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Presse - L'Espérance, courrier de Nancy - 1872
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24 janvier 1872
Lunéville, le 20 janvier 1872.
Monsieur le Rédacteur,
Vous avez cité l'incendie qui a détruit, il y a huit jours, une vaste maison à Emberménil ; ce que vous n'avez pu dire c'est le cortège de misères
que ce sinistre amène à sa suite.
De braves douaniers fuyant la Prusse, venaient à peine de s'installer à grands frais. Il y avait quatre ménages. Que les veillées étaient tristes ! ils quittaient Strasbourg leur pays, après l'avoir vu saccager ; eux-mêmes ils avaient tout perdu dans le bombardement, jusqu'à l'espoir d'une compensation, dans une part de l'indemnité réservée aux seuls habitants qui restent en Alsace. Bien plus, pour avoir défendu les frontières, ils avaient été jetés prisonniers à Rastadt ; le souvenir des quatre mois pénibles qu'ils y ont passé ne les quittera plus ; et c'est au retour qu'il leur a fallu dire adieu au sol natal, fuir leur foyer détruit, et partir avec leurs familles ruinées !
Après tant de désastres, ils avaient droit au repos : déjà ils reprenaient courage, mais voilà que par cet hiver rigoureux, ils sont de nouveau
frappés, brûlés une seconde fois, sans meubles, sans lits, sans vêtements !
Ce sont des frères exilés : et tant de misères si noblement supportées, sans murmures, appellent de notre part un effort généreux. Sans doute la charité est partout sollicitée, mais elle sait se multiplier, et nul n'est plus digne de toute notre sympathie que ces victimes discrètes ; les négliger serait aussi cruel qu'anti-patriotique! Appelez sur eux, je vous prie, l'attention de tous les coeurs généreux et français. Strasbourg a pensé à ses fils désolés ! la société de saint Vincent de Paul si éprouvée leur a envoyé 100 fr. qu'elle a remis à M. Thomas, receveur principal des douanes à Lunéville. Suivons cette voie. J'adresse à M. Thomas dix francs en mon nom avec l'espoir que cet appel sera entendu, et que les secours lui arriveront en suffisance pour adoucir un peu les premières douleurs, et dire à nos frères séparés qu'ils ne cesseront jamais d'être avec nous par le cœur.


28 janvier 1872
Nous avons reçu d'une personne anonyme la somme de 30 fr. pour les douaniers victimes de l'incendie d'Emberménil.

Mercredi dernier, vers six heures du soir, le nommé Saunier (François), employé au chemin de fer de l'Est, cheminait entre les deux voies
pour rentrer dans son domicile, à Leintrey, lorsqu'arrivé au poteau kilométrique 402, il rencontra un bourrelet de balast non encore répandu et voulut poursuivre sa route au moment du passage du train 42 bis, arrivant à Emberménil à 5 heures 52 minutes du soir.
Soit que Saunier ait perdu l'équilibre, - soit qu'il se trouvât trop rapproché de la voie, il fut atteint par le marche-pied de la locomotive et
renversé sous les roues du tender. Le train tout entier lui passa sur le corps qui fut trainé sur une longueur de dix mètres. Sur les indications du
mécanicien, qui, aussitôt son arrivée en gare, déclara qu'il avait cru ressentir une secousse, on se rendit au lieu désigné, où l'on trouva le malheureux Saunier dans un état inénarrable : le corps, coupé dans la région du ventre, gisait d'un côté, les intestins étaient répandus un peu plus loin, et le bras gauche, détaché à la hauteur de l'épaule, laissait voir une main crispée par la douleur.
Le malheureux Saunier était âgé de 48 ans et père de sept enfants dont le dernier a trois ans à peine.
Ses restes informes furent transportés, pendant la nuit, à Leintrey, et ont été inhumés le lendemain. Une grande partie de la population, fort
impressionnée, s'était fait un devoir d'accompagner jusqu'à leur dernière demeure les dépouilles mortelles de ce brave ouvrier, fort regretté par tous ses concitoyens.


1er février 1872
On nous écrit de Lunéville, le 29 janvier 1872:
« Monsieur le Directeur,
» Vous avez bien voulu insérer dans votre journal, le 24 du courant, un appel en faveur des douaniers victimes d'un incendie, à Emberménil ; cet appel a trouvé de l'écho. Il était urgent de secourir promptement des infortunés, si rudement éprouvés depuis 18 mois, et c'est avec une profonde reconnaissance qu'ils ont reçu les secours fraternels qui sont venus porter du soulagement à leur misère.
» Je ne dois pas vous laisser ignorer qu'indépendamment des 100 fr., don de la Société de saint Vincent de Paul de Strasbourg, la ville elle-
même a, dans la circonstance, donné un témoignage d'attachement à ses fils exilés, exclus de l'indemnité réservée aux seuls habitants qui restent en Alsace, en envoyant 800 fr. J'ajouterai, que la commission des secours aux militaires de Lunéville, et la ville de Blâmont se sont montrées généreuses, en envoyant des marques sensibles de leur sympathie, lesquelles, jointes aux résultats fructueux obtenus par la charité privée, ont permis immédiatement, pour ainsi dire, une distribution de secours.
» Merci aux villes, aux Sociétés, à tous les coeurs généreux qui ont contribué à la bonne oeuvre. »


23 février 1872
Samedi dernier, 17 courant, à dix heures et demie du soir, un violent incendié s'est manifesté dans la commune de Barbas. En quelques heures, les maisons de MM. Sébastien Gondrexon, cultivateurs, et Godot, propriétaire, sont devenues la proie des flammes. Sans les pompes de Barbas, Harbouey et Blâmont, deux autres maisons auraient été détruites.
La maison Godot et le contenu seront couverts par la Compagnie générale.
Rien n'était assuré chez Gondrexon. Ses pertes sont évaluées de 8 à 9,000 fr.


6 mars 1872
On nous écrit de Blâmont que la justice informe pour deux tentatives d'incendie, qui n'ont heureusement eu aucun résultat, et ont été commises aux domiciles de MM. Gustave Florentin, ébéniste, et Auguste Bentz, marchand de fer et cultivateur {Impartial.)


20 mars 1872
Le 12 de ce mois, vers onze heures du soir, un incendie dont la cause est inconnue, s'est manifesté dans un hangar, contenant environ 20,000 fagots d'écorce, appartenant à MM. Spire, marchands tanneurs à Blâmont.
Malgré les prompts secours apportés par les pompiers de la localité et ceux des communes voisines, ce hangar, isolé d'habitation et à plus de trois cents mètres de la commune, a été entièrement réduit en cendres, avec tout ce qu'il renfermait.
Les pertes occasionnées par ce sinistre sont évaluées à environ 53,000 fr. et sont couvertes
par l'assurance.

On nous écrit d'Herbéviller qu'une quête faite parmi les invités au mariage de M. Edmond Godchot, de Baccarat, avec Mlle Mathilde Godchaux, a produit la somme de 102 fr. 25 c., au profit de la souscription nationale.


7 avril 1872
On écrit de Blâmont à l'Impartial :
« Le 27 mars dernier, vers 9 heures et demie du soir, une buanderie appartenant à la dame Simonin Spire, rentière à Blâmont, est devenue la proie des flammes. La promptitude des secours apportés par les pompiers ainsi que bon nombre d'habitants de cette commune, ont permis, en moins d'une demi-heure, de concentrer le feu dans son foyer et protéger l'habitation qui n'était séparée que de deux mètres de la buanderie. Les pertes sont peu importantes et seront couvertes par l'assurance. D'après les on -dit, la malveillance ne serait pas étrangère à ce sinistre. La justice de Lunéville a procédé aux premières informations. »


21 avril 1872
Ont obtenu des médailles d'honneur : [...]
M. Mangin (Charles-Joseph), sergent à la compagnie des sapeurs-pompiers dé Blâmont ; 1830-1872 : 42 ans de services utiles et dévoués. - 2° classe.

On lit dans la Semaine religieuse : [...]
» M. l'abbé Jacquemin a été nommé curé de Fraisnes-en-Saintois.
» M. Jacquemin, né à Harbouey, fait partie de la Congrégation des Missions étrangères; il a été missionnaire en Chine pendant de longues années, jusqu'à ce que sa santé, ébranlée par ce genre de vie, l'eut forcé à revenir en Europe. »


29 avril 1872
On signale de Blâmont un commencement d'incendie, attribué à l'imprudence d'un fumeur, qui s'est manifesté dans un bâtiment non habité de la ferme de Grandseille, écart de Verdenal. Les dégâts sont insignifiants et seront couverts par une assurance.


1er mai 1872
On nous écrit de Blâmont, le 27 avril ;
« Nous venons de conduire à sa dernière demeure notre bonne Soeur Denise. Après 60 ans de vie religieuse, elle s'est endormie dans le Seigneur, conservant jusqu'au dernier moment, plénitude de ses facultés. C'est à elle que nous devons l'agrandissement de notre hôpital ; elle a su dépenser tout son patrimoine pour les pauvres et pour l'hospice qu'elle a dirigé pendant 25 ans.
Soeur Denise est regrettée et pleurée par la ville tout entière, et surtout par les pauvres. »


4 juin 1872
M. Gonot, mécanicien du chef au chemin de fer à Emberménil, vient d'obtenir une médaille d'argent pour avoir, le 9 septembre 1871, par le plus courageux dévouement, empêché le déraillement d'un train express.


16 juin 1872
On nous écrit de Lutzelbourg :
Il n'est bruit dans notre contrée que de la prise de M. Cerfbeer, capitaine de la mobile à Phalsbourg pendant le siège.
Le jour où les rats vinrent à manquer dans la place, le brave capitaine, à l'abri du drapeau parlementaire, prit le large. Il fut condamné à mort
par contumace par le conseil de guerre de Phalsbourg ; celle condamnation fut confirmée à Tours.
La paix signée, M. Cerfbeer entreprit plusieurs fois le voyagé de Paris. Il ne fut pas inquiété. Revenant de l'un de ces voyages, il descendit de chemin de fer à Lunéville pour serrer la main sur le quai à un vieil ami. Un agent de police fut frappé de la ressemblance des traits de cet homme avec ceux d'une photographie qu'il portait sur lui.
Au moment où la locomotive donnait le signal du départ, il aborde l'homme qui venait de s'entretenir avec l'étranger et apprend que cet étranger était le capitaine Cerfbeer.
A Emberménil, quatre gendarmes attendaient l'arrivée du train et mirent poliment la main sur notre capitaine, qui fut conduit à pied jusqu'à Lunéville. (Moniteur de la Meurthe.)


24 juin 1872
Par arrêté préfectoral, les débits de boissons tenus par la veuve Guénaire, née Stéphanie Bastien, de Sainte-Pôle, J.-B. Smouts, de Saint-Clément, et Adolphe L'huillier, de Nonhigny, seront fermés immédiatement après la notification qui leur sera faite du présent arrêté.


28 juillet 1872
On signale d'Emberménil, à la date du 2 courant, un accident qui a causé la mort d'un jeune homme de dix-huit ans, le nommé Sylvain Mangin, ouvrier auxiliaire employé aux travaux de la voie du chemin de fer et demeurant chez ses parents à Leintrey. Il avait eu la malheureuse idée de se coucher sur la voie de garage longeant le côté ouest de la gare des marchandises. Il fut surpris pendant son sommeil par un wagon, attelé d'un cheval ; l'une des roues lui passa sur la tête et la lui broya. Sa mort a été instantanée.


19 août 1872
Direction générale des Postes.
AVIS. - Un bureau de distribution pour le service des Postes est mis en activité dans la commune d'Emberménil, à dater du 16 août courant.
L'arrondissement postal de ce bureau comprend, outre Emberménil, les communes de Remoncourt, Xousse, Vaucourt et Veho.


27 août 1872
Souscription nationale.
Mlle Rosalie Tanche, de Blâmont, vient de verser au comité de la souscription nationale la somme de huit cent vingt-cinq francs, produit d'une loterie organisée par Mlle Elisa Tanche, sa soeur, prématurément enlevée à l'affection de sa famille et de ses amis.
Le comité a fait opérer au Trésor un versement de 35,679 fr. 20, reliquat abandonné par les souscripteurs ; cette somme est inscrite pour la libération du territoire.


2 septembre 1872
On écrit d'Emberménil que le sieur Pierre Gérold, préposé aux douanes à Manoncourt, se rendait avec un de ses collègues à Emberménil, et ils
cheminaient par un temps très-brumeux sur la voie ferrée, lorsqu'on voulant se garer d'un train qui venait sur eux, Gérold fut atteint par le train-poste qui venait en sens inverse, avec une telle violence qu'il fut lancé sur son collègue, qui se trouvait à une certaine distance en arrière, et le renversa, sans toutefois lui occasionner d'autre mal qu'une forte secousse ; quant à Gérold, il succombait quelques instants après. Il laisse deux enfants en bas âge. Il était originaire de la Moselle et âgé de quarante-deux ans.


23 novembre 1872
Les Prussiens ont pris possession des baraquements de Blâmont.


11 décembre 1872
On nous annonce de Blâmont qu'un incendie, attribué à l'imprudence d'un fumeur, a détruit deux meules de gerbes d'avoine appartenant à M. François Masson, fermier à la Haute Serolle, écart de Leintrey. Les pertes évaluées à 5,800 fr. seront supportées en partie par l'assurance.


13 décembre 1872
On nous écrit de Blâmont, le 11 décembre : les instructions suivantes au général commandant s «Hier, 10 courant, vers dix heures et demie du soir, le feu éclatait à l'est de la ville de Blâmont, dans les bâtiments du moulin. En moins de dix minutes une des ailes ne formait plus qu'un vaste brasier.
» Grâce au dévouement de la population et au concours d'une compagnie du 73e régiment d'infanterie allemande, l'incendie a pu être circonscrit. La réserve de sons est perdue ainsi que l'approvisionnement en bois et fourrages.
» On cite plusieurs pompiers qui ont eu l'occasion de se distinguer.
« Veuillez agréer, etc. »


15 décembre 1872
M. M..., de Fréménil, auteur d'un déplorable accident de chasse, dont a été victime le nommé Mathieu, de Thiébauménil, a été renvoyé, le 6, par le tribunal de Lunéville, des poursuites dirigées contre lui pour homicide par imprudence. - Toutes les précautions avaient été prises

 

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