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Journal - La Presse du jour

 

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Presse - L'Espérance, courrier de Nancy - 1876
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7 janvier 1876
Le nommé Roch, âgé de 67 ans, marchand de poissons, demeurant à Bertrambois, avait quitté Autrepierre le soir du 29 décembre, emportant une charge de 35 kilog. de poissons et se dirigeant vers Chazelles, où il se proposait de prendre gîte pour la nuit.
Dans la journée du 31, un chasseur découvrait la hotte de Roch dans une prairie, terroir d'Autrepierre. Sur son indication, les recherches commencèrent à partir de celte commune jusque Chazelles, où le pêcheur n'avait été vu de personne, et ce fut le lendemain seulement, vers 10 heures du matin, que son cadavre fut découvert dans la prairie, à deux cents mètres de l'endroit où avait été trouvée la charge de poissons.
Roch était couché dans la position d'un homme surpris par l'engourdissement: on présume qu'à une première chute, il avait abandonné sa hotte et essayé de gagner le village de Chazelles ; mais, qu'un peu plus loin, il aura succombé à une congestion cérébrale déterminée par l'ivresse: il était coutumier du fait et disait à qui voulait l'entendre que, tout pêcheur qu'il était, il avait l'horreur instinctive de l'eau. (Gazette.)


11 janvier 1876
On signale encore un exploit cynégétique :
Dans une battue organisée, dans les bois situés entre Autrepierre et Domèvre, trois sangliers de moyenne taille ont été abattus, deux par M. Toussaint, garde particulier à Domèvre, et le troisième par M. Perrin, aubergiste à Autrepierre.


15 janvier 1876
On nous écrit de Blémerey, le 12 janvier :
« Monsieur le Rédacteur,
» La température sibérienne que nous subissons depuis plusieurs jours est favorable aux exploits cynégétiques. Presque tous les jours vous enregistrez dans vos colonnes les prouesses des fidèles disciples de saint Hubert.
» A mon tour, je réclamerai votre indulgence pour l'insertion dans votre estimable journal du fait suivant qui a, au moins, le mérite de la véracité.
» Lundi matin, 10 janvier, Emile Alison, cultivateur à Blémerey, était à la chasse entre Saint-Martin et Fréménil ; il était accompagné d'un amateur, qui n'avait d'autre but que de faire une promenade matinale et sentimentale.
» Nos jeunes Nemrods, l'oreille au guet et le nez au vent, ne voyant pas trace de gibier, commençaient à regretter la chambre chaude et se disposaient au retour, lorsqu'ils entendirent une voix qui leur criait : Une bande de sangliers se dirige vers la Vezouze.
» Alison
N'est pas peureux,
C'est là son moindre défaut.
» Il connaît le gué de ces hôtes incommodes ; il ne perd pas de temps à compter ses ennemis, s'efface derrière les buissons qui ornent les nombreux méandres de la Vezouze, et là, de pied ferme, attend l'ennemi. Son compagnon se tient près de lui.
» Six sangliers s'avancent tranquillement ; mais celui qui ouvre la marche, se doutant probablement du piège qui lui est tendu, quitte la bande et va chercher fortune ailleurs.
» Les cinq autres continuent leur chemin et déjà sont descendus dans la rivière. Alison se précipite sur eux et, de six coups de fusil, abat les cinq sangliers dont le plus petit pesait 75 kilos.
» Aidé de son camarade, il retire deux de ses victimes. La glace cède sous le poids des trois autres qui roulent au fond de la Vezouze.
» Force leur est de revenir au village chercher une voiture et des engins de pêche d'un nouveau genre. Inutile de vous dire, M. le Rédacteur, qu'une foule de curieux s'est portée au-devant du char triomphal, et que le petit village de Blémerey, toujours si pauvre d'événements, s'est mis en fête pour faire honneur à son adroit et courageux citoyen.
» Veuillez agréer, etc. E. VIGNERON »


5 mars 1876
Dans là-soirée du 28 février, à environ 2 kilomètres d'Avricourt, le garde-poseur du chemin de fer découvrit gisant dans le fossé longeant la voie montante le corps du nommé Charles Peltre, âgé de 46 ans, maçon à Leintrey, lequel avait le crâne fracassé et le pied gauche complètement broyé.
On présume que ce malheureux ouvrier; qui travaillait à Avricourt, se trouvant en état d'ivresse, avait pris la voie ferrée pour rentrer chez lui, et qu'il aura été heurté et écrasé par la machine du train de manoeuvre.
Peltre laisse une veuve avec six enfants.


12 avril 1876
On nous écrit de Blâmont :
« L'Institution libre de notre ville vient d'obtenir des résultats remarquables à la dernière session d'examen pour le brevet de capacité ouverte à Nancy, le 27 mars dernier. Les quatre élèves présentés et préparés par l'établissement ont été admis.
L'un d'eux, Michel Victor, élève-boursier du Comité d'Alsace-Lorraine, a obtenu, seul de tous les candidats, la série des langues, anglaise et allemande. Ce beau succès est une récompense bien méritée par l'honorable chef de l'Institution, M. Gérardin, et par les maîtres dévoués et intelligents, qu'il a associés à son oeuvre.

Nonhigny. - Un incendie a détruit dans la soirée du 6 avril courant, une maison située à Nonhigny, appartenant au nommé Lhôte (Joseph),
propriétaire. Cette maison était habitée au rez-de-chaussée par un maréchal-ferrant, et le feu s'est déclaré dans le grenier à fourrages où passait la cheminée de la forge. On présume que la cheminée aura communiqué le feu au foin. Grâce aux secours qui sont arrivés à temps, on a pu se rendre maître du feu. Les pertes s'élèvent à 7,000 fr. couvertes par l'assurance.


20 avril 1876
PARIS 19 AVRIL 1876.
La reine d'Angleterre partira d'Avricourt par un train spécial à minuit et demi, dans la nuit du 20 au 21, et le maréchal de Mac-Mahon se trouvera vendredi matin à la gare de la Villette pour saluer la reine.

Domèvre. - Le 14 courant, un incendie a éclaté au moulin de Barbezieux, écart le Domèvre, au domicile du sieur Jean-Baptiste Rohr, meunier-mécanicien. Le feu s'est déclaré dans les greniers. Réveillé vers onze heures du soir par un bruit insolite et un craquement qui se faisaient entendre sur les greniers et dans son atelier, il se leva et aperçut le feu qui consumait les greniers. Les secours étant arrivés trop tard, on n'a rien pu sauver.
Les causes de ce sinistre, dont les pertes sont évaluées à 29,200 francs, couvertes par l'assurance, ne peuvent être attribuées qu'à réchauffement de l'arbre de transmission ou à des étincelles qui seraient tombées sur les greniers. (Meurthe.}


4 mai 1876
La reine d'Angleterre vient de faire remettre à l'inspecteur principal et au chef de traction de Nancy deux épingles, ornées de diamants pour attester la satisfaction qu'elle a éprouvée de la façon dont les employés de la Compagnie de l'Est ont accompli leur service pendant son voyage d'Avricourt à Paris.


19 juin 1876
Le 11 juin dernier, une femme de chambre de l'hôtel du Grand-Cerf découvrit, entre le bois et le sommier d'un lit, un portefeuille qui contenait deux billets de banque, l'un de mille francs, l'autre de cent francs. Elle n'était accompagnée que de sa mère et aurait pu s'approprier cette somme importante sans s'exposer à être découverte. Mais l'honnête fille s'empressa de déposer le portefeuille entre les mains du chef de l'hôtel qui, lui-même, le remit au propriétaire; M. Leblanc, fermier au Beauffroy, près Mirecourt. M. Leblanc, de passage à Nancy, avait cru être victime d'un pik-poket. Mais heureusement pour lui, son portefeuille n'a pas été volé ; il n'a été qu'égaré.
La femme de chambre qui l'a retrouvé se nomme Clotilde Guerre, elle est née à Fremonville. Sa belle conduite méritait d'être connue.


27 juin 1876
On nous, écrit de Blâmont qu'un suicide vient de jeter la stupeur dans, cette ville.; M. Lucien.Léman, manufacturier israélite, s'est tiré, lundi matin, quatre coups de revolver à la tête. Il n'a survécu que peu d'heures. On ignore la cause de ce suicide.
D'après l'opinion publique, M. Léman devait: être nommé, sous peu, maire de Blâmont.


9 juillet 1876
Un commencement d'incendie s'est déclaré, le 3 juillet, vers cinq heures dû soir, à Blâmont, au domicile de M. Nicolas, pâtissier et marchand de jouets d'enfants.
Le feu a pris dans une chambre où se trouvaient entassés des jouets d'enfants que deux employés, l'un de seize ans et l'autre -de quatorze, étaient occupés à ranger. Parmi les jouets se trouvaient des chandelles romaines ; l'un des employés eut la malencontreuse idée d'en allumer une qui dépassait les autres ; en un clin-d'oeil, le feu se communiqua aux papiers et aux marchandises qui se trouvaient pêle-mêle dans la chambre. Les deux employés ont failli être eux-mêmes victimes de leur imprudence.
Des marchandises seules ont été brûlées ; la perte est couverte par l'assurance. (Meurthe.)


17 juillet 1876
On nous signale d'Ancerviller un acte de dévouement accompli par un jeune enfant de 11 ans, le jeune Charles Agelot.
Il y a quelques jours, des enfants sortant de l‘école s'amusaient à jouer sur le parapet d'un aiguayoir, d'une profondeur d'un mètre et demi, lorsque l'un d'eux, un enfant de cinq ans, poussé par un de ses camarades, est tombé dans l'eau.
Agelot franchit aussitôt le parapet et put ramener sain et sauf le pauvre petit déjà presque asphyxié.


21 juillet 1876
Le 3 juin dernier, le garde-pêche Hagey, de Sainte-Pôle, trouvait sur le ruisseau de Barbas un individu porteur d'une trouble. Cet individu donna des faux noms et refusa de suivre le garde chez le maire d'Harboué afin d'y faire constater son identité. Une lutte s'engagea même entre le délinquant et le garde qui, au bout d'une heure et demie, se vit contraint de le laisser, tout en se promettant bien de le retrouver.
Après différentes informations, Hagey reconnut dans le sieur Petit, propriétaire et adjoint à Nonhigny, l'individu qu'il avait trouvé à la pêche en temps prohibé.
Petit nie ; mais en présence des affirmations réitérées du garde, le tribunal le condamne à 20 fr. d'amende pour port d'un engin prohibé et à 6 jours de prison et 50 fr. d'amende pour rébellion envers le garde.


2 août 1876
L'orage du 24 courant a occasionné, par la grêle, des dégâts évalués à 9 ou 10,000 fr. sur le territoire de la commune de Montreux.


24 août 1876
La Société centrale d'agriculture de France avait mis deux prix à la disposition du Comice de Lunéville, une médaille d'or, grand module, et une médaille de bronze. La médaille d'or a été décernée à M. Moitrier, d'Ogéviller, pour s'être occupé le premier de la culture des osiers, dans l'arrondissement et pour avoir donné à ce genre de culture un essor considérable.


3 septembre 1876
Pendant l'une des dernières nuits, on a coupé 281 pieds de houblon dans une propriété appartenant à la veuve P..., de Blâmont. Le coupable est inconnu.


5 septembre 1876
On signale d'Avricourt un vol de 500 fr., commis au préjudice d'un garçon du buffet de la gare ; on a brisé une malle dans laquelle la somme était contenue et qui était dans une chambre, louée en ville par ce garçon. On ne sait sur qui porter les soupçons. (Courrier).

Un incendie s'est déclaré ces jours derniers chez le sieur Joseph Cuny, maçon à Barbas.
Les pertes, évaluées à 4,000 fr., sont couvertes par l'assurance.


15 septembre 1876
On nous écrit de Domèvre -sur-Vezouze, le 10 septembre :
« Les paroissiens de Domêvre-sur-Vezouze ont pris a coeur d'embellir l'intérieur de leur église. L'an dernier c'étaient le plafond et les murs qui étaient restaurés ; cette année, ce sont des vitraux peints qui viennent de remplacer les anciennes fenêtres : tout cela, résultat de dons volontaires.
» Les vitraux sortent des ateliers de M. Honer, de Nancy. L'ensemble en est heureux et d'un très-bel, effet. Six de ces vitraux consistent en de beaux médaillons enchâssés dans une légère grisaille : chacun de ces médaillons représente une petite scène, tirée de la vie d'un saint ou d'une sainte.
» Les quatre autres vitraux sont quatre grands tableaux représentant l'Adoration des Mages, la Résurrection de Notre-Seigneur, le Couronnement de la sainte Vierge dans le Ciel, et saint Epvre délivrant trois prisonniers. Ces quatre tableaux surtout attirent l'attention. Ce sont tout autant de groupes animés, vivants, parlants pour ainsi dire. Un personnage unique dans un vitrail, si bien exécuté qu'il soit, n'est jamais qu'un portrait froid et inanimé ; tandis qu'un tableau dans le genre de ceux dont nous parions, présente une animation qui fait
plaisir à voir, outre qu'il a l'avantage de rendre sensible à tout le monde le mystère ou le fait qu'il exprime.
» Honneur donc aux habitants de Domêvre dont la foi s'est plu à embellir le temple de Dieu ! honneur surtout à M. et à Mme Keller, de Lunéville, dont la générosité qui se fait partout remarquer, a doté le choeur de notre église de deux magnifiques vitraux ! honneur enfin à M. Honer, dont le talent mûri par la pratique et inspiré par une foi sincère, a si bien su décorer la demeure du Dieu qui réside parmi nous ! »


23 octobre 1876
Dernièrement, M. M..., banquier à Blâmont, envoya son domestique dans un chalet qu'il possède aux environs. Celui-ci, en arrivant, fut très-étonné de voir tout sans dessus dessous. Des carreaux étaient brisés et une porte forcée. On avait fouillé des armoires, dérobé de la poudre, différents objets d'habillement, de l'argent. Les voleurs avaient pris dans la cave une bouteille de Xérès, qu'ils avaient bue sur place.
De plus, ils avaient grimpé au premier étage par les colonnes qui supportent le balcon; là, ils avaient encore brisé une fenètre pour s'introduire dans l‘appartement.
On a ouvert une instruction pour découvrir les coupables.


27 octobre 1876
M. Brice est nommé maire de Blâmont, et M. Barthélémy, adjoint.


26 novembre 1876
La Société de Prévoyance et de Secours, mutuels de Nancy a tenu, dimanche dernier, dans la salle de l'ancienne Université, sa séance annuelle [...]
À cette solennité, pleine d'intérêt, s'en rattachait une autre. Comme chaque année, à pareil jour, la
Société nationale d'Encouragement au bien, autorisée en 1862 par le gouvernement, délivrait aux
lauréats de nôtre département les diplômes et médailles d'honneur-dont là proclamation avait déjà été faite le 28 mai dernier, à Paris, dans une séance publique présidée par M. le baron de Gérando, vice-président, ancien président de la Cour d'appel de Nancy, membre de l'Académie dès sciences moraleset politiques. Onze médailles ont été décernées sur la proposition du. Comité de Meurthe-et-Moselle: M. le docteur Grandjean, président de ce Comité, a proclamé les noms et fait connaître les titres.
Les Voici, d'après le compte-rendu officiel de Paris. :
Mlle CLAUDEL (Honorine), trente-cinq ans, lingère, à Blâmont.
Depuis vingt ans, la demoiselle Honorine Claudel s'est dévouée, en renonçant volontairement au mariage, pour soigner, sans autres ressources que son travail quotidien,.son père devenu invalide, sa mère impotente, une vieille tante sans fortune, qui est morte après une douloureuse maladie en 1874.
Une soeur d'Honorine, après quelques années de mariage, perdit son mari, tomba malade et mourut à son tour en 1871, laissant deux jeunes orphelins sans ressources,.
Honorine ne perd pas courage, et, par son seul travail, elle élève les deux enfants dont elle soigne pieusement l'éducation.
Douée d'un esprit religieux, elle accepte sans murmurer les charges que la Providence lui envoie.

 

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