8 janvier 1878
Voici une singulière conséquence de la circulaire de M. Dufaure
au sujet de l'amnistie en fait de délits politiques commis
depuis le 16 mai.
Le maire de Barbas a cru devoir renvoyer le berger de la
commune.
Le 11 décembre, Michel Klein alla chez le maire pour lui faire
des reproches au sujet de son renvoi, il l'insulta puis sortit
et une fois dehors il leva sa blouse et fit un geste obscène.
Après l'appel de cette affaire le ministère public a demandé la
remise au premier jour ; c'est-à dire aux calendes grecques.
Le tribunal a été bien obligé de l'accorder, mais on se demande
avec étonnement où est la politique dans tout cela : est-ce dans
les insultes ou dans le geste ? Le maire de Barbas et le berger
sont partis sans avoir pu comprendre pourquoi on les renvoyait.
(Journal de Lunéville.)
12 janvier 1878
Un acte de vandalisme a été commis sur la fin du mois de
décembre à la chapelle de la Bonne-Fontaine, située sur le
territoire de Domjevin, canton de Blâmont. Voici la nomenclature
des objets
qui ont été brisés et saccagés, et qui composaient le mobilier
de cette chapelle: 1°une vierge en pierre; 2° trois crucifix ;
3° une paire de candélabres en bronze ; 4° trois paires de
chandeliers ; 5° plusieurs vases en porcelaine contenant des
fleurs artificielles ; 6° plusieurs statuettes sous globe ; 7°
une douz aine de cadres suspendus à la muraille, et 8° la nappe
d'autel.
Tous ces objets ont été complètement détériorés ; plusieurs
débris ont été trouvés en dehors de la chapelle.
Les dégâts peuvent être évalués à 230 fr.
Le vol n'a pu être le mobile de ce méfait, attendu que la
presque totalité des objets a été retrouvée.
17 février 1878
On écrit de Mignéville que le 10 courant, un peu avant minuit,
un commencement d'incendie a éclaté chez le sieur Hourdiaux,
charron, et a occasionné des dégâts évalués à 360 fr., qui sont
couverts par une assurance.
Mardi dernier, un incendie, dont les causes sont inconnues, a
éclaté à Vaucourt, à 9 heures du matin, au domicile du sieur
François Jocquel. Le
ménage a pu être sauvé.
Les dégâts sont évalués à 3,400 francs, qui seront couverts par
l'assurance.
21 février 1878
Un décret a nommé dans le corps du génie, au grade de capitaine
de réserve, M. Alexis Edouard Bechmann, capitaine du génie
démissionnaire, à Blâmont
13 mars 1878
On lit. Dans l'Eclaireur :
« Sur la recommandation de M. Cosson, M. le ministre de
l'instruction publique vient d'accorder à la ville de Blâmont,
par arrête en date du 5 courant, un secours de 5,000 fr. pour la
reconstruction de sa maison d'école. »
Nous voyons souvent des subventions de cette sorte accordées
tantôt sur la recommandation d'un républicain, tantôt sur celles
d'un conservateur. Par le fait, elles deviennent dès lors des
réclames électorales. Et c'est un abus. Pour tout ce qui
concerne l'instruction et les écoles, le ministre ne devrait
s'en rapporter qu'aux demandes des inspecteurs ou des recteurs.
23 mars 1878
On nous écrit au sujet des funérailles de M. l'abbé Claude,
ancien curé de Domjevin, mort le 10 mars,
dans sa 81e année :
« Monsieur le Rédacteur,
» Nous venons de rendre les derniers devoirs au vénérable abbé
Claude, curé de Domjevin. Il faut dire que ses funérailles
furent vraiment un triomphe : pendant que son âme, purifiée par
plusieurs années de souffrances, c'est-à-dire de résignation et
de mérites, entrait triomphante dans l'éternité, ses paroissiens
jonchaient les rues de feuillage et élevaient des
arcs-de-triomphe.
» Je connais peu M. le curé de Domjevin, disait un bon confrère,
mais avant d'entendre son éloge, à la seule vue de cas
démonstrations, je devine qu'il a été aimé dans cette paroisse.
» Oui, il fut aimé
des populations de Domjevin et de Fréménil qui, après s'être
succédé, pendant deux jours et deux nuits, au pied de son
cercueil, se retrouvèrent tout entières sur le bord de sa fosse
dans la prière et les larmes. Il fut aimé et respecté de ses
confrères, qui, malgré le mauvais temps, accoururent au nombre
de près de trente pour lui dire un dernier adieu et partager la
peine de son digne ami, M. le curé de Réchicourt. Des groupes
nombreux étaient même venus des paroisses voisines, attestant
que jusqu'à elles s'étaient étendus les bienfaits du Vénérable
défunt.
» On ne peut se défendre d'une tendre émotion. Ce long flot de
populations se déroule dans les rues en un magnifique cortège,
et le bon pasteur repasse une dernière fois devant ces maisons,
où il apporta si souvent ses conseils et ses bénédictions, la
guérison pour le corps et les consolations pour l'âme.
» A l'église, les célébrants sont des enfants de Domjevin, qu'il
prépara pendant leur jeunesse pour la vie sacerdotale. Les coins
du poêle sont tenus par des confrères qui furent ses intimes,
soit qu'il leur ouvrît sa conscience, soit qu'il leur donnât ses
conseils de père, et il est porté par des paroissiens de
prédilection, ses bons voisins, auxquels il accorda parfois.de
partager ses récréations.
» Chacun sait les qualités du défunt, mais avec quel bonheur on
les entend redire par M. le doyen de Blâmont ! Sa belle et
éloquente parole, dont les accents émus sont, dès le premier
mot, à l'unisson de notre douleur, nous en fait la plus heureuse
description. Elle nous retrace sa première vocation, prenant
naissance sous les arceaux de cette magnifique église de Saint-
Nicolas-de Port, dont les voûtes élevées portent si bien l'âme
vers Dieu. - Son premier ministère à Bainville-aux-Miroirs, d'où
il administra avec un zèle d'apôtre trois ou quatre paroisses à
la fois. - Son passage à Tantonville, où il laissa des regrets
et compte toujours des amis, - Enfin son ministère de près de 40
ans à Domjevin, où, ma gré les difficultés du premier moment, il
sut conquérir de bonne heure, et conserver jusqu'à la mort,
l'estime et l'affection de ses paroissiens.
» Il avait reçu de Dieu d'heureuses qualités: une haute
intelligence bien faite pour les grandes questions de
philosophie ; un coeur sensible, qui le rendait compatissant;
une parole convaincue, éloquente, qui lui valait souvent
l'honneur de la prédication dans les paroisses voisines ; une
politesse aimable et des manières affables.
» Sa foi préférait se tenir sur les sommets, mais elle était
profonde et vive. Quand, il y a trois ans, après une terrible
chute, il dut recevoir les derniers sacrements, il disait à ses
paroissiens, faisant cortège, jusqu'à son lit, au Dieu
eucharistique : « Ne pleurez point, l'heure de mourir n'est
point venue ; je reçois les derniers sacrements pour vous donner
le bon exemple, pour vous engager à les demander de bonne heure,
quand vous serez gravement malades ; car c'est par eux que Dieu
console le malade, et dispose son âme à la patience.» Il ne
mourut pas, en effet, et sa première visite au rétablissement de
sa santé fut pour le bon Dieu.
» Agenouillé aux pieds du Saint-Sacrement, il dit à
Notre-Seigneur avec une foi naïve : « Je vous
remercie, mon Dieu, mais ne recommencez plus. » II voulait vivre
; Dieu lui accorda trois années, mais qui durent servir d'une
nouvelle et plus longue et plus méritoire préparation à la mort.
Dieu voulait le détacher peu a peu de la vie, et mûrir son âme
pour le ciel. Sa préparation fut complète. « Je vous bénis de
tout mon coeur, dit-il à son successeur, vous ferez ici ce que
je n'ai pas fait, et réparerez ce que j'ai mal fait. » Et plus
tard : « Non seulement je meurs sans peine, mais je meurs avec
plaisir. » Le lendemain son âme s envolait au Ciel, purifiée par
la souffrance.
» Les saints prêtres meurent dans de tels sentiments. Sans
doute, ils sont bien consolés par les marques d'affection que de
bons paroissiens leur témoignent dans la maladie, gage des
démonstrations éclatantes qui embelliront bientôt leurs
funérailles ; mais ce qui les console davantage et les réjouit
c'est l'attention du Bon Père à les détacher insensiblement de
cette vie pour leur faire désirer le Ciel, au point qu'ils
peuvent dire : « Non seulement je meurs sans peine, mais je
meurs avec plaisir. ».
19 juin 1878
La contrebande va toujours son train. Dans son audience du 31
mai, le tribunal de Lunéville a condamné à 4 mois de prison et
500 fr. d'amende, le nommé Louis Charles, de Leintrey, que les
douaniers avaient arrêté portant 5 paquets de tabac à priser.
11 juillet 1878
M. Thimon, instituteur-adjoint à Blâmont, est nommé instituteur
de hameau à Igney-Avricourt (école provisoire).
27 juillet 1878
Dans la nuit du 21 au 22 courant, M. Malgras, fermier à
Bellecourt, écart de Remoncourt, fut éveillé par un violent coup
de tonnerre. Un craquement se fit entendre dans sa cuisine,
contiguë à sa chambre à coucher. Le mur de la maison éclatait en
morceaux, la foudre venait de tomber. Personne heureusement n'a
été atteint. Il y a pour 4,200 fr. de dégâts. La ferme
appartient à M. Guérin, de Lunéville.
8 août 1878
COÜR D'ASSISES DE MEURTHE ET MOSELLE.
Audience du 5 août. [...]
2e affaire. - Bigamie. Le nommé Adolphe Leproust, charron,
demeurant à Montreux, a épousé le 12 novembre 1862, à
Versailles, Modeste Yger, qui vit encore et exerce à Paris le
commerce de fruitière. Le 12 novembre 1868, Leproust, se
déclarant célibataire, épousa Marie-Joséphine Colin, qui mourut
après 45 mois de mariage. Enfin, le 10 juin 1872, il épousa
Louise Hortense Pruneau.
L'accusé allègue, pour toute défense, qu'il a agi de bonne foi,
croyant sa première femme décédée.
- Et cependant, il lui avait plusieurs fois demandé des secours
!
Leproust a été condamné a cinq ans de prison.
24 août 1878
A la suite de pluies torrentielles, la Vezouse est débordée. La
ligne d'Avricourt à Cirey a été coupée par les eaux.
1er septembre 1878
Samedi, dans la soirée, un incendié a éclaté dans une maison
appartenant au sieur Auguste Magron, maçon à Ancerviller.
La moitié de la toiture, un gerbier et une partie des fourrages
ont été consumées par le feu.
Les pertes sont évaluées à 4,500 fr. environ; assurance.
9 septembre 1878
96 concurrents se sont présentés, à Paris, pour les bourses que
la Compagnie des chemins de fer de l'Est met à la disposition
des fils de ses employés. Dognon (Emile), de Cirey,a été reçu le
4e ; Condamy (Charles), d'Avricourt, le second, à l'examen
écrit, et le 5e à l'oral. Ils sont élèves du Collège de Blâmont.
13 septembre 1878
On peut évaluer approximativement à 46,000 fr. les pertes
occasionnées par le sinistre qui a détruit, dans la nuit de
samedi à dimanche, deux
maisons à Emberménil.
Les propriétaires étaient assurés à plusieurs Compagnies.
23 septembre 1878
Nous apprenons également la mort, à l'âge de 77 ans, de M. Beau,
curé de Barbas, depuis 1833, et chanoine honoraire depuis 3 ans.
Il faisait partie aussi de l'Association de prières.
25 septembre 1878
On signale d'Autrepierre à l'Impartial le suicide par
strangulation du sieur J -B. Houillon, âgé de 52 ans,
propriétaire audit lieu. La cause est attribuée à un accès
d'aliénation mentale
29 octobre 1878
Un incendie dont là cause est inconnue vient de détruire deux
maisons ainsi que le mobilier et les récoltes qu'elles
contenaient appartenant au sieur Jeanjean, aubergiste, et
Breton, cultivateur à Chazelles, canton de Blâmont.
Les dégâts dépassent 44,000 francs et sont couverts en partie
par l'assurance.
31 octobre 1878
Dans l'incendie de Chazelles, M. lé curé de Verdenal, M. Mathis
de Qrandseille, les instituteurs de Saint-Martin, de Verdenal et
d'Autrepierre n'ont pas quitté la chaîne. Tout le monde a
rivalisé de zèle, mais on doit signaler particulièrement les
nommés Pierson, Isidore, et Chatton.
La dame Gerardin, âgée dé 66 ans, buraliste à Vého, vient de
mourir après deux joufs de souffrances atroces des suites d'un
coup de pied
de cheval qu'elle avait reçu dans la région abdominale.
2 novembre 1878
On nous écrit de Cirey, le 29 octobre :
« Monsieur le Rédacteur,
» Dimanche dernier, la paroisse de Harbouey était en fête, la
joie rayonnait sur tous les visages, tous >es coeurs étaient
épanouis parce qu'une œuvre vraiment artistique et monumentale,
une oeuvre à laquelle tous avaient mis la main, venait d'être
heureusement terminée.
» A la place de l'ancien clocher qui menaçait d'ensevelir
l'église sous ses ruines, s'élève une jolie tour romane, aussi
élégante que solide. Sa gracieuse flèche qui perte bien haut
dans les airs la croix, symbole de notre rédemption, domine
toutes les campagnes environnantes. Aucun détail n'a été
négligé, depuis les grandes lignes qui accusent un ordre
architectural, jusqu'au moindre chapiteau, jusqu'à la frise la
plus légère, tout est d'une régularité, d'un fini remarquables.
M. le curé-doyen de Blâmont, avant de faire descendre les
bénédictions célestes sur le nouveau monument, prit la parole,
et dans des termes qui allèrent au coeur d'un auditoire nombreux
et 'recueilli, il a rendu hommage à qui de droit.
» Honneur d'abord au vénérable et bien-aimé curé de la paroisse
qui n'en est pas à son coup d'essai, et qui, dans sa verte et
active vieillesse, a été l'âme de l'entreprise. Grâce à lui, une
œuvre magnifique a été menée à bonne fin, une tour élégante a
été construite, la plus belle, sans contredit, de toute la
contrée, faisant l'orgueil des habitants et excitant l'envie des
voisins. Honneur à l'architecte, M.Mangenot.de Lunéville, dont
le talent; justement connu et apprécié, est au-dessus de tout
éloge. Honneur à l'entrepreneur, M. Tiha, de Blâmont, qui a su
pousser avec activité et sans accident, des travaux difficiles
et souvent dangereux. Remerciements au conseil municipal qui n'a
reculé devant aucun sacrifice pour doter la commune de son plus
bel ornement ! Remerciements à tous les habitants qui ont
contribué, dans la mesure de leurs ressources, à l'érection de
ce monument de leur piété, de leur foi, de leur religion !
» L'orateur a ensuite rappelé dans une chaleureuse et touchante
allocution, ce qu'est l'église au milieu de nous, la maison de
Dieu et la maison de l'homme. Que de précieux souvenirs se
rattachent au sanctuaire béni dans lequel notre âme a été
inondée de toutes les grâces du Ciel!... Et qu'est- ce donc
qu'un clocher pour une.paroisse ? La sentinelle vigilante qui
répète à tous les échos de la
terre, par la-voix majestueuse-de ses cloches:
« En haut les coeurs ! » C'est le phare étincelant, dont la
croix est l'impérissable foyer de lumière, phare -allumé sur les
rivages de la vie pour nous guider vers l'éternité !
» Après la messe, la bénédiction solennelle a été donnée à la
nouvelle tour, qui restera comme un élégant modèle
d'architecture et de goût, et comme un éloquent témoignage de la
charité et du dévouement des fidèles et de leur vénéré pasteur.
»
24 novembre 1878
Le 19, vers midi, un commencement d'incendie s'est manifesté, à
Repaix, au domicile du sieur André. Ce sinistre fut presque
aussitôt maîtrisé par les habitants de la commune.
Les dégâts s'élèvent à 200 fr., couverts par l‘assurance. |