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Documents sur Blâmont (54) et le Blâmontois

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Presse - L'Espérance, courrier de Nancy - 1863
 
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11 février 1863
Une brodeuse de Blâmont était sortie quelques instants de chez elle à la tombée du jour, après avoir couché ses trois enfants. Un quart-d'heure plus tard, elle rentrait ; déjà une épaisse fumée remplissait la chambre. Elle courut au berceau placé près du poêle : l'infortuné petit être qui y était endormi tout-à-l'heure avait tout le corps carbonisé.
24 mai 1863
On nous écrit de Blâmont, 21 mai 1863 :
Mardi 19 mai, à 6 heures du soir, un orage mêlé de grêle a passé sur Blâmont avec une violence incalculable. Les dégâts qu'il y a occasionnés s'élèvent à une somme très-considérable la récolte des vignes et des jardins a été complètement détruite ; les sainfoin, trèfle et luzerne hachés. On estime que l'on perdra le quart de la récolte des blés. La commune de Montigny et d'autres, situées au sud-sud-ouest de Blâmont, ont été encore plus endommagées. A Ibigny, à Richeval et partie de Foulcrey, tout a été complètement anéanti ; on n'espère pas récolter un sac de blé dans les deux premières. L'orage n'avait pas de direction régulière : là il soufflait d'ouest, plus loin nord-ouest, nord-nord-ouest. Enfin, arrivé à environ 10 kilomètres de Blâmont, il a tourné au nord-est, et est, dit-on, allé se perdre vers Sarreguemines, en causant parfois, sur son passage plus ou moins de dégâts.
3 juin 1863
On nous écrit de Blâmont, le 30 mai :
M. A. B., cultivateur à Blâmont, me communique des renseignements qui, d'après l'assurance qu'il m'en a donnée, méritent une place dans les colonnes de votre estimable journal. Il m'a assuré qu'en 1825, le 23 mai, un orage semblable à celui dont nous venons malheureusement d'éprouver les effets, fondit sur une partie des arrondissements de Toul et de Nancy, principalement sur la commune de Millery, où il exploitait une terme. Plusieurs cultivateurs labourèrent leurs blés, qui paraissaient entièrement détruits, et y semèrent de l'orge qui donna peu. Ceux qui abandonnèrent leurs blés comme, on dit à la garde de Dieu, les virent bientôt repousser ; si bien qu'ils rendirent encore environ 10 hectolitres à l'hectare de très-bon blé. Ceux qui n'avaient été qu'à moitié atteints et que l'on avait conservés, croyant à une demi-récolte, produisirent moins que les autres, et du blé d'une moindre qualité.
D'après ces dires, il vaudrait mieux suivre le dernier exemple, que les conseils de ceux qui voudraient que l'on sème de l'orge ou des pommes de terre, qui, tout en occasionnant des frais de culture, peuvent encore ruiner le sol. (Journal de la Meurthe.)
5 juillet 1863
Jeudi matin, entre dix et onze heures, Mlle Marie Jacques, âgée de 44 ans, née à Blâmont, modiste à Nancy, tomba évanouie au sortir du bain qu'elle avait pris aux Grands-Moulins et succomba avant l'arrivée du docteur qu'on s'était empressé d'envoyer chercher. La syncope qui a provoqué sa mort est due à un appauvrissement habituel du sang.

9 juillet 1863
Une mendiante, nommée Marguerite Georgel âgée de 76 ans, et qui habite la commune de Bénaménil, s'est accidentellement noyée, sur le territoire de Domjevin, dans un fossé ou l'eau n'avait pas une hauteur de plus de 18 à 20 centimètres.


21 juillet 1863
La femme, âgée de 48 ans, du sieur Hovasse, propriétaire à Ancerviller, revenait de Badonviller, avec deux petites filles de l'hospice Saint-Stanislas de Nancy, sur une voiture qu'elle conduisait elle-même et qui versa dans un fossé, sur le territoire de Saint-Maurice. Elle fut blessée d'une manière si grave, qu'elle expira le lendemain soir. Sans les secours apportés par les sieurs Hasselot et Vouaux, père, témoins de l'événement, les deux enfants auraient également péri.


4 août 1863
On nous écrit de Blâmont :
A propos d'un merle. M. C. a vendu, au mois de mai dernier, un merle à M. M. Le prix de 7 fr. fixé par M. C. lui a été payé. Aujourd'hui M. M. a cité son vendeur devant M. le juge de paix de Blâmont, pour M. C. s'entendre condamner à reprendre l'oiseau vendu, rendre les 7 fr. prix d'icelui, et pour la nourriture dudit, compter à son acheteur une indemnité de 5 fr.
M. le juge de paix à M. C. : Vous avez vendu à M. M. un merle. Pourquoi ?
M. C. : Parce qu'il mangeait trop.
Le juge : Et vous, M., pourquoi ne voulez-vous plus du merle que vous avez acheté ?
M. M. : Parce qu'il ne chante pas.
Le juge : Est-ce qu'il ne chantait pas lors de votre acquisition ?
M. C. (avec chaleur) : Pardon, Monsieur, il chantait parfaitement, il chantait une valse et une polka. Mais M. M. a voulu recommencer l'éducation de la pauvre bête, et lui apprendre l'air d'une romance à la mode, ainsi que le plain-chant romain. (Hilarité.) Ce n'est pas tout, on ne nourrissait l'élève que de carottes.
M. M. : Carottes !
M. C. : Moi je ne le nourrissais que de pain et de chènevis. J'offre de citer onze témoins qui prouveront que chez moi le merle chantait à ravir.
M. M. : J'offre d'en citer vingt-cinq qui diront que le merle ne chantait pas.
M. C. : Bien sûr, je ne vous le vendais pas pour remplacer un orchestre dans un bal.
M. M. : L'orchestre d'un bal ! mais un parent à moi, qui joue du violon, n'a jamais pu parvenir, malgré ses excitations mélodieuses, à faire ouvrir le bec à votre oiseau.
Le débat n'aboutissant à rien, sinon à entretenir l'hilarité de l'auditoire, M. le juge de paix remet à huitaine pour prononcer, après l'audition des 11 témoins de M. C. et des 25 de M. M - Les plaideurs habitent une localité fort éloignée du chef-lieu de canton ; il est probable qu'il leur faudra dépenser, en frais de route et de témoins, une centaine de francs pour établir, devant le juge, le talent ou l'ignorance du merle en fait de chant. - Et l'on parle des Normands ! (Journal de la Meurthe.)
1er septembre 1863
Chronique locale
Institution Saint-Louis à Blâmont.
Ecole secondaire professionnelle, industrielle et commerciale et études de latin.
La distribution des prix du collège de Blâmont a eu lieu, le 8 août dans la grande salle de l'Hôtel-de-Ville, sous la présidence de Mgr l'évêque de Nancy, assisté de M. le maire de Blâmont.
Au commencement de la séance, Monseigneur a prononcé le discours suivant qui fait connaître les changements introduits dans l'organisation de l'Institution Saint-Louis. Messieurs,
De tout temps, le collège de Blâmont a eu des droits à la confiance de votre antique cité et à l'intérêt des évêques de Nancy.
Vos fils y ont trouvé, avec une religieuse et paternelle direction, la science des lettres humaines, et le sanctuaire a largement recruté parmi les élèves de cette Maison.
Aussi mes prédécesseurs avaient-ils cru devoir, quoiqu'en des degrés divers, en accepter le haut patronage et désigner ou maintenir les directeurs, qui, aujourd'hui encore, se trouvent à sa tête.
Ce patronage, Messieurs, je serai heureux non seulement de le continuer au collège de votre ville, mais encore, ainsi que vous me l'avez instamment demandé, de le rendre plus actif, plus immédiat, plus efficace.
J'ai accepté, Messieurs, cette sollicitude nouvelle, pour reconnaître, autant qu'il est en moi, les sacrifices que s'impose votre ville et le zèle intelligent que témoigne pour tous vos intérêts votre premier magistrat.
Je suis heureux de vous faire connaître aujourd'hui les modifications que nous avons cru, de concert, devoir introduire dans la direction des études du collège de Blâmont, pour le plus grand avantage des familles et des enfants de ce pays.
L'étude des langues classiques continuera, comme par le passé, dans l'Etablissement; mais elle s'arrêtera à la troisième.
Les études industrielles, commerciales et professionnelles au contraire, y seront développées, et formeront, désormais comme la spécialité et le caractère propre de cette maison d'éducation.
Elle rendra par là le plus éminent service à votre ville, à une foule de pères de famille de ce département et des départements voisins, heureux, je n'en doute pas, de préparer leurs enfants à des carrières utiles, et de plus en plus honorés même temps qu'ils développeront en eux par les leçons et les exemples de prêtres vertueux autant qu'éclairés, l'aura de la religion, de la vertu, du travail et de l'honneur.
Pour atteindre ce but, j'ai dû chercher à remplacer dignement MM. les directeurs actuels du collège, qui emportent en se retirant nos regrets, notre reconnaissance et notre estime.
Je n'ai pas reculé pour cela devant les sacrifices les plus pénibles pour d'autres établissements.
J'ai pris au collège de la Malgrange, l'un de ses professeurs les plus distingués, M. l'abbé Gondrexon, pour le placer à la tête du collège de Blâmont. Sa longue expérience de l'enseignement, ses titres scientifiques, les regrets profonds qui le suivent, et qui vous l'ont vivement disputé, tout nous assure que cette Maison trouvera en lui un supérieur accompli.
Il sera secondé dans sa charge difficile, par M. l'abbé Georges, que le diocèse d'Angers nous avait emprunté pour le mettre à la tête de l'un de ses plus florissants établissements, et qu'il me rend sur mes réclamations les plus vives. II eût été capable, sans nul doute, d'avoir ici le premier rang mais sa modestie et son dévouement n'ont voulu que le second.
M. l'abbé Gascon, curé d'Agincourt, prêtera de nouveau à ces Messieurs, le concours de son expérience et de son habileté consommée, pour la direction si importante du matériel de la Maison.
Enfin, plusieurs autres ecclésiastiques seront chargés de surveillance et des classes de latin. Quant à la partie principale de l'enseignement dans ce collège, je veux dire à l'enseignement industriel, professionnel et commercial, j'ai voulu le confier à des mains déjà habituées de longue date, à ce genre de leçons. J'ai donc pris parmi Frères de la Doctrine Chrétienne, dont je suis le supérieur les sujets les plus capables qui, dans des Maisons du même genre, obtiennent un succès considérable, dans les diocèse de Nevers, d'Angers, de Verdun et d'autres encore.
Ainsi, Messieurs, tout concourt heureusement à donner à cette Maison un caractère de supériorité incontestable et d'utilité réelle. J'ajoute que la modicité du prix de la pension la met, à dessein, à la portée de tous.
J'espère donc qu'un véritable succès lui est réservé. J'ai confiance que le clergé de ce diocèse et des diocèses voisins que les pères de famille apprécieront, comme moi, tout ce qui a été fait pour mettre cette Maison au rang des plus recommandables, et que, comme moi, ils lui accorderont te sympathies et leur actif patronage.
J'ai aussi la confiance que, répondant à ces sympathies, le collège de Blâmont continuera a donner à la génération qui s'élève, des chrétiens sincères, des hommes vraiment animés de l'amour de leur pays et de celui de leur devoir.
25 octobre 1863
On écrit de Blâmont, le 21 octobre, au Journal de la Meurthe : Hier, à 5 heures du soir, le feu a éclaté à Parux, où quatre maisons ont été la proie des flammes. Cette commune, située dans un fond, a été, pour éteindre l'incendie, réduite à ses seules ressources ; mais eût-elle été placée sur une hauteur, qu'aucun secours étranger n'y serait accouru, avec quelque chance de succès du moins, les instructions de l'autorité défendant de faire sortir les pompes sans une réquisition du maire de la commune où le sinistre éclate. Je suis loin de blâmer ces instructions ; mais, n'aurait-on pas bien fait d'y ajouter que, chaque fois qu'un incendie se déclarera dans une commune, le maire sera tenu, sous sa responsabilité personnelle, d'en prévenir les localités voisines, et particulièrement celles qui sont pourvues de pompes et d'une compagnie de pompiers. Dans plus de 50 incendies auxquels j'ai assisté, j'en ai vu trois seulement où le maire ait appelé du secours. Heureusement que, dans nos environs, M. Chevandier, de Cirey, qui possède plusieurs pompes, se transporte toujours avec ses ouvriers, et spontanément, partout où le feu éclate. On en peut dire autant du commandant de la compagnie de sapeurs-pompiers de Blâmont et du désintéressement des hommes qui la composent. Hier encore, ils ont fait preuve de zèle. Vers sept heures, à la nouvelle de l'incendie, et après en avoir obtenu la permission de M. le maire, ils ont sorti une pompe que, faute de chevaux, ils ont traînée à bras jusqu'à Barbas. Mais là, n'ayant pas pu se procurer d'attelage et ayant encore sept kilomètres à parcourir par des chemins de traverse, ils furent obligés de s'en retourner. Un certain nombre d'entre eux, cependant, suivirent leurs chefs et un médecin de la ville jusqu'au lieu du sinistre, où ils ne purent que constater un dommage qui eût été moitié moins considérable si des secours eussent été réclamés à temps. Ce qui précède me porte à vous entretenir d'un fait bien déplorable à constater et qui ralentit trop souvent le zèle des pompiers : c'est que, si les compagnies d'assurances indemnisent largement les sinistrés, jamais, ou du moins je n'en ai pas la connaissance, elles n'indemnisent les communes des avaries survenues aux pompes, ni les pompiers qui ont exposé leur vie et perdu leur temps. Cayet.


14 novembre 1863
On nous écrit de Moriviller :
Monsieur le Rédacteur, Permettez-moi de vous faire part du double plaisir que j'ai éprouvé en visitant ces jours derniers une église où se trouve un des plus beaux Chemins de Croix que j'aie encore vus. Je dis double plaisir, car à celui d'avoir pu admirer quelques belles stations et de la bonne peinture à ce qu'il me semble, se joint la satisfaction d'apprendre que c'est un peintre du pays qui en est l'auteur. Peut-être sera-ce rendre service à quelques confrères et à quelques églises, que de leur indiquer M. Emeraux, jeune peintre de talent et d'avenir qui, après avoir séjourné quelque temps à Blâmont, habite main tenant à Nancy, rue et place Saint-Georges. Cet artiste, malgré les heureuses qualités qu'on remarque dans ses tableaux, ne fait pas payer son travail bien cher. Tout au contraire, et si vous en doutez, allez plutôt faire une visite à l'église de Foulcrey, et vous serez aussi étonné du prix peu élevé que de la beauté de son Chemin de Croix. L'encadrement, qu'on pourrait dire certainement d'un nouveau genre, prête, sans doute, à le faire valoir ; mais malgré quelques petits défauts dans la peinture, on admire véritablement de bons coups de pinceaux et des têtes bien dessinées. Le Christ surtout apparaît dans toutes les stations avec un air de ressemblance de majesté, de douceur et de tristesse qui plaît et saisit. Dans la même église, on remarque aussi deux tableaux de M. Emeraux; l'un représente la nativité de N. S. Jésus Christ et l'autre la résurrection du fils de la veuve de Naïm. Ce dernier surtout offre un effet de lumière qui m'a paru beau et bien rendu. Agréez, etc.
18 novembre 1863
Le 11 novembre, un incendie considérable a dévoré à Frémonville quatre grandes maisons de cultivateurs. Le dégât eût été bien plus considérable encore sans l'actif dévoûment de M. le curé et celui du maire qui, oubliant le danger que cou rait sa propre maison, à laquelle s'est arrêté l'incendie, se transportait partout. On ne saurait trop louer le zèle qu'ont déployé en ces tristes circonstances les gendarmes de Blâmont et de Cirey, les pompiers de Frémonville et de Blâmont et les hommes attachés à la pompe de M. Chevandier. On doit signaler entre tous le lieutenant Chambrey et le sapeur Lamasse, tous les deux de Blâmont. Tout était assuré, mais pour des sommes qui ne pourront couvrir les pertes.
6 décembre 1863
Le dimanche 22 novembre, dans l'après-midi, le sieur Guise, facteur rural à Blâmont, a été ramené chez lui dans un état d'ivresse qui a provoqué sa mort. Depuis quelque temps, on apercevait chez lui quelques traces d'aliénation mentale.
 

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