, qui a tant de bonheur à raconter des histoires de Congréganistes, garde le silence le plus complet sur une aventure dont l'un des siens est le héros. »


12 mai 1881
M. Dedenon, cultivateur à Autrepierre, passait à Cirey conduisant une voiture chargée de planches; il voulut monter sur un des chevaux attelés à la voiture, mais, dit le Progrès, ayant mal calculé son élan, il tomba à terre, et la voiture lui passa sur les jambes. Il fût immédiatement transporté dans un hôtel voisin où M. le docteur Mayeur de Blâmont, et M. Martin, médecin à Cirey, lui donnèrent les premiers soins. Les blessures de M. Dedenon sont assez graves : il a la jambe droite fracturée et la main droite fortement contusionnée.


22 mai 1881
50 ares de forêts environ, appartenant à M. Fiel, propriétaire à Ancerviller, ont été incendiés par deux jeunes enfants, qui avaient commis l‘imprudence d'allumer du feu. Les pertes sont d'environ 200 fr.; il n'y a pas assurance.


26 mai 1881
Pompiers républicains. - Par décret en date du 16 mai courant, le sieur Boulanger, sous-lieutenant, commandant la subdivision de sapeurs-
pompiers de Frémonville a été révoqué de ses fonctions pour avoir pris part à une manifestation anti-républicaine, lors des élections municipales qui ont eu lieu dans cette commune.
C'est pousser un peu loin la vénération à l'égard de la République que de révoquer des hommes qui en définitive ne sont pas enrégimentée et exercent un métier qui n'est exempt ni de fatigues ni de dangers.
Dorénavant, les fonctionnaires chez lesquels un incendie se déclarera, devront s'assurer tout d‘abord, sous peine de révocation, que les pompiers qui leur portent secours sont des pompiers républicains.
Le pompier légendaire du 16 mai est dépassé.


9 juin 1881
Un accident du même genre est arrivé entre Marainviller et Emberménil. Un jeune homme de 20 ans, nommé Masson, avait pris le train 46
partant d'Avricourt à 10 h. 25, arrivant à Nancy à minuit 22. Comme ce train ne s'arrête pas à Emberménil, Je malheureux, pour ne pas aller
jusqu'à Lunéville, a sauté sur la voie entre cette station et celle de Marainviller, à la hauteur de La Chapelle-aux-Bois, commune où il est domicilié. On a trouvé son cadavre au kilomètre 396.


15 juin 1881
Six garnements de Blâmont, six jeunes gens de 18 ans appartenant à des familles fort tranquilles, ont assailli un pauvre diable et lui ont donné un coup de couteau, qui met sa vie en danger. On se perd en conjectures sur cette sauvage agression.


5 juillet 1881
Jeudi vers 4 h. du matin, un incendie s'est déclaré dans la buanderie d'une maison occupée par le café du Commerce, à Blâmont.
Cé n'est que vers 6 h. 1/2 que les pompiers furent complètement maîtres du feu. Les dégâts relativement considérables sont couverts par l'assurance.


9 juillet 1881
Le nommé Jean-Baptiste Kalsch, âgé de 43 ans, jardinier, demeurant à Lambertsloch (Alsace-Lorraine), a été arrêté pour outrages et voies de fait envers la gendarmerie de Blâmont. Procès-verbal a été dressé contre lui.


26 août 1881
Avant-hier, vers 11 heures du matin, le nommé Joseph Holveck, âgé de 40 ans, journalier, demeurant rue des Quatre-Eglises, 17, qui conduisait une voiture chargée de veaux, pour le compte du sieur Mariette, commissionnaire à Blâmont, voulant, en passant près de la Cathédrale, s'asseoir sur la limonière, glissa et tomba sous les roues de gauche, qui lui passèrent sur le bas des deux jambes. Il a reçu les premiers soins de M. le docteur Sogniez, qui a constaté qu'il avait de fortes contusions aux jambes. Il fut transporté à l'hôpital Saint-Léon.


28 août 1881
On signale de Blâmont, le suicide du nommé Joseph Vouaux, âgé de 36 ans, qui s'est tiré un coup de fusil sous le menton. La mort a été instantanée.


5 septembre 1881
Un manoeuvre d'Emberménil, se trouvait dernièrement chez le sieur Noël pour l'aider à tourner sa machine à battre le blé, quand, en poussant des épis dans le cylindre, il fut saisi par l'engrenage qui lui prit la main droite, lui coupa l'index jusqu'à la deuxième phalange, et lui fendit le bout du pouce et de l'annulaire. Le docteur Curin de Lagarde (A. L.), a déclaré que cette blessure, due à l'imprudence, entraînait une
incapacité de travail de deux mois.


11 septembre 1881
Un incendie, dont la cause est inconnue, s'est déclaré le 6 du courant à Repaix et a détruit une maison d'habitation et les récoltes qu'elle contenait, appartenant au nommé Auguste Helmer, journalier à Repaix.
Les pertes causées par les flammes sont évaluées à 3,020 fr. dont 2,500 fr. seulement assurées.


17 septembre 1881
Un incendie dont la cause est accidentelle s'est déclaré, le 12 du courant, au domicile du nommé Joseph Dufour, vannier à Domjevin. Les pertes causées par les flammes s'élèvent à 7,500 francs et sont assurées.


21 septembre 1881
Dans la nuit du 7 septembre, vers deux heures du matin, une importante capture de contrebande a été faite par M. Weber, lieutenant dés
douanes à Vaucourt, qui, assisté d'une partie de la brigade de sa résidence, a attaqué une bande de dix contrebandiers, qui opérait depuis un certain temps dans la région. Trois cent soixante-cinq kiloq. de tabac et deux prisonniers, les sieurs Ruby et Duty, tel est le résultât dé cette affaire.


23 septembre 1881
Un individu, originaire d'Alsace-Lorraine, pris en flagrant délit de vol, a été arrêté à Ogéviller. Au moment d'entrer dans la caserne de Blâmont, il parvint à se débarrasser de ses entraves et à s'échapper. Les recherches faites pour le ressaisir ont été jusqu'à présent infructueuses.


1er octobre 1881
Blâmont. - La rentrée de l'école libre des Religieuses de la Doctrine chrétienne de Blâmont aura lieu le mardi 4 octobre, et celle des pensionnaires, le jeudi 6.
Les études comprennent toutes les matières nécessaires pour l'obtention des deux brevets.
Les trois aspirantes que ces Dames ont présentées aux examens de la session de juillet, ont toutes les trois, concouru avec succès.


11 octobre 1881
En dirigeant les manoeuvres d'un train de marchandises, l'aiguilleur d'Igney-Avricourt, M. Schmitt, a été tamponné par des wagons que refoulait une locomotive. Il a été renversé sur la voie ; mais, Comme heureusement il se trouvait
entre les deux rails, il n'a reçu que des contusions sans gravité.

M. LE CURÉ DE GOGNEY.
Nous trouvons dans la Semaine religieuse d'intéressants et édifiants détails sur la vie et les funérailles de M. l'abbé Munier-Pugin, curé de Gogney, dont nous avons annoncé la mort.
M. Munier-Pugin est né à Gerbéviller, en 1792, et fut baptisé par son père, les prêtres étant proscrits. Il entendit pour la première fois la voix de Dieu qui l'appelait au sacerdoce, le jour de sa première communion. Ordonné prêtre en 1816, il vint assister son oncle dans la cure de Fraimbois où il devait lui-même être curé. Les épreuves ne lui manquèrent pas. Placé successivement dans plusieurs paroisses, il eut à supporter partout les assauts de la persécution et les attaques de la calomnie. Sous ces coups multipliés, les forces du [jeune curé s'altérèrent, il dut retourner pour un temps dans sa famille demander au repos le calme et la santé
Ici nous laissons parler la Semaine qui, elle-même, résume le beau discours prononcé aux funérailles du vénéré prêtre, par M. le curé de Blâmont
« Bientôt M. l'abbé Munier-Pugin fut nommé curé dé Gogney, où le bon esprit, la docilité et l'amour filial des habitants devaient lui faire oublier les tristesses du passé, et où en retour le pasteur allait se dévouer au bien de tous. Comment dépeindre cette physionomie particulière, cette nature exceptionnellement vigoureuse, bravant les années et montrant encore, sous les cheveux blancs du nonagénaire, l'énergie du jeune homme ? Son regard pénétrant, sa voix vibrante et forte, son
geste aussi énergique que son coeur était bon, faisaient de lui un homme à part. Au moral, il excellait dans les deux vertus que Jésus commandait à ses disciples. A une grande prudence il joignait la simplicité de la colombe. Il fut toujours le prêtre digne, intègre, bienfaisant. Sa sobriété était extrême, sa générosité ne connut pas de bornes. Ils le prouvent bien, ces dons princiers qu'il fit aux bonnes oeuvres, surtout à la plus intéressante et la-plus menacée : l'OEuvre dés Séminaires. Et dans sa paroisse : cette église restaurée, cette tour qui s'élève fièrement dans la vallée, ces cloches qui portent au loin la joie ou la tristesse, ce cimetière si bien placé d'où les morts peuvent prêcher les vivants : tels sont les principaux fruits de son zêle et de sa charité. Mais si ces oeuvres publient sa charité, d'autres dévoilent sa foi et son amour des âmes : l'orateur les dépeint avec une saisissante émotion en le suivant dans l'exercice de son ministère.
Nous n'oublierons jamais le spectacle émouvant qui s'offrit à nos regards attendris à la peinture du bon pasteur donnant ses soins à tous : aux enfants, aux vieillards et surtout aux mourants. A tant de souvenirs évoqués, bien des larmes ont coulé, et la plupart, sans doute, cachaient un secret que les anges connaissent. C'est qu'il les aimait, ce bon vieillard, ceux qu'il appelait si bien ses enfants ! Il les aimait puisqu'à un âge si avancé, alors que tout l'invitait à prendre un repos si justement mérité, il veut rester jusqu'au bout au milieu de sa chère famille. Et quand on le pressait : Laissez-moi, disait-il, je n'en ai plus que pour quelque temps à vivre, je veux mourir ici. Et quelques jours avant sa mort, pour ne point être séparé de ceux qu'il aimait, il faisait préparer sa tombe derrière la porte du cimetière, disant avec cette bonhomie qui était le fond de son caractère : « Je veux être comme le mendiant qui tend la main aux portes : je mendierai une prière à ceux qui entrent et à ceux qui sortent. » Son dernier désir était rempli et quatre jours après il mourait avec le calme que donne aux justes l'espoir de la résurrection et de la gloire.
Les funérailles de ce bon prêtre eurent lieu le 1er octobre.
Des le matin, des parents, des amis, des prêtres surtout, quelques-uns venant de bien loin, accouraient nombreux pour rendre au défunt les derniers devoirs. Malgré les pressants travaux de la campagne, tous les habitants de la paroisse entouraient le cercueil. Les autorités avec leurs insignes ont voulu donner, par leur présence, un témoignage public de leur profonde vénération pour leur dévoué pasteur. C'est toujours un touchant spectacle que les funérailles du prêtre qui a su conquérir par ses enseignements, ses exemples et ses bienfaits, l'estime et la reconnaissance de ses paroissiens.
Après la levée du corps, le cortège funèbre parcourut les principales rues du village. On eut dit que le bon curé voulait une dernière fois revoir encore une à une les maisons de ses enfants pour les bénir : aussi reçut-il partout sur son passage ces témoignages sincères de douleur et de respect que le coeur seul sait inspirer.
La messe solennelle fut chantée par M. l'abbé Poirine, curé de Cirey, et l'éloge funèbre, nous j l'avons dit plus haut, prononcé par M. le curé de Blâmont.
M. l'abbé Munier-Pugin, doyen d'âge des curés du diocèse, était dans la 89e année de sa vie et la 65e de son sacerdoce.


17 octobre 1881
Les obsèques de M. le docteur Virlet, enlevé subitement à l'affection de sa famille, ont eu lieu samedi à Blâmont au milieu d'une affluence nombreuse et sympathique.

M. E. Marin, de Blâmont, chef d'escadrons au 8e hussards, secrétaire du Comité de cavalerie, a été par décret du 3 octobre, promu au grade de lieutenant-colonel au 13e dragons.


23 octobre 1881
Un incendie dont la cause est attribuée à la fermentation de regain rentré mal sec, a détruit les maisons de MM. Poussardin et Foisselle, propriétaires à Frémonville. Les pertes totales s'élèvent à 12,500 fr., et sont en partie couvertes par l'assurance.


6 décembre 1881
Dons au Musée lorrain. - [...] M. Ernest Euler, horloger à Blâmont, a offert une monnaie en or de l'empereur Justin.


8 décembre 1881
Dans l'après-midi du 2 décembre, on a trouvé dans un champ du territoire de Vého, le cadavre de M. Louis, âgé de 62 ans, propriétaire à ReilIon. Ce malheureux avait succombé à une attaque d'épilepsie.


14 décembre 1881
Une somme de 150 francs a été volée au préjudice de M. Cotel, aubergiste à Ancerviller, par une journalière de la commune.


20 décembre 1881
Nous avons raconté qu'à la suite d'une perquisition faite chez un employé du chemin de fer d'Igney Avricourt, domicilié à Lunéville, il avait été trouvé une certaine quantité de poudre de contrebande.
Poursuivi à la requête de l'administration des Douanes, Donati, qui a 29 ans, de service a comparu devant la police correctionnelle de Lunéville.
La valise saisie chez lui contenait 250 paquets de 1 hecto. Donati prétend qu'un inconnu l'a chargé, à Avricourt, d'emporter un paquet sans lui faire connaître ce qu'il renfermait, et qu'il lui avait simplement dit qu'il irait le prendre à son premier voyage à Lunéville.
Le tribunal n'ajoute pas foi à cette excuse, car il condamne Donati à 500 francs d'amende, 15 jours de prison, et fixe à 4 mois la durée de la contrainte par corps.

 

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