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Presse - L'Espérance, courrier de Nancy - 1889
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6 janvier 1889
Frémonville. - On nous écrit :
« A propos de l'incendie qui a eu lieu dernièrement à Frémonville, on a omis de signaler : 1° le courage d'un jeune homme, nommé Paulus, qui a été cause que l'incendie n'a pas fait plus de dégâts; 2° le dévouement de M. l'abbé George, curé de la paroisse, qui, malgré sa santé délicate, a toujours été au premier rang, et a su entraîner par son exemple toute cette population de Frémonville, si dévouée à son nouveau pasteur. Chacun son dû. »
(Un de vos lecteurs assidus.).


18 janvier 1889
Vols dans les églises.
Depuis une quinzaine de jours, la police a dû enregistrer plusieurs vols commis dans les églises de Nancy ou des environs. Ces vols sont dus, apparemment, à la même bande d'individus, et nous ne saurions trop recommander la prudence en ces longues nuits d'hiver.
En parcourant un vieux registre de l'année 1789, nous n'avons pas été peu surpris de trouver, à la même époque, une série considérable de vols dans les églises de Lorraine.
Ainsi, nous voyons des voleurs à Domèvre-sur-Vezouze, le 5 février 1789; le 7, à Saint-Clément ; le 8, à Azerailles, où ils ont enlevé tous les vases sacrés ; le 10, encore à Saint-Clément, cette fois chez le curé, dont le vicaire a été blessé de deux coups de feu.
Nous retrouvons la même bande insaisissable, le 11 février 1789 à Sainte-Marguerite, près de Saint-Dié ; le 12 à Fenneviller, où ils dépouillent entièrement l'église et le 15 encore à Saint-Clément; le 1er avril, les voleurs enlèvent tous les vases sacrés de Bénaménil et d'Ogéviller, puis essayent vainement de crocheter les portes de l'église de Domèvre ; le 13, on les retrouve à Réding, près de Sarrebourg, à Repaix et à Cirey.
La police n'a pu mettre la main sur ces audacieux voleurs, et les paroisses spoliées se comptent plus nombreuses encore dans le cours de cette année 1789. B.


26 janvier 1889
Deutsch-Avricourt. - D'une correspondance adressée de cette localité à la Strassburger Post, nous détachons le passage suivant :
« Depuis l'introduction de la mesure du passeport., la circulation est censément suspendue sur la route d'Igney à Avricourt.
Sous ce rapport, les commerçants de cette dernière localité sont particulièrement éprouvés. C'est ainsi que l'auberge « Zur Sophie », appartenant à un allemand immigré et où, l'année dernière, régnait beaucoup d'animation, est déserte et abandonnée, et si le propriétaire qui, autrefois, débitait plus de bière en un seul jour qu'il n'en débite actuellement en un mois, n'avait pas cherché de l'occupation ailleurs, l'établissement aurait pu être fermé depuis longtemps. M. Acker aussi, le restaurateur actif de la gare, a depuis longtemps diminué son personnel, et cependant il n'a pas d'occupation suffisante pour le peu de monde qu'il a conservé. »


29 janvier 1889
Gogney. - Les enfants de M. Vouaux, aiguyeur au chemin de fer, en jouant, ont renversé la lampe sur le plancher, et communiqué le feu au lit. On s'est hâté de remédier à l'accident, mais il y a eu pour 65 fr, de dégâts, en rideaux, tapis et linges brûlés.


1er février 1889
Blâmont. - Un inconnu a volé à Mlle Mangin, institutrice, 6 paniers de houille, estimés 8 fr.


14 février 1889
Blâmont. - Le nommé Magnier, maréchal-ferrant, inculpé de vol, a été arrêté pour rébellion envers la gendarmerie.


16 février 1889
Deux maisons sises à Xousse et appartenant à MM, Jean Thomas et Barthélemy ont été la proie des flammes. Le feu s'est déclaré chez M. Thomas et s'est étendu rapidement à la maison de son voisin. Les pertes s'élèvent à 11,600 fr. Elles sont en partie couvertes par une assurance.


8 mars 1889
Harbouey. - M. Bazin, cultivateur, en s'amusant à tirer à la cible avec son frère et un autre camarade, a reçu une blessure au genou, par l'effet d'une balle qui est venue l'atteindre, après un coup mal dirigé et parti subitement.


9 mars 1889
Coup de carabine. - MM. Eugène Bazin, âgé de 28 ans, Jules Bazin, son frère, âgé de 22 ans et Joseph Thouvenel âgé de 14 ans, domiciliés à Harbouey, s'amusaient à tirer à la cible avec une carabine Flobert. Ils avaient placé dans le jardin de Jules Bazin un pot en grès à moineau sur un échalas fiché en terre.
Jules Bazin tira le premier, le jeune Thouvenel prit ensuite l'arme. Eugène Bazin, craignant un accident et ne voulant pas que le jeune Thouvenel chargeât l'arme, lui la prit des mains. Il abaissa le canon vers le sol, introduisit la cartouche. Il relevait l'arme pour la remettre à Thouvenel lorsque le chien s'abattit et le projectile alla frapper son frère, placé à quelques pas de lui, un peu au-dessous du genou gauche.
Eugène Bazin, aidé par Thouvenel, transporta le blessé sur un lit. M. Hanriot, docteur en médecine à Blâmont, examina la blessure. Le projectile n'avait atteint que les chairs et 15 jours de repos suffiront à la cicatrisation de la blessure.


26 mars 1889
Incendie.- On écrit à l'Express :
« Dans la nuit du 22 au 23 mars, vers 2 heures du matin, un violent incendie à éclaté dans la maison de la veuve Thiry, de Frémonville. Il était de toute impossibilité d‘éteindre le feu, la fontaine la plus proche étant à 600 mètres au moins, et le quartier où se trouve la maison Thiry étant très élevé.
Tout a été brûlé de fond en comble, la maison Hanar située en dessous a été légèrement endommagée, quant à celle d'Aubry située au-dessus elle a été épargnée. Les pertes s'élèvent environ à 4,600 francs. C'est le troisième incendie qui éclate à Frémonville depuis quelques mois.
Il ne faut toutefois pas attribuer à la malveillance ces sinistres successifs.


31 mars 1889
Leintrey. - Une ménagère est inculpée d'avoir détourné une pièce de 20 fr., trouvée dans une rue à Lunéville.


19 avril 1889
Nonhigny. - Un inconnu a volé à M. Louis, tisserand, 15 chemises estimées 29 fr.

Don. - Mme veuve Mathis de Grandseille qui a déjà fait don au bureau de bienfaisance de Blâmont de la somme de 500 fr., à l'occasion de la mort de son mari, vient encore de remettre entre les mains du maire une somme de mille francs qui devront être versés à la caisse de l'hospice de cette ville en souvenir du vif intérêt que M. Mathis de Grandseille prenait à la prospérité de cet établissement hospitalier.


23 avril 1889
Victime. - Le nommé L'Huillier, Adolphe, manœuvre à Blâmont, était occupé samedi matin, 20 avril, à conduire un cheval attelé à un tombereau au bord de la Vezouze, quand en reculant le cheval et le tombereau sont tombés accidentellement dans la rivière qui était très profonde à cet endroit.
L'Huillier n'écoutant que son courage s'est jeté à l'eau pour porter secours au cheval quand, subitement pris d'une congestion (il venait de déjeuner), il n'a plus reparu à la surface.
Son fils qui travaillait près de lui a appelé au secours, et le cadavre du pauvre malheureux n'a pu être retiré qu'après une demi-heure de recherches. Le cheval plus heureux que le conducteur est sain et sauf. Tous les efforts faits pour rappeler L'Huillier à la vie ont été infructueux et le docteur Hanriot arrivé sur les lieux une demi-heure après l'accident n'a pu que constater le décès.
L'Huillier avait 52 ans. Il était estimé à Blâmont.


27 avril 1889
Montreux. - M. Calot, propriétaire, a porté plainte contre M. Verdenal, qui lui aurait volé un prunier et 4 cerisiers, estimés 22 fr., plantés dans une vigne voisine de celle qui appartient à l'inculpé. Le fait est, d'ailleurs, en grande partie avoué par M. Verdenal.


18 mai 1889
Domêvre-sur- Vezouse. - Dimanche soir, vers dix heures, le feu a pris dans un hangar situé à Domévre-sur-Vezouse, appartenant à M. Joseph Claude, dans le quartier appelé « l'Abbaye ».
Comme ce hangar était construit en bois, il était déjà la proie des flammes lorsque les pompiers sont arrivés : ils ont cependant travaillé à éteindre l'incendie, de peur qu'il ne communiquât aux maisons voisines.
Les pompiers d'Herbéviller, accourus aussi sur le lieu du sinistre, ont trouvé tout danger conjuré.
On ignore les causes de cet incendie.


12 juin 1889
Acte de probité. - Le jeune Victor Thirion, âgé de 6 ans, domicilié à Blâmont, venu à Nancy avec ses parents pour les fêtes de Pentecôte, a trouvé, rue des Quatre-Eglises, un porte-monnaie contenant 23 fr. 50, qu'il a remis entre les mains de la police où il est à la disposition du propriétaire. Cet acte de probité de la part d'un enfant de cet âge fait grand honneur à lui et à ses parents.


28 juin 1889
Herbéviller. - La veuve Hinzelin, 60 ans, s'est jetée par la fer être du 1er étage, et a été relevée mourante. Depuis 18 mois, elle était
atteinte d'aliénation mentale, et ne pouvait plus vivre avec ses enfants.


4 juillet 1889
Homme écrasé. - Le nommé Camail, domicilié à Leintrey, regagnait son domicile en suivant la voie du chemin de fer. Il venait d'Emberménil, où il avait un peu bu. Un train tamponna, le malheureux qui eut les deux jambes coupées et fut horriblement contusionné. Ce n'est que mardi matin, que des hommes travaillant à la voie trouvèrent le cadavre de Camail. On suppose que Camail a été tué par le train, 58 venant d'Igney, qui passe vers deux heures, à l'endroit où son corps a été relevé.


6 juillet 1889
Herbéviller. - Comme tous nos confrères, nous avons annoncé, sur les communications de la gendarmerie, que la veuve Hainzelin, qui ne jouissait pas, d'après cette version, de la plénitude de ses facultés mentales, s'était jetée par la fenêtre de son habitation et avait été relevée mourante.
Son gendre nous écrit à ce sujet :
« Herbéviller, le 4 juillet 1889.
» Monsieur le Rédacteur,
» Comme rectification d'un entrefilet inséré dans votre journal du vendredi 28 juin, au sujet de l'accident arrivé à Mme veuve Hainzelin, d'Herbéviller, je viens vous prier d‘insérer cette lettre dans votre journal de dimanche prochain.
» Mme Hainzelin, atteinte depuis longtemps d'une maladie d'estomac, a dû s'aliter le 5 janvier 1888, et son état est devenu tel qu'il lui était impossible de digérer aucune nourriture ; le bouillon étant son seul entretien et les souffrances aidant, le corps est devenu d'une maigreur extrême, c'est alors que le cerveau s'est vidé et que cette pauvre femme (contrairement à ce que vous annonciez), ne vivant que pour ses enfants qu'elle aimait plus qu'elle-même, s'est mise à l'esprit une idée fixe, prétendant qu'on en voulait à la vie de ses enfants, etc., et cela parce qu'elle habitait chez eux; c'est pourquoi elle a résolu, la porte de sa chambre étant fermée, de descendre par la fenêtre située au 1er étage, en posant les pieds sur les persiennes du rez-de-chaussée, qui se trouvaient entr'ouvertes, et se tenant des mains à l'appui de la fenêtre, mais au moment où elle a échappé les mains, la persienne s'est ouverte et le corps a fait bascule.
» De l'avis des personnes qui l'ont vue, voilà ce qui. s'est passé. »
Ici l'auteur de la lettre se livre à des insinuations contre un tiers, - insinuations, que nous refusons de reproduire.
Et il conclut ainsi :
« Mme Hainzelin a toujours vécu honnêtement en plein soleil ainsi que ses ancêtres, c'est pourquoi elle jouissait de l'estime de tous les honnêtes gens. »
» Agréez, Monsieur le Rédacteur, l'assurance de ma parfaite considération.
« E. CUNY, gendre de la défunte. »


31 juillet 1889
Tentative de suicide. - La nommée Marguerite Barot, femme Méon, âgée de 52 ans, domiciliée à Blâmont, a cherché à mettre fin à ses jours en se pendant, à une poutre du plafond de sa cuisine. Son fils,. Charles Méon, âgé de 20 ans, tailleur d'habits, pénétra à ce moment dans l'habitation. En apercevant sa mère pendue, il appela à l'aide un voisin, M. Dubois, qui accourut et coupa la corde.
L'asphyxie n'était pas complète et M. Zimmermann, docteur en médecine, put la rappeler à la vie.
La femme Méon était en état d'ébriété au moment où elle résolut de se tuer. On ignore les causes de cette détermination.


5 septembre 1889
Repaix. - M. Aubry, aubergiste, a porté plainte contre M. Richard, maçon, au service de M. Claude, entrepreneur à Val-et-Châtillon, qui, ayant pris pension chez lui, s'est furtivement évadé sans payer sa note, s'élevant à 45 fr.


8 octobre 1889
Tombé dans un puits. - Un enfant de 5 ans, Ch. Boudet, demeurant chez ses parents à Saint-Jean, écart de Blâmont, s'amusait sur la margelle d'un puits profond de 35 mètres. Il perdit l'équilibre et tomba dans le puits. Les cris poussés par les autres enfants attirèrent du monde. On appela l'enfant qui répondit ; on descendit un panier, mais le pauvre petit ne put s'y placer.
Et pendant qu'on allait chercher du secours à Blâmont, l'enfant mourut. L'homme qui descendit dans le puits, ne ramena qu'un cadavre.


19 octobre 1889
Rixe à Barbas. - Charles Louviot, âgé de 33 ans, journalier à Barbas, était redevable au nommé Edouard Duhaut, journalier, âgé
de 44 ans, d'une somme d'environ 14 fr. Le 13 octobre, Louviot se trouvait vers 9 heures du soir au café Lamblé, quand Duhaut entra. Entre les deux hommes une discussion s'éleva bientôt à propos de cette dette. Des injures on en vint aux voies de fait. Louviot saisit Duhaut à bras le corps et le terrassa, tout en lui administrant une volée de coups de poing.
Tous deux portent des blessures qui n'ont aucune gravité; la gendarmerie a dressé procès-verbal pour coups réciproques.


27 octobre 1889
Verdenal. - Un inconnu a volé à M. Louviot, marchand forain, qui avait installé sa boutique de bonbons à la fête de Repaix, différents objets estimés 5 fr.


29 octobre 1889
Nécrologie.
Nous avons le regret d'annoncer la mort, à l'âge de 81 ans, de Mgr Joseph Régnier, prélat romain, chanoine honoraire de Nancy, de Reims et de Saint-Dié, pieusement décédé, lundi matin, muni des sacrements de la Sainte-Eglise.
Né à Langres, en 1808, élevé à Dijon, condisciple. pour la philosophie, au Séminaire d'Issy, de M. l'abbé Lacordaire, dont il partageait la cellule et dont il est resté l'ami intime. M. Régnier, ses études de droit achevées, passa quelques années à Nancy, où son père ancien directeur des contributions directes, s'était retiré, et où son beau-frère, J. Maffioli était juge au tribunal.
Puis il fut nommé juge de paix à Blâmont, mais après quelques années, il se sentit appelé à l'état ecclésiastique, fit ses études théologiques à Rome, et fut ordonné prêtre en 1858.
Il fut un prêtre pieux, dévoué, mais sans presque jamais exercer de ministère à poste fixe
Le prètre entretint et conserva les nombreuses et cordiales relations qu'avait nouées le jeune avocat, notamment avec MM. de Saint-Beaussant, de Dumast, et les fondateurs de l'Espérance.
M. l'abbé Régnier publia plusieurs ouvrages, l'Orgue notamment, qui est très estimé ; la Chœur, recueil de musique religieuse; Lacordaire, souvenirs et lettres d'amis ; et Deux visites au curé d'Ars.
C'était un homme plein de foi, un cœur d'or, un esprit fin et délicat ; mais ses dernières années furent attristées par de pénibles infirmités, qu'il supporta, du reste, avec une virile et chrétienne résignation.
Mgr Régnier faisait partie de l'association de prières.
L'enterrement aura lieu mercredi, à 10 heures du matin.


7 novembre 1889
Repaix. - On a volé pour 16 fr. de linge et de savon à deux habitants de Repaix, savoir: M. Dufour, propriétaire, et Mme veuve Rolin, cultivatrice.
L'auteur soupçonné serait un nommé Wendling, actuellement détenu à la prison de Lunéville.

 

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