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Presse - L'Espérance, courrier de Nancy - 1888
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18 janvier 1888
Arrestation. - Le 11 janvier courant, les douaniers de Repaix et de Blâmont, sous la conduite de leur capitaine, M. Paillousse, ont poursuivi 4 fraudeurs dans la plaine, près de Blâmont, par un temps affreux. Leurs peines ont été couronnées de succès par l'arrestation d'un contrebandier et la saisie d'environ 150 kilog. de tabac.


22 janvier 1888
On mande de Nancy, 20 janvier :
« M. Kuhn, commissaire spécial à la gare-frontière d'Avricourt, dont le nom a été souvent prononcé au moment de l'affaire Schnoebelé, ne serait pas Français.
» Le commandant du bureau de recrutement de Nancy l'avait fait appeler pour lui annoncer qu'il ferait treize jours au mois de mars ou d'avril. M. Kuhn répondit qu'il ne devait pas de service militaire à la France, qu'il avait bien opté, mais que son option n'était pas valable, et qu'il se considérait comme Allemand.
On fit une enquête qui démontra que M. Kuhn avait dit la vérité. Aussi le releva-t-on immédiatement des fonctions qu'il occupait. »

Xousse. - Un incendie a détruit un pâté de 9 maisons dont les murs se sont complètement effondrés sous les flammes.
La perte est de 36,150 fr. On croit que le sinistre provient du mauvais état des cheminées. Aucun accident de personnes n'est à déplorer. Les habitants de Xousse ont charitablement recueilli les familles sinistrées.


3 février 1888
Xousse. - Le sieur Christophe, berger, en fuite, est inculpé d'abus de confiance envers MM. Cosson, Lhuillier, et Mme Dieulin, auxquels il a causé un préjudice de 256 fr., en passant la frontière avec son troupeau. On ignore où il s'est réfugié. Il a soustrait furtivement 6 moutons à M. Cosson, 4 à M. Lhuillier, et 6 à Mme Dieulin.
Il en a vendu plusieurs fois à M. Petenot, maire et marchand de moutons à Leintrey, où son frère est aussi berger.


8 février 1888
Sur un ordre de la direction de la Sûreté générale, ex-inspecteur spécial de police à Avricourt, Kuehn, qui avait été révoqué parce qu'il ne pouvait produire son livret militaire, et qu'un journal du soir avait, il y a quelque temps, signalé comme espion allemand, a été arrêté hier soir par M. Escoarrou, commissaire spécial de police attaché au
ministère de l'intérieur.
Kuehn est prévenu de désertion. Il a été mis à la disposition de l'autorité militaire, qui a récemment décerné contre lui un ordre d'écrou.
Une perquisition, dont on ne connaît pas encore le résultat, a eu lieu cette après-midi à son domicile.


28 février 1888
Harbouey. - Le sieur Chatin, 47 ans, mendiant, a été trouvé mort de froid dans un pré, à 400 mètres de la commune, au Rillet.


29 février 1888
Blâmont. - Il a passé dans la ville un chien hydrophobe, qui a mordu plusieurs de ses congénères en arrivant par le chemin d'Igney.
La gendarmerie s'est mise à sa poursuite. Mais on n'a pu l'atteindre.


9 mars 1888
L'affaire Kuhn. - Le nommé Kuhn, ancien inspecteur attaché au commissariat spécial d'Avricourt, et qui avait été arrêté vers la fin de janvier dernier, sous l'inculpation de désertion, et emprisonné à la prison du Cherche-Midi, a été jugé mardi par le conseil de guerre et condamné à quatre ans de prison.


22 mars 1888
Nous avons aussi le regret d'apprendre la mort-de M. et Mme Collesson, des Sallières près Blâmont. Mme Collesson est décédée, il y a quelques jours, à l'âge de 81 ans, et son mari, souffrant depuis longtemps. Agé de 84 ans, l'a suivie dans la tombe quatre jours plus tard.
Nos plus sympathiques condoléances à la famille qui est doublement éprouvée.


1er avril 1888
Blâmont. - En traversant la rue de Gogney, M. Chopard, receveur des postes à Igney-Avricourt,a glissé sur le pavé du caniveau, et dans sa chute il s'est fracturé la jambe droite. Il a reçu les soins de M. le docteur Zimmerman.


12 avril 1888
Verdenal. - Le feu a pris, dans la chambre occupée par les domestiques, chez M. Houillon, cultivateur et maire de la localité. On a pu arrêter promptement cet incendie.
Les dégâts produits dans le mobilier, les poutres et le plancher supérieur sont estimés à 900 fr.


25 avril 1888
Domévre-sur-Vezouze.. - M. Tannette, entrepreneur à Lunéville, est accidentellement tombé du haut du clocher de l'église; en voulant redresser la croix qui est au sommet.
Dans cette chute, il s'est fracturé plusieurs côtes, et il a reçu de graves lésions internes.
Il a reçu les soins de M. le docteur Hanriot, de Blâmont.


27 avril 1888
Outrage à la gendarmerie.- Le sieur François Marchand, âgé de 45 ans, né à Verdenal, aubergiste, a été arrêté par les gendarmes de la brigade de Blâmont pour outrages envers la gendarmerie dans l'exercice de ses fonctions. Marchand devait être interrogé par les gendarmes sur un coup de poing porté à M Gustave Houillon, cultivateur à Verdenal, et à propos de quoi une enquête avait été ordonnée. M. Marchand s'était refusé à donner des renseignements sur les faits signalés et il a outragé les gendarmes qui l'avaient fait venir à la caserne pour, l'interroger plus facilement.
Il a été mis à la disposition de M. le procureur de la République qui l'a fait écrouer à la maison d'arrêt de Lunéville.


28 avril 1888
Le sieur François Marchand, âgé de 45 ans, aubergiste à Blâmont, a été arrêté et écroué à la maison d'arrêt de Lunéville pour outrages à la gendarmerie dans l'exercice de ses fonctions.

Domèvre-sur-Vezouze. - Mort de M. Tanette. - On écrit le 25 avril, à l'Express :
« Le malheureux M. Tanette, ferblantier à Lunéville, qui est tombé du haut du clocher de Domèvre, a succombé mardi après avoir
enduré les plus horribles souffrances.
» Tous les efforts faits par les médecins appelés en consultation pour le sauver n'ont abouti à aucun résultat. M. Tanette lui-même
n'espérait pas survivre à ses blessures.
» On a transféré son cadavre à Lunéville aujourd'hui dans la journée. Les habitants de Domêvre se sont fait un devoir de l'accompagner jusqu'au-delà du village. On conservera longtemps encore le souvenir de ce pénible accident, et hardi sera celui qui osera tenter l'ascension du clocher. »


6 mai 1888
La Société de tir de Blâmont a récemment recruté plus de 40 adhérents nouveaux à Domèvre-sur-Vezouze et à Igney-Avricourt. Cette Société, qui est une des plus prospères de la région, compte environ 350 membres.


15 mai 1888
Montreux. - On écrit à l'Express :
« Le nommé Boulanger, Auguste, âgé de 62 ans, maçon, demeurant à Ancerviller, réparait mercredi dernier le mur de la maison
d'habitation de M. Auguste Gondrexon, cultivateur à Montreux, quand il est tombé accidentellement du haut de son échafaudage.
» Le malheureux Boulanger est mort vendredi des suites de ses blessures ; on doit le ramener à Ancerviller pour l'inhumer. Il
laisse une veuve et de grands enfants, tous bien considérés dans le pays. »


19 mai 1888
Un wagon de coton incendié. - Mercredi, vers trois heures moins un quart, un incendie s'est déclaré à la halte de Frémonville, dans un wagon de coton faisant partie du train qui sort d'Avricourt à 1 h. 40 du soir.
Grâce à la promptitude des secours, on a pu sauver deux autres wagons de coton entre lesquels celui en feu se trouvait placé. Tout le coton est brûlé et perdu; le wagon a subi de grandes avaries et le train est arrivé à Cirey avec une heure de retard.
On ignore les causes du sinistre.


7 juin 1888
Un déserteur allemand. - Le train arrivant de Cirey à Avricourt à onze heures cinquante du matin, a amené mardi, dans cette dernière localité, un jeune soldat du 8e bataillon de chasseurs forestiers allemands, qui a déserté à la suite d'une altercation avec son sous-officier. Sur sa demande, ce jeune soldat a été dirigé sur Nancy et mis à la disposition de l'autorité militaire. C'est le fils d'un agent forestier allemand. Il a servi avec Kaufmann.


10 juin 1888
Igney. - Un incendie a éclaté dans la chambre à coucher de M. Host, inspecteur spécial de police à là gare d'Igney-Avricourt. La perte est de 1,117 fr.


14 juin 1888
Encore les passeports.
On nous écrit de Blâmont, 12 juin :
« Monsieur le Directeur,
» Je prends la liberté de recourir à votre obligeance bien connue, pour obtenir par la voie de l'Espérance de nouveaux renseignements sur la question des passeport, laquelle n'est pas suffisamment élucidée, au moins pour les habitants des petites villes. Précisons : 1° Moi, habitant Blâmont, et Français par option, je veux faire un voyage en Alsace; à qui dois-je m'adresser pour l'obtention du passeport ? Si c'est à la Préfecture de Nancy, dois-je m'y rendre en personne, ou suffit-il d'adresser ma demande par écrit ? Et dans l'un ou l'autre cas, quelles sont les pièces à fournir à l'appui ? Dois-je désigner l'endroit ou les endroits où je compte me rendre ? Ou bien le passeport me donne-t-il le droit de parcours dans tout l'empire allemand ?
» 2° Ma femme se proposant à son tour un voyage en Allemagne, puis-je prendre un seul passeport, servant à tour de rôle pour la femme et pour le mari ?.
» 3° L'administration française n'a-t-elle pas encore consenti à délivrer gratuitement ses passeports ?
» Je vous serais extrêmement obligé, Monsieur le Directeur, de vouloir répondre à ces questions, dans vos colonnes, le plus tôt possible; cela rendra service à beaucoup de personnes, car toutes ces questions sont autant de problèmes que chacun s'adresse et que nul ici ne sait résoudre.
» Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, etc., etc. »
Réponses- - 1° Il faut s'adresser à la Préfecture.
2° II n est pas nécessaire de se présenter soi-meme. Il suffit d'accompagner la demande écrite, ou faite verbalement par une autre personne, d'un certificat du maire donnant le signalement du demandeur, et son certificat d'option pour les optants. Pour les autres Français, un document officiel constatant leur nationalité.
3° Quant aux endroits qu'on-veut visiter, il sera bon de les désigner dans la Note qu'on enverra à l'ambassade d'Allemagne avec le passeport français. On y ajoutera des explications sur le motif du voyage.
4° Le passeport n'est exigé que pour l‘Alsace-Lorraine. Un Français peut aller à Cologne et même à Berlin, sans être muni de ce papier.
5° Si la femme voyage avec le mari, un seul passeport suffit, mais à condition d'y mentionner les deux voyageurs. La femme voyageant seule a besoin d'un passeport spécial, et, pour l'obtenir à la Préfecture, de l'autorisation du mari.
6° La gratuité du passeport - côté des Français, - est promise, mais non encore votée.


28 juin 1888
Nouvelle violation de la frontière. - Le lundi 25 juin, un officier allemand du 97e régiment d'infanterie, en garnison à Sarrebourg, est venu à Avricourt français en tenue.
Il s'est accoudé pendant un quart d'heure au passage à niveau du chemin de fer qui est en territoire resté français.
L'incorrection était flagrante, car il n'est pas possible de se tromper en cet endroit. La frontière est assez nettement marquée pour que personne ne s'y trompe.
Le commissaire spécial dut faire observer à l'officier allemand qu'il y avait de sa part méconnaissance absolue des ordres de son propre gouvernement.
Un rassemblement s'était formé devant l'officier étranger. Le commissaire s'appliqua à calmer les esprits et y réussit.
L'officier reconnut la fermeté correcte de cette attitude et regagna le territoire annexé.
Nous croyons savoir, dit lé Progrès, que le gouvernement allemand, qui s'est toujours flatté d'être rigoureusement obéi par son personnel, se préoccupe de ces manquements successifs à la discipline. Il est bien obligé, en effet, de constater que chaque fois qu'il y a violation de frontière, c'est toujours par un gendarme, un douanier ou un officier de la même nationalité. On ne relève aucun fait de cette nature à la charge de l'armée française et des fonctionnaires français.


6 juillet 1888
Ecrasé par un train. - On écrit de Blâmont à l'Express :
« Le nommé X..., âgé d'environ 60 ans, originaire de Reillon et pensionnaire à l'hospice de Blâmont a tenté d'en finir avec la vie dont il semblait las, en se jetant résolûment sur la voie du chemin de fer de Cirey au moment du passage du train, à quelques centaines de mètres de la gare de Blâmont, près de la ferme appartenant à M. du Champ, au château de Blâmont.
» X... a eu le bras et la jambe brisés ; il a été aussitôt transporté à l'hospice. Ce pauvre malheureux ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales.

Un habitant de Nancy adresse à un de nos confrères une lettre dans laquelle il raconte ce qui est arrivé à Avricourt à sa domestique, une jeune Alsacienne de dix-sept ans, née à Haguenau. Le 1er juillet, elle recevait une dépêche ainsi conçue : « Maman dangereusement malade, elle t'appelle, accours vite. »
Elle voulut immédiatement partir, quoiqu'elle n'eût pas de passeport. Son maître l'accompagna jusqu'à Avricourt pour plaider sa cause. Tout fut inutile ; le commissaire allemand, quoiqu'elle se fût jetée en pleurant à ses genoux, resta inflexible et refusa de la laisser passer. Revenue à Igney-Avricourt, elle eut l'idée d'expédier le télégramme suivant :
A Sa Majesté l'impératrice d'Allemagne à Potsdam.
« Une jeune fille alsacienne, appelée au chevet de sa mère mourante, empêchée de passer frontière Avricourt, supplie Sa Majesté de venir à son secours.
» Caroline STAUB. »
Quelques heures plus tard, elle reprit le train pour Deutsch-Avricourt, dans l'espoir que la réponse de Berlin serait arrivée. Elle l'était, en effet, et cette fois elle put passer librement ; mais lorsqu'elle arriva à Haguenau, sa mère était morte depuis une heure.


12 juillet 1888
Strasbourg, 11 juillet.
Les journaux français et quelques journaux allemands ont annoncé que Caroline Staub, de Haguenau, domestique à Nancy, avait été appelée le 1er juillet, par dépêche télégraphique, au chevet de sa mère mourante, mais que, malgré ses prières et ses larmes, elle n'avait pu continuer son voyage à partir d'Avricourt qu'après avoir demandé et obtenu par dépêche l'autorisation de l'impératrice d'Allemagne, et que sa mère était morte dans l'intervalle.
La Landeszeitung fait remarquer que, d'après une enquête officielle, il n'y a à Haguenau aucune famille du nom de Staub, et qu'il n'y a eu, dans ces derniers temps, aucun décès dans les familles portant un nom ressemblant au nom ci-dessus mentionné.


14 juillet 1888
Sapeurs-pompiers. - Par décret en date du 5 juillet 1888, ont été nommés :
1° Dans la compagnie de sapeurs-pompiers de Blâmont, MM. Delablaye, capitaine, Pierson, lieutenant ; Moitrier, sous-lieutenant


22 juillet 1888
Suicide. - On a trouvé le 19 juillet au matin, sur la voie ferrée, à deux kilomètres de la gare d'Avricourt, sur la ligne de Cirey, territoire d'Igney, le corps décapité d'un jeune homme, qui a été reconnu pour le nommé Alexandre Schwab, né à Sisdin, canton de Berne (Suisse). Il était en condition chez un cultivateur d'Igney, M. Cuny.
Schwab s'est suicidé pour un chagrin d‘amour, ainsi qu'il le déclare dans deux lettres qu'il avait écrites.
Il a attendu le passage du dernier train du 18 et s'est placé sur le rail à la sortie d'une tranchée, de telle sorte qu'on ne pouvait le voir facilement, en raison de l'heure, car il était 8 h. 1/2.
La levée du corps a été faite par la gendarmerie et le maire d'Igney. Le frère de ce jeune homme est instituteur à Sisdin.


29 juillet 1888
L'orage du 25 juillet. - [...] Les prés de Saint-Martin et Herbéviller ne forment qu'un vaste lac, et la route qui relie ces deux villages est submergée.


15 août 1888
Pexonne. - Une aventurière, se donnant pour une Léonie Brénot, d'Autrepierre, ayant reçu l'hospitalité au presbytère de Pexonne, où elle arrivait par un mauvais-temps et sous l'apparence d'une personne estropiée, a profité de la charité et du peu de méfiance de Simon, la bonne de M. le Curé, pour lui voler des effets d'habillement, estimés à 28 fr. 50.


22 août 1888
La gendarmerie de Blâmont a arrêté, à Repaix, la nommée Marie Brénot, auteur du vol d'habillement et d'argent commis au préjudice de la bonne de M. le curé de Pexonne.


30 août 1888
Un jeûne voleur, disant s'appeler Henri Lécolier, être âgé de 13 ans et natif de Raon-l'Etape, après avoir excité la pitié de M. Robert, cultivateur à Ogéviller, en lui racontant qu'il était orphelin et fatigué de mendier, s'est enfui du domicile de ce cultivateur qui lui avait offert du travail, en emportant divers vêtements estimés 30 fr.


11 septembre 1888
La laïcisation à Domèvre.
Domèvre-sur-Vezouze possède depuis 1847, une école maternelle communale dirigée par des religieuses de façon à mériter et obtenir sans cesse, aujourd'hui comme avant la confiance et la gratitude des familles. Cette année comme les précédentes, le Conseil municipal avait compris dans le vote du budget 700 francs pour traitement de la directrice soeur Zéphyrine. Aussi resta-t-il fort ébahi quand, trois semaines plus tard, le maire M. Gérardin, le convoqua pour avoir à annuler son vote, à cet égard, attendu que « la laïcisation s'imposait. »
Le Conseil compte douze membres. Neuf se rendirent à la séance. Quatre, y compris M. Gérardin, votèrent les conclusions du maire.
Non content de ce brillant, succès, le maire se signala dans cette même séance en rejetant avec dédain, et sans vouloir la lire ni en donner connaissance aux conseillers présents à qui elle était adressée, une pétition en faveur du maintien des Soeurs, très convenablement écrite, et signée par la très grande majorité des mères de famille de Domèvre.
Pourquoi donc M. le maire ne se permettrait-il pas ces petites fantaisies, puisque ses trois champions et lui possèdent des vertus spéciales pour faire et défaire des majorités avec 4 contre 5 et contre 8 ?
On l'a bien vu la semaine dernière, quand est arrivée de l'Académie la nomination d'une directrice laïque en remplacement de Soeur Zéphyrine.
Or, on ferait lever les épaules, aux Domévriens de toute opinion en leur disant que, sauf cinq ou six, ils ont désiré cette transformation, et à tous, sans exception, en leur disant que les Soeurs ont fait autre chose que du bien. Du reste, leur maire, bien entendu, n'agit que par ordre de ses supérieurs.
Quel journal réac disait donc ces jours, derniers qu'il était triste, honteux et surtout bête à la vraie République, dans sa onzième année, de vouloir se sauver à force de stupides tracasseries anti-religieuses en mettant à feu et à sang de paisibles communes, par les haines et la discorde qu'elle y sème à plaisir et en traitant comme un paria (ça se voit déjà un peu à Domèvre) quiconque ne baise pas la botte radicale.
Eh mais ! c'est la République française, journal resté fidèle à feu Gambetta, lequel disait un jour : « Le cléricalisme, voilà l'ennemi, » et vécut assez pour reconnaître qu'il avait dit une bêtise. (Journal de Lunéville.)


13 septembre 1888
Remoncourt. - Un inconnu a volé 3 chemises, valant 10 fr., à M. Hoen, brigadier des douanes.


20 septembre 1888
Avricourt (français), 19 septembre.
Le sieur Louis Wech, cuisinier, employé depuis douze ans au buffet de la gare d'Avricourt (allemand), a reçu l'ordre de quitter le territoire d'Alsace-Lorraine, attendu qu'il fait partie de l'armée française.
On croit que cette, mesure est une réponse à l'expulsion d'un garçon allemand du buffet d'Igney-Avricourt.


2 octobre 1888
La gendarmerie de Blâmont a dressé procès-verbal contre: M. Dieudonné, propriétaire à Barbas, dont le chien a été surpris chassant un lièvre dans la plaine.
M. Dieudonné n'a pas de permis de chasse. Ni, sans doute, son chien non plus.


3 octobre 1888
Commencement d'incendie. - Un commencement d'incendie s'est déclaré dans l'église de Domjevin, le 24 septembre, à neuf heures du soir.
Un bout de bougie qui avait servi à allumer une lampe, jeté dans un placard derrière le maître autel où se trouvent les habits sacerdotaux, a mis le feu à ces vêtements.
Au premier signal donné par le tocsin, les secours sont arrivés et le feu a été maitrisé.
Les pertes sont insignifiantes.


24 octobre 1888
Igney. - Des inconnus ont volé 100 têtes de choux, estimés 15 fr., au lieudit A la malade, dans des champs appartenant à M. Jambois, fermier, et situés à 300 mètres du village, près de la forêt qui s'étend vers Foulcrey.


6 novembre 1888
Domèvre-sur-Vezouze. - Les époux Mougeol, épiciers et entrepreneurs de broderies, sont inculpés d'escroquerie de la somme de 5,200 francs au préjudice de MM. Xilliez et Cie, banquiers à Blâmont.
Plainte a été portée par les chefs de ladite banque.


8 novembre 1888
Avricourt. - On écrit le 4 novembre à la Gazette de Metz :
« Hier après-midi, un jeune homme de 19 ans, fils du sieur A. Kiefer, aubergiste à Arzheim (Palatinat), a été arrêté par le gendarme Artmann, parce qu'il n'avait pas de papiers de légitimation. Après avoir été dépouillé d'un couteau et d'un revolver qu'il portait dans sa hotte, le jeune homme a été conduit dans la prison d'Avricourt, où il s'est
ouvert, avec les verres brisés de ses lunettes, les artères du cou et des deux bras. Le prisonnier, par suite de l'énorme perte de sang, n'a pas tardé à perdre connaissance. Un médecin, présent par hasard, a fait panser le blessé, qui a été transporté à l'hôpital de Sarrebourg. Ce matin, le père du jeune homme est arrivé à Avricourt. On a appris alors que le jeune homme avait volé à son père une somme de 200 m., avec laquelle il voulait déserter en France. L'état du jeune Kiefer est désespéré. »


28 novembre 1888
Assassinat. - On écrit de Barbas, le 24 novembre, à l'Express :
« Le village de Barbas vient d'être mis en émoi cet après-midi. Le sieur Angel, berger à Ancerviller, vieillard, à barbe blanche, a roué sa femme de coups dé bâton, et après l'avoir assommée, l'a piétinée. Dès-les premiers coups qu'elle a reçus sur la tête, la malheureuse femme a perdu connaissance ; puis, s'étant peu à peu ranimée après le départ de son mari, elle s'est traînée chez les les époux Hupon pour demander aide et assistance. Pendant ce temps, Angel se dirigeait à grands pas vers Blâmont, et allait se constituer prisonnier à la gendarmerie. Le juge de paix, accompagné de M. le docteur Hanriot, commis à cet effet, s'est transporté immédiatement sur les lieux. Le médecin a
constaté de nombreuses plaies à la tête et aux mains ; il a déclaré de plus que, vu la quantité des plaies et leurs dimensions, la femme Angel était en danger de mort. Le parquet a été aussitôt prévenu par dépêche. - Angel avait l'habitude de battre sa femme à tout propos, c'est pourquoi cette dernière lavait abandonné depuis quelque temps pour venir vivre prés de ses enfants à Barbas. Cette malheureuse est âgée de 62 ans. »

Un déserteur français. - Vendredi dernier, à 9 heures du matin, écrit-on à la Post, de Strasbourg, un déserteur français (cuirassier) de la garnison de Lunéville, en uniforme, est venu se présenter à Avricourt. Après avoir reçu du maire des vêtements civils, il a été remis en liberté.


6 décembre 1888
Ancerviller. - Un inconnu a volé chez M. Colin, propriétaire, une somme de 7 francs et 5 mouchoirs de poche estimés 2 fr. 50.


12 décembre 1888
Sur la plainte, de la dame Clémence Glaudel, gouvernante du curé de Leintrey ,la gendarmerie d'Igney-Avricourt a dressé procès-verbal contre le sieur Jean-Louis Poirson, âgé de 43 ans, maçon à Leintrey. Cet individu a pénétré, pendant la nuit, de vive force, dans la maison de cure, proférant des menaces contre le curé, heureusement absent.


15 décembre 1888
Barbas. - Un incendie dont on ignore la cause, s'est déclaré le 12 décembre, à trois heures du matin, au domicile de M. Charles
Barrier, ancien boulanger à Barbas.
La maison, à part un bâtiment situé derrière, a été entièrement détruite ; la toiture de la maison attenante, appartenant à M. Auguste Hainzelin, a été en partie incendiée.
Les pertes sont assurées.


20 décembre 1888
Frémonville. - Deux maisons, habitées par MM. Fuchs, douanier, Mercy, charpentier, et par Mme veuve Henry, propriétaire, viennent d'être la proie des flammes. On ignore la cause du sinistre. Les dégâts s'élèvent à 18,000 fr.


21 décembre 1888
Frémonville. - Voici de nouveaux détails sur l'incendie que nous n'avons fait, hier, que relater sommairement :
« A 4 heures 1/2 du matin, le village de Frémonville a été mis en émoi par le tocsin. Le feu venait de se déclarer, en effet, dans la maison du douanier Fuchs.
Celui-ci, entendant son chat miauler avec persistance, se leva et aperçut des flammes s'échappant de sa grange et de son écurie. Il ne fit qu'un bond dehors et appliqua une échelle contre le mur afin d'opérer le sauvetage de son père âgé de 79 ans et de ses enfants. L'escalier, en effet, n'était déjà plus praticable et menaçait de s'écrouler d'un instant à l'autre.
Au même moment, des crépitements successifs se faisaient entendre dans la maison. C'étaient le fusil et les cartouches du douanier qui faisaient explosion.
Pendant ce temps, les pompiers d'Harbouey faisaient tous leurs efforts pour circonscrire l'incendie, mais les flammes ne tardaient pas à gagner la maison de M. Mercy, charpentier. Celui- ci put également sauver sa femme, ses sept enfants et son bétail, mais sa maison ne tarda pas à s'écrouler.
Tout ce que les pompiers purent faire, ce fut d'empêcher le feu de se communiquer à la maison de Mme veuve Henry, que l'on préserva des flammes. »


22 décembre 1888
Repaix. - Le nommé Geoffroy, domestique chez M. Bonnetier, cultivateur, vient d'être arrêté pour avoir volé un paletot de drap à M. Godard, propriétaire, qui avait porté plainte du larcin à la gendarmerie de Blâmont.


25 décembre 1888
Blâmont. - Des escroqueries pour la somme de 161 fr. 50 ont été commises, au préjudice des époux Pérouff, facteur-chargeur à la gare, par deux alsaciennes, vraies ou fausses, l'une se disant la veuve Wachtel, l'autre la dame Kohler, qui ont séjourné un mois à Blâmont. Ce sont la mère et la fille. Celle- ci est partie pour Paris, sans acquitter ses dettes. La mère, retenue en gage à Blâmont, a dit : « J'ai une pension de deux mille francs, que mon beau-frère me fait. Il habite Berlin, et il est très ami avec M. de Bismarck. » Quel fonds de vérité y a-t-il dans ces paroles si singulières ? »


27 décembre 1888
Igney. - Un sieur Rudeau, charpentier, né à Hattigny (Lorraine allemande), s'est fait servir un copieux repas chez M. Depoutot, aubergiste, sans avoir de quoi payer. Il a été arrêté pour cette escroquerie et conduit à Lunéville, devant le procureur.

 

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