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Journal - La Presse du jour

 

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Presse - L'Espérance, courrier de Nancy - 1885
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5 janvier 1885
Un incendie s'est déclaré le 29 décembre, vers midi, au domicile de MM. Idoux, propriétaire et M Enel, berger à Réclonville. Deux maisons construites en pierres, composées chacune de deux chambres et de dépendances ont été complètement détruites. Le feu a été combattu par les habitants de la commune et par les pompiers d'Ogéviller et de Pettonville. Les pertes s'élèvent à 5,000 fr. ; l'assurance à 5,000 fr. Les causes de l'incendie sont attribuées à un vice de construction dans une cheminée.


23 janvier 1885
Nomades. - Deux individus accompagnés de trois femmes et d'une bande d'enfants, ayant avec eux deux ours, se sont présentés â la douane allemande, à Avricourt, ces jours passés et cherchaient à s'introduire sur le territoire français, en passant par Igney ; ils ont été repoussés par le personnel de la brigade.
Ces nomades sont retournés à Avricourt et chercheront probablement à s'introduire en France par un autre point.
Les brigades de Blâmont, Cirey, Badonviller, Lunéville et Arracourt sont prévenues pour empêcher leur entrée.


25 janvier 1885
On signale la mort subite du sieur François Guénaire, âgé de 76 ans, cultivateur à Nonhigny, mort attribuée à une hémorragie interne.

Le nommé Joseph S..., né à Ridzeltz (Alsace-Lorraine), domestique à Blâmont, a été arrêté pour vol et écroué à la maison d'arrêt de Lunéville.


12 février 1885
La gendarmerie de Walscheid vient d'escorter à Sarrebourg un de ces individus qui s'introduisent dans les maisons et demandent l'aumône presque la menace à la bouche. Cet individu sera sans doute réintégré dans son pays, à Frémonville, aux environs de Blâmont.


28 février 1885
Nous apprenons le mariage de M. Henri Hanriot, docteur en médecine à Blâmont, avec Mlle Marie Batho, fille de M. Alphonse Batho, licencié en droit, à Cirey-sur-Vezouze. M. H. Hanriot est originaire de Lucy (Lorraine), où habitent encore ses parents, M. et Mme François Hanriot.


20 mars 1885
TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE LUNÉVILLE.
Audience du 4 mars 1885.
Simon Jean, 26 ans, né à Colmar, est poursuivi pour infraction à un arrêté d'expulsion.
Expulsé de France il y a trois ou quatre jours, il est rentré et s'est présenté à la gendarmerie d'Igney.
Simon, qui est un patriote, ne veut pas rester en Alsace. Malheureusement il a subi trois condamnations, et le séjour de la France lui est interdit.
- Si on n'avait pas vendu mon pays en 70, déclare-t-il, je pourrais rester chez moi.
- Alors, lui dit le président, c'est par patriotisme que vous voulez aller en prison.
Le tribunal le condamne à 3 mois, Il aura la satisfaction de les passer en France.


5 avril 1885
Sapeurs-pompiers. - Par décision du 23 mars 1885, sont nommés à la compagnie des sapeurs-pompiers de Blâmont : capitaine, M. Gorius-Mézières ; lieutenant, M. Delabbeye, Jules; sous-lieutenant, M. Pierson, Victor.


9 avril 1885
M. Wormser, marchand de bestiaux à Blâmont, la victime de l'accident survenu à la gare de Nancy il y a trois mois, a survécu à ses horribles blessures ; il a subi avec un plein succès l'amputation d'un bras et d'une jambe, et une opération chirurgicale très douloureuse au pied droit. C'est grâce aux bons soins de M. le docteur Bernheim, et aussi à un tempérament robuste que M. Wormser a guéri aussi rapidement. M. Wormser sortira prochainement de l'hôpital civil ; pendant tout le temps qu'il y a passé, sa famille ne l'a pas quitté.
Jour et nuit, ses deux frères et sa femme se relayaient à son chevet. L'infortuné mutilé ne s'est pas trop affecté de sa situation et il s'estime encore heureux d'avoir conservé la vie. (Impartial.}


23 avril 1885
Incendie. - Un commencement d'incendie s'est déclaré, le 18 avril, à Igney, dans une maison appartenant à Mme veuve Bouvard, aubergiste. Le feu a pris entre le plafond du rez-de-chaussée du bâtiment et le plafond du premier étage, non loin d'une cheminée. Il a été éteint par Mme Bouvard et par plusieurs de ses locataires. Les pertes s'élèvent à 300 francs ; il y a assurance.


29 avril 1885
Un incendie dont les causes sont restées inconnues a détruit deux hectares de forêt appartenant à la commune de Montreux. Pertes approximatives : 200 fr., non assurées.


15 mai 1885
MORT DE JORNÉ VIARD.
Lundi matin est décédé, à l'hospice Saint-Julien, un des pensionnaires les plus pauvres et les plus dignes d'intérêt de cet hospice, le sculpteur Jorné Viard, dont le nom eut son heure de célébrité.
Notre excellent confrère, M. Auguin, consacre à l'artiste décédé un article duquel nous extrayons les passages suivants :
« Jorné Viard était né à Saint-Clément, le 23 janvier 1820. C'est à l'école de cette petite commune qu'il apprit à lire et à écrire, juste ce qu'il fallait pour tenir imparfaitement ses comptes. Employé à la faïencerie, il manifesta de bonne heure un goût pour le modelage et fut employé promptement aux ateliers de sculpture. Il acquit bientôt assez d'habileté pour parfaire les reproductions de Cyfflée au sortir du moule. C'est dans ce travail délicat de la retouche qu'il conçut le sentiment de la forme et l'amour de la statuaire. Distingué par Alexandre Gény, l'éminent collectionneur, il fut envoyé aux Beaux-Arts à Paris, où il apprit, dans l'atelier de Bonassieux, ce que le travail de la manufacture ne pouvait lui donner, les doctrines et les traditions générales de l'art.
» A son retour, au bout de quelques années, sa première oeuvre fut inspirée par la reconnaissance. Il prit pour modèle une fille de son bienfaiteur, aujourd'hui dominicaine, dont il sculpta un buste charmant... »
M. Auguin énumère ensuite les oeuvres principales de Viard et ajoute :
« Parmi les bustes de notoriétés lorraines dus à son ciseau, nous citerons notamment ceux de Digot, de de Haldat, de de Lassalle, de Parade, des deux généraux Thiry, de de Lambel (au musée de Bar), de Dom Calmet (détruit dans l'incendie du Musée lorrain), de Gastaldy, du curé Trouillet, d'Alexandre Gény et de son père, de Mathieu de Dombasle (chez M. de Meixmoron), de Lacordaire, de l'abbé Michel (du Séminaire), le médaillon de l'abbé Gridel (des Jeunes-Aveugles).
» Il est également l'auteur du 'colossal saint Maurice, commandé et sculpté pour l'église de Blâmont... »
Notre confrère raconte ensuite la période de décadence de l'artiste imprévoyant qui, insouciant de l'avenir, n'avait jamais songé à la maladie et à la vieillesse.
« L'une et l'autre, dit-il, frappèrent simultanément et prématurément à sa porte. A soixante ans, l'habile imagier, dont les oeuvres décorent tant de monuments nancéiens, Jorné Viard, sans famille, sans ressources, envahi par un commencement de paralysie générale, était réduit à solliciter son inscription comme indigent sur les listes municipales, et le triste bénéfice d'un lit à l'hôpital Saint-Julien. La municipalité s'empressa de faire droit à sa demande et l'y fit admettre avec la faveur d'une double pension, s'élevant à la somme de 650 fr. dans cet asile où il était sinon protégé contre le terrible assaut de ses pensées et de ses regrets, du moins à l'abri de la noire et dégradante mendicité.
» Depuis 1880, nous rencontrions parfois le pauvre homme donnant carrière dans les rues de Nancy à sa dernière passion, - l'amour du soleil. Il allait, le chef branlant, la démarche lourde, promenant sa tristesse de paralytique et fumant une grosse pipe qui fût restée vide sans la libéralité d'un de ses vjeux amis. Nous lui adressions la parole affectueusement et il nous répondait par une poignée de main, un sourire navrant, où on lisait toutes les amertumes de son ambition déçue, car ses perceptions cérébrales étaient restées nettes. Puis il essayait un bégaiement auquel sa langue se refusait et plus tristement encore, sans avoir pu articuler un mot, il s'éloignait, une larme dans les yeux. C'était tout ce qui restait de Jorné Viard, l'auteur du duc Antoine - terrifiante leçon pour les artistes.
« C'est de ce modeste hospice de Saint-Julien où il s'est éteint chrétiennement, la nuit dernière, dans la paix de Dieu, que son cercueil sortira jeudi pour se rendre au cimetière du Sud. M. le maire, que nous avens sollicité ce matin, a bien voulu nous laisser espérer - et nous l'en remercions - que la ville accorderait la concession définitive du terrain où les restes du pauvre artiste trouveront du moins le repos perpétuel, dernier hommage dû à son talent et à sa laborieuse carrière.
» Nous espérons que quelques amis s'uniront à nous - nous acceptons d avance toute offrande - pour assurer à Jorné Viard une dernière protection contre l'oubli, la simple pierre tombale sur laquelle seront écrits son nom, la date de sa naissance et celle de sa mort. C'est la seule marque de sympathie que nous sollicitons pour le modeste artiste, vaillant, désintéressé, imprudemment généreux, mort oublié ou méconnu par une génération de citoyens dont il méritait assurément d'être plus apprécié. »


4 juillet 1885
L'enfant des époux Munier, d'Ancerviller, âgé de 2 ans, s'amusait sur la route, lorsqu'une voiture de marchand ambulant vint à lui passer sur le corps. Le pauvre enfant est mort au bout de quelques heures, malgré les soins de M. le docteur Mirbeck.


14 juillet 1885
Chasse aux hannetons. - Depuis 1876, M. Thuot, instituteur à Vaucourt, a engagé chaque année ses élèves à se livrer, dans leurs moments de loisir, à la destruction des hannetons ; 141,328 de ces coléoptères si nuisibles à nos récoltes, ont été détruits depuis neuf ans.
Voilà un résultat qui prouve que les enfants de nos humbles et modestes villages peuvent rendre de réels services à notre agriculture si prouvée depuis ces dernières années.


26 juillet 1885
Un voleur volé. - Le 20 juillet courant, la dame Devénoit, marchande de chiffons à Blâmont, a quitté son domicile après avoir fermé toutes les issues, moins une fenêtre du rez-de-chaussée dont elle a seulement fermé les volets. Pendant son absence un malfaiteur s'est introduit par là, a bouleversé tout l'intérieur de la maison, culbuté le linge dans une armoire et emporté deux chemises en cretonne blanche estimées 8 fr. ; mais en revanche, le voleur a laissé sur place, parce qu'il a été dérangé par un voisin de la victime, un sac contenant des effets et victuailles, provenant sans doute d'un autre vol, et d'une valeur de 172 francs.


28 juillet 1885
M. Wormser est retourné à Blâmont où il jouit de l'estime générale. (Impartial).


13 août 1885
Dans la nuit du 6 au 7 courant, des malfaiteurs inconnus ont mutilé treize arbres fruitiers, estimés 600 fr., au préjudice du garde champêtre Remy Royer, de Blâmont.


21 août 1885
Querelles de femmes. - Dans une querelle qui a eu lieu le 16 courant, entre les femmes Houart et Masson, toutes deux de Blâmont, la femme Houart a lancé un arrosoir à son adversaire qui se trouvait dans sa cuisine ; elle manqua son but mais atteignit le jeune Masson, âgé de 14 mois, assis au milieu de la chambre.
M. le docteur Hanriot, qui a donné les premiers soins à l'enfant, n'a pas encore pu se prononcer sur la gravité de la blessure.


27 août 1885
Un commencement d'incendie s'est déclaré, le 21 courant, dans le faux-grenier d'une maison sise à Ancerviller et habitée par le propriétaire, M. Cotel, aubergiste et boulanger, et a occasionné des pertes pour environ 200 fr., couvertes par l'assurance


2 septembre 1885
Le 24 août dernier, un incendie a complètement détruit un rucher d'abeilles, estimé 250 fr., situé lieudit aux Carreaux, territoire de Blâmont, appartenant au sieur Goeury, sculpteur à Blâmont.


16 octobre 1885
Ecrasé par un train. - Mardi matin, on a trouvé sur la voie ferrée à environ 400 mètres de la gare d'Emberménil, un individu ayant le pied
droit coupé près de la cheville et une large blessure au front.
Il a été reconnu pour être un nommé Chrétien, âgé de 54 ans, maçon à Leintrey.
On suppose que Chrétien aura suivi la voie ferrée pour se rendre à son travail et qu'il aura été tamponné par le train qui passe à 5 heures du matin à Emberménil.
Le blessé est mort pendant qu'on le transportait chez lui.
Il laisse une veuve et 4 enfants.


22 octobre 1885
NOMINATIONS ECCLÉSIASTIQUES.
Nous apprenons que le gouvernement vient d'agréer la nomination, comme curé-archiprêtre de la Cathédrale, et chanoine (sans traitement), de M. l'abbé Didierjean, curé-doyen de Blâmont ;
Et celle de M. l'abbé Eloi, aumônir de l'hôpital de Toul, à la cure cantonale de Blâmont.


5 novembre 1885
Révocation. - Par arrêté préfectoral du 27 octobre, le sieur Nicolas Fréminy, est révoqué de ses fonctions de garde-champêtre à Nonhigny, pour avoir placardé des affiches électorales dans la commune, malgré la défense du maire.


7 novembre 1885
La gendarmerie a arrêté, un nommé Magron, 31 ans, cordonnier, né à Nonhigny, qui se trouvait dans les bâtiment du tir militaire sur le chemin du Pont-d'Essey à Tomblaine. Cet individu s'est dit sans moyen d'existence.


23 novembre 1885
Dans la nuit de vendredi, un violent incendie a complètement détruit deux maisons à Avricourt.
Les pompes d'Igney et d'Avricourt–allemand sont venues immédiatement au secours.


25 novembre 1885
Incendie. - Voici des détails sur l'incendie d'Avricourt :
« Le 19 courant, vers huit heures et demie du soir, un violent incendie a éclaté à Igney-Avricourt et a détruit complètement deux maisons d'habitation contiguës appartenant à M. Valtersperger et à Mme Bouvard, tous deux aubergistes, et habitées par onze locataires employés de la Compagnie des chemins de fer de l'Est.
L'incendie qui a aussitôt envahi les combles des deux maisons a, dit-on, pris naissance dans le grenier de Mme Bouvard ; on l'attribue à la construction défectueuse des cheminées.
Cinq pompes ont été amenées sur le lieu du sinistre. Les habitants d'Avricourt et d'Igney et le personnel des gares française et allemande ont rivalisé de zèle pour combattre cet incendie dont on ne s'est rendu maître qu'après sept heures de travail.
Les propriétaires et les locataires des maisons incendiées ont été recueillis par divers habitants.
Les pertes dépassent 70,000 fr.; elles sont couvertes par diverses assurances.
Une femme de 87 ans, qui s'était enfuie, en chemise, par le toit de la maison incendiée, a pu, en suivant la chanlatte, se suspendre par les mains à la tablette extérieure d'une fenêtre de la maison voisine ; elle a été retirée de cette position dangereuse par un gendarme aidé d'un employé du chemin de fer.
M. le maire d'Igney s'est empressé de remercier les autorités allemandes de leur concours efficace et empressé.


29 novembre 1885
Un chien atteint d'hydrophobie a été abattu à Domjevin, par le maréchal des logis Ferrez, aidé de deux douaniers.


1er décembre 1885
Médailles d'honneur. - Des médailles d'honneur ont été décernées à [...] M. Sesselmann, docteur en médecine à Ogéviller, qui se sont signalés comme ayant fait beaucoup de vaccinations et contribué à la propagation de la vaccine en 1884.


3 décembre 1885
Chien enragé. - Un chien de forte taille, atteint d'hydrophobie, a été tué dans la commune do Domjevin, par trois douaniers de Bénaménil,
qui s'étaient mis à sa poursuite.


17 décembre 1885
Le nommé J.-B. Magnon, âgé de 34 ans, né à Nonhigny, qui venait de faire 8 jours de prison pour vagabondage, a été trouvé mort dimanche sur le territoire de Tomblaine, au pied d'une meule de paille.
Le corps ne portait aucune trace de violence de nature à faire croire à un crime. On a trouvé dans les poches de Magnon sa feuille de sortie de prison. C'est tout ce qu'il possédait.
Cet individu vivait depuis longtemps séparé de sa femme qui habite Nancy, cette dernière, vu la mauvaise conduite de son mari ne voulait plus le recevoir chez elle.
On suppose que Magnon, s'étant endormi, a succombé à une congestion occasionnée par le froid.

 

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