7 janvier 1854
Le 29 du même mois, vers neuf heures du soir, un incendie,
attribué à l'imprudence, a éclaté dans la commune de Frémonville,
au domicile du sieur Cuny, boulanger et cabaretier. Les
gendarmes de la brigade de Blâmont, ainsi que les pompiers de
cette ville et ceux de Harbouey, se sont immédiatement
transportés sur les lieux; mais le manque d'eau n'a pas permis
aux pompes de fonctionner ; cependant, grâce au zèle et au
dévoûment des pompiers, l'incendie a pu être circonscrit dans
son foyer et les maisons voisines ont été préservées ; vers deux
heures du matin, on était entièrement maître du feu.
9 janvier 1854
Le 2 janvier, [...] on a retiré d'un puits, dans la commune de
Frémonville, le cadavre du nommé Détré (Joseph), âgé de 53 ans,
cultivateur. Cet individu était atteint d'épilepsie.
14 février 1854
Dimanche dernier, une cérémonie bien intéressante a eu lieu dans
la petite paroisse d'Emberménil. C'était l'abjuration d'un jeune
protestant âgé de 28 ans, fils d'un honnête fermier d'origine
suisse. La cérémonie a eu lieu à l'issue de la grand'-messe au
milieu d'un concours nombreux et pieusement recueilli. M. l'abbé
Breton, ex-chapelain de Sainte-Geneviève, a fait une allocution
appropriée à la circonstance, et qui a
vivement impressionné l'auditoire. Le soir, aux vêpres, a eu
lieu le baptême du nouveau converti. Cette dernière cérémonie a
été aussi précédée de quelques paroles profondément senties par
lesquelles le même prédicateur a rappelé l'excellence et les
merveilleux effets du sacrement de notre régénération.
Les paroissiens d'Emberménil ont paru prendre un vif intérêt à
celte double cérémonie qui laissera parmi eux de bons et
profonds souvenirs.
L'abbé Marcel, curé de Vého.
24 février 1854
Le 18, les gendarmes de la brigade de Blâmont, ayant été
informés qu'un homme gisait sur le chemin d'Autrepierre, y
accoururent en toute hâte, et trouvèrent dans la neige un
malheureux qui donnait à peine, quelques signes de vie. C'était
un nommé Chatel, âgé de 77 ans, manoeuvre à Vého. Les gendarmes
le firent immédiatement transporter à son domicile, où il expira
au bout d'une demi-heure.
20 juin 1854
Le 11, la nommée Marianne Gérard, âgée de 48 ans, habitant la
commune de Frémonville, s'est pendue dans son grenier. Cette
malheureuse, qui avait déjà subi une condamnation pour vol,
avait manifesté plusieurs fois l'inteniton de se suicider,
prétendant qu'elle ne pouvait s'empêcher de voler.
Le 11, un incendie a éclaté dans la maison du sieur Geoffroy,
menuisier à Amenoncourt. Le dommage est estimé à
5,680 fr.
12 septembre 1854
On écrit d'Ogéviller qu'un chien d'arrêt de moyenne taille,
atteint d'hydrophobie, a mordu en plusieurs parties du corps un
enfant de neuf ans, nommé Joseph Dumas, et se dirigeait sur le
sieur Dumas père, cantonnier, pour l'attaquer a son tour,
lorsque cet homme a porté, à la tête du dangereux animal, un
coup de bêche qui l'a étendu à ses pieds.
Avant cet événement, le même chien avait déjà mordu une vache
qui pâturait non loin du village et appartenait au sieur Jean
Charrier, manœuvre. Au moment où il a été abattu, il portait au
cou un collier de fer-blanc sur lequel on distingue seulement
les initiales B. Y. ; sa muselière était passée autour de sa
patte gauche.
9 novembre 1854
Le feu a dévoré, dans la commune de Leintrey, une meule de foin
avarié par les pluies, appartenant à Mme veuve Houillon et
située à environ 500 mètres de la commune. La perte est de 150
fr.; on attribue le sinistre à la malveillance.
1er décembre 1854
Montreux, le 28 novembre 1854.
Monsieur le Rédacteur,
Je croirais manquer à mon devoir et commettre un acte
d'ingratitude si je ne venais vous donner connaissance du noble
dévouement que M. le curé de Nonhigny, notre administraleur, a
exercé pendant les cinq semaines que l'épidémie a régné dans
notre commune, distante de Nonhigny de deux kilomètres. Pendant
tout ce temps, M. le curé n'a pas manqué un seul jour de venir
matin et soir, sans compter ses
courses nocturnes qui se renouvelaient quelquefois plusieurs
fois dans la même nuit, visiter nos malades (près de cinquante à
la fois dans notre petite localité), les encourager, faire
exécuter les ordonnances du médecin, préparer lui-même les
remèdes et se faire infirmier. Combien de victimes n'a-t-il pas
arrachées à une mort certaine par ses soins si charitables et si
assidus! Non content de prodiguer ses soins, il se procurait
encore une partie des remèdes de ses propres deniers et ouvrait
sa bourse aux malheureux pour acheter quelques substances au
moment de leur convalescence,
Je crois donc, M. le Rédacteur, qu'une telle conduite mérite
d'être portée à la connaissance du public, et c'est tout ce que
nous pouvons faire pour témoigner notre vive gratitude et notre
éternelle reconnaissance à M. l'abbé Galland, curé de Nonhigny,
qui s'oubliait lui même pour ne penser qu'à porter des secours
et disputer à la mort nos pauvres cholériques. Grâce soit donc
rendue à cette âme bienfaisante, à ce bon et généreux cœur.
Agréez, etc.
Le maire de Montreux, H. Gigoux.
13 décembre 1854
La cour impériale de Metz, chambre des appels de police
correctionnelle, vient de confirmer, sur le renvoi de la cour de
cassation, l'arrêt du tribunal de Nancy qui avait frappé le
nommé Jean-Simon Collin, âgé de 69 ans, cultivateur, né et
domicilié à Leintrey. Déclaré coupable d'avoir, le 27 mai 1854,
à Nancy, tenté de tromper sur la quantité des choses dévrées,
par des indications frauduleuses tendant à faire croire
aux acheteurs que les bottes de foin qu'il voulait vendre
avaient été soumises à un pesage antérieur et exact, il a été
condamné à quinze jours d'emprisonnement, vingt-cinq francs
d'amende et aux frais.
La cour a, en outre, ordonné que ledit arrêt serait affiché au
nombre de vingt exemplaires, dans les lieux accoutumés a Nancy
et dans la commune de Leintrey, et inséré par extrait dans un
journal de notre ville, le tout aux frais de Collin. |