1er avril 1860
Par arrêtés en date du 30 mars, M. le préfet de la Meurthe a
prescrit la fermeture :
1° Du cabaret tenu à Leintrey par le nommé Geoffroy
(Joseph-Clément), condamné par le tribunal de simple police pour
avoir donné à boire à un individu en état d'ivresse, qui est
mort dans les neiges en suite de cet excès ;
2° Du cabaret tenu à Bréménil par le nommé Chenal (Josué), qui,
dans moins d'un an, a subi quatre condamnations pour avoir donné
à boire à des enfants et à des individus en état d'ivresse.
25 février 1860
Ou signale de Blemerey la mort accidentelle du sieur
Jean-Baptiste Henry, âgé de 29 ans, vannier, qui s'était rendu à
Reherrey avec un ami et s'y était attardé. Vers minuit
seulement, les deux camarades partirent : il régnait une sorte
de tempête, et lorsqu'ils arrivèrent en face de Réclonville,
l'impétuosité du vent el le verglas rendirent la marche
tellement difficile, que l'un des deux jeunes gens rebroussa
chemin.
Henry s'entêta à poursuivre sa route, et, Ie lendemain matin,
son cadavre était retrouvé, couvert de neige, dans un fossé,
où probablement il avait fait une chute.
27 février 1860
Le sieur Jean-Michel Vouaux, âgé de 52 ans, domestique d'un
cultivateur de Vého, était allé passer la journée du dimanche 19
février à Leintrey, d'où il élait revenu le soir en état
d'ivresse. Un habitant de cette dernière commune, voyant cet
homme s'écarter du chemin qu'il devait suivre, et trébucher à
chaque pas, le soutint et le dirigea pendant quelques instants.
Vouaux s'éloigna enfin d'un pied plus assuré; mais
il fit une nouvelle chute, el le froid qui sévissait ne lui
permit pas de se relever. Deux jours plus tard, on retrouvait
son cadavre dans la neige.
18 mars 1860
Un incendie accidentel s'est déclaré à Mignéville, dans une
maison habitée par un tailleur et appartenant au meunier de la
commune. La perte générale est d'environ 4,500 fr.; le bâtiment
seul était assuré. Le dommage, pour les récoltes et le mobilier,
est évalué à 1,000 fr. Plusieurs habitants de Mignéville se sont
particulièrement distingués dans cette circonstance.
27 mai 1860
Un incendie accidentel s'est déclaré a Mignéville, au domicile
du sieur Alison, tailleur. La maison qui était fort exiguë, du
reste, a été entièrement consumée. La perte est d'environ un
millier de francs. Tout était assuré.
19 août 1860
La distribution des prix du collège de Blâmont a eu lieu, jeudi
dernier, sous la présidence de M. l'abbe Gérard, vicaire-général
du diocèse. Les autorités de la ville, un nombreux concours
d'ecclésiastiques témoignaient de leur sympathie pour ce nouvel
établissement diocésain appelé à recueillir les heureux fruits
du zèle et du désintéressement de l'honorable M. Marsal. Le
digne supérieur a ouvert la solennité par un discours sur
l'éducation.
Il a montré la nécessité et les avantages de l'éducation au
triple point de vue du corps, de l'intelligence et du coeur ; il
a fait comprendre combien il importe a l'élève d'apporter dans
son éducation classique une correspondance active et généreuse
au travail dévoué et affectueux de son maître, il a montré qu'au
sortir du collège, il y a encore pour l'humanité une éducation
dernière et sans terme : la grande école de la vie. C'est cette
éducation qui donne une trempe décisive à l'esprit et au coeur,
et qui mesure la force de résistance et de conquête de toute
nature d'homme.
Après ce discours, vivement applaudi, les élèves ont
parfaitement exécuté une des belles et joyeuses cantates de M.
l'abbé Ferry ; l'habile artiste avait bien voulu diriger
lui-même l'exécution de cette cantate, qui a été suivie des plus
chaleureux applaudissements.
Pendant la distribution des prix, la musique du collège a fait
entendre de joyeuses harmonies exécutées par les élèves eux
mêmes.
En priant Monseigneur de vouloir bien accepter la haute
direction de son établissement, la municipalité de la ville de
Blâmont a fait un acte de coeur et de haute intelligence ; aussi
le collège Saint-Louis de Gonzague est il devenu trop étroit
pour recevoir les nombreux élèves qui se sont présentés de
toutes parts.
C'est que sous l'habile direction du digne supérieur et de ses
dévoués collaborateurs, l'esprit de famille a poussé de
profondes racines au collège de Blâmont. L'élève retrouve dans
ses maîtres l'autorité du père et l'affection de la mère ; aussi
les larmes provoquées par la séparation de la famille se
sèchent-elles bientôt, et l'enfant se met au travail avec
courage et bonheur.
8 octobre 1860
Un enfant de sept ans, dont le père est vannier à Domjevin,
s'est noyé dans la Vezouze, en la traversant avec les vaches
qu'il menait paître |