19 janvier 1865
Un incendie attribué à un vice de construction existant dans une
cheminée vient de réduire en cendres, à Leintrey, quatre
maisons, dont l'une appartenait au sieur Jacquot, propriétaire à
Nancy, et les autres aux sieurs François Lhuillier, buraliste,
Joseph Cuny, manœuvre, et Quertat, propriétaire, domiciliés à
Leintrey.
C'est dans les combles de la maison du sieur Lhuillier, et en
son absence, que le feu s'est déclaré. Les habitants et les
pompiers du lieu, auxquels se sont promptement réunis les
habitants et les pompiers d'Emberménil et de Vého, ont rivalisé
d'efforts et de dévouement pour combattre les progrès d'un
sinistre qui menaçait tout un quartier.
La perte, évaluée à près de 18,000 fr., sera couverte presqu'en
totalité par l'assurance.
27 janvier 1865
Un incendie dont la cause est inconnue vient de dévorer, à Vého,
la maison, de mobilier et une grande partie des récoltes du
sieur Charles Munier, dont la première préoccupation a été
naturellement de transporter en lien sûr sa femme, alitée depuis
deux mois. M. Adriant, maire de Bénaménil, a rapidement amené
les premiers secours et a fait preuve du zèle le plus
intelligent pour maîtriser un sinistre qui menaçait une partie
du village. Les pompiers de Domjevin, avertis par lui, sont
également accourus ; mais déjà le travail approchait de sa fin.
M. le maire de Vého et M. le curé de Blémerey se sont activement
occupés de la formation des chaînes.
Le dommage, évalué à 6.000 fr., sera presqu'entièrement couvert
par l'assurance.
10 février 1865
Voici, écrit-on de Blâmont. le 3 février 1865, un fait qui
tout'extraordinaire qu'il paraisse, n'en est pas moins de la
plus exacte vérité :
« II y a environ 15 jours, le gendarme Aubert, de la brigade d'Azoudange,
trouva, dans une botte de foin, une montre en argent, et
s'empressa de la remettre au maire de la localité, qui, ayant
pris des informations à Blâmont, d'où venait le foin, sut
qu'elle appartenait à un nommé Pierson, lequel l'avait perdue en
chargeant le foin pendant la fenaison. La montre lui fut rendue,
et il offrit une récompense au gendarme qui la refusa.
» Ainsi, ajoute notre correspondant, cette montre a été chargée
avec le foin dans le pré, déchargée chez le propriétaire,
enfermée plus tard dans une botte de 10 kilos, laquelle botte a
été divisée en deux, et enfin seulement découverte à Azoudange,
au moment où on allait donner le fourrage aux chevaux. C'est le
cas de dire que le hasard joue souvent un grand rôle dans les
choses d'ici-bas. »
26 février 1865
On nous écrit de Blâmont : Lors de l'incendie qui dévora quatre maisons
à Leintrey, le 13 du mois de janvier, les-élèves du pensionnat
tenu par Mmes Tanche, à Blamont, touchées de compassion pour les
pauvres familles qu'avait atteintes le sinistre, imaginèrent une
loterie pour venir, elles aussi, au secours de ces malheureuses
victimes du fléau et en envoyèrent le produit à M. le curé de
Leintrey qui s'empressa d'exprimer dans une lettre des plus
touchantes à ces intéressantes bienfaitrices sa gratitude et
celle de ses paroissiens.
23 août 1865
Des excès de boisson viennent de pousser un jeune homme de 23
ans, Emile Gérard, tonnelier à Blâmont, à se suicider par
strangulation.
27 août 1865
Des chutes de voiture viennent d'occasionner : 1° la mort, sur
le territoire d'Igney, du sieur Jean-Baptiste Parmentier, âgé de
33 ans, cultivateur à Frémonville, qui laisse une veuve avec
trois enfants
31 août 1865
On annonce d'Autrepierre le suicide par strangulation du sieur
Firmin Perrin, âge de 24 ans, qui se trouvait sous le coup de
poursuites judiciaires, pour coups et blessures et diffamation.
14 septembre 1865
Le 7 septembre au soir, le feu s'est déclaré, à Vaucourt, dans
les écuries du sieur Leclerc (Nicolas-Etienne), en ce moment
occupé aux travaux des champs avec toute sa famille. L'incendie
gagna bientôt les deux maisons voisines, appartenant à la dame
veuve Petitmengin et au sieur Cratelet.
Les pompiers de Xures, de Lagarde, d'Emberménil, de Blémerey et
de Vého, ainsi qu'une grande partie des habitants de ces
localités, sont accourus dès le premier signal et ont
puissamment contribué à l'extinction des flammes. Le sinistre
menaçait le quartier le plus populeux de la commune.
MM. Leclerc, maire de Vaucourt, About, capitaine des pompiers de
Lagarde, et Chrétien, pompier à Xures, se sont fait remarquer
par leur zèle et leur dévouement.
Le dommage, approximativement évalué à 29,100 fr., sera presque
totalement couvert par l'assurance.
22 septembre 1865
Une médaille d'honneur vienf d'être accordée par l'Empereur à M.
Adolphe Renac, sapeur-pompier de Hénaménil, lequel, le 10
décembre 1864 à Bénaménil et le 21 janvier 1865 à Vého, a
concouru activement à l'extinction de deux incendies et est
tombé dans les flammes, entraîné par la chute d'une poutre.
22 septembre 1865
Un incendie attribué à l'imprudence d'un fumeur s'est déclaré, à
Blâmont, dans une maisonnette non assurée située à l'extrémité
sud de la ville, et appartenant à M. Charles Melnotte,
aubergiste, dont elle avoisinait le corps-de-logis. Les chaînes
ont été organisées par les soins de la gendarmerie, qui s'est
tout d'abord assurée si personne ne courait de danger. Les trois
pompes à incendie de Blâmont ont sur-le-champ fonctionné, et
déjà le feu était concentré dans son foyer, lors que sont
arrivées les pompes de Barbas et de Verdenal, ainsi qu'une
grande partie des habitants de ces communes et des localités
environnantes. M. Chambrey, sous-lieutenant de pompiers, et les
sapeurs-pompiers Lamasse et Colin, se sont, comme toujours,
signalés par leur intrépidité. La maisonnette contenait 30
stères de bois de chauffage et deux porcs, qui ont été brûlés.
Le dommage est évalué à 1,700 fr.
28 septembre 1865
Un incendie vient de consumer, à Igney, le château, nouvellement
réparé, de M. Philippe Mullot. Les pompiers de Blâmont, d'Avricourt
et d'Autrepierre ont joint leurs généreux efforts à ceux de
leurs collègues d'Igney et des habitants de cette commune, et le
feu a pu être concentré dans son foyer. Leur dévoûment a, en
outre, facilité le sauvetage du mobilier, des vins et des
liqueurs, organisé avec promptitude et intelligence par la
gendarmerie de Blâmont et par celle d'Azoudange. Les dégâts,
évalués à 22,000 fr., seront couverts par l'assurance.
4 octobre 1865
Le sieur Firmin Bastien, âgé de 41 ans, charpentier à Réchicourt-le-Château,
vient de mourir à l'hôpital de Blâmont, des suites d'une chute
qu'il avait faite du haut d'un noyer, dans son jardin.
On adresse de Blâmont, au Journal de la Meurthe, la petite
anecdote suivante, dont on lui garantit l'authenticité : « Un
sous-officier de notre compagnie de sapeurs-pompiers fut, il y a
quelques jours, agréablement surpris de recevoir, pour la fêle,
un lièvre que lui envoyait le maire d'une commune dans laquelle
il s'était récemment signalé lors d'un incendie. Deux de ses
voisins et amis en conçurent de la jalousie, et se concertèrent
pour lui jouer un tour. Le malin pompier, qui s'était méfié,
s'empresse de dépouiller son lièvre, laissant toutefois la tête
et les pattes après la peau qu'il remplit de sciure de bois et
de quelques pierres ; puis il l'exposa dans un endroit favorable
au projet de larcin qu'il avait éventé.
Un des amis, en effet, s'introduit furtivement dans la maison,
s'empare du lièvre, et, tout rayonnant de joie, le porte chez
son complice qui avait déjà préparé son couteau et les
ustensiles nécessaires pour dépecer la chair et le sang de
l'animal.
Mais, ô déception! Le reste se comprend et ne peut s'exprimer. »
8 octobre 1865
On nous écrit de Petit-Mont, 6 octobre :
Monsieur le Rédacteur,
La commune de Petit-Mont vient de faire placer dans son église,
construite en style ogival, deux autels collatéraux, en pierre
blanche dite savonnière, exécutés par MM. Goeury, frères.
sculpteurs à Blâmont.
Ces Messieurs ont justifié de nouveau par ce travail
l'excellente réputation d'artistes qu'ils s'étaient faite depuis
plusieurs années dans le pays. Les différents endroits où à
plusieurs reprises ils ont eu occasion de produire leur talent
sont :
Frémonville, Xermaménil, Bertrichamp, Verdenal, Blâmont et Cirey.
Aussi après avoir vu dans l'église de Frémonville deux autels
collatéraux sortis de leurs ateliers, remarqué dans l'église de
Blâmont un beau Chemin de Croix et une riche boiserie du choeur,
dus à l'habileté de leurs ciseaux, et admiré chez M. Chevandier
de Valdrôme, à Cirey, un magnifique bas relief exécuté sur
place, nous n'avons pas un instant hésité à leur confier la
construction, dans le style de l'église, des deux autels
collatéraux dont ils viennent de terminer la pose.
L'exécution a dépassé notre attente. La beauté et la perfection
du travail, comparées à la modération des prix, font
l'admiration des habitants de la commune, et c'est avec plaisir,
Monsieur le Rédacteur, que je m'associe à leur sentiment de
reconnaissance, en donnant par la voie des journaux à MM. Goeury,
frères, sculpteurs à Blâmont, un témoignage public de notre
satisfaction.
Agréez, etc. Le maire de Petit-Mont, J.-E. Thomassin. 3 novembre 1865
Dimanche, 29 octobre, à huit heures du soir, la population de
Blâmont a été mise en émoi par le son du clairon des pompiers de
la ville ; le feu était à Repaix : c'était le château occupé
autrefois par M. le baron de Muller, actuellement par M.
Pierre-Antoine Devos, qui brûlait. En quelques heures, les
flammes avaient dévoré cette belle construction. Malgré le vent
impétueux qui donnait, les habitants de Repaix, aidés de ceux
des communes voisines, ont pu garantir leurs habitations, qui
étaient bien menacées, ainsi que l'église et le presbytère. MM.
les professeurs du collège de Blâmont se sont rendus en toute
hâte sur les lieux. Parmi les personnes qui se sont distinguées,
nous devons signaler M. l'abbé George, directeur du collège. La
cause de ce sinistre est encore inconnue. Le château était
seulement assuré pour 13,000 fr. Les pertes sont évaluées à
environ 16,000 fr. 9 décembre 1865
M. Vaultrin vient de mourir à Blâmont où il était né en l'année
1786; il est rare qu'une existence aussi modeste que ce fut
constamment la sienne inspire autant d'estime, de véritable
affection et de regrets que M. Vaultrin en a fait naître et en
laisse dans l'esprit de ses concitoyens.
Comme tous les Français de son époque, il entrait dès
l'adolescence dans les armées impériales, et sa belle conduite
et son courage étaient récompensés après peu d'années de
services par l'épaulette d'officier et la décoration de la
Légion-d'Honneur qu'il avait gagnées par plusieurs actions
d'éclat dans les terribles guerres d'Espagne et de Portugal.
Rentré dans ses foyers après Waterloo, il abandonna la carrière
des armes pour contracter un mariage dans lequel il trouvait le
bonheur du foyer qui suffisait à son ambition, lorsque la voix
de ses concitoyens le désigna pour les fonctions de juge de paix
qui devenaient vacantes à Blâmont dans les dernières années du
gouvernement de la Restauration. Il fut nommé, et des devoirs où
pouvait échouer l'homme de loisirs, de brillant officier,
développèrent dans l'excellente nature de M. Vaultrin un tact et
une justesse d'appréciations qui firent bientôt du disciple un
maître. Il jugea le moins possible, mais concilia beaucoup.
Rarement il recourait à l'autorité qu'il tenait de la loi ; sa
bienveillance émoussait la résistance, la mauvaise foi reculait
devant sa connaissance parfaite des caractères, et il avait pour
ainsi dire tari la source des procès dans son canton. C'est en
se promenant ou en se reposant sur son banc dans son jardin
qu'il écoutait les justiciables et qu'il donnait des conseils
qui avaient souvent plus de force que des jugements... La
République de 1848 trouva M. Vaultrin dans cette situation, et
elle le révoqua ; il y eut explosion d'indignation, de
réclamations, et le magistrat disgracié serait certainement
remonté sur son siège s'il n'eût préféré les douceurs de la
retraite ; mais survinrent les élections pour le conseil
général, et le canton tout entier lui offrit une candidature
qu'il ne put décliner ; il fut élu, deux fois réélu, et
l'aménité de son caractère lui fit autant d'amis dans le conseil
départemental qu'il y comptait de collègues ; les dernières
années de sa vie se passèrent à rendre des services, à se faire
le soutien des causes justes ; ses amis et l'autorité elle-même
insistèrent pour qu'il conservât un si beau rôle jusqu'à la fin.
Mais l'âge, la maladie et sa conscience furent les plus forts en
1864, et il fit enfin agréer sa démission plusieurs fois
refusée.
La mort de cet homme de bien laisse un grand vide dans la ville
et dans le canton de Blâmont, qui lui ont fait des adieux
touchants. Une affluence énorme suivait son cercueil, et les
visages reflétaient les sentiments de regret et d'estime qui
existaient dans tous les coeurs. (Journal de la Meurthe.)
15 décembre 1865
Il résulte d'une note envoyée à la Société d'archéologie par M.
Jaxel, de Cirey,que le château récemment incendié, de M.
François-Félix Mulot, d'Igney, a appartenu au roi Stanislas, qui
en faisait sa maison de chasses. Il était construit à l'entrée
du village, à quelques kilomètres de la gare d'Avricourt, sur
une hauteur de laquelle on découvre parfaitement les plaines de
Lunéville. De là, Stanislas distinguait les mouvements des
troupes au Champ-de-Mars.
Il existe encore, tout près du village, une petite butte qui
date du séjour du roi de Pologne dans cette maison de campagne. |