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5 janvier 1893
M. BARBIER, CURÉ DE VILLERS EN-HAYE.
Vendredi, 30 décembre, les paroisses de Villers en-Hay: et de
Rogéville rendaient les derniers honneurs à leur vénérable
pasteur, M. l'abbé Stanislas-Armand Barbier. Né à Blâmont, en
1813, le regretté défunt reçut, le 30 juin 1839, l'onction
sacerdotale des mains de Mgr Menjaud. Envoyé le 26 octobre
suivant au Petit-Séminaire de Pont à Mousson, il y professa les
lettres durant douze années; ses nombreux élèves, prêtres,
religieux et laïques, ont conservé de lui un souvenir
ineffaçable. Tous rendaient hommage à sa piété vive et austère,
à l'activité dévorante de sa vigoureuse nature, à la franchise
et à la loyauté de son caractère ; tous saluaient en lui l'homme
du devoir, l'observateur
scrupuleux de la règle. L'abbé Jeandel, alors supérieur de
l'établissement, remarqua le jeune professeur, l'honora de son
estime, et lui voua une affection qui ne se démentit jamais,
témoins les lettres nombreuses que lui écrivit plus tard, de
Rome, l'illustre Dominicain. M. Barbier fut ensuite,
successivement curé de Brin, de Petitmont et de Villers-en-Haye.
C'est dans cette dernière paroisse et dans celle de Rogéville,
qu'il a passé les vingt six dernières années de son long
apostolat. Jusqu'à la fin de ses jours, il est resté le même
prêtre, à la foi robuste, et au zèle infatigable. Comme il
l'avait maintes fois prévu et annoncé, il est tombé les armes à
la main, luttant pour son Dieu et pour le salut des âmes. Le
dimanche, 4 décembre, il chantait encore
la messe dans ses deux paroisses ; ce devait être, hélas ! pour
la dernière fois. Epuisé par ce suprême effort, il se vit
obligé, le lendemain, de garder la chambre ; un moment, il crut
que sa forte constitution triompherait du mal qui le minait
sourdement ; il se trompait : sa nature le trahit, les forces
l'abandonnèrent et après trois semaines de souffrances
supportées avec la plus chrétienne
résignation, le mercredi, 28 décembre, il rendait sa belle âme à
Dieu, et s'en allait, comme il le disait la veille, à quelques
confrères émus, chanter au ciel l'Alléluia de la délivrance.
Ses funérailles ont eu lieu le vendredi 30 décembre. Ce jour-là,
malgré la distance des lieux et les rigueurs de la saison, les
paroissiens de Rogéville vinrent, en très grand nombre répandre
leurs prières et leurs larmes sur le cercueil de celui qu'ils
appelaient, à si juste titre, leur « bon père Barbier ». Vingt
prêtres accompagnaient le convoi funèbre, rendant un suprême
hommage au confrère dévoué, au digne prêtre qu'ils estimaient et
aimaient, unissant leurs regrets et leurs voeux à ceux des deux
paroisses en deuil. La levée du corps fut faite par M. le
Supérieur du Petit-Séminaire ; la messe,
chantée par M. le curé de Rosières-en-Haye ; l'éloge funèbre,
prononcé par M. le curé-doyen de Liverdun. C'est M. Marchai,
curé de Dieulouard, qui fit l'absoute et conduisit au cimetière
la dépouille mortelle de son vieil ami. Et maintenant le digne
pasteur repose en paix au milieu de ses paroissiens.
Nous pouvons le répéter avec ses supérieurs : il a fourni une
longue carrière, remplie de bonnes oeuvres et chargée de
mérites. Sans doute, dans l'exercice de son ministère, il n'a
pas toujours su réprimer certaines vivacités de caractère ;
comme le soldat, dans les ardeurs de la lutte, il a pu dépasser
le but, et se laisser entraîner à des intempérances de zèle ;
mais comme le disait M. l'abbé Mirguet dans son éloquent
discours, quelle âme loyale et vraiment chrétienne pourrait lui
en faire un reproche sérieux ? D'ailleurs, ces imperfections qui
étaient des conséquences, pour ainsi dire inévitables de sa
bouillante nature, ne les a-t-il pas rachetées par les
austérités de sa vie, par les oeuvres si nombreuses de son zèle
et de sa charité ? Et, en effet, pour assurer le service
religieux dans ses deux paroisses pour distribuer à tous le pain
de la parole divine, faciliter la réception des sacrements,
encourager les malades et les préparer à mourir saintement, que
de fatigues et de courses ne s'est-il pas imposées !
Trois ou quatre fois par semaine, toujours à pied et malgré le
mauvais temps, il allait à Rogéville, faire le catéchisme aux
enfants, célébrer le Saint-Sacrifice, entendre les confessions,
et pendant le Carême, le mois de mai, le mois d'octobre,
présider lui-même les pieux exercices du soir. Les dimanches et
jours de fête, après avoir chanté les vêpres à la paroisse, il
les chantait une seconde fois à l'annexe, se dépensant, se
surmenant dans l'intérêt des âmes qui lui étaient confiées. Pour
embellir et orner ses deux églises, il a dépensé beaucoup
d'argent, et que de larges aumônes faites aux pauvres
nécessiteux de ses paroisses I Plusieurs fois, à défaut d'une
pièce de monnaie, il leur a même donné une partie de son linge
et de ses vêtements.
« Je n'ai plus un sou, disait-il de temps à autre à ses intimes
; mais je compte sur la Providence; elle ne m'a jamais
abandonné. »
Ces paroles, il a pu les redire avant de mourir, car il n'a rien
laissé. Ses paroissiens s'en doutaient bien ; aussi, dans un
élan spontané du coeur, ils ont voulu supporter eux-mêmes les
frais des funérailles de leur regretté pasteur.
Qu'ils en soient bénis et qu'ils se consolent dans leur douleur
car toutes les bonnes oeuvres de ce saint prêtre le suivent au
delà de la tombe, et la Providence sur laquelle il a tant
compté, ne les laissera pas sans récompense. Leur bon père n'est
plus sur la terre, mais il vit dans les ceux pour les protéger
encore, pour les aimer toujours.
L'abbé J. DOYOTTE.
1er février 1893
Lorquin. - Nous avons parlé hier d'un cadavre, trouvé sur la
neige, près de Blâmont. On écrit à ce propos au Lorrain :
« Le nommé Joseph Béna, de Lorquin, vient de trouver la mort
dans de bien tristes circonstances. Se trouvant à Blâmont
(Meurthe et-Moselle) et voulant retourner chez lui, il s'est
égaré, a traversé la rivière gelée en ce moment et est venu
tomber, pour ne plus se relever, dans le jardin de M.
Reinstadler, pharmacien.
Le corps de Béna a été retrouvé par hasard jeudi dernier par des
ouvriers qui déblayaient la neige. Le décès pouvait remonter à
quinze jours, au dire du médecin qui a constaté la mort. La
famille de Béna, non prévenue à temps, n'a pu réclamer le corps.
L'inhumation a été faite à Blâmont samedi. Le pauvre malheureux
ne jouissait pas de ses facultés mentales. Dénué de ressources,
il n'en portait pas moins trois bagues en or. J. G. »
24 février 1893
Igney. - L'instituteur, âgé de 49 ans, vient d'être arrêté pour
attentats à la pudeur sur des enfants âgés de 6, 9 et 10 ans.
Cet homme est marié et père de trois enfants.
25 février 1893
Leintrey. - Un incendie, dont la cause est inconnue, a éclaté le
21, à quatre heures du soir dans la ferme de la Haute-de-Sérôlles,
écart de la commune, exploitée par. M.Delus, et appartenant à M.
Lhuillier, hôtelier à Morhange (Lorraine allemande).
Les dégâts causés au bâtiment sont estimés de neuf à dix mille
francs. Les pertes en fourrages et outillage agricole, ainsi
qu'en linge et en mobilier, sont pareillement considérables,
sans qu'on puisse nettement en Indiquer le chiffre. A
l'exception du bétail, qu'on a pu sauver, presque tout est
détruit.
On avait fait une vente ce jour là dans la ferme, et il n'y
avait pas eu moins de cent personnes présentes. On pense que
c'est quelque fumeur, ayant assisté à cette vente, qui aura mis
le feu accidentellement en jetant une allumette dans les pailles
ou fourrages remisés derrière la grange, là précisément où s'est
trouvé le foyer de l'incendie, qui a promptement envahi la ferme
aux quatre coins.
11 mars 1893
Nonhigny. - M. Humbert, cultivateur, a fait une chute de voiture
en revenant de Blâmont, et s'est fracturé le poignet droit. Il a
reçu les soins de M. le docteur Henrion, de Blâmont.
Igney. - M. Thiébaut, 24 ann, homme d'équipe, a été tamponné
entre deux wagons en manoeuvre. Il a eu l'épaule droite
fortement contusionnée. On l'a transporté à l'hôpital de
Lunéville.
6 avril 1893
Vého. - Un inconnu a volé à M. Rossemann, maréchal-ferrant,
quatre oies estimées 16 fr. Il est probable que c'est aussi le
même malfaiteur qui a volé à M. André, tisserand, six poules,
estimées 15 fr.
7 avril 1893
Accident - M. S..., lampiste à Igney- Avricourt, a eu, mercredi,
la jambe coupée par le train de Nancy à Strasbourg.
Il a été transporté à l'hôpital de Lunéville où il a expiré dans
la journée.
8 avril 1893
Avricourt. - M. Schimpf, 25 ans, lampiste à la gare, a été
renversé par la machine allemande qui amenait.la correspondance
au train français en partance pour Nancy. On l'a relevé avec la
jambe gauche coupée, et de
nombreuses lésions internes. Avec toutes sortes de précautions,
on le plaça dans le train, pour le conduire à l'hôpital de
Lunéville, où il expira peu d'instants après son admission.
C'était un bon employé, bien noté à la Compagnie. Déjà son père,
chef de train, avait été écrasé dans les mêmes circonstances, à
Pagny-sur-Meuse.
11 mai 1893
Autrepierre. - M. Engel, berger, a porté plainte contre un
domestique en fuite qui lui a volé une montre en argent, estimée
45 francs.
14 mai 1893
Nécrologie. - On annonce de Blâmont, que M. Vanier, notaire en
cette ville, et suppléant du juge de paix, est mort subitement
jeudi, vers huit heures du matin.
17 mai 1893
Emberménil. - Un incendie, dont la cause est inconnue, a détruit
un hangar en planches de M. Knoetgen, potier. La perte est
évaluée
à 2,000 fr.
TRIBUNAL CORRECTIONNEL. [...]
Incendie par imprudence. - Alphonse Masson, âgé de 13 ans,
demeurant chez ses parents à Herbéviller, se promenait le long
d'une sapinière, appartenant à M. Georgel, avoué à Nancy. Il
fumait crânement un cigare, dont il jeta les débris enflammés
dans l'herbe sèche. L'incendie se déclara presque aussitôt.
Lorsque Masson s'aperçut de son étourderie, il essaya d'arrêter
les progrès du feu et se brûla grièvement aux pieds.
Le tribunal acquitte le prévenu comme ayant agi sans
discernement et recommande au père de mieux surveiller son fils.
24 mai 1893
Accident. - M. Colin, voiturier à Blâmont, traversait cette
localité, conduisant une voiture, lorsqu‘un jeune enfant, âgé de
2 ans, Camille Aubry qu'il venait de dépasser, tomba sur la
chaussée et roula sous les roues de la voiture.
Aux cris poussés par l'enfant, M. Colin arrêta sa voiture, mais
le jeune Aubry avait été atteint par une roue et avait le bras
droit fracturé.
25 mai 1893
Saint-Sauveur. - La gendarmerie de Badonviller vient d'arrêter
pour délit de vol un jeune parisien, âgé de 14 ans, domestique
chez M. Richy, sagard à Bionville. Il avait pris la fuite, mais
on l'a découvert sur le territoire de Pierre-Percée. Auparavant,
il avait déjà volé une montre à Autrepierre, où il était
domestique du berger. C'est un vagabond qui tour à tour s'est
donné les noms de Franck et de Bontemps.
28 mai 1893
Repaix. - Un inconnu à mutilé, dans un pré de M. Usselmann, au
lieudit Haut de Blâmont, 12 pruniers et 2 poiriers, estimés 30
fr.
7 juin 1893
Une pauvre veuve, ayant quatre enfants en bas-âge, espérant
améliorer sa situation en rentrant dans sa famille en Alsace,
avait obtenu du Comité d'Alsace-Lorraine de lui payer le voyage.
Elle se crut sauvée ; mais sa joie fut de courte durée, A
Deutsch-Avricourt on lui signifia, après avoir télégraphié au
Kreisdirector, qu'il lui fallait retourner en
France, et elle fût reconduite à Avricourt.
Pourquoi ? Parce que ses quatre enfants sont des garçons, et
qu'on ne veut point de Français, même si jeunes, dans les
provinces annexées. La mère aurait pu passer, mais sans ses
petits.
La famille est revenue à Nancy par le train de minuit et, ne
sachant où aller à cette heure, a passé la nuit - la nuit froide
de lundi à mardi, à la belle étoile.
La préfecture et la municipalité n'auront elles pas pitié de ces
malheureux ?
16 juin 1893
Déserteur allemand. - Mercredi, un soldat appartenant à un
régiment d'infanterie allemande s'est présenté à la gendarmerie
d'Igney.
Ce militaire a été aussitôt dirigé sur Nancy et mis à la
disposition de l'autorité militaire. Il a demandé à contracter
un engagement
dans la légion étrangère.
27 juin 1893
Verdenal. - Plusieurs cas de fièvre aptheuses viennent d'êtré
signalés parmi le bétail. Toutes les mesures de précautions ont
été prises.
2 juillet 1893
- On écrit de Blâmont :
« Mercredi dernier, à 6 h. du soir, un violent orage s'est
abattu sur notre ville, la grêle a dévasté la moitié des
récoltes, les vignes, qui promettaient une belle vendange, ont
été fortement endommagées, les houblonnières aussi ; mais sur
les territoires de Verdenal, Chazelles, Autrepierre et Gondrexon,
cela a été pour ainsi dire entièrement saccagé; la population
des campagnes est dans la désolation la plus complète, ayant
fait une maigre récolte de fourrages, elle comptait se rattraper
sur les grains, mais l'espérance cette fois, était encore vaine.
»
18 juillet 1893
Blâmont. - La fièvre aphteuse à été constatée sur plusieurs
bestiaux appartenant à des habitants de la commune de Blâmont.
Les mesures nécessaires pour empêcher la propagation de la
maladie ont été prises par la municipalité.
23 juillet 1893
Tentative de vol dans deux églises. - Le 16 courant, vers cinq
heures du matin, le sieur François Lartisant, maréchal-ferrant
et sonneur de cloches à Gondrexon, étant allé sonner l'Angélus,
remarqua que quatre carreaux d'un vitrail peint avaient été
brisés.
Supposant que des voleurs avaient pénétré dans l'église, il
regarda dans l'armoire où sont renfermés les vases sacrés et
constata que rien n'avait été dérobé. Le ou les voleurs, qui en
voulaient probablement aux troncs, n'en ayant pas trouvé dans
l'église, se sont retirés sans rien emporter.
La même nuit, c'est-à-dire la nuit de dimanche à lundi, une
tentative semblable a été faite à l'église de Chazel. Trois
carreaux d'un vitrail ont été brisés; le grillage en fil de fer
servant à protéger ce vitrail, a été arraché; mais rien n'a été
dérobé dans l'église.
La gendarmerie de Blâmont, prévenue, a ouvert une enquête; mais,
malgré les recherches les plus actives, elle n'a pu jusqu'ici
découvrir les auteurs de ces tentatives criminelles.
28 juillet 1893
Blémerey. - Une maison appartenant à M. Rousselot à Blemerey, a
été incendiée. Les habitations voisines sont endommagées pour
400 fr. environ. Les pertes totales s'élèvent approximativement
à 5 300 fr. Assurance, 4,700 fr.
10 août 1893
Franconville. - M. Poirot, cultivateur, travaillait à la
réparation de son grenier à fourrage, quand une poutre de la
charpente est tombée, après une secousse qu'elle avait reçue.
Dans sa chute, cette poutre a frappé un domestique, et l'a tué
raide. Rien ne faisait prévoir un pareil accident. L'infortuné
domestique était de Blâmont, et se nommait Emile. M. Poirot ne
l'avait à son service que depuis 8 jours.
15 août 1893
Blâmont. - M. Malgras, garçon brasseur chez M. Baumgarten, en
faisant sa tournée dans les communes, a eu sa voiture projetée
sur le sol, à l'entrée dû village de Montreux. Il a reçu deux
plaies au côté gauche et de fortes contusions.
18 août 1893
Incendie à Emberménil. - Un incendie dont les causes sont
présumées accidentelles a détruit dans la matinée du 13 août une
maison d'habitation appartenant à M. Mercy, cabaretier. Cette
maison, qui est construite en planches, se trouve à 100 mètres
environ de la gare d'Emberménil. Les pertes, couvertes par une
assurance, s'élèvent à 3 000 fr. environ.
10 octobre 1893
Un coup de battoir. - Mlle Marie Rauch, de Blâmont, âgée de 14
ans, gymnaste ambulante, se présentait au lavoir et demandait
poliment aux laveuses une place pour laver son linge.
On lui indiqua une place vacante et elle s'y installa ; elle y
était à peine depuis quelques minutes, quand survint Mme
Henriquel qui, sur le refus de Mlle Rauch de quitter sa place,
lui porta un violent coup de battoir à la figure.
Mlle Rauch tomba évanouie, perdant le sang en abondance et
lâchant une robe et une chemise qui furent entraînées par le
courant.
12 octobre 1893
Coups et blessures. - La gendarmerie de Badonviller a ouvert une
enquête au sujet de blessures faites à Mlle Fanny Martin, âgée
de 46 ans, par son frère Lucien Martin âgé de 41 ans,
journalier, demeurant tous deux à Montreux.
Lucien Martin, qui s'était ennivré avec du jus de mirabelle: en
fermentation, alla trouver sa soeur et lui dit à brûle-pourpoint
: « Je te descendrai et moi ensuite ! » Puis il la saisit par
les cheveux et lui heurta violemment la tête plusieurs fois
contre le mur. Pendant qu'il maltraitait ainsi sa soeur, dont le
sang coulait du visage et de plusieurs blessures à la tête, lès
habitants du voisinage accoururent et furent obligés de
garrotter Martin pour l'apaiser.
Les blessures de Mlle Martin n'ont aucun caractère de gravité.
19 octobre 1893
Enfant brûlée vive. - Le 16 octobre, la jeune Louise Louviot,
âgée de 10 ans, demeurant chez son père, journalier à Blâmont,
est morte à la suite de brûlures occasionnées par la chute d'une
lampe à pétrole allumée.
26 octobre 1893
LE COLONEL DE MARIONNELZ
Le nouveau colonel du 44e régiment d'infanterie, M. de
Marionnelz (Joseph-Arthur), est, né le 13 août 1838, à Verdenal
(Meurthe).
Élève à l'Ecole spéciale militaire le 4 novembre 1856, puis
sous-lieutenant au 58e régiment d'infanterie de ligne le 1er
octobre 1858, M. de Marionnelz s'embarqua pour l'Afrique le 19
avril 1859. Il fit donc ses premières armes en Algérie, où on le
nomma sous-lieutenant de voltigeurs le 5 octobre 1861...
Le 30 août, jour de la bataille de Mouzon, le 58e de ligne
(colonel Dulyon de Rochefort) traverse le premier la Meuse,
suivi par le 79e. Ces deux régiments se portent au pas de course
au-devant des troupes du 5e corps,qui viennent d'être surprises
à Beaumont.
A trois kilomètres de Mouzon, le 58e, qui tient toujours la tête
de la colonne, arrive au pied d'une colline boisée.
Au commandement de : « En avant ! » poussé par le colonel, les
soldats de ce régiment gravissent la pente très escarpée de
cette colline.
Mais les Prussiens nous avaient devancés. Ils occupaient toutes
les hauteurs, et nos braves soldats, au moment où ils s'y
attendaient le moins,furent fusillés à bout portant,par un
ennemi invisible. En vain, le 58e voulüt se défendre : il lui
fallut abandonner la position. Parmi les blessés, figurait le
capitaine de Marionnelz, qui avait reçu un coup de feu à la
jambe gauche.
Cette blessure lui permit d'échapper au désastre de Sedan et de
concourir à la défense de Paris avec le 119e de ligne, auquel il
fut affecté à la fin du mois d'octobre, dès que sa blessure lui
permit de marcher.
Le capitaine de Marionnelz assista aux batailles livrées sur les
bords de la Marne les 30 novembre et 2 décembre. Il reçut la
croix de chevalier de la Légion d'honneur le 18 décembre 1870
(rang du 8 du même mois).
Capitaine adjudant-major à la date du 21 mai 1872, M. de
Marionnelz quitta le 119e au mois d'octobre de l'année suivante
pour venir exercer les mêmes fonctions au 129e de ligne.
Promu chef de bataillon au 97e de l'arme le 26 octobre 1880 et
lieutenant-colonel du 23e le 28 décembre 1889, M. de Marionnelz
reçut la décoration d'officier de la Légion d'honneur, au titre
de ce dernier régiment, par décret du 9 juillet 1892, Cet
officier supérieur comptait à ce moment trente-deux ans de
services, six campagnes et une blessure de guerre.
A la date du 2 octobre 1893, M. de Marionnelz vient d'être
choisi pour commander le 44e régiment d'infanterie. (France
militaire.)
7 décembre 1893
Vého. - M. Gérardin, cultivateur, a porté plainte contre un
manoeuvre qui l'a frappé d'un coup de couteau à la figure,
pendant qu'il était avec des camarades à l'auberge de M. Allain.
On a aussitôt désarmé le furibond, qui pouvait faire d'autres
victimes
14 décembre 1893
Vaucourt. - Les gendarmes de la brigade d'Igney-Avricourt ont
rencontré, le 4 décembre, une troupe de quatre hommes et quatre
femmes qui campaient sur le territoire de Vaucourt, à la lisière
du bois de Tilleul. Ces nomades, qui avaient été refoulés par la
gendarmerie allemande, suivaient la frontière depuis Lagarde et
ont tenté de pénétrer sur le territoire français, en face de
Vaucourt ; mais, à la vue des gendarmes franfais, ils se sont
repliés sur Lagarde.
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