27 février 1855
Un incendie, dont la cause est inconnue, a consumé, à Reillon,
les maisons des sieurs Paulus (Jean-François), propriétaire,
Brégeard (Jean), cultivateur, et Cherrière (Jean-Baptiste),
aubergiste. En outre, la toiture de l'église a été brûlée en
partie, à cause de son rapprochement du lieu du sinistre.
Aussitôt l'alarme répandue, des secours sont arrivés des
communes de Chazelles, de Gondrexon, de Leintrey et de Vého. La
perle générale, en bâtiments, récoltes, mobilier, bétail et
instruments de culture, est évaluée à 19,699 fr. Les sieurs
Paulus et Cherrière seuls sont assurés. Le sieur Brégeard devra
supporter une perte de 14,099 fr.; la veuve Joublin, locataire
du sieur Paulus, mère de cinq enfants en bas âge, est réduite au
dénûment par suite de la destruction de ses récoltes et de son
mobilier, estimés 223 fr.; enfin le dommage causé à la toiture
de l'église se monte à 200 fr. M. le maire de Reillon cite,
comme s'étant particulièrement distingués dans cet incendie, les
nommés Ferry (Jean-Claude) et Adrien (Jean-Nicolas), de Leintrey,
et Clasquin (Isidore), de Vého.
5 juillet 1855
On nous écrit de Blâmont, le 3 juillet ;
Dimanche 1er juillet, à cinq heures du soir, la ville de Blâmont
a inauguré la statue colossale de saint Maurice, son patron,
placé comme protecteur sur le pignon entre les deux tours de la
nouvelle église, qui s'achève avec des proportions et sous des
formes très-élégantes.
Cette statue, due à l'habile ciseau de M. Giorné Viard, est
riche d'expression et présente une attitude très-majestueuse:
l'artiste a parfaitement rendu cette circonstance, où le chef de
la légion thébaine dépose sa lance pour faire à Dieu le
sacrifice de sa vie, plutôt que de sacrifier aux idoles. M.
l'abbé Mengin, curé de la paroisse, a commencé la cérémonie par
une allocution courte mais appropriée a la solennité ; puis, en
présence de tous les habitants et de nombreux étrangers accourus
sur la place de l'Eglise, il bénit cette énorme statue, haute de
3 mètres 15 centimètres, sculptée d'un seul bloc, et pesant plus
de 5,000 kilogrammes.
La belle compagnie de pompiers était sous les armes. La musique
a exécuté des jolies fanfares, pendant que la statue s'élevait.
Aussitôt qu'elle est arrivée, à plus de vingt mètres, sur son
piédestal, orné des armoiries des comtes de Blâmont, la grosse
cloche, baptisée du nom de Maurice, a salué son patron, en
faisant entendre seule son bourdon, jusqu'à ce que les deux
autres y sont venues mêler leur harmonie. Une charmante couronne
a été suspendue au dessus de la tête du saint ; et une
illumination, en forme d'auréole, a très-heureusement terminé la
fête. Une quête a été faite en faveur des ouvriers, qui a
produit 124 fr. 80 c.
11 juillet 1855
Un médecin s'il vous plaît. Sous ce titre on nous écrit de
Blâmont :
Vous avez bien voulu insérer dernièrement une note au sujet de
la nécessité d'un second docteur en médecine pour notre canton :
permettez-moi d'insister sur quelques détails. Pour la seule
commune de Blâmont, il y a une liste officielle de deux cent
quatre-vingt-huit ménages ayant droit à la visite gratuite des
médecins cantonaux. Jugez de la possibilité de faire administrer
les secours nécessaires dans un moment d'épidémie ou d'influence
épidémique, à un canton composé de trente et une communes, par
un seul docteur en médecine, auquel est ajouté comme deuxième
médecin cantonal un officier de santé. Or, on sait qu'un
officier de santé ne peut seul agir comme un médecin complet ;
quand il aurait le même talent, il n'a pas le même droit.
L'unique docteur en médecine de notre canton appartenant à la
religion juive a contre lui, malgré son zèle égal pour tous, les
préventions de certaines personnes ; on ne peut pas plus nier
cela ni l'empêcher qu'on n'empêcherait certains juifs d'être en
méfiance contre les catholiques. D'autres ne se soucient que
tout juste-de confier leur vie à un officier de santé, quoiqu'un
bon officier de santé vaille souvent autant et plus qu'un
médecin en titre. Enfin il est certain qu'il y a un vide a
combler, vide considérable, et voici un fait à l'appui de mon
assertion : depuis trois mois ont été appelés à Blâmont trois
médecins de Lunéville et un de Nancy : de plus, on a fait
plusieurs fois le voyage de Strasbourg pour consulter entre
autres M. Aronsohn. Et s'il ne nous arrive prochainement quelque
homme expérimenté, la place, trop bonne pour être longtemps
vacante, sera prise par des jeunes gens. Avis au lecteur.
J. Régnier.
27 septembre 1855
Deux incendies accidentels ont détruit les maisons appartenant
aux sieurs Carrière (Nicolas), cultivateur à Domjevin, et Seyer
(Jean-Baptiste), voiturier à Angomont. La perte est de 13,500 fr.
pour le premier, en y comprenant le mobilier et les denrées de
son père, et de 5,000 fr. environ pour le deuxième.
L'assurance couvrira un peu plus de moitié des pertes seulement. |