8 mars 1850
On nous écrit de Montreux (canton de Blâmont) le 6 mars.
Encore un de ces glorieux débris de la grande armée que la mort
avait épargné dans vingt combats et qui vient de s'éteindre
entouré des regrets et de l'estime de tous ceux qui le connurent
: M. Aubert (Charles François), ancien aide-de-camp du général
Vergès, est mort le 26 du mois dernier, à l'âge de 72 ans.
Entré comme soldat au 30e de ligne, le 17 nivôse an VII, Aubert
fil la campagne du Rhin, sous les généraux Masséna et Moreau;
celles d'Espagne et de Portugal, sous le comte Régnier et le duc
de Raguse. Incorporé à la grande armée commandée par Napoléon,
il assista aux plus sanglantes batailles de l'Empire, il reçut
le noble baptême du feu à Austerlitz, atteint une seconde fois à
Heiselberg, les deux cicatrices qu'il en conserva sont parmi ses
blessures, les glorieux titres de sa carrière militaire.
Estimé de ses chefs pour son zèle et son dévouement il fut
nommé, le 13 août 1813, lieutenant au 124e de ligne. Deux mois
après il recevait de l'Empereur, lui-même, sa promotion
d'aide-de-camp du général Vergès.
27 mars 1850
Un incendie a éclaté le 14 mars, dans la commune de Xousse, chez
le sieur Baptiste, cultivateur, dont la maison, le mobilier et
les récoltes ont été détruits. On évalue la perte à 6,800 fr. Le
mobilier seul n'était pas assuré.
14 août 1850
Dans la nuit du 9 au 10 août, vers deux heures du matin, un vol
a été commis au préjudice de M. Pierron, limonadier Blâmont. Les
voleurs se sont introduits dans le café, au rez-de-chaussée,
après avoir ouvert les persiennes en brisant une planchette, et
la croisée en coupant un carreau avec un diamant. Ils ont enlevé
dans le comptoir environ 6 fr. en billon, seul argent qui s'y
trouvait, seize petites cuillères en argent enfermées dans une
armoire. Ils ont aussi fracturé une malle qui avait été déposée
par un voyageur, retourné tous les effets qui y étaient contenus
: on ignore s'ils en ont enlevé quelques-uns ; le voyageur seul,
à son retour, pourra donner des renseignements.
Ce café de M. Pierron est situé près de la place, dans la rue
plus fréquentée. Peut-être y supposaient-ils un dépôt de fonds
par les voitures publiques qui y stationnent à leur passage. La
justice informe sur ce fait dont les auteurs pourraient être
affiliés à la bande qui a exploité l'arrondissement de
Sarrebourg.
25 août 1850
Dimanche, 18 août, à deux heures du matin, M. Aron Levy quittait
Blâmont pour se rendre à Sarrebourg. Deux jeunes poulains
étaient attachés derrière sa voiture. Arrive a 5 kilomètres de
Blâmont, vis-à-vis Gogney, deux hommes lui demandent son argent,
puis s'élancent sur sa voiture, l'un par devant et l'autre par
derrière, le saisissent et lui enlèvent environ sept francs qui
se trouvaient dans son gousset. Levy, voulant résister, reçut
des coups de couteau qui heureusement ne traversèrent que les
vêtements, un seul effleura un peu les chairs. Le bruit des
diligences de Strasbourg, qui se rendaient à Blâmont, intimida
les voleurs qui s'empressèrent de fuir à travers la campagne. La
nuit étant très-sombre, le signalement des malfaiteurs n'a pu
être donné exactement.
29 août 1850
Un jeune homme de Badonviller, qui s'était rendu à Lunéville
pour voir le Président de la République, s'est, à son retour,
noyé par accident dans le petit cours d'eau d'Ogéviller.
30 août 1850
La semaine dernière on faisait une vente de biens immeubles chez
un particulier de Vaucourt (canton de Blàmont) : la chambre
était pleine, et les curieux s'étaient agglomérés sur la trappe
de cave, qui fléchit sous le poids et précipita dans le gouffre
sept à huit personnes, qui en furent quittes pour des contusions
légères et la peur. Le maire de la commune était du nombre de
ces imprudents curieux.
19 septembre 1850
Le 10 de ce mois, vers sept heures et demie du soir, un
domestique de M. Nicolas Cuuy, cultivateur et maire à Igney,
faisant pâturer les chevaux de son maître, et s'étant endormi,
fut bien surpris à son réveil en voyant qu'il lui manquait une
jument de l'âge de quatre ans, robe baie, avec une tâche blanche
sur la tête. Il ignore si ce cheval s'est égaré lui-même ou s'il
a été l'objet d'un vol. Depuis deux jours, le propriétaire a
fait des recherches infructueuses dans les environs.
21 septembre 1850
On écrit de Blâmont, le 18 septembre, à l'Impartial: On dit à
Blâmont que, dans la nuit du 15 au 16, un vol de marchandises a
été commis au préjudice du sieur Georges, marchand et buraliste
à Richeval (canton de Réchicourt). On évalue a 1,000 francs la
valeur des marchandises volées, mais cette évaluation paraît
exagérée.
Un sieur Claudel, charron à Blâmont, avait recueilli chez lui un
ouvrier étranger, sans s'enquérir de sa moralité, de son nom et
de sa résidence. Dimanche dernier, cet ouvrier régla son compte,
et se retira, en manifestant l'intention d'aller chercher du
travail dans une autre ville : mais au lieu de quitter Blâmont,
il profita de la nuit et de la connaissance des lieux pour
donner une leçon à son maître ; il s'introduisit dans son écurie
et enfourcha son cheval. Le lendemain matin le maître porte
plainte, et la gendarmerie se met à la recherche du voleur, que
le maire d'Avricourt (canton de Réchicourt) fait arrêter le
surlendemain. Le voleur, saisi en flagrant délit, prétend qu'il
n'avait pas l'intention de voler, mais seulement de jouer une
farce à son maître; malheureusement pour lui, il sera prouvé
qu'il a offert de vendre le cheval pour 150 fr.
18 octobre 1850
Ces jours derniers un prisonnier que l'on dirigeait sur
Sarrebourg s'est évadé de la prison de Blâmont. Vers 6 heures il
se plaignit du froid et obtint de la pitié du concierge de
passer la nuit sur un matelas placé dans sa chambre. Pendant le
sommeil du trop confiant gardien, le
prisonnier profita de la liberté pour descendre à la cave et
s'échapper par le soupirail. Il laissa pour gage de son retour
une mauvaise redingote.
Le 6 de ce mois, une jeune fille
de Neuviller-lès-Badonviller quittait Barbas vers 5 heures du
soir pour se rendre dans son village, lorsque, arrivée près du
bois de Vilvaucourt (à 1 kilomètre de Barbas ), elle est
accostée par un étranger qui veut user de violence et
l'entraîner dans le bois. La jeune fille résiste et appelle à
son secours ; ses cris intimident le criminel qui rentre dans le
bois en emportant le panier de celle dont il voulait abuser. La
jeune personne s'empresse de retourner à Barbas pour déposer sa
plainte ; quelques habitants se rendent vers le bois, mais n'y
pénètrent pas. L'auteur de cette tentative est encore inconnu.
9 novembre 1850
On nous écrit de Blâmont : Dimanche dernier, 3 novembre, entre 2
et 3 heures de l'après-midi, le feu a éclaté dans la maison du
sieur Claude Michel fils, fileur de laine, à Leintrey. Le
rez-de-chaussée a été conservé par les secours prompts et
empressés des habitants ; les greniers et la toiture ont été
brûlés, ainsi que toutes les provisions, fourrage et linge, et
environ 50 kilogrammes de laine appartenant a des étrangers.
La famille Michel était à Vêpres au moment du sinistre, et les
voisins, qui apercevaient le feu, ont brisé la croisée pour
sauver un enfant au berceau.
Michel avait assuré la maison et les meubles, à la compagnie du
Phénix, pour une somme de 2,000 fr., et le dommage est d'environ
1,100 fr. Pour le moment, on ignore la cause du sinistre.
4 décembre 1850
Quatre jours après [le 28 novembre], à sept heures et demie du
matin, le feu a détruit aussi à Harbouey une maison appartenant
à Melles Flavenot et à M. Gérard, tisserand. Les propriétaires
n'ont aperçu la flamme que lorsqu'elle gagnait déjà la toiture
couverte en bardeaux. Les secours organisés par les habitants
n'ont donc eu pour but que d'arracher aux flammes le peu de
mobilier appartenant aux incendiés, et de garantir les maisons
voisines. Heureusement que cette maison était séparée des autres
par un jardin, car le ruisseau est à un kilomètre du village, et
les puits ne sont pas encore bien remplis. Au bruit du tocsin,
les communes voisines se sont empressées d'accourir, mais à leur
arrivée le feu avait déjà tout dévoré. La perte est d'environ
5,000 fr. M. Gérard avait assuré sa portion pour 2,000 fr. à la
compagnie Lyonnaise. Le mobilier n'était pas assuré. La cause de
l'incendie ne peut être attribuée à la malveillance.
8 décembre 1850
On nous écrit de Blâmont, le 28 novembre 1850 :
Aujourd'hui, à sept heures et demie du matin, le feu a détruit à
Harbouey une maison appartenant à Mlles Flavenot et à M. Gérard,
tisserand. Les propriétaires n'ont aperçu la flamme que
lorsqu'elle gagnait déjà la toiture couverte en bardeaux. Les
secours organisés par les habitants n'ont donc pour but que
d'arracher aux flammes le peu de mobilier appartenant aux
incendies, et de garantir les maisons voisines. Heureusement que
cette maison était séparée des autres par un jardin, car le
ruisseau est à un kilomètre du village et les puits ne sont pas
encore bien remplis. Au bruit du tocsin les communes voisines se
sont empressées d'accourir, mais à leur arrivée le feu avait
déjà tout dévoré. La perte est d'environ 5,000 fr. M. Gérard
avait assuré sa portion pour 2,000 fr à la compagnie Lyonnaise.
Le mobilier n'était pas assuré. La cause de l'incendie ne peut
être attribué à la malveillance.
Ces jours derniers, le regain de M. Rizer, de Gondrexon s'est
consumé complètement sans cependant prendre feu. La masse se
composait de 25,000 kilogrammes, dont on ne peut faire aucun
usage. La perte est d'environ 800 fr., dont le propriétaire
espère le paiement de la compagnie l'Indemnité, à laquelle il a
assuré son mobilier. |