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12 mars 1870
M le préfet de la Meurthe, accompagné de M. Varroy, ingénieur, a
fait, le 8 mars, le premier voyage d'essai sur le chemin de fer
d'Avricourt à Cirey. Cette ligne sera donc inévitablement livrée
à la circulation dans un bref délai.
20 mars 1870
Le 5 avril aura lieu la réception travaux du chemin de fer d'Avricourt
à Cirey.
7 avril 1870
L'inauguration du chemin de fer d'Avricourt à Blâmont et Cirey,
a eu lieu hier. Les invités ont quitté Nancy par le train de 8
heures 12 minutes, et sont rentrés le soir par le train-poste.
9 avril 1870
L'inauguration officielle de la nouvelle ligne de chemin dé fer
d'Avricourt à Blâmont et à Cirey, a eu lieu mercredi dernier, en
présence d'une foule considérable. Dès le matin, un train
spécial conduisait de Nancy à Avricourt les fonctionnaires
chargés de la réception des travaux de la ligne et les autres
personnes invitées à la cérémonie, que le général comte de
Failly a bien voulu honorer de sa présence. On remarquait M. le
préfet de la Meurthe, représentant le département ; MM les
sous-préfets de Lunéville et de Sarrebourg; M. Welche, maire de
Nancy et membre du conseil général ; MM. Volland, de Riocour et
Germain, conseillers généraux; MM. Volmerange et Dilschneider,
ingénieurs en chef, M. Varroy, ingénieur du contrôle, et
plusieurs autres chefs de service de la Meurthe. MM. Thoyot et
Goumes, inspecteurs généraux du contrôle d'exploitation des
chemins de fer, étaient spécialement délégués pour procéder à la
réception définitive de la nouvelle voie.
Le train d'inauguration, composé dé sept voitures, a quitté
Avricourt à 10 h. 40 m. et est arrivé à Blâmont à 11 h. 30 m.
Dans cette dernière localité, la population tout entière se
pressait aux abords
de la gare pour assister à l'arrivée du convoi et à la
bénédiction des deux locomotives affectées au nouveau service.
A l'issue de cette cérémonie religieuse, annoncée par le son des
cloches de la ville et qui était présidée par le vénérable
curé-doyen de Blâmont, Mathis de Grandseille, membre du conseil
général et vice-président du conseil d'administration du chemin
de fer, à offert le vin d'honneur.
Le convoi a repris ensuite sa marche à midi 30 m. et est arrivé
à Cirey à une heure 40 m. Le corps municipal s'était réuni à la
gare pour recevoir les autorités, et, pendant cette réception,
la Société musicale de Cirey a fait entendre les meilleurs
morceaux de son répertoire, A trois heures, un banquet a été
offert par M. Lagrange, directeur de l'importante manufacture de
glaces de Cirey et membre du conseil d'administration du chemin
de fer.
Pendant ce banquet, auquel assistaient les notabilités de la
contrée, M. le préfet a fait connaître quela veille, M. le
ministre de l'intérieur l'avait chargé d'exprimer publiquement
ses regrets de n‘avoir pu, à cause des exigences de la
politique, se rendre aux voeux des populations, qui avaient
témoigné le désir de remercier, en cette occasion solennelle
l'honorable député de la part si active qu'il a prise à la
réussite du projet. Dès le matin, S. Exc. M. Chevandier de
Valdrôme avait envoyé
dépêche télégraphique à M. Mathis de Grandseille pour lui
exprimer personnellement ses regrets et lui dire qu'il prenait
part à cette belle fête par la pensée et par le coeur.
M. le préfet a porté un toast à la prospérité de la nouvelle
ligne d'Avricourt- Blâmont-Cirey, ainsi qu'aux membres du
conseil d'administration,, qui ont facilité par leur puissant et
utile concours l'exécution de l'entreprise.
M. Mathis de Grandseille a pris a son tour la parole pour
remercier le premier magistrat du département, le conseil
général de la Meurthe et MM. les ingénieurs qui ont préparé le
projet et habilement dirigé son exécution. Plusieurs autres
toasts ont été successivement portés par MM. de Klopstein,
Volland, Varroy et Coumes.*
Une heureuse nouvelle a clos cette brillante réunion : M. le
préfet a annoncé, au milieu des applaudissements les plus
sympathiques, que, sur la proposition de S. Exc. le ministre des
travaux publics, l'Empereur venait de nommer chevalier de la
Légion-d'Honneur, M. Lagrange, directeur de la manufacture de
Cirey.
Un temps superbe a favorisé cette fête, qui a répandu la joie
dans les cantons de Blâmont et de Lorquin, où la prospérité
agricole, commerciale et industrielle est désormais assurée.
Le chemin de fer d'Avricourt à Cirey par Blâmont, qui ne compte
pas moins de 19 kilomètres et divers travaux d'art, a été voté
par le conseil général dans sa session de 1868, et il est livré,
vingt mois après, à la circulation publique. Ce remarquable
résultat est dû surtout aux louables efforts et à l'actif
dévoûment de M. Varroy, directeur des travaux; récemment nommé,
par décision ministérielle, ingénieur en chef du service des
chemins de fer d'intérêt local du département de la Meurthe.
(Moniteur.)
6 mai 1870
C'est à tort qu'on a parlé d'une grève qui se serait produite
parmi les ouvriers de la taillanderie de M. Mathis de
Grandseille, à Blâmont. La vérité est que quatorze manoeuvres,
employés par les chefs forgerons et payés par eux, avaient
réclamé une augmentation de salaire, et qu'elle leur a été
refusée. Dix d'entre eux ont cessé leur travail et ont été
immédiatement remplacés.
15 mai 1870
Un incendie s'est déclaré à Blâmont dans l'atelier du sieur
Jules Delabbeye, peintre en bâtiments, locataire de M. Jacques,
négociant, et a occasionné pour 5,500 fr. de dégâts, dont 4,000
fr. seulement au compte de l'assurance.
Un autre incendie, attribué à un vice de construction existant
dans une cheminée, a détruit, à Repaix, la maison, les récoltes
et une partie du mobilier de Mme veuve Bastien. Le concours
dévoué des pompiers de Blâmont et d'Autrepierre a permis de
sauvegarder les habitations voisines. La perte est évaluée à
14,600 fr., dont 13,000 fr. au compte de l'assurance.
23 mai 1870
On vient d'abattre à Igney, dans le canton de Réchicourt, un
petit chien noir paraissant atteint d'hydrophobie, qui avait
mordu, à Gondrexange, trois personnes, dont les blessures,
très-légères, ont été cautérisées. Cet animal a également mordu
d'autres chiens qui ont été abattus ou enfermés.
8 juillet 1870
Le sieur Kraff, de Blâmont, âgé de 26 ans, en revenant de Nancy,
où il était allé s'offrir comme i remplaçant, fut atteint d'une
fièvre cérébrale. Transporté de suite à l'hospice de Blâmont, ce
malheureux jeune homme, dans un accès de fièvre chaude, et
malgré la présence d'un gardien, s'est précipité du 2e étage sur
la voie publique, d'où on l'a relevé complètement privé de vie.
28 juillet 1870
Un incendie attribué à l'action du soleil sur deux tuiles en
verre a détruit le moulin à vapeur de Sainte-Anne; écart de
Gogney, et a causé pour 38,800 fr. de dégâts, au compte de
l'assurance.
Dès la première nouvelle du sinistre, les habitants et les
pompiers de Blâmont étaient venus joindre leurs efforts à ceux
de leurs camarades de Gogney.
11 août 1870
Vendredi, dernier, vers 11 heures du soir, un incendie s‘est
déclaré au domicile de M. Dieudonné, marchand de vins en gros à
Ancerviller. Les pertes sont considérables. Sans le secours des
pompiers de la, commune, de ceux de Sainte-Pôle et des habitants
des localités environnantes, les marchandises encavées seraient,
totalement perdues.
Le corps dé logis a été complètement détruit; mais l'église et
les maisons voisines, fortement menacées, ont pu être
préservées. Réveillée par les cris d'alarme, la famille de M.
Dieudonné n'a eu que juste le temps de sortir du lit et de se
sauver.
Deux vaches et quarante pièces de volaille ont péri dans les
flammes.
Les pertes seront, à peu de chose près, couvertes par
l'assurance, qui étaient de 74,100 fr. |