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11 janvier 1874
Une chasse au sanglier. - Un accident de chasse, qui pouvait
avoir les plus funestes conséquences, s'est produit dimanche
dernier, près d'Avricourt, dans la forêt de la Garenne.
Quatre chasseurs y recherchaient un grand sanglier dont les
empreintes étaient marquées sur le terrain fortement détrempé.
Vers deux heures de l'après-midi, la bête débusquée de son fort
par les chiens et blessée par l'un des tireurs se mettait, 2
kilomètres mesurant, au ferme roulant.
Alors M. P..., qui était de la partie, entre dans le fourré,
espérant couper la fuite à l'animal qui, ayant repris toute sa
vigueur, commençait à détaler.
Le sanglier aperçoit le chasseur et fond sur lui avec une
rapidité telle, que le premier coup ayant raté - ce qui est le
péché véniel des fusils ancien système - le second coup ne peut
être serré. M. P..., dont la cuisse est largement ouverte d'un
premier coup de boutoir, tombe, et, avec une incroyable énergie,
se cramponne des deux mains
au col et à la tête de l'animal, en appelant à l'aide.
Malheureusement, deux des tireurs ont vent dessous, le
troisième, plus heureux, finit par entendre et arrive à temps
pour placer le canon de son fusil entre les chiens qui sont sur
la croupe de la bête et le malheureux chasseur au moment où
celui-ci, à bout de forces, les vêtements en lambeaux, le sac de
chasse coupé en deux, la jambe dégouttante de sang, allait
lâcher prise.
Le solitaire qui pesait 150 kilog. tombe et M. P..., épuisé par la
lutte et le sang perdu, s'évanouit.
D'aventure, l'un des chasseurs est médecin, la plaie est sondée
sur place et il nous a été déclaré depuis qu'elle mesure 9
centimètres de largeur sur 15 de profondeur, qu'elle passe dans
le creux du jarret à une très-petite distance de l'artère, met
l'os à nu, mais heureusement sans le toucher.
M..P. est transporté hors du fourré, sur une tranchée ; le temps
est affreux, il vente, il tombe une pluie froide, les villages
sont éloignés ; enfin, la voiture qu'on est allé quérir pour
transporter le blessé, arrive, après une heure et demie
d‘angoisses. Il revoit son fit, est réchauffé, pansé ; il en
sera quitte pour plusieurs semaines de repos.
(Progrès.)
25 janvier 1874
La vente des bâtiments au baraquement des Allemands à Blâmont,
aura lieu le 20 février prochain.
22 mars 1874
Le commissaire spécial de police du chemin de fer, : la gare d'Emberménil,
a mis samedi à la disposition de la justice un de ces filous qui
font main basse sur les objets que les voyageurs négligent de
surveiller. Celui dont s'agit, se trouvait dans un compartiment
avec un voyageur paresseux possesseur d'un chapeau neuf, et qui
vaincu par le sommeil s'endormit sur la banquette la tête
appuyée sur son sac de nuit. Voici une belle occasion, se dit le
filou, pour me payer un chapeau sans bourse délier,
emparons-nous du chapeau et changeons de wagon, la nuit est
sombre on n'y verra que du bleu. Ce projet est mis à exécution
et allait réussir ; mais ne voilà t-il pas que le hasard fait
rencontrer nos deux compagnons au buffet d'Emberménil, le filou
coiffé du chapeau de l'autre. Le volé porta plainte, le voleur
fut décoiffé, arrêté et condamné le même jour à quinze jours de
prison en vertu de la loi sur le flagrant délit. (Journal de
Lunéville )
1er avril 1874
Un incendie a éclaté au domicile du nommé Eugène Klein, brasseur
à Xousse. Les pertes, qui sont assurées, s'élèvent à 600 fr.
4 juin 1874
Jeudi, une fille de Mouacourt, en cherchant du bois sec au
canton des Hauts Chênes, a trouvé le cadavre d'une femme dont la
mort paraissait remonter à plusieurs semaines, et qu'on a su
depuis être la dame Gérard, de Xousse, qui s'était mise en route
pour Mouacourt, où elle avait à toucher le prix de broderies. On
ignore les circonstances de sa fin, qui semble avoir été
naturelle, Aucune trace de violence n'ayant été constatée.
18 juillet 1874
Nous apprenons la mort, par accident, après un éblouissement, de
M. l'abbé Piot, curé de Moutrot.
Il était né à Blâmont, en 1818, et faisait partie de
l'association de prières.
30 juillet 1874
Vendredi dernier, le nommé Constant Guise, cultivateur à
Emberménil, a été victime d'un vol avec effraction, de la somme
de 350 fr. renfermés dans le tiroir d'une armoire. L'auteur du
vol est un nommé Charles Driant, âgé de, 15 ans, lequel avait
été engagé comme domestique chez ce cultivateur et qui a été
arrêté à la gare de Réchicourt, demandant un billet pour
Strasbourg. La gendarmerie allemande a fouillé ce garçon et n'a
trouvé que 290 francs qui ont été rendus au propriétaire.
Le voleur a été conduit à la prison de Saverne. (Meurthe.)
3 août 1874
Concours du comice de Lunéville. - Ce concours, qui sera
considérable, aura lieu à Blâmont le 9 août. Il y aura des
primes de culture pour les exploitations les mieux cultivées du
canton de Blâmont.- Des primes pour le bétail, - pour les
plantes fourragères, - pour l'aménagement des fumiers, - pour
les abornements et réparations des chemins ruraux,--pour le
moissonnage mécanique ; - primes aux cultivateurs et aux
meilleurs conducteurs de moissonneuses.
La ville de Blâmont donnera un grand éclat à cette fête
agricole. Une messe solennelle sera célébrée à midi pour
remercier Dieu de la belle récolte de 1874.
17 août 1874
On nous écrit :
« Cette semaine, la ville de Blâmont a été favorisée de deux
fêtes charmantes : le Comice agricole et la distribution des
prix aux élèves de l'Institution secondaire et; professionnelle
dirigée; par M. Gérardin.
»M. Mathis de Grandseille, conseiller-général et maire de la
ville, présidait cette dernière solennité. Aux applaudissements
unanimes d'un nombreux et brillant auditoire, cet honorable
administrateur, se faisant l'interprète de la population, a
remercié chaleureusement le directeur, dont l'intelligence et
l'activité ont su, en si peu de temps, redonner à
l'Etablissement son ancienne splendeur.
» De son côté, le respectable curé de la paroisse, qui porte un
si vif intérêt à la prospérité de notre Collège, a fait
ressortir avec force l'importance de l'éducation religieuse, au
point de vue de la patrie et de la famille,
A son début, 1872, l'Institution comptait 65 élèves; cette
année, ce chiffré s'est élevé à 115, dont 50 internes.
» Pourquoi un tel succès ? C'est que nos intelligentes
populations ont compris la nécessité d'une solide instruction
agricole, industrielle et commerciale, et les bienfaits d'une
discipline ferme et paternelle. »
30 septembre 1874
Une jeune fille fort élégante, originaire de Strasbourg, une
nommée Wolff, âgée.de 47 ans et demi, a été arrêtée à Emberménil,
ayant dans sa tournure pour plus de dix mille francs de bijoux
qu'elle voulait introduire en France en contrebande. Elle a été
condamnée à la confiscation des objets saisis, à 10,000 francs
d'amende, trois jours de prison, plus à la contrainte par corps.
(Eclaireur.)
2 octobre 1874
On écrit de Blâmont, le 28 septembre au Journal de la Meurthe:
« Monsieur le Rédacteur,
» J'ai l'honneur de vous prier d'insérer dans votre prochain
numéro la nouvelle d'un incendie qui a éclaté samedi dernier à
Ancerviller, canton de Blâmont.
» Le feu s'est déclaré entre 1 heure et 1 heure ½ de
l'après-midi.
» Malgré le vent qui soufflait avec violence les étincelles sur
le centre du village, on a fini par maîtriser le feu vers 7
heures du soir; à minuit tout danger avait disparu.
» Trois maisons sont devenues la proie des flammes, et deux ont
été fortement endommagées. Les pertes sont évaluées à 18,000
francs. L'une des maisons incendiées n'était pas assurée.
» La rumeur publique désigne comme l'auteur de ce sinistre, le
nommé N. H..., chez qui l'incendie a éclaté. Ce malheureux
vieillard, atteint depuis quelque temps d'aliénation mentale,
était devenu la terreur de ses voisins et de tout le village ;
aussi
ne lui laissait-on jamais d'allumettes entre les mains.
» Au moment de l'incendie il avait disparu. Surpris et épouvanté
par le feu, s'était-il enfui dans les bois d'Ancerviller, ou
bien avait-il été enseveli sous les décombres ? Personne ne
l'ayant vu s'enfuir, l'autorité a donné des ordres pour faite
déblayer sa maison ; aujourd‘hui, lundi matin, on n'avait encore
rien découvert; mais il reste encore une partie de la maison qui
n'a pas été fouillée.
» Le fils de N. H..., jeune homme de 22 à 25 ans, a été
provisoirement arrêté par la gendarmerie de Badonviller, hier
dimanche.
» Veuillez agréer, etc. CRÉPIN. »
4 octobre 1874
Lundi, à 3 heures dû soir, on a découvert, sous les décombres du
rez-de-chaussée, les restes, presque carbonisés, du corps du
sieur Nicolas Hachon, d'Ancerviller, dont la maison a été
incendiée.
30 octobre 1874
On écrit d'Avricourt, le 28 octobre, au Progrès :
« Un de ces accidents terribles, qui ne sont malheureusement que
trop fréquents dans les chemins de fer, vient de nouveau jeter
la consternation dans notre commune.
» Le sieur Gérard, sous-chef d'équipe au chemin de fer de l'Est,
a eu hier soir, dans les fonctions de son service, les deux
jambes et un bras coupés par une machine allemande qui se
rendait dans la gare française pour y faire les manoeuvres.
» La victime, qui compte vingt années de services de chemin de
fer, a succombé dans d'atroces douleurs à 11 heures, 1 heure et
demie après l'accident et laisse une veuve et deux enfants
éplorés.
» L'opinion générale rend justice à la mémoire de cet homme qui
par ses qualités serviables a su s'attirer la sympathie de ses
concitoyens. »
23 novembre 1874
Jeudi dernier, le nommé François Henry, âgé de 54 ans, courtier
en bestiaux, à Bénaménil, se présentait chez Mme Perrin,
propriétaire à Saint-Martin, pour lui vendre un sac de sel.
Cette dame ayant accepté le marché, elle pria Je vendeur de
venir l'aider à le monter au grenier, ce qu'il accepta.
Lorsqu'ils eurent déposé le, sel en lieu sûr, le sieur Henry
n'étant pas-solide sur ses jambes, résultat de nombreuses
libations, qu'il avait faites dans la journée, voulut
redescendre, mais arrivé à la troisième marche, il perdit
l'équilibre, et tomba sur le sol, d'une hauteur dé trois mètres.
La dame Perrin appela immédiatement les voisins, mais tous les
soins qui furent prodigués au, sieur Henry furent inutiles, il
avait cessé de vivre.
Le docteur Spire, de Blâmont, a déclaré que cet homme avait le
crâne complètement fracturé et que la mort avait dû être
instantanée.
Cet ouvrier laisse une veuve et six enfants sans ressources.
5 décembre 1874
On nous écrit de Blemerey que, sur les 10 conseillers élus,
trois seulement sont républicains, deux légitimistes, deux
bonapartistes, les trois autres n'ont aucune couleur politique.
19 décembre 1874
Mercredi dernier on a trouvé sur le territoire de la commune d'Herbéviller,
à quelques kilomètres du village, le cadavre du nommé Finot,
tailleur, habitant cette localité.
On suppose que cet homme, ayant la vue très-basse, se sera égaré
et trompé de chemin, d'autant plus qu'on n'a remarqué sur lui
aucune trace de violence.
Le sieur Finot était veuf et laisse trois enfants qui
heureusement peuvent suffire à leurs besoins.
25 décembre 1874
Un incendie dont les causes sont accidentelles a éclaté ces
jours derniers au domicile du sieur J.-B. Jarcelat, restaurateur
à la gare d'Avricourt, et a occasionné des dégâts évalués à
4,500 francs, au compte de l'assurance.
27 décembre 1874
On nous signale encore un acte de probité que nous portons avec
plaisir à la connaissance de nos lecteurs :
II y a quelques jours, le sieur Royer Remy, garde-champêtre à
Blâmont, ayant trouvé sur la route de Blâmont à Domêvre un
portefeuille contenant des effets de commerce et trois billets
de 20 francs, s'est empressé d'en rechercher le propriétaire et
de lui rapporter, sans vouloir accepter aucune récompense.
Un pareil fait peut se passer de commentaires. |