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11 février 1868
Cour d'assises.
PRÉSIDENCE DE M. GAST.
Audience du 7 février.[...]
A vingt ans de travaux forcés pour coups suivis de mort,
Jean-Baptiste Julien, âgé de 22 ans, cultivateur à Nonhigny ;
21 février 1868
Le vénérable curé de Blâmont, M. Jean-Joseph Mengin,chanoine
honoraire, vient de mourir à l'âge de 71 ans. Curé de Blâmont
depuis 34 ans, il s'y était concilié, l'estime et l'affection
générale et sa mort est un deuil public pour la ville.
23 février 1868
Des infirmités précoces et un certain dérangement des facultés
intellectuelles viennent de pousser à se noyer volontairement
dans la Vezouze, le sieur Charles-Auguste Liotté, âgé de 34 ans,
domestique à Herbéviller, célibataire.
29 février 1868
Le 25 février au soir, le sieur Jacques Colin, âgé de 69 ans,
domicilié à Igney, a été trouvé par un garde de nuit qui faisait
sa ronde, couché sur la voie montante du chemin de fer, à 100
mètres de la gare d'Avricourt. Cet homme, qui se trouvait en
état d‘ivresse, persistait à vouloir dormir là. Il avait eu
quatre doigts du pied gauche coupés par un train de
marchandises.
Un médecin de Blâmont, immédiatement appelé pour lui donner des
soins, a jugé nécessaire l'amputation du pied et l'a opérée.
10 juin 1868
Nous avons le regret d'annoncer la mort de l'abbé Mangin, curé
d'Herbeviller, depuis 1846.
M. l'abbé Mangin, né en 1809, était le frère du vénérable
aumônier de la Visitation.
Il était membre de l'association de prières pour les prêtres
défunts.
18 juin 1868
En fauchant un pré, à Herbéviller, sur les bords de la Vezouze,
on a trouvé le cadavre, amené par les eaux et réduit à l'état de
squelette, du fils, âgé de trois ans, des époux Urbain, meuniers
à Saint-Martin. Le 19 avril dernier, cet enfant, ayant échappé à
la surveillance de sa mère, s'était dirigé vers le canal du
moulin de son père et y était tombé.
3 août 1868
On nous écrit du canton de Blâmont :
« Il y a quatre ou cinq semaines, un accident avait lieu sur le
chemin de fer de Strasbourg, près d'Avricourt, Le nommé Henry,
de Foulcrey, garde-ligne en ce moment, était atteint vers minuit
par le tampon de la machine d'un train et jeté presque mort sur
la voie. Les médecins appelés en toute hâte constatèrent l'état
le plus grave, quatre ou cinq côtes brisées, le poumon abîmé, la
poitrine pleine et gonflée, des contusions partout. Le malade
respirait à peine. Personne, ni médecins, ni témoins, ne croyait
dans la matinée qu'il pourrait vivre jusqu'à midi. La chose
paraissait même tellement sûre que la nouvelle de sa mort fut
communiquée aux journaux et publiée : on y parlait de sa veuve.
Cependant dès le début, M. Alice, le piqueur de la voie, en
avait pris le plus grand soin : le soir il le fit transporter
par ses hommes, sur un brancard, avec beaucoup de précautions et
d'intelligence, d'abord à son domicile ; puis le lendemain, à
l'hospice de Blâmont, afin d'être à même de recevoir les soins
quotidiens d'un médecin. Là, on peut dire qu'il a trouvé sa
résurrection, M. le docteur Virlet, médecin de l'hospice, lui a
consacré les soins les plus dévoués ei les plus intelligents, et
il a réussi. Aujourd'hui Henry va aussi bien que possible. C'est
inconcevable, disait-il ces jours derniers à une personne, comme
j'ai été bien soigné ici. Je dois certainement une belle
chandelle au bon. Dieu, mais je ne sais ce que je pourrai faire
pour remercier convenablement M. le docteur et les bonnes chères
Soeurs,
» Je pense, M. le Rédacteur, que vous ne trouverez pas mauvais
que si on vous annonce souvent des morts, pour les insérer dans
votre Journal, j'aie eu l'idée de vous faire part de cette
résurrection d'un brave père de famille rendu à sa femme et à
ses enfants.
° » Agréez, etc. »
24 octobre 1868
Le sieur Joseph Friot, âgé de 43 ans, originaire de Domjevin,
était depuis dix ans garçon meunier à Azerailles, lorsque son
intempérance le fit congédier. Se voyant sans ressources, il est
allé se pendre à un arbre de la forêt de Buriville.
7 novembre 1868
Le sieur Jean-Baptiste Bernard, au service d'un cultivateur de
Blâmont, est mort d'une déchirure du péritoine, qui lui était
survenue la veille en soulevant un sac de blé du poids de 75
kilog. pour le placer sur les épaules d'un autre domestique. Agé
de 40 ans et originaire d'Ancerviller, Bernard laisse une veuve
avec trois jeunes enfants.
25 novembre 1868
Erection d'une statue au B. P. Fourier.
On nous écrit le 23 novembre :
« Non loin de la vallée de la Vezouze, au sommet d'une petite
montagne, dans le lointain on perçoit le village assez
considérable de Petitmont.
» A ses pieds, vers le midi, commence la chaîne les petites
Vosges, avec ses riches sapinières, ses belles mais trop
étroites vallées ; au couchant, c'est un splendide panorama, une
immense plaine terminée au loin par les coteaux de Sion, Nancy,
Vic et Metz.
» Hier 22 novembre, ce village était en fête. Vers deux heures,
une immense procession, toute la paroisse et beaucoup de
personnes des environs, près de mille âmes, se dirigeait, dans
le meilleur ordre, vers une forêt située environ à 2 kilomètres
500 mètres. On allait faire la bénédiction solennelle d'une
statue élevée par la piété des habitants au B. P. Fourier,
patron de la paroisse, au lieu dit : La Fontaine du Bon-Père.
» On sait que le saint curé de Mattaincourt fut envoyé par
Nicolas-François de Lorraine, cardinal-évêque de Tout, au pays
de Salm, en Lorraine, pour arracher à l'hérésie plusieurs
bourgades et villages qui malheureusement avaient embrassé les
fausses doctrines de Luther et Calvin.
» Il est de tradition à Petitmont et aux environs que le Bon
Père Fourier, entraîné par son zèle apostolique, vint bien
au-delà de Badonviller, vers le levant; que sur son chemin, il
annonçait les vraies doctrines de la foi catholique, et que les
peuples, émerveillés de sa parole, couraient en foule à sa
rencontre.
» Notre pays, en effet, est encore tout plein de ce pieux
souvenir ; les paroisses de Petitmont, Val de Bon-Moutier, Cirey,
Bréménil, etc., s'enthousiasment encore, après bientôt deux
siècles, au seul nom du Bon Père Fourier. Nous le savions déjà,
mais hier nous en avons eu tous la preuve la plus consolante.
» En face de cette fontaine qui porte le nom de notre
Bienheureux, parce que, dit la tradition, elle jaillit sur son
désir en ce lieu où il reposait épuisé de fatigues et de soif,
nous avons vu une foule compacte, pieusement recueillie, suivre
avec attention les diverses cérémonies de la liturgie, écouter
gravement les paroles du pasteur de la paroisse, qui retraçait
le passé, le présent et ses espérances pour l'avenir de ce
pèlerinage, et enfin s'agenouiller respectueusement sur les
feuilles humides pour recevoir une dernière bénédiction, avant
de quitter ce saint lieu où se dresse la statue, désormais
vénérable, du bienheureux pt'ron de notre paroisse.
» Le monument mesure en élévation environ six mètres. Il est
tout en grès vosgien rouge et blanc. Appuyées sur une base
très-solide, quadrangulaire, quatre colonnes supportent un
dôme.élégant ; une, croix domine le tout. A l'intérieur, le B.
Pierre Fourier est debout, tenant d'une main le bâton de
pèlerin, et de l'autre le livre de la prière. Cette statue
mesure 1 m. 50 de hauteur et sort des mains de A. Goeury,
sculpteur avantageusement connu dans le pays de Blâmont. La
fontaine a été très-heureusement renfermée dans le monument et
répand ses eaux limpides dans un petit bassin à la disposition
des pieux pèlerins.
» Sur l'une des faces du monument on lit :
B. P. Fourier, priez pour nous !
« L'an de N.-S. J.-C. MDCCCLXVIII, les habitants de Petitmont
ont fait ériger ce monument pour témoigner leur vive
reconnaissance au B. P. Fourier, et redire à la postérité la
sainteté de ce lieu.
» Arrête-toi, pieux voyageur, et viens ici honorer un saint
prêtre et un grand citoyen ! »
Et plus loin :
Erigé en 1868 :
E. Jacquot, curé.
L.-Emile Thomassin, maire.
François Démange, architecte.
» On nous a affirmé qu'il y aurait justice à redire une bonne
oeuvre, tant pour l'édification que pour l'exemple. C'est ce but
que nous avons eu en écrivant ces quelques lignes. Qu'elles
soient en même temps l'expression de la vive reconnaissance d'un
pasteur très-sensible à la pieuse docilité de ses paroissiens...
» E. JACQUOT, curé de Petitmont.
9 décembre 1868
Une journalière de Barbas, Catherine Yung, âgée de 35 ans, vient
d'être arrêtée sous la prévention d'avoir fait mourir, par
défaut de soins, un enfant dont elle était accouchée et dont
elle a jeté le cadavre dans le ruisseau dit le Bacon.
27 décembre 1868
On nous écrit de Vézelise :
« Une jeune religieuse de Saint-Charles, Soeur Placidie
Saulgnier, avait été chargée pendant onze mois de la direction
de la salle d'asile ; quoique forte et vigoureuse elle y avait
contracté le germe d'une maladie organique qui la. conduisit au
tombeau à l'âge de 26 ans. Elle voulut mourir chez ses parents à
Nonhigny, près de Blâmont, mais à Vézelise les mères de famille
et les enfants la pleuraient. Ils se cotisèrent donc pour lui
faire célébrer un service funèbre, et jeudi dernier autour d'une
modeste bière se groupaient les Dames protectrices de l'asile,
les mères, et les petits enfants. Ceux-ci portaient au bras une
couronne blanche qu'ils déposèrent au retour de l'offrande sur
les degrés du catafalque, en s'empressant à qui mieux mieux et à
qui arriveraient les premiers pour rendre à leur bonne maîtresse
cet hommage de l'innocence à la vertu. » |