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Presse - L'Espérance, courrier de Nancy - 1892
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12 janvier 1892
Une décoration. - M. Eugène Bocquet, capitaine d'infanterie en retraite à Blâmont, est nommé chevalier de la Légion d'honneur.
M. Bocquet est originaire de Sarreguemines. Il compte de fort beaux états de services (26ans de présence sous les drapeaux et 2 campagnes). Des infirmités contractées pendant l'année terrible l'ont obligé à prendre prématurément sa retraite.


14 janvier 1892
Un déserteur. - Un jeune soldat du 25e d'artillerie, Auguste Baret, était venu en permission chez ses parents, à Leintrey, à l'occasion du 1er janvier. Son congé fini, Baret, au lieu de se rendre au corps, vint dans la nuit du 3 au 4 janvier chez la veuve Rouvenach, y resta quelque, temps, puis, quittant son uniforme, il se revêtit d'habits civils qu'il avait pris à son frère et partit, en disant qu'il ne pouvait rester au régiment, où il était trop maltraité.
On croit qu'il s'est rendu à Moussey, commune annexée.
La gendarmerie d'Igney-Avricourt a dressé procès-verbal contre la veuve Rouvenach et contre son fils, pour avoir favorisé la désertion de Baret.


21 janvier 1892
PRONOSTICS DU BERGER.
Contrairement aux prédictions de l'abbé Fortin, qui nous annonce un hiver fort modéré, un berger lorrain, qui habite un village du canton de Blâmont, nous prédit un hiver très froid, principalement en février.
Voici sur quoi il se fonde, pour nous donner ce pronostic :
Depuis 40 ans, ce berger s'occupe d'observer la bruyère, dans la manière dont se comportent ses pousses. Quand les petites fleurs, dit-il, commencent par le bas de la tige, on est certain que l'hiver sera très précoce, et que les froids vifs se feront sentir dès novembre et décembre. Plus ces fleurs seront nombreuses, serrées, ou rapprochées l'une de l'autre, plus la rigueur du froid d'hiver aura d'intensité ou d'acuité.
Au contraire, plus le bas de la tige sera dénudé de fleurs, plus l'hiver sera tardif. Mais, quoique tardif, il sera d'autant plus rigoureux, que les pousses florales seront plus abondantes et contiguës.
Telle est la théorie de ce berger observateur, théorie fondée sur une expérience d'au moins 40 années.
Or, pour l'année présente, comme on peut aisément s'en convaincre, les tiges de bruyère sont dégarnies de pousses jusqu'au tiers supérieur. Le haut de la tige est seul en fleurs, put d'abord, les fleurs sont lâches et disjointes sensiblement, ce qui dénote pour janvier une température assez douce. Mais, ensuite, les fleurs se pressent jusqu'à se toucher mutuellement jusqu'au point terminal de la tige, ce qui indique de grands froids pour les deux mois de février et mars.
Notre berger lorrain, dont la bruyère est le thermomètre, se pose ainsi en contradicteur de l'abbé Fortin, dont la boussole est le magnétomètre.
Qui aura raison, de l'abbé savant ou du berger peu docte? Nous saurons cela, quand nous aurons chanté l'Alléluia pascal.


28 janvier 1892
Dieuze. - M. l'abbé Marsal (Auguste), curé archiprêtre de Dieuze, dont nous avons annoncé la mort, est né en 1824, à Saint-Maurice, doyenné de Badonviller. Ordonné prêtre en 1849, il a été professeur au collège de Blâmont, vicaire à la paroisse Saint-Nicolas de Nancy, curé de Wahl et, en 1878, curé archiprêtre de Dieuze.
Comme nous l'avons dit. M. l'abbé Marsal était resté membre de l'Association de prières dans le diocèse de Nancy.


30 janvier 1892
LES OBSÈQUES DE M. L'ABBÉ MARSAL.
M. l'archiprêtre de Dieuze, M. l'abbé Auguste Marsal, dont nous avons annoncé la mort, a eu mardi des funérailles magnifiques. Plus de 70 prêtres, dont plusieurs dignitaires du diocèse de Nancy, entre autres M. Didierjean, vicaire général, sont venus honorer leur confrère et ami. M. le curé de Saint-Jacques de Lunéville, a chanté la messe; M. l'abbé Karst, vicaire général, a prononcé l'éloge funèbre. Prêtre en 1849, M. Marsal a été successivement professeur au collège de Blâmont, vicaire à Saint-Nicolas de Nancy, curé de Wahl, en 1878, curé-archiprêtre de Dieuze : c'est presqu'un demi-siècle de beau et fécond ministère.
M. Marsal laisse le souvenir d'un homme dont la bonté a été le cachet particulier : poli, aimable, hospitalier, il était très aimé de ses confrères ; très bon aux jeunes prêtres, il a toujours su s'attacher particulièrement ses vicaires. Et puisque c'est par la bonté que l'homme ressemble le plus à Dieu, il nous semble qu'on ne peut faire de M. Marsal un plus bel éloge. Que ses paroissiens veuillent bien s'en souvenir.


7 février 1892
Vého. - M. Humbert, journalier, a porté plainte d'un vol de 40fr., commis à son préjudice par un autre journalier de la localité.


11 février 1892
Xousse. - La gendarmerie d'Igney-Avricourt a ouvert une enquête sur une tentative d'attentat contre la sûreté des époux Th..., propriétaires.
Les époux Th... vivent en mauvaise intelligence avec le sieur Auguste Oswirth, âgé de 69 ans, menuisier,- beau frère de la première femme de M. Th... Ces.jours derniers les époux Th... étaient prévenus par un de leur voisin qu'Oswirth avait été vu pénétrant dans leur bûcher en dissimulant un objet dans son tablier et que, peu après, en sortant son tablier était vide.
M. Th... fit part de cela à sa femme qui, en examinant le bois de chauffage, remarqua un morceau de bois de charmille ne leur appartenant pas. Ce morceau de bois fut porté à M. Giard, adjoint, qui remarqua qu'un trou avait été fait puis rebouché ; de plus on voyait un morceau d'amadou.
M. Oswirth, interrogé, déclara ne pas connaître ce morceau de bois. Il nia être sorti le jour où il avait été vu pénétrant dans le bûcher de son beau frère. Sa femme interrogée répondit que son mari était alité le jour où on prétendait l'avoir vu.
Une perquisition fut faite à son domicile et on trouva dans un calepin un morceau d‘amadou semblable à celui qui était sur le morceau de bois. De plus, en l'examinant, des traces d'un corps dur furent relevées à la partie-opposée au trou. Le morceau de charmille fut placé verticalement dans l'étau et les traces correspondaient exactement aux trois premiers filets de la vis de l'établi.
Oswirth fut arrêté et conduit sur son refus de marcher, à la prison de Lunéville, en chemin de fer.


23 février 1892
NÉGROLOGIE.
Nous avons la douleur d'apprendre la mort de M. l'abbé Helluy, curé d'Emberménil, décédé, dimanche dernier, à l'âge de 60 ans, après une longue et douloureuse maladie.
Ordonné prêtre en 1858, M. l'abbé Helluy aurait été successivement professeur au collège de Blâmont, vicaire de cette paroisse; et depuis 1862, curé d'Emberménil.
Il était membre de l'Association de prières..


8 mars 1892
Les prévisions du berger. - La froidure excessive par laquelle a débuté le mois de mars, qui nous a ramené les gelées, après la température si douce du mois de février donne raison à ce proverbe qu'ont mis en cours les Savoisiens :
Si février ne fevrotte.
Mars marmotte.
C'est à dire que mars est froid, quand février n'à pas fait grelotter. Nous en faisons, cette année, l'expérience bien convaincante.
Mais on se rappelle que nous avons fait connaître, dès le 21 janvier, ces grands froids de mars, d'après les pronostics du berger lorrain qui habité la région d'Ogéviller, et qui observe depuis 40 ans la bruyère, son régulateur habituel pour la prévision de la température hivernale.
Sur la foi de sa règle constante, il prévoyait du froid pour février, qui a présenté effectivement quelques jours assez froids, mais surtout pour mars, qui nous a ramenés pendant plus de 8 jours à la température glaciale.
La théorie du berger se trouve ainsi justifiée. Il parait qu'elle est en usage ailleurs encore qu'au pays de Blâmont. On nous assure qu'elle n'est pas inconnue dans les cantons lorrains de Delme, Vic et Château-Salins.
Toujours est-il que nos villageois n'ont pas tort de conserver soigneusement leurs vieilles traditions, le plus, souvent fondées sur des observations judicieuses, et dont il est sage de se faire une règle de conduite, alors même que cette, règle ne serait pas toujours absolument infaillible.


24 mars 1892
Domèvre-sur-Vezouse. - M. Marchand aubergiste à Verdenal, se trouvait à l'auberge Janin. Il y a plaisanté un maréchal-ferrant qui a pris sur la table une bouteille vide et l'en a frappé à la tête. Le sang a jailli en abondance. On a appelé M. le docteur Hanriot de Blâmont, pour soigner le blessé, dont les plaies sont graves. On craint pour lui une méningite.


25 mars 1892
Igney-Avricourt. - Le 23 mars, entre minuit et une heure du matin, une maison isolée, construite en planches, située sur le chemin d'Igney à Réchicourt-le-Château, à 10 mètres de la frontière, et appartenant à M. Vouaux, aiguilleur à la gare, a été complètement détruite par un incendie.
Le propriétaire de la maison était de service à la gare, et sa femme se trouvait avec lui.
En rentrant à minuit, la femme Vouaux vit les flammes sortir de sa maison.
Trois petits enfants ont couru vers leur mère, en poussant des cris.
Un quatrième enfant, âgé d'un an, se trouvait dans une petite voiture. Il a été sauvé par son frère Edmond, âgé de 8 ans.
On ne connaît pas la cause de cet incendie, dû sans doute à un accident. Les pertes s'évent approximativement à 1,600 fr. Elles sont couvertes par l'assurance.


7 avril 1892
Ogéviller. - Un vagabond, natif de Bischofsheim (Alsace-Lorraine), vient d'être arrêté pour tentative de vol et rébellion envers la gendarmerie.


15 avril 1892
Nécrologie. - Le jeudi saint, à 3 heures après midi, est mort pieusement à la Collégiale de Bonsecours, après quatre jours d'une pénible agonie, M. l'abbé Joseph Simon, ancien curé de Forcelles-Saint-Gorgon et de Jezainville.
Né à Verdenal, en 1819, ordonné prêtre en 1845, M. l'abbé Simon s'était retiré à la Collégiale de Bonsecours en 1889. Il meurt âgé de
73 ans, aimé et estimé de tous, particulièrement de ses frères dans le sacerdoce.
Ses funérailles auront lieu en l'église de Bonsecours. Ses restes mortels seront ensuite transférés à Domêvre-sur-Vezouze, pour y être déposés dans la sépulture de famille.


19 avril 1892
Accident mortel. - Mme veuve Henry, domiciliée à Harbouey, rentrant chez elle, a trouvé son père, M; Dominique Galba, âgé de soixante-dix-sept ans, étendu sans vie dans l'écurie, la figure ensanglantée et les vêtements en lambeaux.
Un taureau attaché dans cette étable a été trouvé en liberté ; on suppose que M. Galba aura voulu attacher l'animal et que celui-ci l'aura renversé sur le sol et piétiné. Tous les soins ont été inutiles, M. Galba avait cessé de vivre.


3 mai 1892
Vaucourt. - Dimanche, 24 avril, vers une heure et demie de l'après-midi, M. Chaudron, marchand de porcs, étant en affaires avec M. Malgras, à la ferme de Belcourt, commune de Remoncourt, en entrant dans les écuries laissa tomber son portefeuille contenant 300 francs en billets de banque et autres papiers d'affaires. Mme Malgras ayant trouvé le portefeuille lé 24 avril au soir, s'est empressée de le rendre à son propriétaire.


5 mai 1892
Domjevin. - MM. Marange et Moser, journaliers ont porté plainte contre un coquetier qui aurait enlevé de leur maison 2 portes, 2 volets et une fenêtre, le tout estimé 50 fr., et qui leur aurait dérobé aussi la somme de 50 fr.
Cette plainte est contredite par l'inculpé, qui nie le vol d'argent, et qui explique par des raisons valables l'enlèvement des portes et fenêtres de la maison qu'il a vendue aux plaignants, par contrat fait chez Me Crépin, notaire à Blâmont.


14 mai 1892
La fièvre aphteuse. - La fièvre aphteuse sévit en ce moment à Ogéviller, à Buriville, à Vaxainville et à Bertrichamps.


22 mai 1892
Blâmont. -M. Grandemange, épicier, a été victime d'un vol de 7 planches, estimées 10 fr. Auteur inconnu.


25 mai 1892
Blâmont. - M. Jannot, cafetier, a porté plainte contre un manoeuvre eu fuite, qui lui a volé une somme de 30 fr.


24 mai 1892
Igney. - Mme Mathis, aubergiste à la gare, a porté plainte contre un nommé Gérardin, 39 ans, natif dé Magnières, qui lui aurait escroqué pour 5 fr. de consommations et qui aurait volé à M. Didier, l'un de ses pensionnaires, divers effets d'habillement estimés 33 fr.
L'inculpé se serait donné faussement comme étant un ouvrier employé au chemin de fer.


8 juin 1892
Les voyageurs. - Les voyageurs qui ont passé le 4 juin à Avricourt, se rendant à Nancy, étaient au nombre de 750. L'an dernier, la veille de la Pentecôte, ce chiffre n‘avait été que de 300 ; la moyenne quotidienne est de 150 environ.
A Pagny, hier, 5 juin, 1,650 voyageurs venant de Metz ont passé, se rendant à Nancy.
L'an dernier, le jour de la Pentecôte, ce chiffre n'avait été que de 600.
A Avricourt, hier, 5 juin, on a constaté le passage de 602 personnes, dont beaucoup d'enfants; en 1891, le dimanche de la Pentecôte, on avait enregistré seulement l'entrée de 105 voyageurs.


25 juin 1892
Fréménil. - M. Roulot, maçon, a porté plainte contre un confrère de la localité qui s'est approprié son porte-monnaie, contenant la somme de 56 fr.


24 juillet 1892
Repaix. - M. Michel, domestique chez M. Bastien, cultivateur, a eu la jambe droite fracturée par suite d'un accident de voiture.
Il a été transporté à l'hospice de Blâmont, où M. le docteur Hanriot lui a immédiatement donné ses soins.


4 août 1892
On écrit de Blâmont, le 1er août, à la Meurthe :
« Hier, à 3 heures de l'après-midi, un orage épouvantable a éclaté sur Harbouey. La grêle est tombée pendant près de vingt minutes et a détruit la moitié environ des blés qui restaient à couper, ainsi que toutes les avoines, les pommes de terre, les orges et les légumes. Les arbres ont aussi beaucoup souffert.
» Ce même orage aurait aussi éclaté sur les territoires de Bréménil et de Parux. La foudre serait tombée sur le clocher de l'église de Parux et y aurait causé des dégâts assez importants. »

Verdenal. - Ces jours derniers, le sieur H... a tenté à plusieurs reprises de se donner la mort en se pendant à un arbre dans la forêt communale. On ignore les causes de ces tentatives.


7 août 1892
Harbouey. - On évalue à 172,620 fr. les dégâts occasionnés, par le désastreux orage du 31 juillet, dans les blés, avoines, prairies
naturelles et artificielles, jardins fruitiers et potagers, et champs de pommes de terre.

Nonhigny. - On évalue à 2,900 fr. les ravages causés par la grêle pendant l'orage du 31 juillet, dans les blés, avoines et oseraies.

Montreux. - On évalue à 6 300 fr. les dégâts causés par l'orage du 31, dans les avoines, blés, vignes et oseraies.


24 août 1892
Repaix. - Un malfaiteur inconnu a volé à M. Malherbe, domestique chez M. Mozimann, cultivateur, un porte-monnaie contenant la somme de 40 fr.


26 août 1892
Montreux. - M. Didier, 37 ans, cultivateur, a été tué, dans les champs, par la foudre, le 22 août, à 4 heures du soir. On a constaté qu'il avait la chemise et le pantalon déchirés du côté gauche. Son porte-monnaie a été réduit en plusieurs morceaux, qu'on a trouvé dispersés à 5 ou 6 mètres du cadavre. L'argent qu'il avait sur lui n'a pas été retrouvé, non plus que les ferrements du porte-monnaie, ni la clef de sa malle qu'il portait habituellement dans ses poches.
Il était occupé à mettre des gerbes d'avoine en trézeau, lorsqu'à éclaté le fort coup de tonnerre dont il a été atteint.


27 août 1892
Avricourt. - Jeudi, le 18 courant, vers quatre heures du matin, le sieur Victor Barbas, chef de manoeuvre à la gare d'Avricourt, est parti de chez lui pour aller à la pêche. Depuis ce jour il a disparu et toutes les recherches faites par sa famille pour le retrouver ont été vaines.


1er septembre 1892
Disparition. - Jeudi 18. août, vers quatre heures du matin, M. Victor Barbas, chef de manoeuvre à la gare allemande d'Avricourt, est parti de chez lui pour aller à la pêche.
Depuis ce jour, il a disparu, et toutes les recherches faites par sa famille pour le retrouver ont été vaines.
Il était, vêtu, à son départ, d'un pantalon à carreaux en coutil gris-blanc, d'une veste raccommodée et coiffé d'une vieille casquette d'hiver. Il portait deux lignes de pêcheur, et une bourse à poisson. Il avait une montre, un porte monnaie, renfermant une médaille et la clé de sa montre, une blague à tabac et une pipe neuve. Il est de taille moyenne, a des moustaches et des cheveux noirs grisonnants. Il est âgé de quarante quatre ans, mais paraît en avoir cinquante.
Suivant certaines informations, il aurait passé la frontière dans la direction de Blâmont.
Les personnes qui l'auraient vu sont priées d'en informer sa famille ou M. le maire d'Avricourt.


3 septembre 1892
Lunéville, 2 septembre.
Le grand-duc et la grande-duchesse Pierre de Russie, sont passés ce matin à Avricourt, par l'Orient-Express.
Ils ont été salués par le sous-préfet de Lunéville.


9 septembre 1892
MESURES SANITAIRES.
L'application des mesures administratives prescrites dans nos gares frontières, en exécution du décret du 29 août dernier, pour préserver notre territoire contre l'épidémie cholérique, ayant donné lieu a des difficultés de diverse nature, M. le secrétaire général, faisant fonctions de préfet, s'est rendu, mercredi matin, à Avricourt pour étudier sur
place le fonctionnement complet du service sanitaire. Après avoir assisté à l'arrivée de plusieurs trains d'Alsace-Lorraine, et notamment de l'Express-Orient, il s'est entretenu avec les différents fonctionnaires et agents chargés de l'exécution desdites mesures ; il a tenu tout d'abord à les remercier pour le concours particulièrement empressé et dévoué qu'ils ont bien voulu prêter au gouvernement, malgré la très réelle fatigue qui en résulte pour eux ; puis il a prescrit, aussi bien dans l'intérêt des voyageurs que pour rendre plus pratiques et plus efficaces les précautions
adoptées, certaines modifications immédiates à l'organisation précédemment arrêtée.
Les légumes et les fruits que les voyageurs apportent dans des paniers sont broyés, jetés dans une fosse et recouverts d'un lit de chaux. Les objets énoncés au décret, la literie par exemple, sont rigoureusement prohibés.


17 septembre 1892
A la frontière. - On écrit à la Gazette de Sarrebourg.
« Grand émoi aujourd'hui dans les gares françaises d'Igney Avricourt, Emberménil et Lunéville. Un employé du chemin de fer venait d'être subitement atteint du choléra. Le sieur C..., ouvrier d'équipe à Emberménil pris de violentes coliques, se tordait, se roulait à terre, vomissait, diarrhait, présentait en un mot tous les symptômes du choléra asiatique.
Immédiatement le chef de gare fait descendre les voyageurs d'un wagon du train pour Lunéville. Le wagon est isolé, on y installe, avec mille précautions, le malade à destination pour l'hôpital. Là, le docteur S..., après avoir palpé l'homme, lui dit : « Voyons, mon ami, vous avez une indigestion ? » - « Ça se peut, fait l'autre piteusement, j'ai chipé (mangé) un lièvre à moi seul, et je l'ai fortement arrosé de « schnick. »
Pendant ce temps, le wagon du prétendu cholérique était désinfecté à la gare de Lunéville ; les employés à ce destinés, se lavaient à l'eau phéniquée. Un médecin de la station d'Igney-Avricourt, mandé en toute hâte, débarquait à Emberménil, avec tous les appareils de désinfection pour purifier le logis, j'allais dire le gîte, du mangeur de lièvre à la sauce alcoolique. Ce soir même, le bonhomme remis de son indisposition, réintégrait son
domicile largement nettoyé.
Vous dire ce qu'on en rit après une si grande peur... Tout est bien qui finit bien. »


20 septembre 1892
Barbas. - Cinq jeunes maraudeurs de Blâmont sont inculpés d'avoir volé pour 8 fr. de fruits dans une propriété de M. Meyer, au lieudit Hariant.


24 septembre 1892
Montreux. - Le fils, âgé de 8 ans, de M. Jeanroy, propriétaire, est tombé sous les roues d'une voiture que conduisait son père, et a été contusionné fortement. On a appelé M. le docteur Messier, de Badonviller pour lui donner les soins nécessaires.


5 octobre 1892
Leintrey. - Un commencement d'incendie s'est produit dans la chambre à four de Mme veuve Lhuillier. Les dégâts s'élèvent à 31 francs.


7 octobre 1892
Blâmont. - La femme Martin, de Blâmont, vient de mettre fin à ses jours dans des circonstances dramatiques. Dans-un accès de folie, et après son premier sommeil, elle a absorbé un verre de potasse caustique, pour échapper, a-t elle dit, à la poursuite des gendarmes. Cette pauvre femme est morte au bout de vingt-quatre heures de violentes souffrances.


3 novembre 1892
Leintrey. - La fièvre aphteuse a été reconnue sur la race bovine dans les écuries de MM. Alain, épicier, Jacquot, Breton et Lhote, propriétaires. La circulation du bétail a été interdite.


8 novembre 1892
Blâmont. - M. Receveur, pâtissier, a porté plainte contre M. Weill, négociant dont le chien hargneux et méchant, mis en liberté, a causé des blessures assez sérieuses au plaignant, qui a dû se faire visiter et soigner par M. le docteur Zimmermann.


9 novembre 1892
Emberménil. - La fièvre aphteuse a été reconnue sur une douzaine de vaches, appartenant à divers cultivateurs.


13 novembre 1892
Alsace-Lorraine
Postes sanitaires à la frontière. - On écrit d'Avricourt, le 10 novembre, au Lorrain :
« Enfin ! Les passeports sont supprimés !
» Hier matin est arrivée à Igney-Avricourt une dépêche ministérielle annonçant que les passeports sanitaires étaient supprimés, et le personnel médical réduit.
» Dès ce jour, les voyageurs venant d‘Alsace-Lorraine et au-delà passent directement en descendant du train, à la salle de visite de la douane. Les linges et la literie sont portés à l'étuve comme auparavant. MM. les internes et secrétaires sont repartis pour Nancy ; seuls MM. les docteurs Hanriot et Zimmermann, de Blâmont, sont maintenus
au poste sanitaire à titre provisoire. Ils ont pour mission de surveiller les voyageurs venant par les trains-poste de 8 h. du matin, de 8 h. du soir et par l'Express Orient, et d'interroger ceux qui leur paraîtraient malades ou venant des pays contaminés. En France, on estime que le choléra fait encore des victimes en Russie, dans le sud de l'Autriche, en particulier à Buda-Pesth et dans les Balkans.
» Espérons que d'ici un mois, le mot de choléra aura disparu de toutes les bouches, et estimons-nous heureux d'en avoir été quittes pour la peur, puisqu'il n'y a eu aucun décès attribué au choléra en Alsace Lorraine : car, de l'avis de gens compétents, on ne peut pas dire que nous ayons eu une affection cholériforme à Saint-Georges. L'épidémie qui a régné dans cette localité, et qui a tant fait de bruit de tous les côtés, n'a été qu'une épidémie de dyssenterie, qui a totalement disparu à la grande satisfaction des habitants. »


20 novembre 1892
Lundi matin, vers sept heures, Mme Marie Dürr, femme de M. Sidel, chef d'équipe à la gare d'Igney Avricourt, en ouvrant son armoire, constatait la disparition de deux livrets de caisse d'épargne au nom de ses enfants et sur lesquels était portée une somme de 4,000 fr.
Mme Sidel, convaincue qu'un nommé Stein était l'auteur du vol, se rendit aussitôt à Lunéville et apprit des employés de la caisse d'épargne qu'en effet, dans la matinée, un individu, dont le signalement répondait bien à celui du nommé Stein, s'était présenté, porteur de deux livrets - qu'on montra à la pauvre femme- au nom des enfans Sidel et avait touché 4,100 fr. en signant du nom de leur père
La femme Sidel n'eut d'autre ressource que d'aller porter plainte à la gendarmerie qui ouvrit aussitôt une enquête. Mais le voleur, qui est sujet allemand, s'était empressé de passer la frontière.


25 novembre 1892
Vého. - M. Schwartz, manoeuvre, a porté plainte contre deux habitants de la commune, qui lui ont volé 3 sacs en toile estimés 6 fr. Ce vol a eu lieu au Haut des charrettes, où ces sacs étaient remplis de pommes de terre, qu'on a vidés sur place.
- Dans la même commune, les fenêtres de M. Garland, charpentier, ont été badigeonnées d'ordures et matières infectes par un mauvais plaisant. Les soupçons se portent sur les deux voleurs de sacs, comme étant àussi les auteurs de cette vilenie.


27 novembre 1892
Leintrey. - M. Jacques, maréchal-ferrant, revenait vers sept heures du soir, de Blâmont. A environ un kilomètre de Leintrey, il fit la rencontre de deux individus qui s'approchèrent de lui, lui demandèrent : « La bourse ou la vie », puis le frappèrent de nombreux coups de pieds et le renversèrent sur le sol. M. Jacques, qui était armé d'un bâton, se releva et se défendit avec énergie. Il réussit à mettre ses agresseurs en fuite.
La gendarmerie d'Igney-Avricourt a ouvert une enquête.


3 décembre 1892
Avricourt Allemand. - Mardi dernier, écrit-on à la Gazette de Metz, le bruit s'est répandu à Avricourt-Allemand qu'une jeune fille âgée à peine de 16 ans, dont le père est fonctionnaire dans cette localité, avait étranglé son enfant et l'avait enterré secrètement. Ce bruit s'est confirmé. Les gendarmes ont découvert le cadavre de l'enfant dans le
jardin du père. La jeune mère, ainsi que sa soeur aînée, prévenue de complicité, ont été arrêtées. Mercredi matin, le tribunal de Saverne a fait procéder à l'exhumation et à l'autopsie du cadavre. On a constaté que l'enfant avait été étranglé au moyen d'une ficelle.


14 décembre 1892
Avricourt. - La Gazette de Sarrebourg apprend que M. A... restaurateur à la gare de Deutsch-Avricourt, qui avait été arrêté l'autre jour après la découverte de l'infanticide dont nous avons parlé, et relâché ensuite après le dépôt d'un cautionnement dé 10,000 marks, a mis fin à sa vie en se coupant le cou dans la journée de samedi.

Vého. - Lé corps de M. Jean-Baptiste Védova, âgé de 55 ans, ouvrier terrassier, sans domicile fixe, a été trouvé sur le chemin vicinal no 6, de Leintrey à Vého.
Aucune trace de lutte n'a été relevée autour du corps, qui ne portait pas de blessure.
Cet individu avait été vu la veille, vers 4 heures du soir, par le cantonnier, qui lui avait indiqué le chemin à suivre pour se rendre au fort de Manonviller. Les papiers trouvés sur lui ont permis d'établir qu'il était originaire d'Aviano (Italie), et qu'il venait au Hanovre.


15 décembre 1892
Acte de probité. - Le garde-forestier Charron, de Bénaménil, a trouvé sur la route, entre Thiébauménil et Bénaménil, un porte-monnaie contenant 500 fr. en or.
Il a fait de suite toutes les recherches nécessaires pour connaître le légitime propriétaire, qui était le sieur Perrin, domicilié à Domjevin, et qui a été heureux de rentrer en possession de son porte-monnaie. Le garde-forestier Charton a refusé toute récompense.
Un coup de chapeau à ce brave homme !


22 décembre 1892
Autrepierre. - Le corps de M. Joseph Peitz, berger, âgé de 73 ans, a été trouvé dans le bois d'Amenoncourt, au lieu dit « le Bambois », par ses petits-enfants qui s'étaient mis à sa recherche.
M. Peitz avait quitté Autrepierre pour se rendre à Amenoncourt. C'est en retournant à son domicile qü'il s'est égaré et que, surpris par le froid, il aura été atteint d'une congestion qui a amené la mort.


23 décembre 1892
Blâmont. - M. le docteur Hanriot a porté plainte contre son domestique en fuite, qui lui a volé un manteau garni de fourrures, estimé 300 fr


30 décembre 1892
Blamont. - Induit en erreur, nous avons, dans notre numéro du 23 décembre, annoncé que le domestique de M. le docteur Hanriot s'était enfui avec un manteau en fourrure appartenant à son maitre.
Le domestique en question, Auguste Mathieu, de Bertrambois, s'est, au contraire, distingué en poursuivant l'auteur du vol qui n'était autre qu'un vagabond inconnu dans le pays ; avec l'aide d'un passant de bonne volonté, le jeune Mathieu a pu atteindre le voleur et rapporter la pelisse chez son maitre.

 

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