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4 janvier 1890
Sanglier tué. - Dans une chasse qui vient d'avoir lieu dans les
forêts de Buriville, M. Francot, receveur des postes à
Badonviller, a tué un sanglier pesant 150 kil.
10 janvier 1890
Dons faits au Musée lorrain.
[...] Par M. Henrion, de l'usine Solvay et Cie : Extrait mortuaire
de Claudon, de Blâmont, enrôlé volontaire en 1799 et tué devant
l'ennemi le 7 septembre 1812.
30 janvier 1890
Abandon d'enfant. - La gendarmerie de Bayon a ouvert une enquête
et recherche l'auteur d'un abandon d'enfant. Le sieur Paul
Petitpas, âgé de 35 ans. mouleur ambulant, demeurant en dernier
lieu à Repaix, avait mis son enfant âgé de 5 ans, en pension
chez le sieur Nicolas Prévôt, aubergiste à Velle-sur-Moselle, où
il l'abandonna.
L'aubergiste porta plainte à la gendarmerie de Bayon qui
poursuit l'affaire.
5 février 1890
Gogney. - Un commencement d'incendie a eu lieu chez M. Lambert,
épicier. Le dommage s'élève à 60 fr.
Le feu s'est communiqué par une lampe à pétrole, qu'un accident
a renversé par terre.
Igney. - M, Nicolas, 25 ans, homme d'équipe à la gare, a été
accidentellement écrasé entre deux wagons en manoeuvre. Sa mort
a été instantanée.
15 février 1890
Blâmont. - Un inconnu a volé à Mme veuve Pierron un plantoir
estimé 18 fr. qui était resté déposé dans la loge de sa
houblonnière, aux Grelots.
22 février 1890
Nécrologie.
M. l'abbé Stanislas Prégaldin, curé-archiprêtre de Vic, vient de
mourir à l'âge de 52 ans. Il laisse une paroisse en deuil, et,
dans les diocèses de Metz et de Nancy, bien des amis affligés.
Originaire de Blâmont, M. Prégaldin fut ordonné prêtre à Nancy
en 1862. Professeur au collège de la Malgrange, il prit dans cet
établissement modèle le goût de l'enseignement : il aimait
d'avoir des élèves.
Curé de Juvelise après quelques années de professorat, il
devint, en 1876. archiprêtre de la ville et du canton de Vic, où
il était connu, estimé et aimé.
M. Prégaldin était un prêtre au zèle plein d'activité et
d'entrain, longtemps servi, du reste, par une magnifique santé.
Rien ne le décourageait, toute bonne oeuvre le sollicitait et il
paraissait suffire à tout. Il travailla avec joie et succès à la
transformation de sa belle et antique église, et rien ne
surpassait pour lui le bonheur d'en voir les bancs bien garnis.
Il aimait sa paroisse, il était heureux d'en dire du bien, et de
montrer, par une preuve ou par une autre, que les fidèles
tenaient à leurs pasteurs.
Depuis quelques années, de fréquentes et violentes hémorrhagies
avaient apporté à cet ouvrier du bon Dieu « des réponses de mort
» plus ou moins accentuées. Le curé de Vic lutta courageusement
contre le ma!, et l'on a pu faire, plus d'une fois, à son zèle
le beau reproche de l'imprudence. Une atteinte plus forte
compliquée d'influenza survint dans ces derniers temps, et l'on
comprit que le Maître voulait récompenser son serviteur.
Samedi dernier, il retourna à Dieu avec ce titre que
contresigneront tous ceux qui l'ont connu: «Mon Dieu, j'ai aimé
la beauté de votre maison, et le lieu où vous résidez! » Il aima
les âmes et le sanctuaire, ces deux habitations de Dieu ici-bas.
Qu'il repose en paix !
M. l'abbé Karst, vicaire général, présida, lundi dernier, les
funérailles du regretté défunt, entouré d'au moins 50 prêtres ;
il fit l'éloge du défunt, de sa charité surtout, au milieu des
larmes de la plus nombreuse assistance qu'ait vu jamais
l'illustre église de Vic.
Les paroissiens de M. Prégaldin ont vraiment fait honneur à leur
cher curé et à eux-mêmes. Au cimetière, M. Beaucourt, maire, et
M. Lamy, membre du Conseil général, ont redit, en des phrases
qui venaient droit de leur coeur, en quelle affectueuse estime
la population tenait son pasteur, et quel souvenir reconnaissant
la vieille cité de Vic lui garderait toujours.
Qu'il en soit bien ainsi et que M. Prégaldin repose en paix.
(Lorrain.) L F.
1er mars 1890
Gogney. - On a volé la somme de 120 fr. à M. Chacha, aubergiste,
et cultivateur. L'auteur de ce vol est resté inconnu.
6 mars 1890
Blémerey. - Le 28 février dernier, on a trouvé près du chemin
vicinal, le cadavre du sieur Marie-Charles Parisot, 41 ans,
cultivateur. Cet homme a succombé à une congestion cérébrale.
8 mars 1890
Leintrey. - L'étincelle d'une locomotive a produit un incendie
dans le bois communal qui traverse la ligne ferrée. Le dégât
s'élève à 200 fr.
16 mars 1890
Double tentative de suicide. - Mme Poirot, ménagère, domiciliée
à Blâmont, rentrait à son domicile, vers onze heures du matin,
lorsqu'elle vit que le feu venait de se déclarer dans le plafond
de sa cuisine. Elle monta aussitôt au premier étage et, aidée
par quelques voisines, parvint à ouvrir la porte du logement des
époux Portier. Ceux-ci étaient couchés chacun dans un lit. Ils
paraissaient ivres et, au milieu de la chambre, achevait de se
consumer du charbon de bois placé dans une marmite. C'était ce
récipient qui avait mis le feu au plancher.
Quelques seaux d'eau eurent raison du commencement d'incendie,
et l'air, en pénétrant dans la chambre, eut bien vite ranimé les
époux Portier.
Jules Portier, manoeuvre, est âgé de 50 ans ; sa femme, née
Victorine Renard, est âgée de 48 ans. Ils ont déclaré tous deux
qu'ils étaient résolus à mettre fin à leurs jours, pour échapper
à d'odieuses poursuites d'un parent par alliance.
Tous deux avaient bu de l‘eau-de-vie, avaient allumé le réchaud
et s'étaient couchés.
La personne désignée par les époux Portier a déclaré à la
gendarmerie que les accusations portées contre elle étaient
inexactes.
23 mars 1890
Vols. - Un vol de 5 kilogr. de lard a été commis le 10 mars
dernier, au préjudice de M. Joseph Ferry, cultivateur à Leintrey.
C'est pendant que Ferry et sa femme étaient à l'église, vers 7
heures du soir, que le voleur s'est introduit par la porte de
derrière qui n'était pas fermée à clef et a coupé un morceau à
chacune des deux bandes de lard suspendues à la cheminée de la
cuisine.
L'auteur de ce vol est inconnu.
27 mars 1890
Blâmont. - M. Cuny, hôtelier, a porté plainte contre un voyageur
de commerce employé par une maison de Bruxelles pour la vente de
produits chimiques, qui a pris pension chez lui et a fait des
dépenses s'élevant à la somme de 56 francs, puis s'est
furtivement esquivé sans rien payer à son hôte.
3 avril 1890
Suicide d'un sous-officier. - La caserne du 11e régiment de
cuirassiers, à Lunéville, a été le théâtre, lundi matin, d'un
pénible incident.
Vers 11 h. 1/2, une détonation mettait en émoi tout un quartier
de cette caserne. On accourut dans la chambre où le coup de feu
avait été tiré et, en entrant, un brigadier aperçut le cadavre
d'un sous-officier, étendu sur le plancher. A côté du corps
gisait un revolver d'ordonnance, à l'aide duquel le malheureux
s'était fait sauter la cervelle.
Sur une table, placées en évidence, se trouvaient deux lettres,
adressées à la famille du suicidé.
Ce dernier, originaire d'Emberménil, se trouvait depuis peu de
temps au régiment, où il effectuait, en qualité de
sous-officier, sa période d'instruction de 28 jours.
C'est un nommé Verdun, marié, dit-on, et père de famille.
Tout dernièrement il se plaignait à ses camarades de la
malchance qui le poursuivait. Sans s'expliquer catégoriquement à
cet égard il se disait très malheureux et déclarait que la vie
lui était insupportable. Mais on n'attachait pas une grande
importance à ses doléances et l'on ne croyait pas que le pauvre
garçon prendrait à bref délai cette funeste résolution.
D'après les règlements en usage dans l'armée, les honneurs
militaires ne seront pas rendus au corps de ce désespéré.
16 avril 1890
Marie G..., âgée de 12 ans, domiciliée chez ses parents à
Blâmont, avait été chargée, par ces derniers, d'aller acheter du
pain. En route, elle perdit l'argent et se résolut, malgré les
conseils de son frère âgé de 10 ans, à voler le pain plutôt que
d'avouer la perte qu'elle avait faite. Marie G... fut surprise
par le boulanger au moment où elle s'enfuyait avec le pain volé.
17 avril 1890
Accident de chasse. - Le journal de Lunéville raconte ainsi
l'accident dont nous avons déjà « Samedi 12 avril, pendant une
battue organisée dans la forêt de Mondon, M. Antoine, de
Herbéviller, a reçu en plein corps la décharge du fusil d'un
chasseur imprudent.
« Les blessures sont assez graves.
« L'extraction des balles a dû être, faite hier par M. le
docteur Messier, de Badonviller, assisté d'un confrère de
Blâmont.
« Nous ne savons pas encore si les résultats de cette opération
ont été satisfaisants. »
25 avril 1890
Herbéviller. - M. Antoine, la victime de l'accident de chasse
dont nous avons parlé dernièrement, vient de mourir.
14 mai 1890
Nécrologies - Mme Batelot est décédée à Blâmont le 8 mai dans sa
90e année.
Mme Batelot était fille de M. Dufays, qui a longtemps administré
l'arrondissement de Château-Salins. Elle mettait libéralement sa
grande fortune au service de toutes les bonnes oeuvres qui
recouraient à sa générosité.
15 mai 1890
La gendarmerie de Blâmont a ouvert une en quête sur différents
vols d'argent, commis au préjudice de M. Chatel, vannier à Vého,
à qui l'on a volé une somme de 190 fr. qui était placée dans une
armoire, et de M. Chaton à qui on a dérobé une pièce de 10 fr.
qui était placée dans un porte-monnaie.
11 juin 1890
Nécrologie. - Nous avons le regret d'apprendre la mort subite de
M. Collesson, propriétaire aux Salières, près Blâmont.
M. Collesson était venu passer quelques I jours à Nancy chez son
frère, ancien notaire, et devait partir hier matin. C'est en
allant yoir dans sa chambre, s'il se préparait au I départ,
qu'on l'a trouvé mort dans son lit.
Nous prions cette honorable famille, d‘agréer nos plus
sympathiques condoléances.
17 juin 1890
Chiens enragés. - Les chiens de MM. Jean Blanchin, Louis Petenot,
Auguste Hilaire, Constant Guise et Charles Mathion, habitant la
commune d'Emberménil, ont été abattus. Ces chiens avaient été
mordus par un chien paraissant enragé, semblant venir de
Laneuveville-aux -Bois.
L'enquête ouverte sur cet événement a établi que le chien
suspect appartenait à M. Munier, cultivateur à Laneuveville-aux
Bois, et qu'il était mort ; trois chiens appartenant à des
propriétaires de cette dernière localité ont été également
abattus.
Toutes les mesures de précaution ont été prises.
11 juillet 1890
Blâmont. - Un inconnu a mutilé 14 cerisiers sur le chemin de
Harbouey, ce qui occasionne à la ville un préjudice de 35 fr.
13 juillet 1890
Tabac de contrebande. - Les douaniers d'Avricourt viennent de
mettre la main sur une quantité importante de tabac de
contrebande allemand, introduit en France d'une façon aussi
originale que singulière.
Les paquets de tabac saisis étaient renfermés dans des articles
de poterie expédiés dans des caisses à claire-voie destinées
spécialement au transport de ces marchandises.
On vient, croit-on, par cette saisie, de mettre fin à un abus
qui devait se pratiquer depuis un certain temps.
19 juillet 1890
Remoncourt. - On a volé à M. Baudoin-Gérardin, fermier à la
ferme de Fricourt, écart de la commune, des effets d'habillement
pour une valeur de 20 fr. Un domestique, en fuite, est soupçonné
du vol.
23 juillet 1890
Tribunal de Lunéville. - Le sieur Lévy, marchand de bestiaux,
accuse les époux Jacquot, de Reillon, d'avoir vendu une vache
qui lui appartenait. Lévy appartient à cette catégorie de
commerçants qui s'adressent de préférence à des campagnards et
leur fournissent des bestiaux, moyennant des payements
successifs, ou des arrangements tels, que, généralement, les
comptes se trouvent embrouillés au bout de quelques mois.
C'est ce que Me Boiselle explique en quelques mots énergiques.
- Vous avez devant vous, dit-il, un de ces écumeurs de campagne,
qui sucent les paysans jusqu'à la moelle, jusqu'à ce que leur
petit patrimoine passe entre leurs mains avides.
Puis il montre les époux Jacquot, honnêtes et laborieux, aux
prises avec ce marchand, dont ils ne peuvent plus se
débarrasser.
La cause est bientôt entendue et le tribunal déboute Lévy de sa
demande, par un jugement fortement motivé.
Les personnes présentes ont vivement approuvé cette sentence,
qui sera ratifiée par l'opinion publique.
Nous la signalons avec d'autant plus de plaisir, qu'elle
constitue un précédent, lequel servira de leçon aux industriels
tentés de suivre l'exemple du sieur Lévy, et qui servira en même
temps d'indication aux campagnards se trouvant dans la situation
des époux Jacquot.
25 juillet 1890
Fréménil. - M. Chatel, vannier, a porté plainte contre un
vannier de Domjevin qui lui aurait volé un porte-monnaie
contenant 15 francs.
5 août 1890
Blémerey. - Un inconnu a volé chez M. Morcel, aubergiste, 15
kilos de lard estimé 30 fr.
Domjevin. - Le jeune Coster, 4 ans, fils d'un vannier, a été
écrasé par une voiture, sur laquelle il avait voulu monter
imprudemment.
9 août 1890
Un cadavre. - M. Knipler, brigadier-forestier, étant en tournée
au lieudit les Quatre-Chemins, territoire de Neuviller, a trouvé
pendu à un jeune chêne le corps d'un homme étranger à la
commune.
Il alla prévenir M. le maire qui fit faire les constatations
légales.
Cet individu a été reconnu pour être un nommé Finance, âgé de 55
ans, journalier à Mignéville. On ignore les causes de son
suicide.
12 août 1890
Domjevin. - M. Marcel, cordonnier, s'est accidentellement coupé
trois doigts de la main gauche, en battant du blé à la machine.
Domèvre-sur-Vezouze. - M. Maire, 57 ans, quincaillier, est mort
à la suite d'un accident de voiture, dans un voyage qu'il
faisait à Vého. On l'a ramené inanimé à son domicile.
15 août 1890
Leintrey. - Un incendie a éclaté chez M. Frémy, sellier, et a
causé pour 6,000 fr. de pertes.
Le feu avait pris naissance accidentellement, croit-on, au
milieu d'un tas de foin.
31 août 1890
Blâmont. - Le 27 août, un terrible orage a passé sur Blâmont.
Il s'est déchaîné un furieux ouragan, qui a renversé des
cheminées, cassé ou déraciné des arbres, culbuté des hangars,
enlevé les carreaux à des fenêtres et les tuiles à plusieurs
toits de maisons.
On n'osait plus sortir des logis, car la circulation aurait été
dangereuse pendant cette tempête redoutable.
On évalue à 35,000 fr. les dégâts occasionnés dans la ville.
Il n'y a eu, fort heureusement, aucun accident de personnes.
2 septembre 1890
Emberménil. - La commune d'Emberménil vient d'être le théâtre
d'une chasse fort intéressante, qui a prodigieusement amusé les
habitants.
L'autre soir, vers 6 heures, voilà qu'un lièvre se montre dans
une rue de la commune. Il faut dire qu'Emberménil a le bonheur
de posséder trois chasseurs enragés qui, sur ce chapitre,
rendraient des points à Nemrod et à Saint-Hubert.
Nous ne savons si le lièvre en question avait été manqué par eux
l'année dernière, toujours est-il qu'il passa, avec un air
narquois devant le logis de nos trois chasseurs.
Aussitôt, les voici en campagne. L'un s'arma d'une fourche,
l'autre d'un bâton et ils se mettent à la poursuite du gibier,
suivis d'une foule de gens, que le bruit avait attirés.
Mais le lièvre avait plus d'un tour dans son sac. C'était un
vieux matois, sachant qu'il n'avait rien à craindre. Aussi,
après une course désordonnée à travers les haies et les fossés,
tourna-t-il subitement casaque, faisant une belle révérence à
notre trio consterné. Depuis, on ne l'a plus revu.
Toute la commune d'Emberménil en rit encore.
3 septembre 1890
Harbouey. - L'orage du 27 août a causé pour 8,860 fr. de pertes
dans la commune. Il y a eu 25 toitures endommagées, sans compter
la toiture et le clocher de l'église, qui ont éprouvé des
avaries. Il y a eu aussi 150 arbres fruitiers gravement
endommagés.
21 septembre 1890
Service télégraphique. - M. le directeur général des postes et
des télégraphes a fixé au 25 septembre la date de l'inauguration
du service télégraphique à Ogéviller.
27 septembre 1890
Herbéviller. - Un commencement d'incendie a eu lieu dans un tas
de regain, au domicile de M. Schertz, cultivateur. Le dégât
s'élève à 200 fr.
28 septembre 1890
Reclonville. - Le fils, âgé de 2 ans, de M. Laurent, vannier,
s'est noyé dans la Verdurette, où il est tombé par accident, en
jouant sur ses bords avec son frère plus âgé.
21 octobre 1890
Ogéviller. - M. Marchal, boucher, a porté plainte contre
plusieurs individus de Lunéville, qui lui auraient volé 80 kilos
de raisins et 30 kilos de poires, sur sa voiture remisée chez M.
Masson, aubergiste à Lunéville, rue d'Alsace.
Le préjudice causé à M. Marchal est estimé à 30 fr.
30 octobre 1890
Bataille de forains. - Mercredi dernier, vers six heures du
soir, arrivait sur la place publique de Frémonville, M.
Eugène-Nicolas Lecomte, marchand forain ambulant qui venait
s'installer pour la fête patronale du village, laquelle avait
lieu dimanche dernier 26 octobre. Au moment où il passait devant
la voiture du sieur Bantz, aussi marchand forain, domicilié à
Broussey (Meuse), celui-ci lui dit : « Te voilà donc, propre à
rien, que viens-tu faire ici ? » Lecomte qui était pris de
boisson s'en fut mettre sa voiture en place et revint aussitôt
demander des explications à Bantz. Une querelle s'en suivit et
bientôt les deux marchands surexcités en vinrent aux mains et se
prirent au collet.
Au bout d'un instant, Bantz remontait dans sa voiture et
revenait aussitôt, tenant en main un marteau avec lequel il
frappait son adversaire en pleine figure, un peu au-dessous de
l'oeil gauche, puis sur le sommet de la tête. Lecomte, qui sous
la violence des coups était tombé évanoui, fut ramené dans sa
voiture par sa femme. Il a ensuite déposé une plainte entre les
mains de la gendarmerie.
1er novembre 1890
Blâmont. - Dans la nuit du 28 au 29 octobre, plusieurs
malfaiteurs se sont introduits dans les tanneries de MM. Hertz,
à Blâmont ; ils commençaient à y dérober du cuir quand le garde
de nuit Martin, s étant aperçu de quelque chose, s'empressa
d'aller prévenir ' ses patrons.
Ceux-ci accoururent à leurs magasins, armés chacun d'un fusil.
Ils parvinrent à saisir un de ces voleurs qui est, dit-on de
Richeval.
On ne désespère pas toutefois, de mettre la main sur le reste de
la bande.
3 novembre 1890
Capture importante. - M. Thomassin, capitaine des douanes dans
la région dé Lunéville, en tournée avec son lieutenant pour
surveiller son service vers Blâmont, s'était engagé dans un
petit bois qu'il connaissait comme un refuge, important des
contrebandiers. Il ÿ cheminait tranquillement, vêtu d'un
bourgeron et ressemblant plutôt à un chasseur qu'à un capitaine
de douanes, lorsqu'au détour d'un chemin de la forêt il se
trouva, en présence de huit individus chargés de ballots
volumineux.
A la vue du capitaine, les huit individus abandonnèrent leurs
fardeaux et prirent la fuite à travers bois en se dispersant, de
sorte qu'il fût impossible dé leur donner la chasse.
Les paquets furent saisis et examinés. Ils contenaient, pour la
plupart, de la poudre de chasse et étaient chacun du poids
minimum de 25 kilog. D'autres ballots contenaient des dentelles
et du tabac, le tout d'une valeur d'au moins 5,000 fr. Les
contrebandiers n'ont pu être arrêtés jusqu'alors ; on connait le
signalement de plusieurs d'entre eux, mais en tous cas ils
éprouvent déjà une perte importante et hésiteront dorénavant à
passes par le petit bois où ils se croyaient en toute sécurité.
8 novembre 1890
Nonhigny. - Le tronc de la chapelle, sise au bois de la Grande
Haye, territoire de Nonhigny, et appartenant à M. d'Hausen,
rentier à Blâmont, a été forcé par une main inconnue. On suppose
que le voleur y aura dérobé une somme allant de 12 à 15 francs,
car il y avait dix-huit mois que le tronc n'avait pas été
ouvert.
Cette chapelle, où sont des statues de saint Joseph, saint
Christophe, sainte Apolline, sainte Anne, Notre-Dame du
Mont-Carmel et Notre-Dame de la Délivrance, est fréquemment
visitée par des pèlerins, venant même de très loin.
Le voleur a été mis en fuite par le chien de M. Vigneron, garde
particulier de M. d'Hausen. Mais il avait eu le temps
d'accomplir son méfait, qu'il a osé commettre en plein midi.
Faux-monnayeur. - Un nommé Vergier, commis des contributions
indirectes à Lunéville, a été arrêté ces jours derniers pour
coloration et émission de fausse monnaie.
Vergier avait présenté au guichet de la gare une pièce de 50
centimes dorée, pour une pièce de 10 fr., en demandant un billet
pour Avricourt. L'employé s'aperçut de la supercherie et rendit
la pièce, à laquelle Vergier substitua une vraie pièce.
L'employé, mis en éveil, avertit le commissaire de surveillance,
qui télégraphia à Avricourt. Là, Vergier essaya de descendre à
contrevoie, mais fut surpris. Le commissaire de police de la
gare l'interrogea et il répondit assez naïvement qu'il était
envoyé de Bordeaux pour suivre quelqu'un.
On le ramena à Lunéville, où son identité fut vite établie. Une
perquisition faite à son domicile amena la découverte d'une
certaine quantité de pièces de 50 centimes et d'une pile
électrique qui lui servait à déposer la dorure sur les pièces.
Vergier était considéré comme un très bon employé; son service
n'avait jamais donné lieu à aucune plainte.
15 novembre 1890
Montigny. - Un vannier d'Ogéviller est inculpé d'avoir dérobé à
M. Balland, représentant de commercé, des titres de rente ayant
la valeur de 1,615 fr
26 novembre 1890
Distraction. - Ces jours derniers, une brave femme d'Embermenil,
accompagnée de deux bonnes commères de Vého, se rendait, à
Blâmont par le chemin de fer. Vous pensez bien que dans le
compartiment les langues allaient leur train. Le trajet n'était
pas très long et l'on avait beaucoup d'histoires à raconter. On
arrive à Avricourt ; on descend, on attend le train pour
Blâmont; les langues tournent et tournent; on monte dans le
premier convoi venu, et la conversation continue.
Tout à coup, on entend crier : Emberménil ! Nos trois commères
interrompent leur conversation, stupéfaites, et n'en pouvant
croire leurs yeux. Elles s'étaient trompées de train, et étaient
revenues sur leurs pas, croyant aller à Blâmont. L'une d'elles,
qui était citée en justice de paix,a été condamnée
à 16 fr. d'amende par défaut.
11 décembre 1890
Emberménil. - Le fils de M. Périn, garde-barrière, un enfant de
3 ans, qu'on avait momentanément laissé seul a mis le feu à des
copeaux, et la flamme a brûlé pour 48 fr. d'effets d'habillement
appartenant à la mère du jeune imprudent.
Blâmont. - Un incendie a éclaté, par l'appareil à gaz, dans la
taillanderie appartenant à M. le baron d'Hausen. On a pu
l'arrêter promptement, mais il y a eu des dégâts pour 1,200 fr.
14 décembre 1890
Verdenal. - Un infanticide a été commis par une veuve, contré
laquelle des poursuites sont exercées sur l'ordre de M, le juge
de paix de Blâmont.
18 décembre 1890
Vého. - Un individu de Pettonville a été trouvé mort sur la
route de Vého, le corps entièrement nu.
Quelques lambeaux de ses vêtements étaient à moitié brûlés
auprès de lui.
On suppose qu'en allumant sa pipe, le feu aura pris à ses habits
et que pour échapper aux flammes il se sera deshabillé
complètement, mais saisis par le froid, ses membres se seront
engourdis et incapable de tout mouvement, il sera tombé pour ne
plus se relever.
27 décembre 1890
Tentative de suicide. - Mercredi matin, vers neuf heures le
nommé Colin A..., jeune soldat de la 3e compagnie du génie à
Nancy, natif de Blâmont, a tenté de se suicider en se jetant par
la fenêtre de la chambre qu'il occupait au premier étage de la
caserne de la Citadelle.
Le malheureux vint tomber au pied d'une des portes d'entrée. La
tête porta sur un décrottoir en fer ; la gorge fut coupée et la
mâchoire fracturée. Transporté à l'hôpital militaire, vers dix
heures, il a reçu les soins de M. Régnier, médecin en chef.
Colin a choisi le moment où il était seul à la chambre pour
accomplir sa tentative de suicide.
Malgré la gravité de son état on espère, néanmoins, sauver ce
désespéré qui compte à peine six semaines de service.
On n'a pu tirer de lui aucun éclaircissement.
30 décembre 1890
Vaucourt. - On a trouvé, étendu mort devant sa porte, le sieur
François Roeser, mécanicien. Ce malheureux aura succombé aux
suites d'une congestion, produite par le froid.
31 décembre 1890
Accidents. - M. Joseph Jacques, propriétaire à Herbéviller, a
été trouvé couché en travers de son lit par une personne qui
allait journellement lui donner des soins. Le malheureux ne
donnait plus signe de vie. Le médecin, appelé à constater le
décès, déclara que la mort était le résultat d'une congestion
produite par l'abus de l'alcool. Jacques avait contracté
l'habitude de s'enivrer. (Progrès.) |