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19 janvier 1896
Blâmont. - La population de Blâmont conduisait, il y a quelques
jours, à sa dernière demeure, Mme veuve Bouillon, née Madeleine
Lambert, pensionnaire à l'hospice depuis longues années, enlevée
trop tôt à l'affection d'une nièce qui subvenait à ses besoins.
Veuve d'un officier du premier empire, décédé à Fontainebleau,
Mme Bouillon s'est éteinte dans sa 96e année, emportant l'estime
et les regrets de nombreuses personnes qui l'ont connue, Malgré
son grand âge, elle avait conservé toute sa lucidité d'esprit ;
à une mémoire prodigieuse elle joignait un caractère jovial.
Sans une chute qu'elle fit ces derniers temps, elle eût vécu
plusieurs années encore à l'hospice de Blâmont, où les soins les
plus affectueux lui étaient prodigués.
21 janvier 1896
Verdenal. - Aux environs du 15 août dernier, la grosse cloche de
Verdenal s'est trouvée fêlée. Le conseil municipal, appelé à
statuer, a décidé de remplacer les trois cloches par trois
nouvelles. Celles-ci ont été fondues par M. F. Farnier, fondeur
à Robécourt (Vosges).
Le baptême de ces cloches a eu lieu jeudi 16 janvier. La
cérémonie religieuse a été ce qu'elle est toujours en pareil
cas.
30 janvier 1896
Bréménil. - M. Payeur, 45 ans, cultivateur à Bréménil, quittait
Harbouey, il y a quelques jours, avec une voiture chargée de
foin, vers 3 heures du soir. Comme il voulait attacher la chaîne
du limon à la cravate d'un des boeufs attelés au véhicule,
l'animal lui aurait donné un coup de tête qui l'aurait fait
tomber si malheureusement que les roues de la voiture lui
auraient passé sur le corps. Le docteur Hanrion, de Blâmont,
appelé en toute bâte, a constaté de graves blessures auxquelles
il ne survivrait pas. En effet, M. Payeur a expiré, vers 10
heures du soir.
4 mars 1896
Blâmont. - Un vol d'une somme de 858 francs a été commis aux
domicile et préjudice de la veuve Vouaux, aubergiste à Gogney,
cette somme était renfermée dans un porte-monnaie placé dans le
tiroir de la table de nuit de la chambre à coucher. La veuve
Vouaux a constaté à 4 heures 1/2 du soir la disparition de cette
somme qui s'y trouvait encore à 11 heures du matin.
On ignore l'auteur de ce vol audacieux.
12 mars 1896
Par suite des pluies de lundi soir, une reprise de crue est
annoncée sur la Vezouze à Blâmont et sur la Meurthe à Saint-Dié.
Blâmont. - La Vezouze est montée lundi, en six heures, de 0 m.
22. Elle atteignait ; mardi matin, à 7 h. 1/2, 1 m. 82, La
hausse continue. La pluie a cessé. Le vent tourne au Nord-Est.
8 avril 1896
Dans une battue organisée par M. d'Hausen, propriétaire à
Blâmont, les chasseurs de cette ville ont tué, dans la forêt
communale de Domèvre, un loup pesant 40 kilogrammes.
Ces messieurs, non contents d'avoir délivré le pays d un hôte
aussi dangereux, viennent de verser entre les mains du maire de
Domèvre la somme de 100 fr., montant de la prime qui leur a été
accordée. Selon l'intention des donateurs, une partie de cette
somme a été immédiatement distribuée aux traqueurs et l'autre
partie versée au Bureau de Bienfaisance.
24 mai 1896
COUR D'ASSISES DE MEURTHE-ET MOSELLE
7e Affaire.- Tentative d'assassinat - L'accusé est Armand
Hentsch, âgé de 41 ans, maçon à Leintrey
Dans la nuit du 27 au 28 février 1895, plusieurs habitants
s'étaient attardés dans l'auerge tenue par la veuve Thouvenin.
Vers une heure du matin, l'accusé et M. Lamblé, tous deux
légèrement épris de boissons, eurent ensemble, au sujet du
règlement de la dépense, une altercation qui dégénéra bientôt en
voies de fait. A ce moment, M. Joseph Voinot voulut s'interposer
et saisit alors à bras le corps Hentsch qui était sur le point
de se jeter sur son adversaire. Celui-ci frappa du poing Voinot
qui riposta sous l'empire d'une violente colère.
Hentsch sortit de la salle, s'arma de son couteau de poches et
attendit sur le seuil de la porte Joseph Voinot qui parvint à
l'éviter grâce à l'intervention de deux personnes qui décidèrent
Hentsch à se retirer.
L'accusé se rendit alors directement chez lui, décrocha son
fusil de chasse, qu'il chargea de chevrotines, puis alla sa
poster à quelques pas de la maison habitée par la famille Voinot,
en face de la fenêtre d'une chambre éclairée à l'intérieur, au
rez-de-chaussée. Voinot s'y trouvait et s'entretenait avec son
père et don frère de la rixe qui venait d'avoir lieu. Hentsch
qui suivait leur conversation, leur adressa une apostrophe
et, en même temps, déchargea son arme dans la fenêtre. Deux
carreaux volaient en éclats.
Les quatre chevrotines et les plombs qui composaient la charge,
après avoir traversé les vêtements de de Joseph Voinot, lui
effleurèrent la poitrine à la hauteur du coeur et allèrent
s'incruster dans le mur au fond de la chambre.
François Voinot, qui se trouvait près de son frère, fut
légèrement blessé à la cuisse et au genou par de petits plombs.
L'un et l'autre se mirent immédiatement à la poursuite de
Hentsch qui avait pris la fuite. Serré de près, celui-ci les mit
alors en joue une première fois, près de la maison Varlet, puis
à une distance de 100 mètres plus loin, aux abords de la maison
Quertat. Il tira sur eux un nouveau coup de fusil qui
n'atteignit personne.
Pendant que les frères Voinot allaient informer le maire de cet
attentat, Hentsch retournait chez lui et annonçait à sa femme
qu'il avait tiré dans la fenêtre de la chambre occupée par la
famille Voinot, et que Joseph Voinot avait eu de la chance de ne
pas être tué. Il lui demanda aussitôt son sac à chevrotines,
mais sa femme ayant pris la précaution de le cacher, il
rechargea son arme avec des plombs. Il se rendit alors chez le
maire avec son fusil chargé et lui dit qu'il avait tiré sur
Joseph Voinot à bout portant, qu'il croyait l'avoir foudroyé et
qu'il ne s'expliquait pas comment il ne l'avait pas tué.
Aux reproches que lui fit le maire, il répondit que quand les
gendarmes se présenteraient chez lui, il tirerait également sur
eux.
Le lendemain il renouvelait ses menaces contre les gendarmes.
Dans la soirée du même jour il gagnait par les bois le
territoire annexé et c'est seulement le 9 août suivant qu'il put
être arrêté en vertu
d'une demande d'extradition. Hentsch reconnaît avoir tiré un
coup de feu dans la fenêtre de la chambre où se trouvaient les
frères
Voinot, mais il prétend avoir tiré au hasard et n'avoir visé
personne.
Les constatations faites au cours de l'information ont au
contraire établi, que Hentsch, quand il a tiré dans la fenêtre,
avait l‘intenion manifeste de tuer Joseph Voinot et que cette
intention homicide avait été préméditée.
Les renseignements fournis sur Hentsch sont très mauvais; il a
déjà encouru trois condamnations pour faits de violences.
L'accusation est soutenue par M. Duhaut.
Le défenseur est Me Schneider.
Après 20 minutes de délibération, les jurés rapportant un
verdict affirmatif sur la question principale, négatif sur les
circonstances aggravantes et mitigé par l'admission des
circonstances atténuantes.
En conséquence, la cour condamne Hentsch à 5ans de travaux
forcés, et 10 ans d'interdiction de séjour.
L'audience est levée à 6 h. 3.
10 avril 1896
Amenoncourt. - La jeune Wolck, deux ans, s'est noyée dans une
auge, à environ vingt-cinq mètres du domicile de ses parents.
Lorsque le père, préposé des douanes, s'est aperçu du malheur et
a pu retirer son enfant de l'auge, il était trop tard. Tous les
soins sont restés sans résultat.
22 juillet 1896
Leintrey. - Nous apprenons la mort de M. Thomas, instituteur à
Leintrey, décédé à l'âge de 45 ans.
30 juillet 1896
Blâmont. - Depuis quelque temps, M. Vouaux, 62 ans, demeurant à
Réclonville, lavait manifesté l'intention de se suicider. Le 26
juillet, il a mis son fatal projet à exécution; on l'a trouvé
pendu à un arbre, à 6 h. du matin.
Réclonville. - Le corps de M. Vouaux, 63 ans, journalier, a été
trouvé pendu à un arbre. Vouaux manifestait depuis quelque temps
l'intention de se donner la mort.
17 septembre 1896
Avricourt. - M. Schoumacher, ouvrier au chemin de fer, a été
écrasé pendant une manoeuvre à la gare de Deutsch- Avricourt. Il
se tenait prêt à accrocher un wagon, quand, par suite de quelque
faux mouvement, il fut tamponné en pleine poitrine et tué sur le
coup.
M. Schoumacher était un ouvrier rangé et généralement estimé. Il
laisse une veuve et sept enfants dont un infirme et 3 au-dessous
de 12 ans.
20 septembre 1896
Igney-Avricourt. - Un incendie vient d'éclater à Avricourt
(Alsace-Lorraine), et a détruit deux maisons. Comme toujours,
les employés d'Igney se sont fait remarquer par leur dévouement.
Plusieurs ont sauvé des objets mobiliers pour une valeur
importante.
Les pertes sont évaluées à près de 40,000 francs.
7 octobre 1896
Vého. - Mercredi, un incendie dont les causes sont présumées
accidentelles s'est déclaré dans la maison d'habitation de M.
Friot
aubergiste.
La maison, les écuries et les granges sont devenues la proie des
flammes. Les pertes sont couvertes par une assurance ; elles
s‘élèvent à 15,870 fr.
9 octobre 1896
Nécrologie. - Nous avons le vif regret d'annoncer la mort de M.
l'abbé Paul-Arsène Xilliez, natif de Blâmont, ancien professeur
de philosophie à l'Institution du B. P. Fourier, à Lunéville,
décédé à l'âge de 28 ans.
M. l'abbé Xilliez faisait partie de l'Association de prières.
Emberménil. - Le 3 octobre, vers huit heures du soir, à 50
mètres de la gare sur le chemin de grande communication, la
femme de M. Guichard, lieutenant de douane à Xures, a été
trouvée couchée sur un tas de pierres, poussant des gémissements
et faisant des efforts pour vomir. Elle a avoué que la veille,
elle avait avalé deux fortes doses de poison dans le but d'en
finir avec la vie, alléguant qu'elle était lasse de vivre avec
son époux.
29 octobre 1896
Bébing. - Dans la nuit du 24 au 25, trois chevaux et la montre
du domestique ont été volés dans l'écurie de M. Cabocel,
cultivateur. Le voleur, Victor Loux, ancien domestique de M.
Cabocel, a été arrêté à Blâmont, où il avait conduit les
chevaux.
13 décembre 1896
Réclonville. - Un malheureux accident comme il en arrive
heureusement fort peu, vient de causer la mort de M. Idoux,
marchand épicier.
M. Idoux revenait du marché de Lunéville, avec un chargement de
marchandises. Il était monté sur sa voiture et conduisait son
cheval les rênes à la main. S'endormit-il ou voulut-il se
pencher hors de la voiture, on ne peut savoir au juste. Toujours
est-il que sa famille, avertie vers 9 heures du soir par
l'arrivée du cheval et inquiète de ne pas voir Idoux descendre
de voiture s'enquit de la chose.
Celui ci ne répondit pas ; il était mort. La tête pendait inerte
sur le tablier de la voiture.
On s'aperçut alors que le malheureux était étranglé. Son
foulard, dont une des extrémités pendait dehors, s'était enroulé
autour du moyeu de la roue et, suivant celle ci dans la marche
de l'axe, avait enserré le cou d'Idoux et l'avait étranglé net. |