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Presse - L'Espérance, courrier de Nancy - 1849
 
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24 mars 1849
Un incendie s'est déclaré jeudi 15 mars, à huit heures et demie du soir, dans ta maison du sieur Reneaux (François), manœuvre à Mignéviile, canton de Baccarat. Grâce à l'activité des habitants qui n'ont été secourus par aucuns de leurs circonvoisins, on est parvenu à se rendre maître du feu. Plusieurs ouvriers se sont fait remarquer par un courage et une intrépidité étonnante.

9 mai 1849
Jeudi 26 avril, un incendie a consumé deux maisons considérables de la commune de Cogney, canton de Blamont, appartenant à MM. Noël et Aubry, cultivateurs. On n a presque rien pu sauver, malgré le zèle des habitants de Blamont, qui se sont empressés de voler au secours d'une commune dépourvue de pompes à feu.


13 juin 1849
Le vendredi, 8 de ce mois, il a été perdu à Blâmont deux CHIENS COURANTS de petite taille, ayant les oreilles assez courtes, sous poil blanc-brun et feu, répondant aux noms de Tambeau et Valdine, la chienne est pleine d'un mois environ. Ils ont cinq ans. Les ramener chez M. Quintard, juge de paix à Blâmont, il y aura bonne récompense.

20 juillet 1849
Voici quelques détails sur le terrible incendie qui, comme on sait, vient de détruire une partie du village de Foulcrey, et de plonger un grand nombre de familles dans la plus affreuse détresse :
Samedi, vers quatre heures de l'après midi, pendant qu'une partie des habitants se trouvait dispersée dans la forêt pour y chercher les portions affouagères, le feu éclate-dans une chétive maison située dans un quartier où l'enfoncement du terrain devait rendre le danger moins redoutable. Au premier cri d'alarme, on accourt, on s'empresse, on s'élance de tous côtés ; mais, par une fatale circonstance, la pompe qui avait rendu naguères d'utiles services à Gugney, se trouve brisée et hors d'état de fonctionner un seul instant. La chaleur est extrême; les toits en bardeaux sont desséchés par la double action du soleil et d'une bise qui souffle avec violence. Bientôt une pluie d'étincelles et de matières embrasées couvre le village; un quart-d'heure n'est pas encore écoulé que déjà le feu se déclare dans plusieurs rues à la fois! Privé de tout secours, comment s'opposer aux progrès du terrible fléau, qui trouve encore un nouvel aliment dans les portions de bois d'affouage, délivrées la veille et placées devant les habitations ? On déménage, on transporte, à force de bras, les meubles, le linge et les provisions dans les jardins; les animaux sont chassés dans les prairies où ils restent abandonnés; des voitures se chargent de débris qu'on amène au loin.
Alors s'offre la scène la plus navrante et qu'aucune expression ne pourrait rendre. On n'entend de toutes parts que des cris de détresse, des sanglots ou les appels déchirants des enfants et des mères éplorés.
Pendant que les familles songent à leur propre conservation, l'incendie continue ses ravages; l'église, que tant de sacrifices généreux avaient embellie, venait d'être atteinte, et aucun pouvoir humain ne pouvait la préserver. La tour s'embrase, les cloches, dont les sons aigus et précipités appelaient au secours se taisent tout à coup ; bientôt elles tombent ; elles disparaissent avec l'horloge et l'on ne voit plus, dans les profondeurs de la terre qu'un métal fondu. L'orgue, dernière œuvre de l'excellent et habile curé du Ban-de-Sapt, dont le génie artistique est si remarquable ; l'orgue, acheté récemment au prix des sacrifices de la population tout entière, est tout à fait dévoré par les flammes. C'est à peine si on a eu le temps de retirer le saint des saints et d'arracher hâtivement les ornements, les linges sacrés et le mobilier le plus précieux. Le reste devint littéralement la proie des flammes.
A huit heures du soir, il ne restait plus que les murs de l'église, du presbytère et de la maison de la Sœur. Les habitations les plus vastes, les plus belles, les plus riches de cette partie du village sont la proie de l'incendie.
En apprenant le terrible désastre de la commune de Foulcrey, les populations environnantes accourent avec l'empressement le plus louable sur le théâtre du sinistre. Réchicourt-le-Château, Avricourt, Igney, Amenoncourt, Gugney, Saint-Georges, Ibigny et Cirey, envoient une masse de travailleurs actifs et infatigables. Aux premières lueurs, les pompiers de Fréméniile s'élancent avec leur ardeur et leur dévoûment accoutumés. Déjà les pompiers de Blâmont, suivis d'une foule d'habitants, étaient arrivés à Foulcrey, et bientôt, avec cette habileté qui les distingue, ils concentrent le feu dans un seul espace et sauvent la malheureuse localité d'une complète destruction.
A dix heures, il n'y avait plus aucun péril à craindre, et on a pu calmer les habitants. Grâces en soient rendues, mille fois, à toutes les personnes généreuses qui sont venues au secours d'une commune qui aurait été infailliblement détruite, sans l'assistance des étrangers.
On ne peut encore évaluer toute l'étendue d'un pareil sinistre : on parle de quarante-une maisons brûlées entièrement; d'autres disent quarante-cinq; quelques-unes de ces maisons n'étaient pas assurées. Beaucoup d'animaux ont péri.
Les pertes matérielles ne sont pas les seules qu'on ait à déplorer. On compte plusieurs victimes : un homme est mort des suites des blessures qu'il a reçues dans le feu ; l'état d'un autre est désespéré et plusieurs habitants ont été plus ou moins grièvement blessés.


1er septembre 1849
La petite église de Mignéville, canton de Baccarat, tout récemment construite, sous l'habile direction de M. Antoine, architecte à Lunéville, vient d'être ornée de deux vitraux à personnages de grandeur naturelle, sortant des ateliers de peinture de M. Honer, à Nancy.


28 septembre 1849
Chapelle du collège de Blâmont.
Lorsque de temps à autre nous voyons s'élever quelque église ou quelque chapelle dans un style architectural qui fait entrevoir enfin le retour aux bonnes traditions de l'art chrétien, nous nous sommes toujours fait un devoir, tout en rendant hommage au goût éclairé de l'administration locale, de signaler ces sortes de constructions à l'attention publique.
C'est donc une satisfaction pour nous d'apprendre que la chapelle ogivale du collège de Blâmont, confiée à la direction de M. Jules Laurent, de Nancy, est terminée. Honneur à M. l'abbé Marsal, principal d'un établissement en pleine voie de prospérité, qui n'a reculé devant aucun sacrifice pour mener à bonne fin un petit monument qui sera désormais l'un des ornements de la ville de Blâmont.
Rien de plus gracieux que cette chapelle, rien de plus svelte que l'élancement de ses voûtes. L'autel et le choeur surtout se font remarquer par le fini et la délicatesse du travail :
«  ... Voyez ce tabernacle, avec ces clochetons élancés qui se découpent dans des fuseaux ciselés ; voyez ce retable avec ces formes variées et ces entrecolonnements qui garnissent le pourtour du choeur. Ne vous semble-t-il pas que ce sont des dentelles suspendues aux murailles. Approchez et remarquez ces figures nombreuses qui se cachent sous des guirlandes de pierre, les unes grimaçant de désespoir, les autres épanouis d'allégresse et chantant les louanges du Dieu trois fois saint. Ici des anges entonnant sur le psaltérion le cantique éternel ; là, des animaux et de mauvais génies s'enfuyant ou expirant devant la lumière de l'évangile. Partout, le symbolisme chrétien se révèle, avec son incomparable beauté, sans les bas-reliefs, dans les statuettes, dans les moindres découpures de ces pierres qui semblent vous répéter chacune à leur tour, un acte de foi, une prière, ou une aspiration vers l'infini.
A ces chefs-d'oeuvre de sculpture et d'architecture catholiques, viennent se joindre encore des peintures si renommées de M. Maréchal, de Metz. Deux fenêtres ogivales, représentent les sublimes figures de l'auguste mère des chrétiens et de saint-Louis de Gonzague. Ces vitraux produisent un effet magique, indépendamment des peintures sur verre qui décorent les autres parties de la nef... »
On sait que cet oratoire, alors inachevé, a été béni l'année dernière, par notre vénérable prélat. En rendant compte de cette cérémonie, nous avons eu occasion de dire un mot de M. Jules Laurent, de cet artiste plein de foi et d'avenir, qui, s'inspirant aux meilleures sources a déjà orné plusieurs églises de notre diocèse et des diocèses circonvoisins de diverses constructions de détail remarquables. La chapelle du collège n'est pas, on se le rappelle, le seul souvenir que notre jeune compatriote laissera de son talent à Blâmont, les deux autels, en style ogival, élevés récemment dans l'église paroissiale sont dus aussi a son habile ciseau.

16 novembre 1849
Emberménil, le 13 novembre 1849.
Monsieur le Rédacteur,
La commune d'Emberménil, quoique agréablement située sur le versant de deux petites collines, vient à son tour d'être désolée par le choléra qui déjà a décimé tant de localités. Sur 414 âmes, personnes ont été atteintes dans très-peu de temps, et 16 ont succombé à la violence de l'épidémie, malgré les soins empressés qui leur furent prodigués. Grâce au zèle et au désintéressement déjà connus de M. Erard, notre curé,
debout nuit et jour au chevet de ses malades; grâce aux soins assidus des docteurs Guery et Benoist et des bonnes Sœurs de l'Espérance, les malades restants, les plus vigoureusement attaqués, éprouvent du mieux chaque jour, et nous font espérer l'éloignement prochain du fléau. Les habitants d'Emberménil n'oublieront pas non plus ce qu'ils doivent de reconnaissance à M. Charles Godard, qui offrit une généreuse hospitalité aux religieuses qu'il alla chercher lui-même. Même reconnaissance est due a M. l'abbé Marcel, curé de Vého, qui, après avoir
partagé les travaux pénibles de notre pasteur, vient de gagner de plus en plus notre estime, en portant lui-même en terre avec son instituteur, à la vue de ses paroissiens épouvantés, les deux premières victimes atteintes du choléra dans sa paroisse.
Agréez, etc.


21 novembre 1849
Hier, à quatre heures de l'après-midi, ont eu lieu à la Cathédrale les obsèques de M. l'abbé J.-A. Hachon, prosecrétaire de l'Evêché, décédé lundi dans la maison de Saint-Julien. M. l'abbé Hachon, dans la matinée, avait encore administré la sainte Communion aux Sœurs de l'hospice, puis il remonta dans sa chambre attendant le moment où il devait dire la messe. Quand, surpris de ne pas le voir à la chapelle à l'heure de la messe, on monta dans sa chambre, on le trouva par terre, mort d'une congestion cérébrale.
Le corps a été transporté aujourd'hui à Ancerviller, où se fera jeudi prochain l'inhumation, précédée du service funèbre.


25 novembre 1849
On nous annonce que !e choléra a éclaté à Amenoncourt. Cinq personnes y ont déjà succombé : plus de vingt souffrent encore de l'épidémie.

 

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