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Presse - L'Espérance, courrier de Nancy - 1875
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6 janvier 1875
Le sieur Chenal, voiturier d'Herbéviller, amenait des marchandises au marché de Lunéville. Il cheminait tranquillement sur la route, lorsque entre Herbéviller et Ogéviller, il crut apercevoir, malgré l'obscurité à cette heure matinale, un loup près de sa voiture. Comme son chien suivait, et qu'il n'est pas de forte taille, il arrêta son cheval pour descendre de sa voiture. A peine eut-il mis pied à terre qu'il entendit un cri et n'aperçut plus son chien. Le loup l'avait attaqué et enlevé.


18 janvier 1875
On nous écrit d'Avricourt qu'une baraque en planches, située à proximité de la gare, sur le territoire français, appartenant au sieur Terrasen, débitant, vient de devenir la proie des flammes.
Les pertes sont évaluées à 5,000 francs ; il y a assurance.
Les causes de cet incendie sont attribuées à un tuyau servant de cheminée. (Impartial.)


22 janvier 1875
Le Journal de Lunéville croit savoir qu'en vertu d'une convention passée entre l'administration des chemins de fer de l'Est et l'administration allemande, celle-ci s'est engagée à ne pas prolonger au-délà du 1er juin prochain l'occupation de la gare d'Avricourt.


26 janvier 1875
On écrit d'Autrepierre à l'Impartial qu'un affreux malheur vient de frapper une des familles les plus honorables de cette commune.
La veuve Perrin avait invité, mardi dernier, ses trois fils à dîner avec elle. La Journée s'était très-bien passée, lorsque vers 6 h. 1/2 du soir, le plus jeune, nommé Joseph, âgé de 27 ans, en rentrant chez lui, s'est vu chercher querelle par son frère Léon. Après quelques paroles assez vives échangées entre eux, ce dernier, qui depuis longtemps déjà donnait des signes d'aliénation mentale, ayant saisi un couteau, en a transpercé son malheureux frère, qui est tombé sur le coup et a succombé 24 heures après, au milieu des plus grandes souffrances.
Il emportera dans la tombe les regrets de tout le monde, car il était aimé et estimé de tous ceux qui l'ont connu.
Le coupable a été arrêté le lendemain. Il laisse dans la plus grande misère une femme malade et 3 enfants en bas âge.


5 février 1875
On écrit de Blâmont, le 1er février, au Journal de la Meurthe :
« Vendredi soir, 29 janvier dernier, deux hommes de Verdenal, les nommés Bouchard et Receveur, revenant du marché de Blâmont où ils avaient vendu quelques sacs de blé, faillirent être victimes d'un grave accident. A la sortie de la ville, au moment d'arriver sur le pont du Xa, Bouchard, croyant prendre le chemin de Verdenal, se trompe et tombe d'une hauteur de sept mètres environ dans le ruisseau de Voise, dont les eaux étaient considérablement augmentées. Receveur se porte à son secours et veut le retirer de l'eau, mais entraîné lui-même par les efforts de Bouchard et par le poids de son corps il se trouve précipité à son tour dans le ruisseau par-dessus la tête de son infortuné compagnon ; tous deux étaient sur le point de se noyer, lorsque le nommé Jean-Baptiste Schnell, qui se promenait dans ces parages, s'est précipité à leur secours et après bien des efforts est parvenu à les sauver tous deux et surtout Bouchard d'une mort certaine et rapide. Bouchard qui se trouve dans une position de fortune aisée se serait, assure-t-on, montré médiocrement reconnaissant lorsqu'il s'est agi de récompenser le nommé Schnell de son acte de dévouement. »


19 février 1875
Le brigadier Bardenin et ses douaniers ont trouvé, dans la forêt de Remoncourt, le cadavre d'un homme.
Après avoir fait prévenir les autorités qui prirent des informations, on a reconnu que c'était celui du sieur Grandemonche (Maximilien), âgé de 32 ans. Il travaillait chez le sieur Aubois, adjoint au maire.
Il lui annonça qu'il voulait aller à Avricourt pour chercher de l'eau-de-vie, et comme il s'enivre souvent, il paraît que sa mort peut être attribuée à un effet de l'alcoolisme.


21 février 1875
On a saisi environ 150 kilog. de tabac de contrebande dans le domicile et jusque dans le lit du sieur G..., aubergiste près la gare d'Emberménil


5 mars 1875
On signale de Blâmont le suicide du sieur Helmstetter, âgé de 70 ans, ancien militaire, décoré de la
croix de la Légion-d'Honneur.
Il a déclaré par écrit, ne pouvant plus parler, que d'intolérables douleurs et l'impossibilité de se faire soigner, - sa femme étant elle-même impotente, - l'avaient poussé au désespoir.


27 mars 1875
Le gendarme Girard, de Blâmont, passait à cheval à Montigny ; au moment où il arrivait vers le milieu de la ville, le tambour des pompiers commençait à battre, le cheval eut peur et s'emporta. Le cavalier fit des efforts pour le ramener, mais le cheval glissa et tomba avec lui. Girard eut les deux jambes fortement contusionnées. On le transporta immédiatement à la caserne où il reçut les soins de M. le docteur Virtel.


18 avril 1875
Les employés de la douane ont saisi sur la frontière entre Nancy et Metz, un lot de bijouterie évalué à cinquante mille francs. Une prise analogue a déjà eu lieu récemment à Emberménil, et le tribunal de Lunéville a condamné un négociant de Paris, auteur de la fraude. Il s'agit d'un droit de contrôle perçu à Paris et remboursé par la douane quand l'exportation est constatée. On fait ensuite rentrer les marchandises en fraude. Pour se soustraire à un droit qui est, si nous ne nous trompons, de dix pour cent, on s'expose à la confiscation totale, sans parler de la prison et de l'amende.


8 mai 1875
COUR D'ASSISES DE MEURTHE-ET-MOSELLE.
Présidence de M. Hannequin.[...]
Sixième affaire. - Acte d'accusation. - Le 12 mars 1875, vers six heures du soir, l'attention de plusieurs habitants de la commune d'Herbéviller fut attirée par des cris de détresse partant du premier étage de la maison du nommé Charles Linck. La fille Linck suppliait son père de lui pardonner et, par intervalles, il se produisait un bruit sourd que l'un des témoins attribua au choc d'un corps jeté avec violence sur le plancher ; on entendit ensuite la femme Linck dire à son mari : « Laissez-la, elle en a assez. » « Non, répondit celui-ci, il faut que je la tue. » Ces mots furent suivis d'un dernier cri poussé par la fille Linck ; puis l'accusé et sa femme descendirent au rez-de-chaussée, et l'un d'eux alla fermer au verrou la porte de la maison.
Le lendemain matin, le bruit de la mort de la fille Linck se répandit dans la commune. Aussitôt l'un des témoins de la scène qui vient d'être décrite, se rendit chez le maire afin d'informer ce magistrat de ce qui s'était passé la veille au domicile de l'accusé.
Quelques instants après, celui-ci vint déclarer le décès de sa fille ; il protesta contre l'accusation dont le maire lui apprit qu'il était l'objet, et, depuis il n'a cessé d'opposer des dénégations absolues aux charges réunies par l'information.
Il prétend expliquer la mort de sa fille par une chute que celle-ci aura faite sur le pavé de la cour, au bas d'un escalier conduisant du rez-de-chaussée au premier étage.
Les médecins, commis par la justice, ont constaté que la mort avait été le résultat d'une congestion cérébrale, et ils ont émis l'avis que les nombreuses contusions observées sur le visage de la victime pouvaient être attribuées soit à une chute, soit à une application violente et répétée de la face contre le sol.
Les déclarations des témoins ne permettent pas de s'arrêter à l'hypothèse d'une chute accidentelle. Excité par la boisson et dans un transport de colère, Linck a renversé sa fille et lui a frappé à plusieurs reprises la tête sur le plancher avec une telle violence qu'une congestion s'est déclarée et a déterminé la mort.
Depuis qu'il avait contracté un second mariage, Charles Linck maltraitait fréquemment sa fille, dont les infirmités et la faiblesse d'esprit l'irritaient. Dans le cours de l'année 1874, il l'avait chassée de chez lui et ne s'était décidé à la reprendre que sur l'injonction de l'autorité municipale.
En conséquence, Charles Linck est accusé d'avoir, le 12 mars 1875, à Herbéviller, volontairement porté des coups et fait des blessures à Marie
Linck, sa fille, avec la circonstance que ces violences, exercées sans intention de donner la mort, l'ont pourtant occasionnée.
Crime prévu par l'article 309 du Code pénal.
Après une délibération qui n'a pas duré moins d'une demi-heure, le jury sort de la salle de ses délibérations.
La Cour rentre en séance, et M. le chef du jury fait connaître la déclaration du jury.
Elle est affirmative sur la 1re question qui vise les coups portés à la fille Linck ; négative sur la deuxième. Le jury admet les circonstances atténuantes.
En conséquence, Linck est condamné à une année d'emprisonnement et aux frais du procès.


12 mai 1875
On écrit de Strasbourg à la Galette de l'Allemagne du Nord :
« La chancellerie de l'empire, par l'intermédiaire du ministère de la. guerre, a fait prévenir le commandant du 45e corps de l'armée allemande que la gare d'Avricourt, située sur le territoire allemand, devra être terminée le 1er juin, et qu'en vertu d'un accord avec le gouvernement français, elle sera livrée par l'admistration des chemins de fer de l'empire à l'exploitation. En vertu de l'article 10 de la Convention additionnelle au traité de paix de Francfort, le droit de l'empire allemand d'occuper militairement la commune d'Igney et la partie française de la commune d'Avricourt expirera le même jour.


22 mai 1875
A partir du mois de juin le service de la douane française sera transporté à Avricourt pour les voyageurs. Le service des marchandises restera à
Emberménil.


30 mai 1875
Par suite de l'ouverture de la nouvelle gare de Deutsch-Avricourt, il sera créé au 1er juin prochain, près d'Avricourt, au débouché de la route départementale de Blâmont à Maizières, un bureau auxiliaire de douane de 2e classe, relevant du bureau principal de Sarrebourg, et servant de bureau de déclaration pour le bureau auxiliaire de 4re classe, qui sera transféré à la nouvelle gare d'Avricourt.
A partir du même jour, la route de Blâmont à Maizières, depuis la frontière jusqu'à l'endroit où s'en détache la route qui conduit à la gare de Deutsch-Avricourt, ainsi que cette dernière route jusqu'au bureau auxiliaire de 1re classe établi dans ladite gare, seront considérées comme routes douanières.
Le directeur général des douanes et des contributions indirectes. FABRICIUS


5 juin 1875
On écrit d'Avricourt :
« Mardi a eu lieu l'inauguration de notre nouvelle gare, bâtie sur un terrain acheté par la Compagnie de l'Est.
A cette cérémonie toute française assistaient outre la population de notre Commune beaucoup d'habitants de la frontière lorraine. »


17 juin 1875
Stener, Joseph, âgé de 65 ans, domicilié à Xermaménil, était venu chez son fils, instituteur à Blemerey, qui l'avait invité au baptême de son
enfant.
Pendant la nuit, se sentant incommodé par la chaleur, dit Je Journal de Lunéville, il voulut prendre l'air en ouvrant une fenêtre qui donne sur
le jardin ; mais cette fenêtre prend son ouverture au ras du sol et par le dehors : le malheureux grand-père fut précipité d'une hauteur de cinq mètres. Tous les secours furent impuissants à le ranimer : deux heures après, sans qu'on ait pu obtenir de lui une seule parole, il rendait le dernier soupir.


13 juillet 1875
On nous écrit de Blâmont, le 6 juillet :
« Ce matin, un incendie était signalé à Gogney ; mais grâce à la bonne organisation et à la promptitude des secours; une seule maison a été brûlée. Elle appartient à une pauvre famille; et est assurée seulement pour 2,200 fr. Les pertes dépassent de beaucoup ce chiffre.
» Les pompiers de Blâmont doivent être signalés, entre tous, comme ayant bravement fait leur devoir. »


25 juillet 1875
Jeudi, dans l'après-dînée, à la suite d'un violent orage, la voie du chemin de fer d'Avricourt à Cirey a été envahie par les eaux sur une longueur d environ 600 mètres, entre Blâmont et Gogney. La circulation a été interrompue pendant quelques heures seulement.


16 août 1875
COLLÈGE LIBRE
de BLAMONT (Meurthe-et-Moselle).
CLASSES LATINES, - ENSEIGNEMENT SECONDAIRE SPÉCIAL, - COURS D'ALLEMAND.
Préparation à l'agriculture, au commerce, à l'industrie, au certificat de grammaire, au volontariat, à l'instruction primaire, aux postes, aux contributions indirectes, aux écoles vétérinaires, aux écoles d'arts et métiers et aux ponts et chaussées.
Rentrée des Internes le 12 Octobre.


20 août 1875
Le Journal de Lunéville annonce que le mercredi 11 M. le curé de Domjevin se rendait en voiture dans une commune voisine, quand le cheval, jeune et fougueux, s'emporta et ne tarda pas à rencontrer un tas de pierres où l'équipage se brisa en laissant sur le carreau M. le curé qui a été relevé sans connaissance, avec une épaule luxée. Il était accompagné de deux de ses nièces qui sont sorties saines et sauves de ce terrible accident. L'état du blessé inspire une légitime et générale sollicitude et nous espérons qu'il aura une solution satisfaisante.


26 août 1875
M. Le curé de Domjevin, qui a été victime du grave accident de voiture dont nous avons parlé, va beaucoup mieux. C'est avec plaisir que nous
avons appris cette bonne nouvelle.


21 octobre 1875
On écrit de Blâmont au Journal de la Meurthe, le 16 octobre 1875 :
« Je vous serais, très-reconnaissant si vous vouliez insérer dans, les colonnes de votre estimable journal les quelques mots suivants :
» Jeudi dernier, 14 courant, la population républicaine de Blâmont était en fête : M. Varroy, député et M. Bernard, maire, de. Nancy, arrivaient dans la ville à neuf heures et demie : il s'agissait pour ces messieurs de se faire élire sénateurs.
» La réunion a eu lieu, non pas, comme on pourrait le croire, à l'Hôtel-de-Ville, où pourtant une salle très-vaste peut recevoir beaucoup d'invités, mais dans un salon de M. Brice, conseiller général. Ces messieurs.firent comprendre à leurs auditeurs qu'eux seuls pouvaient dignement représenter le département au Sénat ; ils ont surtout recommandé aux conseillers municipaux de ne pas envoyer au scrutin d'arrondissement (au chef-lieu du département sans-doute) les maires de leurs communes, parce que ceux-ci étant agents du gouvernement, ne voteraient pas pour MM. Varroy et Bernard, et par conséquent la cause publique en souffrirait.
» Malgré cela, je. crois que ces messieurs ont perdu leur temps, car dans nos campagnes paisibles, on aime le calme et la paix, et on ne comprend pas grand'chose à ce fatras de paroles qui ne disent rien, si ce n'est des choses que tout le monde sait.
» Veuillez agréer, etc. Un de vos abonnés, »


25 octobre 1875
» On pourrait intituler cette affaire : une bonne action mal récompensée.
» Mme Claude habite la fermé de Saint-Jean, près BIâmont. il y a quelques jours on vint lui dire qu'une jeune fille était tombée épuisée sur le chemin, non loin de sa maison. Elle la recueille, la soigne pendant trois jours, lui donné du linge, etc.
Le troisième jour, pendant le souper, en s'aperçoit que l'étrangère était disparue. Les deux bonnes en faisant dès recherches découvrent que l'inconnue leur a enlevé chapeaux, robes, bottines, etc.
» Peu après, cette vagabonde qui n'a que 47 ans, était arrêtée à Gogney, village voisin.
» Elle dit se nommer Joséphine Kromenacker et être de Strasbourg.. Ses antécédents sont mauvais. Le président lui fait sentir l'indignité de sa
conduite envers Mme Claude dont il loue la charité.
» Aussi le tribunal applique à la prévenue le maximum de la peine, 5 ans de prison, 5 ans de surveillance et les dépens. »


22 novembre 1875
Un incendie dont les causes sont présumées être accidentelles a éclaté dernièrement à Autrepierre, chez les sieurs Jeanjean et Contal, et a occasionné des dégâts s'élevant à 7850 fr., dont 7,600 au compte de l'assurance.


28 novembre 1875
Jeudi matin, dit le Journal de Lunéville, un incendie a détruit à Emberménil deux maisons occupées par MM. Geoffroy et Esselin, cultivateurs, et deux autres ménages. Tout ce qu'on a pu faire a été de préserver les habitations voisines. Le feu s'est déclaré entre 5 et 6 heures, avec une telle intensité que des locataires du 4eme étage ont dû s'échapper par les fenêtres. Le bétail et divers objets mobiliers ont pu seuls être sauvés.
Ce malheur est d'autant plus grand que nous sommes aux premiers jours de l'hiver.


31 octobre 1875
Nous apprenons que la Compagnie dés chemins de fer de l'Est vient de donner les ordres nécessaires pour que les compartiments dé daines de 2e et3e classes du train de long parcours, sur la ligne de Paris à Avricourt, soient, à partir du 1er novembre prochain, chauffés pendant la nuit de la même façon que les compartiments de 1re classe.
Ces mêmes compartiments seront chauffés le jour dès que le chauffage dès trains de jour aura, été décidé.


22 décembre 1875
Un nouveau crime vient de jeter la consternation dans la population d'Autrepierre (canton de Blâmont).
M. Jeanjean, vieillard de 72 ans, a été trouvé mort, vendredi, dans sa maison. Il avait été frappé de plusieurs coups à la tête.
L'assassin n'est pas encore connu.
La justice s'est transportée samedi sur le théâtre du crime. (Journal de Lunéville.)

 

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