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Journal - La Presse du jour

 

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Presse - L'Espérance, courrier de Nancy - 1897
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2 février 1897
Domjevin. - Lundi, 25 janvier, Auguste Taron, menuisier à Domjevin, était parti à Blâmont. Comme le temps était très mauvais, sa femme ne fut pas étonnée de voir qu'il ne s revenait pas ; elle pensa qu'il était resté à Verdenal, où il a des parents.
Ce fut seulement le mercredi qu'on se mit à sa recherche. On apprit que ses parents de Verdenal l'avaient, en effet, engagé à rester, mais qu'il était parti avant 4 heures. On l'a vu passer à Chazelles vers 4 h. 1/4. :
Surpris par une bourrasque de neige, qui le fouettait juste en face, il est tombé dans les champs, à un kilomètre de Blémerey, et ne s'est pas relevé.
Il avait commis l'imprudence de s'engager dans un sentier, déjà pénible en temps ordinaire, mais absolument impraticable par un temps de neige. Taron était âgé de 35 ans ; il laisse une veuve avec trois jeunes enfants.


5 mars 1897
Harbouey. - Samedi, vers 5 heures du soir, M. Louis Colin, âgé de 44 ans, maçon às Harbouey, a été trouvé pendu à une poutre de son grenier à fourrages au moyen d'une courroie de valise.
Colin était veuf et père de six enfants. De puis le décès de sa femme survenu au mols de décembre dernier, il avait donné des signes d'aliénation mentale.
Il avait à plusieurs reprises déjà manifesté l'intention d'en finir avec la vie.


27 mars 1897
Vého. - M. le curé de Vého trouvait, mardi soir, dans sa boîte particulière, une lettre déposée probablement lundi et signée d'initiales inconnues, qui l'avertissait que, sous peu, un incendie dévorerait la nuit une partie du village.
L'auteur de ce factum se disait ancien complice de Dauga et de Pranzini : et il décrivait avec force détails le procédé qu'il emploierait
pour faire son coup.
Toutes les apparences donnaient à supposer qu'on avait affaire à un fou ambulant, hanté de la manie des incendies, mais nullement dangereux. On n'avait pas, du reste, remarqué son passage. Aussi per sonne n'eut l'idée de prendre au sérieux cette étrange dénonciation.
Mais, mercredi matin, vers sept heures, on fut fort surpris d'avoir à éteindre un commencement d'incendie dans la maison de M. Friot, brûlée déjà il y a six mois et aujourd'hui en reconstruction. Le feu avait été mis d'après les indications exactes que contenait la lettre, avec du pétrole dans de la paille et après la charpente ; déjà, une partie du plancher était consumée.
Heureusement qu'on s'en est aperçu à temps ; les dégâts sont insignifiants.


1er mai 1897
Avricourt. - M. Colotte, 36 ans, célibataire, homme d'équipe à la gare d'Igney-Avricourt, étant en état d'ivresse, a tenté de se suicider en se pendant au moyen d'une corde qu'il avait attachée à une échelle, au domicile de M. Saumier.
La jeune Saumier, âgé de 8 ans, ayant aperçu Colotte, appela au secours. Sa mère accourut et arrêta le désespéré, au moment où il allait engager la tête dans le noeud coulant.


4 mai 1897
L'incendiaire de Vého. - L'enquête ouverte par le parquet, à la suite des incendies qui se sont déclarés dans cette commune, a amené l'arrestation du nommé Charles Liauté, l'un des fils du propriétaire de la dernière maison incendiée. Dans les premiers interrogatoires qu'il a subis, Liauté avait persisté à nier sa culpabilité, mais, en présence des charges qui ont été relevés contre lui, il a fini par avouer être l'auteur de la lettre adressée au curé de Vého.
Il a de plus reconnu être l'auteur de l'incendie qui a détruit la maison de son père ; mais il prétend pour sa défense que c'est accidentellement qu'il a mis le feu à l'immeuble.
Ce système de défense de l'inculpé, paraît absolument contradictoire, si l'on se rappelle que, dans la lettre adressée au curé de Vého, on prévenait ce prêtre que des incendies éclateraient prochainement dans cette localité.


19 juin 1897
Blâmont. - Mercredi soir, le fermier de l'usine à gaz de Blâmont, en voulant, dit-on, fermer un obturateur, a laissé le gaz se diriger vers les appareils de chauffage et une formidable explosion ébranla toute cette vieille usine, qui, bientôt, fut entièrement brûlée.
Grièvement blessé par l'explosion, le locataire a été conduit à l'hôpital de Blâmont, dans un état très alarmant. Il ne reste absolument plus rien de l'usine.


4 août 1897
COUR D'ASSISES DE MEURTHE-ET-MOSELLE. [...]
3e Affaire. - Incendie volontaire et tentative d'incendie. - L'accusé est Léon-Gustave. Liotté.35 ans, cultivateur à Vého. Il n'a jamais subi de condamnation ; mais les renseignements de probité et de moralité fournis sur son compte sont des plus mauvais.
Le 23 mars, il mit le feu dans un hangar attenant à la maison de M. Friot. Le 26, il incendia sa propre maison, et le sinistre causa pour 15,200 fr. de dégâts
Poursuivie pour ces deux faits criminels, il a pour défenseur Me Schneider.
Les débats se prolongent jusqu'à 10 h. ½ du soir, en présence d'un nombreux public.
Le jury rend un verdict affirmatif, avec circonstances atténuantes. La Cour condamne Liotté à 5 années de travaux forcés et à 10 ans d'interdiction de séjour.


22 août 1897
M. L'ABBÉ CHATELAT.
Nous recommandons aux prières l'âme de M. l'abbé Chatelat, décédé à Saint-Rouin-en-Argonne, le 15 août 1897.
M. l'abbé Chatelat est né A Fréménil en 1817, a été ordonné à Nancy en 1874. Il fut successivement vicaire à Roville en 1876 ; curé à Saulxures-les-Vannes en 1882 ; il quitta le ministère paroissial en 1888. Pour devenir gardien du pèlerinage de N.-D. du Romont, près de Domrémy, puis du pèlerinage de Saint Rouin-en-Argonne. où il vient de mourir le jour de l'Assomption.
Durant l'hiver, il donnait des Missions qui produisaient toujours beaucoup de fruits, grâce à sa piété et à son zèle du salut des âmes.
Il vivait pauvre, ayant pour compagnon de sa solitude son frère, émule de sa piété et de son détachement. Comme le bon et fidèle serviteur, il envisagea la mort sans crainte, heureux de comparaître au tribunal de Dieu au jour de l'Assomption de la Reine du Ciel, pour laquelle il eut toujours une dévotion sans bornes.
Il était membre de l'Association de prières.


3 octobre 1897
Herbéviller. - Mercredi a en lieu à Her- béviller le mariage de M. Magnien, maire à Marainviller. rédacteur en chef de l'Eclaireur, avec Mlle Lemoine, fille du conseiller d'arrondissement du canton de Blâmont.


13 octobre 1897
Jeudi dernier, avait lieu, dans l'église paroissiale d'Ancerviller, la réception, la bénédiction et l'inauguration d un petit orgue sorti des ateliers de M. Didier Van Caster de Nancy. Cet instrument, composé de sept jeux, dont un bourdon de seize pieds fait le fond principal, est venu fort à propos remplacer un vieux serviteur dont la voix s'était fatiguée à chanter les louanges du Seigneur, et qui n'émettait plus que quelques notes chevrotantes d'une harmonie plus que douteuse. Il faut dire qu'en se présentant à nous avec la modeste prétention d'accompagner les fidèles dans l'exécution du chant liturgique, cet orgue nous a prouvé qu'il était
encore capable, sous les doigts habiles d'un artiste, d'interpréter avantageusement une oeuvre musicale.
C'est M. Wackenthaler, organiste à Blâmont qui en a fait valoir toutes les ressources et en a fait ressortir. toutes les nuances,
toutes les variétés. Aussi les connaisseurs, chargés de l'expertise, spécifièrent d'un commun accord, dans la rédaction du procès-
verbal, que l'instrument, par la précision de son mécanisme, comme par la justesse et la moelleuse sonorité de ses jeux, réalisait tout ce qu'on pouvait désirer de mieux en ce genre. Nos félicitations sincères à M. Didier pour ce travail, qui fait une fois de plus honneur à son goût artistique, et nous souhaitons que ses succès se multiplient par le nombre de nos églises de campagne auxquelles un orgue accompagnateur serait si utile, et qui sont obligées, faute de ressources, de se contenter d'un modeste harmonium.
Est-il besoin de dire que la difficulté d'avoir un organiste n'existe plus de nos jours, depuis que de nouvelles méthodes ont simplifié et vulgarisé l'accompagnement du plain-chant. (Meurthe.).
Ajoutons que la mécanique de cet orgue est à système ordinaire, et que M. Didier Van Caster construit en ce moment 4 instruments, dont 2 à mécanique ordinaire et 2 avec le système tubulaire pneumatique.


17 octobre 1897
Buriville. - Le feu a détruit en partie une meule de foin, appartenant à M. Mollé, fermier à Buriville. Ce sinistre est dû à l'imprudence des enfants Joseph et Jules Martin, âgés de 9 et 6 ans, demeurant à Ogeviller. Les dégâts, évalués à 300 fr., sont couverts par l'assurance.


22 octobre 1897
Les oeufs de Buriville. - Buriville est un hameau avec ferme importante, située à la lisière des grands bois, à égale distance de Lunéville et Baccarat, dans le voisinage d'Ogéviller.
Dans une ferme, il existe une poule dont les oeufs ont acquis la grosseur des œufs d'oie les plus volumineux. On nous en a présenté plusieurs, d'une forme ovale très allongée et d'un volume fort supérieur à celui des oeufs de poule habituels. Le grand axe atteignait la longueur de 9 centimètres, et le petit axe approchait de 5 centimètres.
Nous croyons que ces oeufs, d'ailleurs excellents, sont une curiosité à noter. En conséquence, nous signalons aux ménagères de
notre pays les oeufs de Buriville et la poule intéressante qui les produit dans cette ferme célèbre. F. J.


29 octobre 1897
COUR D'ASSISE DE LA MEUSE.
Affaire Liotté. - Incendie volontaire. - L'accusé d'aujourd'hui n'est pas du département : l'affaire vient devant les assises de la Meuse par suite d'un arrêt de la cour de cassation, qui a annulé un arrêt de la cour de Nancy condamnant Liotté à 5 ans de travaux forcés.
M. le président procède immédiatement à l'interrogatoire de l'accusé. Rien de bien marquant ne vient interrompre cet interrogatoire.
Notons toutefois que le prévenu hésite à répondre, et cherche toujours à demander à son défenseur quel système il doit employer.
Néanmoins il nie énergiquement.
Les témoins sont au nombre de douze.
M. le curé de Vého vient dire que, quelques jours avant l'incendie, il a reçu une lettre anonyme, annonçant que plusieurs incendies devaient éclater dans le village ; une autre lettre fut trouvée sur la route.
Au moment de régler le sinistre, l'agent d'assurance s'est aperçu que l'état des pertes écrit de la main de Liotté avait, comme écriture, une certaine ressemblance avec celle des lettres anonymes. Un expert en écriture fut désigné et vint déclarer què ces écrits se ressemblaient en tous points.
M. Audiat, procureur de la République soutient l'accusation.
Après des débats qui ne se sont terminés que dans la soirée, Liotté a été condamné à cinq ans de travaux forcés et à dix ans d'interdiction de séjour.


14 décembre 1897
Repaix. - Dimanche, Joseph Charron, domicilié à Autrepierre, s'est introduit chez son père, domicilié à Repaix, lui déclarant
qu'il allait y passer ; il s'élança sur lui et le terrassa, en lui serrant la gorge. Grâce au secours apporté par le domestique de la
victime, le fils dût lâcher prise. En se relevant, le père saisit une vieille bêche sur laquelle il était tombé, et en porta un coup à
son fils.
Le maire et le garde champêtre ayant été requis, purent, après bien des efforts, faire sortir Joseph Charron.


22 décembre 1897
Vaucourt. - Un commencement d'incendie, dont les causes sont inconnues, a éclaté dans un hangar attenant à la mairie de Vaucourt, dans lequel était remisée la pompe à incendie; les dégâts sont de peu d'importance ; quelques tuyaux ont été endommagés et une rampe d'escalier a été détruite. Les pertes, s'élèvent à 400 fr.

 

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