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4 janvier 1873
Par arrêté préfectoral, le débit de boissons tenu à Domjevin par
le sieur Courtois, a été fermé.
18 janvier 1873
Dans la nuit du 9 au 10 courant, une meule de gerbes d'avoine,
estimée 750 fr., appartenant à M. Isidore Petit, cultivateur à
Verdenal, est devenue la proie des flammes. Les causes de cet
incendie sont présumées accidentelles. L'assurance couvrira les
pertes.
1er mars 1873
La nommée S., coquetièré à Leintrey, fera un mois de prison,
parce que pensant dépister l'espion elle cachait la contrebande
sous les pains de
beurre.
Un an de prison, 2,200 fr. d'amende non compris le double
décime, un an de contrainte par corps, ont été infligés au nommé
Paquotte, journalier à Moussey, pour avoir dirigé la bande que
nos douaniers ont dispersée près de Xousse, dans la nuit du 14
au 15 de ce mois, et à laquelle ils ont pris 800 kilogr. de
tabac.
9 mars 1873
On nous écrit de Barbas que le sieur Joseph Boura, manoeuvre à
Harbouey, a été trouvé sans vie dans un champ de blé situé près
du chemin vicinal de Blâmont à Harbouey.
Il résulte de l'enquête qui a été faite que cette mort est
attribuée à une congestion cérébrale déterminée par l'abus-de
boissons alcooliques.
23 mars 1873
Mercredi entre 8 et 9 heures du soir, le sieur Chamagne fils, de
Dombasle, a été frappé chez lui par des contrebandiers. Il est
mort à 3 heures du à la suite de ses blessures
Deux des assassins ont été arrêtés à Herbéviller par la
gendarmerie de Saint-Nicolas.
25 mars 1873
L'inauguration du chemin de fer de Nancy à Château Salins reste
toujours fixée au 1er avril.
Les travaux préliminaires pour la reconstruction de la gare d'Avricourt
avancent rapidement.
(Courrier.)
8 avril 1873
On nous signale de Blâmont le suicide par strangulation de la
femme Joséphine Vigneron, boulangère à Ogéviller.
Cette malheureuse était âgée de quarante-sept ans ; elle ne
jouissait pas de ses facultés mentales et avait déjà, à
différentes reprises, manifesté le désir de mettre fin par la
mort à ses souffrances morales.
12 avril 1873
On nous écrit de Blâmont qu'un incendie attribué à des causes
accidentelles a complètement détruit un moulin ainsi, qu'un
bâtiment qui l‘avoisinait, appartenant à M. Joseph Claude,
meunier à Barbas.
Les pertes sont évaluées à 5,500 fr., dont la plus grande partie
au compte de l'assurance.
20 avril 1873
On dit qu'un train a déraillé jeudi soir en gare d'Avricourt,
par suite d'une fausse manoeuvre ; quatre voyageurs ont été
blessés à la tête.
1er juin 1873
Mercredi matin, la police de la frontière a arrêté à la gare d'Emberménil
la fille X..., qui s'était enfuie de Paris après avoir dévalisé
les personnes chez lesquelles elle était en service. On a trouvé
sur elle une somme de 1,200 francs, des bijoux et d'autres
objets qu'elle avait volés.
11 juin 1873
La foudre est tombée dernièrement sur l'église d'Emberménil et a
causé quelques dommages aux ornements renfermés dans une armoire
de la sacristie.
27 juin 1873
Le 21 courant, vers 9 heures du soir, un employé allemand des
chemins de fer d'Alsace a eu la tête broyée, près de la gare d'Avricourt.
Ce malheureux dormait sur une voie de garage, la tête appuyée
sur le rail, au moment où le train français 89, après avoir subi
les opérations de douane, l'a atteint en refoulant sur cette
voie. La mort a été instantanée.
3 juillet 1873
Samedi dernier, vers sept heures du soir, la veuve Roch
(Antoine), habitant la commune d‘Igney, a trouvé sur la route
départementale, entre cette dernière commune et la gare d'Avricourt,
un carnet de notes renfermant aussi des billets de banque d'une
valeur de cent soixante francs qu'elle a apporté immédiatement à
la mairie d'Igney, où
ils sont à la disposition du propriétaire. Ce trait est d'autant
plus honorable que cette veuve n'a que son travail pour élever
sa nombreuse famille.
11 juillet 1873
EN ALSACE-LORRAINE.
NOTES DE VOYAGE.
Strasbourg, juin 1873.
Vous m'avez demandé de visiter notre chère Alsace-Lorraine, et
de vous dire ce que devenaient, séparés de nous, les frères que
nous avons perdus. Douloureuse et grave mission ! Arrivé ce
matin à Strasbourg, je veux dès aujourd'hui recueillir
quelques-unes des impressions que j'ai ressenties depuis le peu
de temps que je suis en Alsace.
Quand le train venant de Paris entre dans la gare d'Avricourt,
maintenant dernière station française et première station
allemande, il est difficile à un coeur un peu français de ne pas
se serrer. Un simple coup d'oeil sûr les wagons à marchandises
qui se trouvent sur les voies de garage en dit plus qu'un long
discoure. Les mots Elsass-
Lothringen (Alsace-Lorraine) tracés sur ces wagons, ne sont-ils
pas la constatation de nos revers inouïs et du déchirement de la
patrie? Et ces autres mots, inscrits au-dessous des premiers :
32 Mann, 6 Pferde (32 hommes, 6 chevaux), qui indiquent, ici
comme au-delà du Rhin, le nombre de soldats où de chevaux que le
wagon à marchandises peut contenir en cas de besoin, ne nous
montrent-ils pas en même temps à quel point la puissance qui
nous a démembrés se tient toujours prête à la guerre ?
J'en étais la ce matin de mes réflexions, lorsque le train s'est
arrêté et que les portières se sont ouvertes. Ce n'était plus à
nos employés de la Compagnie de l'Est que j'avais affaire; les
employés allemands étaient là sur le quai, auprès de notre
train, avec leur uniforme militaire, bleu foncé, liséré de rouge
et à double rang de boutons blancs; sur la casquette, la cocarde
de l'Empire allemand, noire, blanche et rouge, surmontée, comme
signe de l'emploi, d'une roue ailée. Je me trouvais-bien
décidément dans le « nouveau pays d'Empire ».
Au sortir de la baraque en planches où les employés de la douane
allemande visitent les bagages, je lève les yeux : le drapeau
rouge, blanc et noir, flottait au-dessus de ma tète. A quelques
pas, un fantassin brunswickois montait la garde. Le duc de
Brunswick a obtenu de son suzerain que son unique régiment
d'infanterie, actuellement en garnison à Phalsbourg et à
Saverne, conservât son uniforme, très diffèrent de l'uniforme
prussien. Ce n'est donc pas le casque à pointe qui s'offre le
premier aux regards dans le pays conquis, mais le shako noir à
bande bleue dont le sombre plumet retombe sur la visière.
L'uniforme tout noir à brandebourgs des Brunswickois, agrémenté
sur l'épaule d'une patte bleue, n'est pas sans étonner ceux qui
ont fait connaissance, dans les pays envahis, avec les costumes
de l'armée allemande.
La première station après Avricourt est Réchicourt le-Château,
qui aujourd'hui, naturellement, est décoré d'un nom allemand,
Rixingen, peint en grosses lettres sur le bâtiment de la gare, «
Rixingen! Rixingen! » crie le conducteur du
train. Sur l'écriteau où naguère on lisait : Sortie, on voit
maintenant le mot : Ausgang. [...]
27 juillet 1873
Metz, 20 juillet. - L'évacuation du territoire français ayant
lieu plus tôt qu'on ne l'avait prévue, la construction de la
gare d'Avricourt sera accélérée en conséquence. Les bureaux
allemands pour les services ou chemin de fer, des douanes et de
la poste s'étaient installés dans la partie de cette localité,
qui appartient à la France. Le gouvernement allemand se voit
dune obligé de construire une station frontière sur la nouvelle
frontière entre Avricourt et Richecourt ; c'est une entreprise
unique dans son genre, car il s'agit d'élever un village dans un
endroit où jusqu'à présent il n y avait aucune trace de
construction. Le plan contient environ 40 bâtiments formant
trois rues, c'est à dire tous les bâtiments principaux et
secondaires d'une grande gare de chemin de fer, un hangar pour
les marchandises en douane, des bureaux, un bureau de poste, de
nombreuses maisons pour tout le personnel des employés
supérieurs ou subalternes, ainsi qu'une église et une école.
Toutes ces constructions seront en rapport avec l'importance
d'une telle station frontière entre l'Allemagne et la France.
Nous apprenons que, dans un an, les bâtiments principaux seront
achevés. Jusqu'à l'achèvement complet, il se passera bien trois
ans. On compte que, pendant ce temps, un certain nombre d'hommes
d'affaires et de particuliers s'établiront autour de la nouvelle
station.
(Schw. M.)
8 août 1873
On écrit de Blâmont, le 1er août, au Journal de Lunéville.
«Rendus à nous-mêmes, le moment est venu, je crois, de signaler
à la reconnaissance publique ceux qui, pendant ces trois années
de misère, se sont spécialement signalés par leur dévouement
» Je ne serai démenti par aucun habitant de Blâmont, j'en suis
bien sûr, lorsque je nommerai
entre tous M. le maire de cette ville, qui a su constamment
faire face à toutes les difficultés, a éprouvé sans se
décourager tous les ennuis, et a préservé par sa rare prudence
ses administrés des calamités dont bien d'autres villes n'ont
pas été exemptes.
Honneur donc à lui !
» Je tenais à lui rendre publiquement ce témoignage de ma
respectueuse sympathie, partagée au surplus par tous ses
administrés. »
Un habitant de Blâmont.
24 août 1873
Par arrêté préfectoral, le débit de boissons du sieur Joseph
Jaegert, à la gare d'Avricourt, et celui de la dame veuve Larue,
née Marie Brincard, à Ogéviller, seront fermés pendant trois
mois, à dater de la notification qui leur sera faite du présent
arrêté.
Les deux débitants ont enfreint les règlements sur l'heure de
fermeture des lieux publics.
11 octobre 1873
On écrit d'Herbéviller qu'un incendie qui aurait pris naissance
dans un four adossé à une grange, a réduit en cendres une écurie
et des engrangements appartenant à M. Didier, boulanger en cette
commune.
Les pompiers de Saint-Martin, en tète desquels on remarquait le
maire de la commune, arrivérent presque aussitôt sur le lieu du
sinistre, et c'est grâce à la promptitude des secours qu'on a pu
concentrer en peu de temps les flammes dans leur foyer primitif
et préserver les bâtiments voisins.
30 novembre 1873
Vendredi matin on a arrêté, à Emberménil, un jeune domestique
anglais qui se trouvait dans le train-poste, et qui avait
soustrait la veille, au cercle américain à Paris, une somme de
7,000 fr. Le coupable a avoué son vol. On a retrouvé sur lui la
somme presque intacte.
20 décembre 1873
Un détachement du 69e de ligne, fort de 30 hommes et d'un
officier, quittera Baccarat le 21 décembre, arrivera à Lunéville
le même jour et se rendra à Nancy le 22, son lieu de
destination.
Un autre détachement du même régiment quittera Blâmont le 21
courant et arrivera à Nancy le lendemain.
Une section du 69e de ligne, forte d'environ 30 hommes, sous le
commandement d'un officier, quittera Baccarat le 20 décembre
pour se rendre à Blâmont où elle arrivera dans la même journée. |