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11 janvier 1882
M. le docteur Zimmermann est nommé médecin-inspecteur du service
des enfants protégés de la deuxième circonscription de Blâmont.
Un chien soupçonné atteint d'hydrophobie, a mordu une jeune
fille de Domjevin, cette localité. L'animal a été abattu par le
propriétaire.
2 février 1882
Voyage impérial. - L'impératrice d'Autriche passera samedi
prochain à Nancy ; elle traversera la France et s'embarquera
pour l'Angleterre, où elle se rend annuellement pour assister
aux grandes chasses qui se donnent en son honneur.
Le train impérial quittera Vienne, le 3 février, entrera en
France sur le réseau de l'Est, par Avricourt (français), prendra
la ceinture pour passer sur le réseau du Nord, sans entrer à
Paris, et arrivera à Calais le 4 février.
Un bateau spécial attendra l'impératrice qui s'embarquera
immédiatement.
L'incognito sera gardé pendant tout le voyage.
8 février 1882
COUR D'ASSISES DE MEURTHE-ET-MOSELLE.
Présidence de M. le conseiller Adam. [...]
Troisième affaire. - Marie-Eugénie Michel, née à Leintrey, en
1850, domiciliée à Vého, est accusée de meurtre sur la personne
de son enfant,
âgée de cinq jours.
Le 3 mai 1880, cette fille quitta le domicile des époux Duru où,
cinq jours auparavant elle était accouchée, sous prétexte
d'aller placer son enfant aux Enfants assistés à Nancy ; mais le
15 du même mois on découvrit dans un ruisseau, sur la commune de
Reillon, le cadavre de cet enfant. Dès le 13, la fille Michel,
comprenant que son crime allait être découvert, avait pris la
fuite, après avoir avoué à un témoin qu'elle avait jeté son
enfant sous le pont du ruisseau de Leintrey, et qu'elle avait
mis une grosse pierre sur son corps.
Pendant. 18 mois, Eugénie Michel parvint à se soustraire aux
recherches de la justice ; elle s'était réfugiée à Sainte-Anne,
près de Lunéville, où
elle fut découverte par la gendarmerie.
C'était son troisième enfant naturel. Elle avoue, du reste, les
faits relevés par l'accusation et s'entend condamner à cinq ans
de réclusion.
Ministère public : M. Villard. - Défenseur, Me de Mailler.
10 mars 1882
Un affreux évènement vient de de jeter la consternation dans la
vallée de la Vesouze et de plonger dans le deuil une honorable
famille. Mlle
Grandclaude de Domjevin, âgée de 19 ans, fut mordue à la fin de
décembre par le chien de la maison, sans qu'on s'en inquiétât.
Le surlendemain seulement on eut l'idée de faire cautériser la
plaie par un docteur de Lunéville, et grâce à cette précaution,
on avait la ferme confiance que cet accident n'aurait aucune
suite, quand il y a quinze jours environ se manifestèrent des
convulsions, symptôme révélateur du mal épouvantable qui devait
enlever rapidement la malheureuse jeune fille, sans lui ôter la
conscience de la terrible fin qui l'attendait. L'enterrement à
eu lieu samedi dernier, au milieu d'une foule nombreuse et
profondément émue.
18 mars 1882
Jeudi dernier, M. Duhaut, cultivateur à Halloville, revenait en
voiture de Frémonville. Le cheval s'emporta. M. Duhaut voulut
descendre pour
arrêter l'animal, mais il tomba si malheureusement que les deux
roues de droite du véhicule lui passèrent sur le corps. Il eut
la cuisse gauche cassée. On le reconduisit à son domicile où il
reçut les soins de M. le docteur Mayeur, de Blâmont.
30 mars 1882
On annonce de Blâmont au Courrier qu'un ancien notaire du canton
a quitté son domicile, voilà déjà quelques semaines, en
annonçant sa rentrée pour le soir, sans qu'on l'ait revu depuis.
II avait continué à s'occuper de placements de fonds pour les
campagnards qui commencent à s'inquiéter de cette trop longue
absence.
17 avril 1882
Incendie. – Un commencement d'incendie dont la cause est restée
inconnue, a brûlé 32 ares de forêt, situés sur le territoire de
Leintrey, et appartenant à Mme veuve Morlot, propriétaire à
Nancy ; les dégâts s'élèvent à une cinquantaine de francs.
3 mai 1882
Nous avons le regret d'apprendre la mort de M. l'abbé Eugène
Galland, chef d'étude à l'Ecole Saint-Sigisbert, décédé dimanche
dans sa famille
à Ogéviller, à l'âge de 25 ans.
M. l'abbé Galland faisait partie de l'Association de prières.
17 mai 1882
Vendredi après-midi, M. Dufour, cultivateur à Repaix, sortait de
Blâmont, monté sur sa voiture attelée d'un cheval. Il avait avec
lui les enfants de M. Nicolas, pâtissier à Blâmont. On ne sait
par suite de quelle circonstance, le cheval mal dirigé entraîna
la voiture contre un des arbres qui bordent la route. Dufour fut
si violemment projeté à terre qu'on le releva évanoui et la tête
tout ensanglantée ; les enfants de M. Nicolas avaient
heureusement été jetés dans un pré et n'ont aucunement été
blessés.
M. Dufour a reçu les soins de M. le docteur Mayeux qui, malgré
la gravité de la blessure, est assuré de le sauver.
21 mai 1882
Encouragement au bien. - [...] désignée par le comité central de
la Société nationale d'encouragement au bien, siégeant à Paris,
pour recevoir une médaille d'honneur [...]Mlle Sarah Nordon, de
Blâmont, recevra la même distinction pour son dévouement à sa
famille et sa piété filiale. Cette récompense lui a été accordée
sur la présentation et la notice signée par le maire, le conseil
municipal et une grande partie de la population de Blâmont.
27 mai 1882
Chiens enragés. - On se rappelle la mort affreuse de la fille du
maire de Domjevin, qui est morte à la suite d'une morsure ; le
garde-champêtre de Foulcrey, assailli pur un chien furieux ; le
berger de Kerprich-les-Dieuze, à demi-dévoré par un chien.
Malheureusement la nomenclature des accidents da cè genre n'est
pas close. Un chien enragé s'est jeté sur le chien du fermier à
la Baronne, près Réchicourt. Un autre chien suspect a traversé
le ban d'Avricourt. A Réchicourt, il a mordu un chat, d'autres
chiens, s'est jeté sur un enfant pour fuir vers Foulcrey.
Nous engagerons nos lecteurs à redoubler de vigilance.
(Progrès.)
31 mai 1882
On nous écrit de Blâmont, le 29 mai :
« Monsieur,
« Dans votre réponse à M. E. Thouvenin, vous ne relevez pas
cette aimable phrase : « Ils peuvent créer des écoles libres. »
Ah ! qu'on nous restitue les fonds qui nous sont soutirés au
profit des écoles laïques et alors nous ne serons pas
embarrassés d'établir des écoles libres. Ici, par exemple, dans
le but de conserver nos excellentes Soeurs, nous avons dépensé
plus de quarante mille francs pour l'achat et la construction de
la maison qu'elles occupent, sans compter les contributions, les
droits de location et de société, les frais d‘entretien, etc.,
etc., qui reviennent chaque trimestre ou chaque année. Comment
peut-on supposer que de petites communes, pauvres pour la
plupart, trouvent moyen de faire de semblables dépenses.
« M. Thouvenin se moque du monde avec sa création d'écoles
libres. Et quand on est parvenu à construire à grands frais une
maison convenable sous tous les rapports, est-on bien certain de
pouvoir ouvrir l'école ? Les entraves de tout genre que nous
avons éprouvées pour faire accepter la nôtre permettent des
doutes à ce sujet.
» Agréez, etc. »
14 juin 1882
Un incendie attribué à la malveillance s'est déclaré, le 8 du
courant, à Igney, dans une baraque s en bois appartenant à la
compagnie des chemins de fer de l'Est. Les pertes causées par
les flammes s élèvent à 538 fr.
16 juin 1882
M. le curé de Thezey -Saint-Martin a été nommé, à l'unanimité,
membre de là commission scolaire.
Egalement à l'unanimité, moins une voix, - un conseiller était
empêché pour cause de maladie ! - M. Royer, curé de Barbas, a
été élu membre de cette commission.
Le conseil municipal de cette commune a voulu prouver par ce
choix, à M. le curé, qu'il lui est reconnaissant de la belle
oeuvre qu'il vient de commencer.
Ce digne et zélé prêtre fait construire, en effet, à peu près
exclusivement à ses frais, une salle d'asile ou, comme on dit
maintenant, une école maternelle ; de sorte qu'à la rentrée des
classes la commune de Barbas aura la satisfaction de posséder
deux Soeurs, l'une pour l'école des filles et l'autre pour la
salle d'asile.
28 juin 1882
Le nommé Joseph Boiteux, journalier à Barbas, était occupé à
refendre des planches pour le compte de M. Bernard, lorsque tout
à coup la scie circulaire le saisit par la manche de sa blouse
et entraîna la main droite, qui fut coupée net à environ trois
centimètres au-dessus du poignet.
M. Mayeur, docteur en médecine à Blâmont, qui lui a donné les
premiers soins, a jugé nécessaire l'amputation de l'avant-bras.
9 août 1882
Est-ce un communiste que Jean-Baptiste Henriquel, cordonnier,
demeurant à Blâmont ?
Toujours est-il qu'il veut avoir sa part du gibier que d'autres
paient à chers deniers. C est pour cela que, sous prétexte-de
promenades de santé, il se plaît à tendre des lacets à lièvres
dans la forêt de Grandseille. Cela ne fait pas l'affaire du
garde particulier Toussaint, de Domêvre, ni du brigadier Cropsal,
de cette même commune. Ayant trouvé dans un affreux engin, le
cadavre d'un pauvre lièvre, ne s'avisèrent-ils pas de faire
faction autour et de mettre la main sur le braconnier, qui
supputait déjà dans son esprit ce que lui rapporterait sa proie
! Sa prise lui a rapporté deux mois de prison et deux cents
francs d'amende. De leur côté, les agents de l'autorité ont reçu
50 fr. de la Société de répression du braconnage.
25 août 1882
Concours de pompes à Blâmont. - La fête favorisée par le beau
temps a pleinement réussi, grâce à la bonne volonté des communes
environnantes et au zèle déployé par M. Mézière, capitaine de la
compagnie de Blâmont, et par M. Delahaye, sous-lieutenant. Le
concours consistait en trois épreuves :
1° Mise en Batterie des pompes; attaque du feu et sauvetage des
personnes ;
2° Bon entretien et perfectionnement du matériel ;
3° Stratégie sur les premiers devoirs dans un incendie.
Voici la liste des récompenses :
1re Division. Manoeuvre. 1er prix d'honneur, offert par M.
Mézière, capitaine, Cirey. 2e prix d'honneur, offert par M.
Delahaye, lieutenant, Baccarat.
2e Division. Manoeuvre. 1er prix, offert par le conseil
d'administration, Ancerviller. 2e prix, offert par la compagnie
de Blâmont, Montigny.
1re Division. Manoeuvre, 1er prix, offert par M. Delarue,
sergent-major à Blâmont, Herbéviller. 2e prix, offert par
l'Union, Harbouey. 3e prix, Gogney. 4e prix, Frémonville.
2e Division. Manoeuvre. 1er prix, offert parla compagnie de
Blâmont, Ogéviller. 2e prix, Tanconville. 5e prix, Autrepierre.
1re Division. Tenue. 1er prix, offert par MM. les sous-officiers
de Blâmont, Verdenal. 2e prix, Frémonville. 5e prix, Badonviiler.
4e Division. Matériel. 1er prix, Chazelles. 2e prix, Autrepierre.
5e prix; Tanconville.
1re Division. Stratégie. 1er prix, Badonviller. 2e prix, Gogney.
27 août 1882
Coups de couteau. - Le 20 août, un alsacien, venu de Darmstadt,
où il avait été incorporé dans le 106e de ligne, descendait à la
gare d'Avricourt. Sa fuite avait été signalée. Le gendarme
prussien Reichert se jeta sur l'alsacien. Celui-ci se défendit
avec son parapluie, puis avec son couteau. Reichert eut la joue
labourée et fut mis hors de combat. L'alsacien, qui est
originaire de Bouxwiller, gagna la frontière.
30 septembre 1882
Les troncs de l'église de Repaix ont été forcés le 22 courant,
vers deux heures du matin; par un malfaiteur resté inconnu qui a
soustrait une trentaine de francs.
2 octobre 1882
Le dimanche 24 septembre, M. l'abbé Fruminet, secrétaire général
de l'Evêché, a solennellement béni une école libre de filles et
un asile pour les tout jeunes enfants, que M. l'abbé Royer, curé
de Barbas, a fait construire dans cette paroisse. Toute la
population assistait, émue et recueillie, à cette touchante
cérémonie.
Les enfants de la paroisse étaient jusqu'alors entre bonnes
mains, chacun le reconnaît ; mais la tâche de leur maître
devenait trop lourde. Il était urgent de lui procurer des
auxiliaires. C'est chose faite : désormais deux Religieuses de
la Sainte-Enfance prodigueront leurs soins aux jeunes filles et
aux petits enfants, à la grande satisfaction des familles qui
sont unanimes à louer l'initiative et la générosité de leur
excellent curé.
4 octobre 1882
Le Mémorial annonce que la fièvre aphteuse s'est déclarée dans
la commune de Blemerey, où la grande majorité des animaux de
l'espèce bovine sont atteints. Les habitants des communes
voisines feront bien de prendre les précautions nécessaires pour
empêcher que leurs bestiaux ne se trouvent en contact avec ceux
de Blemerey. Il est fort à craindre que cette maladie
contagieuse ne vienne à se propager dans le pays.
Arrestation. - L'auteur du vol commis dans l'église de Repaix a
été arrêté dans la commune de Parux par la gendarmerie. C'est un
nommé
Victor Jacquot, âgé de 16 ans, originaire de cette commune.
Jacquot, après avoir avoué être l'auteur de ce vol, a été écroué
à Lunéville.
10 octobre 1882
Mercredi matin, le feu s'est déclaré dans la maison de maître
dépendant de la ferme de la Prise, territoire d'Emberménil,
appartenant à
M. Paul Parmentier. L'eau faisait défaut, les moyens de secours
aussi. On a pu sauver cependant le mobilier du rez-de-chaussée.
La maison a
été totalement détruite, y compris la récolte de houblon qui
occupait une partie des appartements supérieurs et n'était pas
comprise dans l‘assurance de l'immeuble. On ignore la cause de
ce sinistre qui a commencé dans les greniers, et aurait
compromis les bâtiments de la ferme, si le vent avait soufflé
dans une autre direction.
5 novembre 1882
On écrit d'Emberménil au Courrier qu'une rixe a eu lieu dimanche
dernier entre plusieurs soldats du 26e de ligne, en garnison au
fort de
Manonviller, et des ouvriers choucroutiers de la fabrique
Kormonn.
A la suite de l'enquête à laquelle s'est livrée la gendarmerie,
neuf arrestations ont été opérées.
13 novembre 1882
Nous avons parlé d'une querelle suivie de bataille entre des
choucroutiers d'Emberménil et des soldats du fort de Manonviller.
A son audience de mercredi, le tribunal correctionnel du
Lunéville a condamné 10 de ces choucroutiers à des peines
variant de 3 jours à 6 mois de prison.
21 décembre 1882
Nous avons le regret d'annoncer la mort de M. l'abbé Gérard,
curé d'Avricourt.
Il faisait partie de l'Association de prières. |