6 mars 1857
On nous écrit de Blâmont, le 2 février :
Dimanche dernier, immédiatement après la grand'messe exécutée en
musique par un choeur d'amateurs, a eu lieu l'inauguration d'un
fort bel orgue, sorti des ateliers de MM. Verschneider, de
Puttelange. Il est composé de 24 jeux parfaitement harmonisés
entr'eux et en rapport de puissance avec l'édifice religieux
auquel il est destiné. Seulement l'on a cru devoir conserver le
buffet de l'ancien orgue, à cause de ses magnifiques sculptures,
qui, sans être du style ogival comme l'église, concordent si
bien avec celles de la chaire et des confessionnaux, précieux
objets d'art dus à l'inspiration et au ciseau de ces artistes
religieux qui ont laissé dans nos basiliques et les monastères
que le marteau révolutionnaire a respectés, de si merveilleux
monuments de leur talent.
Dès la veille, la tribune et le buffet de l'orgue avaient été
artistement décorés de guirlandes en draperie, retombant en
festons parsemés de fleurs artificielles. M. l'abbé Mengin, curé
de la paroisse, a commencé la cérémonie par une éloquente
allocution, tout-à-fait de circonstance. Puis, pendant le chant
du Laudate Dominum in sanctis ejus, qui rappelle les instruments
dont le roi-prophète accompagnait ses psaumes, alterné par les
couplets d'un cantique composé par M. le curé et mis en musique
par M. Haumesser, organiste de la paroisse, s'est organisée,
dans l'intérieur de l'église, une procession composée de trente
jeunes filles, habillées de blanc, portant les unes des bouquets
et des couronnes, et les autres des lyres, des guitares et des
harpes ; de vingt-quatre enfants de choeur, élégamment costumés,
tenant aussi dans les mains des insignes appropriés à l'objet de
la cérémonie ; et des nombreux ecclésiastiques de la paroisse,
revêtus des plus riches ornements. Arrivées devant l'instrument
religieux, trois jeunes filles se sont retournées vers le
célébrant et lui ont présenté à bénir, l'une un énorme bouquet
et les deux autres chacune une couronne pour être, le bouquet
placé en avant du positif, et les deux couronnes suspendues aux
instruments des deux anges musiciens qui couronnent le buffet.
La cérémonie, s'est terminée par la bénédiction du
Saint-Sacrement, pendant laquelle l'organiste, jeune artiste
habile et distingué, a fait ressortir avec talent toute la
puissance et toute l'harmonie de son nouvel instrument.
La quête au profit de l'orgue a été faite par Mme Gorius-Mézière,
conduite par M. Mathis de Grandseille, maire de la ville, et a
produit 282 fr. 40 c.
Déjà quelques semaines auparavant, un concert organisé et dirigé
par l'excellent organiste de la paroisse, secondé par quelques
artistes de Baccarat et de Réchicourt-le-Château, et beaucoup
d'amateurs de la localité, avait réalisé au profit de la même
oeuvre une somme de 345 fr. Par ce moyen et par le zèle de
quelques demoiselles dévouées qui ont spontanément établi une
oeuvre de l'harmonie, les dépenses de l'orgue, qui se montent à
6,800 fr., sans le buffet, sont à moitié couvertes. Pour
compléter l'ameublement rigoureusement nécessaire de la belle
église de Blâmont, il ne manque plus qu'un maître autel
gothique. Nul doute que quelques personnes, désireuses de
procurer la gloire du Seigneur, n'avisent à un si agréable
sacrifice.
3 avril 1857
Un incendie, dont la cause est inconnue, a détruit le moulin dit
des Baraques, dépendant de la commune de Fréménil, et
appartenant au sieur Jean-Baptiste Bagard, père de cinq enfants,
qui l'exploite. La perte s'élève à 7,000 fr.; l'assurance devra
la couvrir presqu'entièrement.
Les pompes de Domjevin, Bénaménil et Fréménil ont fonctionné; on
a pu préserver une maisonnette voisine.
13 avril 1857
On écrit d'Ogéviller, le 10 avril :
Mardi dernier, 7 du courant, un jeune enfant de deux ans étant a
s'amuser près d'un puits de 8 mètres de profondeur, y est tombé.
Aux cris d'alarme jetés par la grand'mère de l'enfant qui se
disposait à descendre dans le puits où elle se serait
infailliblement tuée, le sieur Joseph Vigneron, vannier à
Ogéviller, qui se trouvait heureusement près de là, fait retirer
celte pauvre femme éplorée, et, sans calculer le danger,
descend courageusement dans le puits, sans échelle, se
cramponnant avec ses pieds et ses mains après la muraille,
arrive a l'enfant qu'il remonte avec beaucoup de peines, et le
rend sain et sauf à ses parents.
15 novembre 1857
M. l'abbé E. Grosse, ancien desservant de Frémonville et de
Dommartin-lès-Toul, récemment employé dans les ateliers
littéraires de l'abbé Migne, à Montrouge, est décédé il y a
quelques semaines à Montrouge. |