5 février 1853
Cour d'assises de la Meurthe. [...]
Vouriot, manœuvre, demeurant à Frémonville, accusé de vol
qualifié, a été condamné à cinq ans de prison. Le jury avait
admis des circonstances atténuantes.
6 mai 1853
Cour d'Assises de la Meurthe. [...]
Audience du 2 mai.- Accusation de vol qualifié contre Mougeot
(Jean-Pierre), âgé de 57 ans, manœuvre à Amenoncourt.
Le crime imputé à Mougeot consiste en la soustraction d'une
somme de 112 fr. 50 c. qui appartenait à la femme Béna el qui
était cachée dans la paillasse de son lit. C'est pendant le
sommeil même de cette dame que l'accusé a accompli son vol;
mais, saisi de remords, il a consenti a rendre les 112 fr. 50 c.
peu de jours après, en déclarant que la misère seule où se
trouvait sa nombreuse famille l'avait déterminé à commettre
cette mauvaise action.
Sur la plaidoirie de Me P. Bastien, le jury ayant reconnu que
des circonstances atténuantes existent dans la cause, la
Cour condamne Mougeot à quinze mois de prison.
11 septembre 1853
Par arrêtés de M. le recteur de l'Académie de la Mrthe [...]
La peine de la réprimande a été prononcée contre M. Parmentier,
instituteur à Leintrey, et Génin, instituteur à Amenoncourt.
1er octobre 1853
Le 28, un incendie terrible a éclaté à Chazelles, canton de
Blâmont ; trois maisons et sept ménages ont été la proie des
flammes. Les efforts courageux des pompiers, qui desservaient
sept pompes venues des environs, ont arrêté les désastres autant
qu'il a été possible.
5 octobre 1853
On nous écrit d'Ancerviller, à la date du 26 septembre 1853 :
Notre commune a fait une excellente acquisition pour l'éducation
de la jeunesse. D'après l'avis unanime et spontané du conseil
municipal, deux Frères de la maison de Vézelise ont tenu, depuis
un an, les écoles de la localité, à la salisfaction de tous les
habitants.
Personne ne doutait que ces pieux instituteurs ne fussent
admirables pour inculquer aux enfants les préceptes de la plus
saine morale. Leur exemple avait toujours paru d'un poids
invincible pour les amener au bien, mais aux yeux de certaines
gens dont nous ne voulons pas qualifier les intentions, ils
paraissaient moins propres que d'autres, malgré leur brevet de
capacité et leurs succès incessants, à donner l'instruction que
réclament les besoins actuels de la société. Les faits sont là
comme partout ailleurs, pour répondre à ces allégations, plus ou
moins empreintes d'ignorance ou de malice.
Depuis plus d'un an, ils sont en fonctions; les pères de
famille, intéressés aux progrès de l'esprit et du cœur, ont vu
des
résultats; ils les ont constatés, ils ne sont aveuglés par
aucune prévention, ils veulent faire de leurs enfants des
chrétiens fidèles, des citoyens éclairés, des hommes instruits
de leurs devoirs. Bien loin de se repentir de leur délibération,
ils s'en applaudissent tous les jours et font part de leur
conviction à qui veut les entendre.
Mais, dira-t-on, cela peut être bon pour une commune rurale qui
exige des connaissances moins étendues et ne pourrait plus
convenir à une ville de quelques milliers d'âmes; ici encore les
faits sont présents et il n'y a rien d'entêté comme les faits.
Dans la ville de Nancy, il y a des instituteurs laïques et des
instituteurs religieux, ils vivent fort bien les uns à côté des
autres ; une louable émulation règne entre eux : ceux qui
seraient faibles sur un point sont stimulés par ceux qui sont
forts dans la spécialité ; les uns l'emportent dans un genre et
forcent les autres, sinon à les surpasser, au moins à les égaler
à l'avantage et au bénéfice de tous.
Il y a quarante ans, qu'une ville de 50,000 âmes, qui certes
n'est pas rétrograde, prouve cette heureuse rivalité.
J'ai l'honneur, etc. FRANÇOIS
19 octobre 1853
Blâmont, le 17 octobre 1853.
Monsieur le Rédacteur,
Je vous prie d'insérer dans un prochain numéro de votre aimable
journal les quelques lignes suivantes : Dimanche dernier, 16
octobre, la ville de Blâmont était en réjouissance, à l'occasion
de la bénédiction de la première pierre de sa nouvelle église.
M. l'abbé Mengin, chanoine honoraire, curé de la paroisse,
assisté d'un nombreux clergé, a fait cette bénédiction au milieu
d'un grand concours de fidèles. Précédées de la musique de la
ville qui faisait retentir de joyeuses fanfares, les autorités
locales l'ont accompagné professionnellement.
M. Mathis de Grandseille, chevalier de la Légion-d'Honneur,
maire de la ville, a lu publiquement une inscription gravée sur
acier et destinée à être scellée dans la pierre angulaire avec
des pièces de monnaie de l'année, afin de rappeler à la
postérité la date de la nouvelle église, érigée à la gloire de
Dieu sous le vocable de saint Maurice et servir de notice
historique à l'ancienne, bâtie en 1382 par Henri III, comte de
Blâmont, et Valburge de Fénétrange, son épouse. Cette vieille
église, dévastée par les Suédois, était restée 30 ans
découverte; et durant ce long espace le culte se célébrait dans
une autre église, ruinée depuis par la révolution. Elle fut
enfin restaurée ; mais elle ne put se relever complètement de la
ruine, qu'un coup de foudre, éclaté en 1843, rendit encore plus
imminente. De notables ravages, opérés depuis lors dans le corps
de l'édifice, en ont déterminé l'interdit en 1851.
Les plans d'une nouvelle église ont été confiés à MM. Vautrin et
Laurent, architectes à Nancy, et MM. Pierre et Jacob Mensburger,
entrepreneurs, en ont commencé l'exécution.
Les noms des bienfaiteurs et des souscripteurs en faveur de ce
nouvel édifice ont été honorablement rappelés dans une pièce de
vers et dans un discours plein de nobles et pieux sentiments,
prononcé par M. le curé.
Toutes les autorités religieuses et civiles ont été
successivement admises à donner le coup de truelle et de
marteau, en usage dans ces cérémonies. La nouvelle église, grâce
à l'ordre et à l'activité des entrepreneurs, devra être terminée
dans moins de deux ans, à la satisfaction des vifs désirs de la
population.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur le Rédacteur, avec respect et
reconnaissance, votre tout dévoué serviteur.
Un de vos abonnés,
Marsal, chan.-hon., principal à Blâmont. |