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14 juin 1871
On assure que la gare d'Avricourt, le village d'Igney, et par
suite, toute la ligne d'Avricourt à Cirey resteront à la France.
Par contre, la commune de Raon-lès-Leau serait cédée à la
Prusse.
8 juillet 1871
Deux cas dé peste bovine ont été officiellement constatés dans
la commune frontière d'Avricourt.
En conséquence, le transport du bétail est interdit par cette
frontière.
15 août 1871
Le sieur Jules Marchal, commissionnaire de Nancy à Blâmont,
revenait de Nancy le 4 de ce mois; la mécanique de sa voiture
s'étant rompue pendant qu'il la serrait à la descente d'une côte
très-rapide, près de Blâmont, il courut à la tête de ses
chevaux, mais il tomba et l'une des roues lui passa sur une
jambe et lui déchira cruellement les chairs. On dut procéder à
l'amputation.
16 septembre 1871
Le 6 du courant, le sieur Bernard Hachair, cultivateur à Barbas,
revenait de Domjevin, vers trois heures de l'après-midi, avec
une voiture chargée de tonneaux devin et attelée de quatre
chevaux, lorsqu'à la descente de la côte, qui se trouve au
milieu de cette commune, il fit rencontre d'une voiture de foin
qu'il chercha à éviter en courant à la tête de ses chevaux pour
les diriger, mais s'étant malheureusement empêtré dans les
jambes d'un des chevaux, il fit une chute à la suite de laquelle
l'une des roues de devant le véhicule lui passa sur la jambe
droite et la lui fractura au-dessus du genou. Deux médecins de
Blâmont, appelés à
donner leurs soins au sieur Hachair, désespèrent de le sauver.
24 septembre 1871
La ligne d'Avricourt à Cirey a repris son service. Voici les
heures dé départ des trains :
D'Avricourt à Cirey, 9 h. 30. matin ; 6 h. 30 soir ; de Cirey à
Avricourt, 6 h. 45 matin ; 4 h. soir.
26 septembre 1871
Le nommé Joseph Mang, débitant de boissons à Nonhigny, ayant
encouru plusieurs condamnations, tant pour coups que pour
infractions réitérées aux règlements sur l'heure de fermeture
des lieux publics, M. le préfet, par un arrêté du 15 septembre
courant, a ordonné la fermeture immédiate et définitive de son
établissement.
6 octobre 1871
Dernièrement, près d'Emberménil, le mécanicien Gonot et le chef
de train Holveck, placés sur un train de marchandises,
aperçurent un coussinet et une pierre sur les rails de la
seconde voie ou allait passer le train express. N'écoutant que
leur courage, ils laissèrent au chauffeur le soin d'arrêter leur
train et sautèrent sur la voie. M. Holveck courut dans la
direction de l'express, dont on voyait de loin la fumée, en
faisant les signaux d'arrêt les plus pressants, ce qui permit au
mécanicien Gonot d'enlever les obstacles qui obstruaient la voie
montante et pouvaient occasionner un gravé accident. Un seul
instant d'hésitation ne leur eût plus permis d'agir
efficacement.
M. Gonot a reçu une gratification de 300 fr. et une médaille
sera demandée pour lui au gouvernement. En même temps, M. le
chef de train
Holveck recevait une gratification de 200 francs accordée, sur
la proposition de M. Jacquemin, directeur de l'exploitation, par
le Conseil de la
compagnie de l'Est, et il était prévenu qu'il serait, en outre,
porté à l'ordre du jour pour le récompenser de la présence
d'esprit qu'il avait montrée en cette circonstance.
13 novembre 1871
Lors des dernières élections, le Républicain de l'Est a attribué
à M. le curé de Blâmont les paroles suivantes qui auraient été
prononcées en chaire :
« La foi doit s'affirmer dans toutes les circonstances et
surtout dans les élections. Ceux qui votent sans connaissance de
cause méritent de voir le royaume de Dieu et devraient demander
l'avis de leur curé, qui en sait long et qui est infaillible.
Ceux qui votent de propos délibéré pour un ennemi de l'Eglise,
ceux-là sont damnés. Voter pour un homme qui n'a pas la foi est
un péché mortel.
« Eh! que vois-je ici ? de faux catholiques, des électeurs
pervertis qui cachent sous le manteau de la religion la noirceur
de leurs bulletins et qui votent pour les ennemis du Saint-Père!
C'est de ces électeurs-là que l'Ecriture a dit : Et grinçaverunt
dentibus per totam aeternitatem! »
M. le curé de Blâmont n'a certainement jamais parlé dans ces
termes ; mais, ayant tout, il serait bon de savoir de quelle
localité il s'agit ici. Le Républicain de l'Est parait à
Besançon, et il existe, dans l'arrondissement de Montbéliard, un
petit village du nom de Blâmont. Dès lors n'est-il pas
vraisemblable que c'est du curé de ce village que le Républicain
de l'Est a cru pouvoir moquer. |